Les régions du monde Pokémon : la géographie complète
Une région est une subdivision géographique du monde Pokémon, au moins une par génération, avec ses espèces, ses institutions et son Pokédex renuméroté depuis 1. Neuf ont été parcourues dans la série principale, de Kanto en 1996 à Paldea en 2022 ; une dixième a été annoncée en février 2026, toujours sans nom. Les guides régionaux en racontent déjà les villes, les Arènes et la Ligue. Cette page prend l'autre angle : la forme des cartes, leur modèle réel, et ce que le terrain impose aux règles du jeu.
La géographie de cet univers est moins établie qu'on ne le croit. Aucun jeu principal n'a publié de carte du monde entier, aucune source ne donne la superficie d'une région, et sur les neuf modèles réels, cinq seulement sont officiellement confirmés. Ce que le terrain impose, lui, se voit tout de suite : Hoenn noie la moitié de son territoire et rend Surf incontournable, Alola troque ses Arènes contre un Tour des Îles, Paldea passe au monde ouvert et perd jusqu'à ses routes numérotées.
- Ce qu'est une région
- Une seule planète, pas d'atlas
- Les régions en un coup d'œil
- Décalquer le monde réel
- Comment se dessine une région
- Kanto
- Johto
- Hoenn
- Sinnoh
- Unys
- Kalos
- Alola
- Galar
- Paldea
- Hisui
- Les zones qui agrandissent une région
- Les régions des jeux dérivés
- Les terres du dessin animé
- Neuf Ligues, neuf règlements
- Le Pokédex régional
- Déserts, volcans, neiges
- Le terrain fabrique le bestiaire
- Une mécanique par région
- Ce que les Teams veulent au terrain
- Un lieu, un mythe, un légendaire
- Combien de temps sépare Hisui de Sinnoh
- Les records, et ce qu'ils veulent dire
- Quelle est la plus grande région ?
- Où parcourir chaque région
- Par quelle région commencer
- Les régions en un tableau
- En résumé
- Dans la boutique
- Explorer l'univers Pokémon
- Questions fréquentes
Ce qu'est une région dans Pokémon
Poképédia définit la région comme une subdivision géographique du monde Pokémon, au moins une par génération de jeux principaux. Chaque génération bâtit un territoire neuf, espèces et institutions comprises, puis le referme sur un gabarit que le joueur reconnaît d'une région à l'autre.
Il tient en huit points : bourg de départ sans Arène, Professeur qui remet le Pokédex, trio Plante-Feu-Eau, huit Arènes et autant de Badges, Ligue à Conseil 4 puis Maître, Pokédex régional renuméroté depuis 1, organisation criminelle, Routes numérotées. Chacun a été rompu au moins une fois ; qui les rompt en dit le plus.
| Élément du gabarit | Qui y déroge, et comment |
|---|---|
| Un bourg de départ | Unys en a deux (Renouet, Pavonnay) ; à Alola la maison est sur la Route 1 ; Hisui n'en a pas |
| Un Professeur | Paldea en a deux, exclusifs de version ; la contrée de Septentria n'en a aucun |
| Trois Pokémon de départ | Kanto en totalise cinq, versions comprises ; Hisui emprunte les siens à trois régions |
| Huit Arènes | Alola et Hisui : aucune ; Unys : dix Badges ; Galar : huit Badges, douze Champions titulaires |
| Une Ligue | Johto partage celle de Kanto ; Galar n'a pas de Conseil 4 ; Alola crée la sienne en cours de jeu ; Hisui, aucune |
| Un Pokédex régional | Kalos le coupe en trois sous-dex numérotés à part ; Alola le classe par île ; Hisui le remplit par Tâches |
| Une organisation criminelle | Johto hérite de celle de Kanto ; Hoenn en a deux ; Alola quatre |
| Des Routes numérotées | Paldea n'en a aucune, mais des Zones cardinales ; Hisui non plus |
Le Professeur qui remet le Pokédex est de chaque région principale sans appartenir au territoire : Samuel Chen, de Kanto, réside à Sinnoh dans Diamant et Perle puis Platine. Le trio de départ est l'élément le plus stable : aucune région de la série principale n'a dérogé au triplet. La règle vaut pour les régions, pas les versions — Pikachu dans Jaune et Let's Go, Pikachu, Évoli dans Let's Go, Évoli. Hisui emprunte les siens : Brindibou à Alola, Héricendre à Johto, Moustillon à Unys.
Le Pokédex régional rend la région mesurable, à côté de la numérotation nationale, qui court jusqu'à 1 025 espèces.
Les dérogations, et ce qu'elles apprennent
Alola supprime les Arènes : ni Champion, ni Badge. Le Tour des Îles qui les remplace se règle sur le découpage de l'archipel, île par île : l'autorité y devient insulaire. Le décompte flotte : Poképédia annonce sept Épreuves, Bulbapedia sept dans Soleil et Lune, huit dans Ultra-Soleil et Ultra-Lune.
Galar doit ses douze Champions pour huit Badges à deux stades qui ont le leur selon la version et à deux passations de poste après l'histoire principale ; son Défi des Arènes exige une Lettre de Recommandation. Elle supprime le Conseil 4 : le challenger du Maître sort des Poké Masters, tournoi annuel télévisé. Sa Ligue existe ; il lui manque l'escalier à quatre marches que toutes les régions précédentes faisaient gravir.
Hisui ne coche aucune case institutionnelle : ni Arène, ni Badge, ni Ligue, le jeu se déroulant avant l'invention des Ligues Pokémon. Pas de bourg natal — Rusti-Cité est une colonie récemment établie — et des zones ouvertes sans une seule Route. Hisui n'est pas une dixième région : c'est Sinnoh avant d'être rebaptisée.
Paldea garde ses huit Arènes mais les réduit à une quête parmi trois menées de front — La voie du Maître, Un parfum de légende, Objectif Stardust — avant l'épilogue Retour aux sources. Et aucune Route numérotée, une seule nommée : celle de Cuchalaga. Le monde ouvert a fait sauter le tronçon numéroté, unité du voyage depuis la première génération.
Ce que dit le mot lui-même
Le japonais dit 地方 (chihō) : contrée, district, division territoriale, suffixe systématiquement accolé au nom — カントー地方 Kantō-chihō, ヒスイ地方 Hisui-chihō. Dans le monde réel, les régions du Japon, au nombre de huit, ne sont pas des divisions administratives officielles mais des regroupements conventionnels de préfectures. Une région est donc, dans la langue d'origine, un morceau de pays et jamais un pays — et toutes les localisations ont retenu un mot infranational, jusqu'au coréen 지방 Jibang.
Un seul dialogue de jeu confirme un échelon supérieur : Sinnoh, Kanto et Hoenn y relèvent d'un même pays, dont le nom n'est jamais donné. L'échelle a ensuite éclaté sans que le mot change : Kalos décalque la France, Galar le Royaume-Uni, Paldea la péninsule Ibérique — territoires qui restent des 地方.
Région, sous-région, contrée
Poképédia tient à part des sous-régions : Îles Sevii (Kanto), Institut Myrtille (Unys), Isolarmure et Couronneige (Galar). Trois ont leur Pokédex, les Îles Sevii se contentant du National, et aucune n'a de Ligue officielle — la Ligue Myrtille de l'Institut n'est qu'une compétition d'élèves. Septentria est plus glissante : sa fiche la donne pour une contrée au-delà de Paldea, et le tableau de Poképédia l'inscrit malgré tout parmi les jeux principaux.
Le critère n'est ni la taille ni l'équipement : Septentria compte 200 espèces, plus que les 151 du Kanto d'origine, et sa frontière est aussi ferme que celle d'une région, les formes de Paldea ne s'y rencontrant pas. Ce qui sépare région et sous-région tient en une dépendance déclarée : elle est décrite comme la sous-région de quelqu'un et, pour Septentria, n'a pas même de Professeur. Critère nominal, pas structurel.
Une seule planète, et pas d'atlas officiel
Toutes les régions tiennent sur une seule planète. Interrogé par Game Informer en novembre 2012, Junichi Masuda dit que Game Freak conçoit le monde de Pokémon non comme la Terre, mais comme un lieu très semblable et pourtant « une autre planète », peuplé de gens qui nous ressemblent peut-être sans valoriser les mêmes choses ; penser en termes terrestres brimerait l'équipe, à commencer par le fonctionnement des objets réels.
Les jeux citent pourtant notre monde : l'Amazonie, l'Everest et le Pacifique au Pokédex, Hollywood et Paris dans le dessin animé. Aucune source officielle ne réconcilie les deux versions.

Un même pays, jamais nommé
Tout tient en quelques répliques. Dans Diamant, Perle et Platine, Sinnoh, Kanto et Hoenn appartiennent à un même pays plus vaste, dont le nom n'a jamais été révélé : l'idée vient du Professeur Chen, au Parc des Amis, où l'on fait venir des Pokémon de tout le pays, Kanto et Hoenn compris. Johto, limitrophe de Kanto, en fait vraisemblablement partie — lecture des encyclopédies, pas réplique de jeu.
Le japonais confirme le statut administratif : les régions principales portent le suffixe 地方 (chihō), huit des neuf sur Poképédia, l'infobox de Sinnoh seule à l'omettre, sans doute par inadvertance. Le mot sépare la région de l'annexe : aucune sous-région ne le porte — Septentria est キタカミの里, « le hameau de Kitakami », les Îles Sevii ナナシマ, « sept îles ».
La preuve des numéros de routes
Kanto et Johto partagent une seule série continue de 1 à 48, 1 à 28 côté Kanto, 29 à 48 côté Johto. Hoenn ne repart pas à 1 : elle commence à 101, Sinnoh à 201. Comportement d'un service national unique, qui ne renumérote pas aux frontières. Poképédia y voit un écho possible aux routes nationales japonaises, numérotées de 1 à 58 puis reprenant à 101 : hypothèse jamais confirmée par le studio.
Unys, Kalos, Alola et Galar recommencent toutes à 1, sans prouver de frontière pour autant : le Pokédex National, à Unys comme à Kalos, recense déjà les espèces des quatre premières régions, et Bulbapedia y lit soit une même nation, soit une coopération entre Professeurs. Noir et Blanc assument la distance : Unys est dite très éloignée des précédentes, d'où ses Pokémon et sa culture, et ses routes 1 à 23 imitent la numérotation de Kanto au lieu de la prolonger. Paldea ne numérote plus rien, son territoire étant découpé en Zones — Zone Nord n° 2, Zone Est n° 1, Zone Zéro. Pas une première : Hisui, ouverte dix mois plus tôt par Légendes Pokémon : Arceus, était déjà divisée en secteurs sans une seule route numérotée.
Deux décalages horaires, dans un seul jeu
Écarlate et Violet chiffrent le décalage horaire entre deux lieux du monde, seul cas connu de la série : Septentria en avance de 18 minutes réelles sur Paldea, le Terra-Dôme en retard d'autant. L'horloge du jeu fait une journée de 72 minutes réelles : 18 minutes valent exactement six heures de jeu. Six heures d'écart dans chaque sens, l'ordre de grandeur des décalages réels entre l'Espagne, le Japon et la côte est américaine — jour dans l'un, nuit dans l'autre, sur la même sauvegarde.
Deux nuances. Le cycle a un rythme interne, mais son départ est lu au lancement sur l'horloge de la Switch : dire qu'Écarlate et Violet l'ignorent est faux. Seuls décalages documentés de la série, aussi : les douze heures séparant Soleil de Lune sont une différence de version, sans justification dans la fiction, et aucun décalage d'Unys n'est documenté, malgré la fréquence de l'affirmation.
Quatre liaisons jouables, et rien d'autre
On traverse peu ce monde : les liaisons interrégionales praticables relient quatre couples de territoires. Le Train Magnétique franchit la frontière entre Doublonville et Safrania 24 heures sur 24, à 550 km/h — seul transport interrégional dont Poképédia chiffre la vitesse. L'Aquaria relie Oliville à Carmin sur Mer, deux départs hebdomadaires de chaque côté ; passé le premier voyage, la traversée ne s'achève que lorsque le joueur dort dans sa cabine — une nuit de mer entre Johto et Kanto, d'Or et Argent à Or HeartGold et Argent SoulSilver.
La Flèche des Mers, sept ferrys soumis à un régime de passes, dessert les Îles Sevii depuis Carmin sur Mer ; Septentria est assez loin de Paldea pour exiger un avion, le même jeu envoyant ensuite le joueur à l'Institut Myrtille. Tout le reste est intrarégional, ou pointe vers un ailleurs inatteignable : la gare de Mozheim, à Kalos, est dite connectée à des régions lointaines et ne mène nulle part.
Ceux qui font le trajet
Preuve la plus concrète : les gens déménagent. Le héros de Rubis et Saphir vient de Johto : son père Norman prend l'Arène de Clémenti-Ville et la famille s'installe à Bourg-en-Vol. Celui de Soleil et Lune arrive de Kanto. Cynthia, Maître de Sinnoh, séjourne à Vaguelone dans Noir et Blanc, concourt au Pokémon World Tournament, puis tient un poste à l'Arbre de Combat d'Alola, trois continents d'inspiration.
Les seconds rôles voyagent autant. Pieris, retiré du Conseil 4 d'Unys, apparaît Route 15 d'Alola ; Sina et Dexio, assistants du Professeur Platane, y réapparaissent avec des formes d'Alola. Le cas le plus net : Dracéna, du Conseil 4 de Kalos, femme dragon venue d'un pays lointain selon son slogan officiel — le jeu nomme ce pays, et ses grands-parents ont quitté Célestia, à Sinnoh : une migration du Japon vers la France en deux générations.
Et malgré tout, aucune carte du monde
Aucun des jeux principaux n'a publié de carte du monde entier : les mappemondes qui circulent sont des reconstitutions. Celle de Serebii, la plus reprise, prévient que le placement des régions n'est pas officiel, arrangé pour tenir dans la page. En mars 2023, le Pokémon Center a vendu une carte par région, neuf posters de Kanto à Paldea, jamais un assemblage.
Le dessin animé, lui, a montré le globe : vue orbitale dans le premier épisode d'Unys, mappemonde où l'on reconnaît une péninsule fennoscandienne presque intacte, globe holographique quasi identique à la Terre dans un spécial de la saison XY. Et une carte officielle existe — Kanto, Johto, Hoenn et Sinnoh réunies dans le livret du dixième film : un bonus de cinéma, pas un document de jeu. En 2026, la géographie mondiale se reconstitue encore à partir de ce que chaque jeu de la série laisse filtrer.
Les régions en un coup d'œil
Neuf régions dans la série principale, de Kanto en 1996 à Paldea en 2022 ; la dixième, annoncée le 27 février 2026 pour Pokémon Vents et Vagues, attendus en 2027, n'a toujours pas de nom officiel. Sur les routes, fait rare, Poképédia et Bulbapedia s'accordent au chiffre près ; la franchise ne donne aucune superficie, et le recensement des habitants oppose les deux encyclopédies sur presque chaque total.
Chaque nom du tableau mène à son guide dédié. Les villes et bourgs sont ceux que Bulbapedia énonce en toutes lettres, Ligue exclue partout, sans quoi deux lignes ne compteraient pas la même chose. Un chenal est le nom français d'une route maritime, employé depuis la troisième génération ; un zéro dit qu'aucune route ne porte ce libellé, pas qu'on n'y navigue jamais — Alola y figure à zéro quand Bulbapedia range sa Route 15 parmi les routes maritimes. Au Pokédex, le second chiffre est la taille atteinte par la version élargie, le remake, la troisième version, la suite ou l'extension ; les trois nombres de Kalos ventilent un total unique entre ses carnets.
| Région | Génération | Jeux d'origine | Modèle réel | Villes et bourgs | Routes numérotées | Pokédex régional |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Kanto | I | Rouge et Vert (Japon, 1996), Rouge et Bleu (Europe, 1999) — Game Boy | Région du Kantō, Japon | 10 | 28, dont 3 chenaux | 151 (153 dans Let's Go) |
| Johto | II | Or et Argent (1999) — Game Boy Color | Kansai, Japon | 10 | 20, dont 2 chenaux | 251 (256 dans HeartGold et SoulSilver) |
| Hoenn | III | Rubis et Saphir (2002) — Game Boy Advance | Kyūshū, pivotée de 90° | 15, plus Éternara et sa Ligue : 16 implantations | 34, dont 17 chenaux | 202 (211 dans Rubis Oméga et Saphir Alpha) |
| Sinnoh | IV | Diamant et Perle (2006) — Nintendo DS | Hokkaidō | 14, plus 3 aires et la Ligue : 18 implantations | 30, dont 4 chenaux | 151 (210 dans Platine) |
| Unys | V | Noir et Blanc (2010) — Nintendo DS | Agglomération de New York | 20, plus la Ligue : 21 implantations | 23, dont 2 chenaux | 156 (301 dans Noir 2 et Blanc 2) |
| Kalos | VI | X et Y (2013) — Nintendo 3DS | Moitié nord de la France | 16, plus la Ligue | 22, aucun chenal | 457, en trois carnets (153 / 153 / 151) |
| Alola | VII | Soleil et Lune (2016) — Nintendo 3DS | Hawaï | 9, plus une avenue et la Ligue | 17, aucun chenal | 302 (403 dans Ultra-Soleil et Ultra-Lune) |
| Galar | VIII | Épée et Bouclier (2019) — Nintendo Switch | Grande-Bretagne retournée à 180° | 12 | 10, en quatre grappes séparées | 400 (+ 211 Isolarmure, + 210 Couronneige) |
| Paldea | IX | Écarlate et Violet (2022) — Nintendo Switch | Péninsule Ibérique | 12 | aucune ; 15 zones réparties en 4 provinces | 400 (+ 200 Septentria, + 243 Institut Myrtille) |
La colonne des modèles n'a pas partout la même valeur de preuve : cinq de ces correspondances sont adossées à une déclaration officielle, les quatre autres à leur seule géographie et à leurs toponymes — le détail des sources, cas par cas, vient à la section suivante. Seul Kanto porte le nom de son modèle : Sinnoh, de l'aveu de Masuda, veut dire « mystérieux », Johto renvoie à une capitale, pas à une géographie.
Aucune colonne ne classe les régions dans le même ordre. Hoenn, record des routes, n'est que septième par la population ; Kalos, premier Pokédex hors extensions avec ses 457 espèces, n'est que cinquième par les routes ; Paldea, la plus peuplée chez Bulbapedia — au moins 1 523 personnages — n'a pas une seule route. Une région « grande » sur un critère est presque toujours petite sur un autre : Kanto est la plus modeste par la population depuis la deuxième génération, la troisième par les routes, et, hors géographie, la plus rejouée de la franchise.
Deux « 16 » ne sont pas le même 16. Celui de Hoenn, chez Bulbapedia, comprend Éternara, ville à part entière et siège de la Ligue, quand les Ligues de Kalos, de Sinnoh et d'Alola sont comptées à part — d'où le 15 du tableau, et un classement qui se retourne dès qu'on additionne les implantations : Sinnoh 18, Kalos 17, Hoenn 16. Les vingt villes d'Unys, elles, cumulent deux paires de jeux, Noir et Blanc puis Noir 2 et Blanc 2 : aucune cartouche ne les réunit toutes.
Le zéro de Paldea, enfin, n'est pas un manque mais un changement d'unité : la colonne compte des routes numérotées, quand Paldea découpe son territoire en quinze zones. Une case vide dit une convention de nommage, pas une absence de terrain.
Hisui manque au tableau faute de ligne propre : c'est le même territoire que Sinnoh, à une époque antérieure où la Ligue Pokémon n'existe pas encore. On y trouve quatre implantations et onze camps de base, aucune route numérotée, cinq zones ouvertes autour d'un village-hub, cent onze habitants recensés et un Pokédex de 242 espèces. Laquelle est la plus grande ? La réponse change avec la colonne — question reprise plus bas, critère par critère.
Décalquer le monde réel
Chercher la France dans Kalos ou New York dans Unys est un vieux sport de joueur : la grande encyclopédie anglophone coiffe sa page du sujet d'un bandeau « spéculation de fans ». Trois choses circulent sous l'étiquette « inspiration ». « Confirmé » : un développeur ou une publication officielle de The Pokémon Company pose le modèle comme un choix de conception. « Décalque évident » : aucune source officielle, mais le terrain ou le nom ne laissent aucun doute. « Ressemblance supposée » : un rapprochement proposé un jour par un joueur, que plus personne ne vérifie — de très loin la catégorie la plus fournie.
Les voyages de repérage, ce qui est vraiment documenté
La méthode est assumée : l'équipe va voir le pays. Masuda et une partie du studio partent en France un mois après Pokémon Noir et Blanc, pour préparer Pokémon X et Y — pays le plus visité par les touristes, de la mode, de la sophistication culinaire, du raffinement linguistique, selon sa justification publique. Trois lieux du jeu ont ensuite reçu leur modèle de sa bouche, à Paris, en masterclass à la Japan Expo : les correspondances les mieux attestées de Kalos tiennent à ce qu'un développeur a bien voulu dire un après-midi.
Galar fait exception, seul cas où l'éditeur fait ce travail à la place des joueurs : Masuda et Shigeru Ohmori y posent le Royaume-Uni en interview officielle, puis The Pokémon Company édite le Galar Expedition Guide, qui nomme les villes britanniques derrière une bonne part de la carte d'Épée et Bouclier. Ohmori a publié un croquis de repérage daté de fin septembre 2016, d'après Windermere ; il évoque aussi les voyages de recherche à Hawaï à l'E3 2016, doublés par le site officiel japonais de Soleil et Lune. Masuda, lui, a visité New York à l'époque de Diamant et Perle, où il a vu coexister des communautés d'origines très diverses : ce qu'ils vont chercher n'est pas un relief, c'est une atmosphère.
Hoenn, lui, est confirmé par écrit : Masuda, sur le blog de Game Freak. On range souvent Paldea au même rang, au motif d'une publication de The Pokémon Company parue près de deux ans après Écarlate et Violet ; mais ce texte, né d'un partenariat avec un parc à thème espagnol, rapporte la ressemblance relevée par les joueurs au lieu de la revendiquer : le décalque ibérique ne fait aucun doute, sa confirmation formelle manque toujours.
Cinq des neuf régions principales sont adossées à une déclaration qui nomme leur modèle — Hoenn, Unys, Kalos, Alola, Galar ; Kanto, Johto, Sinnoh et Paldea tiennent par leur géographie et leurs toponymes. Pour Sinnoh, Masuda a documenté l'origine du nom et les repérages de son équipe en Hokkaidō — Hakodate, Sapporo, Abashiri, Shiretoko, Kushiro — sans jamais écrire que la région en était le décalque : une déclaration sur un nom ou sur un voyage n'en est pas une sur une géographie, et les confondre fabrique la plupart des fausses confirmations.
Le décalque n'est jamais un calque
Hoenn reprend Kyūshū pivotée de quatre-vingt-dix degrés dans le sens antihoraire. Galar retourne la Grande-Bretagne à cent quatre-vingts degrés, comme vue du nord : la campagne passe au sud de la carte, la grande ville au nord. Kalos procède par découpe : les encyclopédies le cadrent sur la moitié nord de la France — ni Midi ni côte méditerranéenne.
Alola soustrait : des huit îles principales de l'archipel hawaïen, elle n'en garde que quatre habitées, plus une artificielle, le Paradis Æther, sans équivalent réel ; Akala est réorientée, son nord vers l'est de Maui. Paldea fait l'inverse : la péninsule Ibérique entière, ramenée à une ellipse refermée sur son cratère. Unys pousse la réduction le plus loin : pas un pays, une aire métropolitaine, seul cas de la série principale.
Le tableau des correspondances, avec leur statut
La colonne de statut donne l'état des sources en septembre 2026 : une déclaration retrouvée plus tard peut faire monter une ligne d'un cran.
| Élément du jeu | Modèle réel | Statut | Ce sur quoi il repose |
|---|---|---|---|
| Kanto | Région du Kantō, débordant sur le Chūbu | Décalque évident | La région réelle porte le même nom |
| Johto | Kansai, plus l'ouest du Chūbu | Décalque évident | Tracé des côtes, sens du nom |
| Hoenn | Kyūshū et Okinawa | Confirmé (officiel) | Blog de Game Freak, article 15, septembre 2004 |
| Sinnoh et Hisui | Hokkaidō, Kounachir, sud de Sakhaline | Décalque évident | Tracé ; les repérages en Hokkaidō et l'origine du nom sont documentés, le décalque non |
| Unys | New York, nord-est du New Jersey, ouest de Long Island | Confirmé (officiel) | Entretiens de développement de Masuda |
| Kalos | France métropolitaine | Confirmé (officiel) | Masuda ; le cadrage sur la moitié nord vient des wikis |
| Alola | Archipel d'Hawaï | Confirmé (officiel) | Ohmori à l'E3 2016 ; site officiel japonais |
| Galar | Angleterre et pays de Galles | Confirmé (officiel) | Interview officielle ; Galar Expedition Guide |
| Isolarmure | Île de Man | Confirmé (officiel) | Galar Expedition Guide |
| Couronneige | Écosse | Confirmé (officiel) | Guide officiel ; compte Pokémon UK |
| Paldea | Péninsule Ibérique, Espagne et Portugal | Décalque évident | Toponymes et relief ; la publication de The Pokémon Company du 25 septembre 2024 rapporte la ressemblance sans la revendiquer |
| Rhode (jeux dérivés) | Arizona, autour de Phoenix | Confirmé (officiel) | Nintendo Online Magazine, 2003 |
| Tour Prismatique, à Illumis | Tour Eiffel | Confirmé (officiel) | Blog de Masuda, 2016 ; pokemon.com, octobre 2025 |
| Palais Chaydeuvre | Château de Versailles | Confirmé (officiel) | Masuda, masterclass Japan Expo |
| Grotte Étincelante | Catacombes de Paris | Confirmé (officiel) | Masuda, même masterclass |
| Tour Maîtrise | Mont-Saint-Michel | Confirmé (officiel) | Masuda, même masterclass |
| Greenbury | Amesbury, la ville voisine de Stonehenge | Confirmé (officiel) | Galar Expedition Guide |
| Winscor | Londres | Confirmé (officiel) | Galar Expedition Guide |
| Cromlac'h | Alignements de Carnac | Décalque évident | Nom tiré du mot cromlech ; les deux encyclopédies donnent Carnac |
| Skifford | Liverpool | Décalque évident | Port, phare, statues d'un groupe de musiciens |
| Île Liberté | Liberty Island | Décalque évident | Position et fonction ; aucune statue, voir plus bas |
| Académie Orange / Raisin | Sagrada Família | Décalque évident | Silhouette et façade du bâtiment |
| Mont Nappé | Sierra Nevada | Décalque évident | Son nom espagnol est Sierra Napada |
| Pont Sagiciel | Pont de Brooklyn | Ressemblance supposée | Proposé aussi pour le Rainbow Bridge de Tokyo |
| Route 4 d'Unys | Chantier du World Trade Center | Ressemblance supposée | La route est en travaux dans toutes les versions |
| Atalanopolis | Yakushima pour le site, Santorin pour l'architecture | Ressemblance supposée | Modèle croisé entre deux pays |
| Stade de Kickenham | Château de Warwick ou château d'Édimbourg | Ressemblance supposée | Les deux grandes encyclopédies ne s'accordent pas |
Les correspondances que tout le monde répète et qui ne tiennent pas
La plus tenace : la Statue de la Liberté. L'Île Liberté, à Unys, décalque bien Liberty Island, mais le monument qui s'y dresse est le Phare de la Liberté, une tour : aucune statue dans le jeu, et le panneau du lieu donne l'île à un milliardaire qui l'aurait achetée deux siècles plus tôt pour y rêver un monde libre.
La deuxième donne Stonehenge au Cromlac'h de Kalos : faux, le Cromlac'h renvoie aux alignements de Carnac, comme son nom breton l'indique, et le site mégalithique britannique, c'est Greenbury, à Galar. Troisième du même ordre : le château de Winscor n'existe pas — la ville décalque Londres, celui de Galar est à Kickenham, où il abrite le stade, et le rapprochement avec les Windsor ne tient qu'au nom.
Quatrième, plus discrète : les deux statues du phare de Skifford ne représentent pas le liver bird, l'oiseau emblème de Liverpool. Ce sont deux Salarsen, Pokémon Électrik et Poison de catégorie « Punk », et Poképédia y lit les statues de bronze des Beatles installées dans la ville.
Deux inversions de sens. La tour Eiffel « existerait dans le monde Pokémon » : la seule mention connue est une notice du Pokédex de Ponyta dans Pokémon Stadium, où l'animal la franchirait d'un bond — et la version japonaise parlait de la Tour de Tokyo. On donne de même la Guyane pour lieu de découverte de Mew : les journaux du Manoir Pokémon nomment bien un pays en anglais comme en japonais, mais c'est le Guyana, pas la Guyane française, et la version française a mis « Jungle X ». Un fait de traduction n'est pas un fait du monde.
Reste la croyance la plus large : que toute région aurait un modèle réel. Vrai des neuf régions de la série principale ; ailleurs, c'est au cas par cas — Rhode a le sien, confirmé, quand le modèle de Ferrum n'a jamais été départagé et que Poképédia n'attribue aucune inspiration réelle à Passio ni à Lentis. La dixième génération le rappelle en direct : au 3 septembre 2026, sa région insulaire n'a ni nom officiel ni modèle annoncé, et les rapprochements déjà publiés dans la presse ne sont que des lectures de bande-annonce — promises à être citées comme des faits d'ici deux ans.
Comment se dessine une région
Chez GAME FREAK, dessiner une carte est un poste au générique : sur Pokémon Rouge, Vert, Bleu et Jaune, Satoshi Tajiri est crédité « création du terrain » autant que directeur. Shigeru Ohmori signe ensuite les cartes de six jeux d'affilée, de Rubis et Saphir (2002) à Noir et Blanc (2010) : la chronologie des jeux est celle de ces cartographes.
L'idée des Pokémon est venue à Tajiri, rappelle Poképédia, de sa passion d'enfance, la collection des insectes, le câble Link de la Game Boy lui faisant imaginer des insectes rampant entre deux consoles. Né à Machida, banlieue ouest de Tokyo, il a prêté sa ville d'enfance à Bourg Palette — dont la position sur la carte correspond, elle, à Shimoda.
Une Route n'est pas une liaison, c'est un découpage
Un croquis de Ken Sugimori pour Capsule Monsters (1990) montre deux Dresseurs interagissant sur une route, et le dossier contient un dessin ancien de la carte de Kanto : la région existait sur le papier six ans avant la cartouche. Tajiri la voulait différente pour chaque joueur ; infaisable, l'idée s'est rabattue sur deux mondes parallèles, dont les versions appariées sont le vestige.
Une route relie deux implantations, fractionnée en tronçons raboutés si la distance est trop grande : ce n'est pas la liaison qui fait la règle, c'est le découpage. Les arbres qui les bordent, à terre, sont le plus souvent infranchissables même pour un Dresseur ; la rencontre sauvage se confine aux hautes herbes, de probabilité p = x / 187,5 par pas, x allant de 10 (espèce très commune) à 1,25 (très rare), sans que Poképédia en date la génération. La classe d'un Dresseur, elle, est un indicateur de terrain.
Le rythme est ville, route, ville : dès la première génération, le Centre Pokémon ferme la plupart des segments, soins gratuits et stockage. Règle d'urbanisme : une ville ne peut abriter qu'une Arène. S'y ajoute un réseau maritime, praticable à la Surf ou en bateau, que Bulbapedia relève partout jusqu'à Galar exclue — le libellé français « Chenal », plus étroit, n'en donne aucun à Kalos ni à Alola. Les jeux de Hoenn le poussent au bout : 17 routes maritimes sur 34.
Huit Arènes, et aucune explication
La règle est écrite : huit Arènes par région, huit Badges au moins pour la Ligue. Aucune déclaration de GAME FREAK n'explique pourquoi huit — ni Tajiri, ni Masuda, ni Ohmori, ni les entretiens Iwata Asks ; les origines qui circulent sont des hypothèses de fans.
Sa déformation, elle, se vérifie. Ni Alola — le Tour des Îles remplace ses Arènes — ni Hisui, faute de Ligue à cette époque, n'en ont. Unys totalise dix Badges sur ses quatre jeux, Galar huit par partie mais douze titulaires en tout, deux paires de Champions étant exclusives à Épée ou à Bouclier, deux autres prenant la relève une fois l'histoire principale terminée. Écarlate et Violet gardent les huit Arènes, diluées dans dix-huit objectifs libres où les dix-huit types passent une fois chacun.
La carte encode la difficulté
Le couloir dose. Premier levier, le voisinage : les alentours d'une Arène fournissent de quoi la battre — dans Or HeartGold et Argent SoulSilver, le joueur traverse une grotte à Pokémon Glace juste avant l'Arène Dragon d'Ébènelle. Deuxième levier, le Badge, qui autorise les CS hors combat de la première à la quatrième génération, puis à la sixième — la cinquième seule casse ce lien.
Le Badge borne aussi l'obéissance des Pokémon échangés — et, depuis Légendes Pokémon : Arceus, des capturés — puis, depuis la quatrième génération, le stock de la Boutique. Dans Épée et Bouclier, il borne la capture : au-dessus du seuil, un sauvage « a l'air très costaud » et refuse la Poké Ball, garde-fou inventé exprès pour un espace libre, les Terres Sauvages.
Or ce système reposait sur les CS, disparues depuis Soleil et Lune : leurs usages de terrain passent aux Poké Montures, Taxi Volant, Moticyclette, Pokémontre, puis à Koraidon et Miraidon, débloqués par les Épices Secrètes. Le verrou change de forme à chaque génération, jamais de fonction : il dit où l'on n'a pas encore le droit d'aller.
La machine dessine avant l'auteur
La console de chaque génération impose sa géométrie avant qu'un village soit posé. Le nombre de Routes en est le témoin le plus commode : il se compte.
| Génération | Ce que la machine impose à la carte | Routes |
|---|---|---|
| I — Game Boy (1996) | Tuiles, vue fixe, quatre nuances de gris | Kanto : 25 |
| II — Game Boy Color (1999) | La couleur ; deux régions dans une cartouche | Johto : 20 ; Kanto passe à 28 |
| III — Game Boy Advance (2002) | La Plongée ajoute un étage sous la mer | Hoenn : 34, dont 17 maritimes |
| IV — Nintendo DS (2006) | Deux écrans ; huit CS, dont six obligatoires | Sinnoh : 30 |
| V — Nintendo DS (2010) | Même machine qu'en IV : caméra mobile, saisons | Unys : 23 |
| VI — Nintendo 3DS (2013) | Première génération intégralement en 3D ; cinq CS | Kalos : 22 |
| VII — Nintendo 3DS (2016) | Plus aucune CS | Alola : 17 |
| VIII — Nintendo Switch (2019) | Terres Sauvages : premier grand espace à caméra libre | Galar : 10 |
| IX — Nintendo Switch (2022) | Monde ouvert continu, sans mise à l'échelle | Paldea : 0 |
La lecture facile — les régions rétrécissent — est fausse. Ce que la chute mesure, c'est la disparition de l'unité « route », pas celle du terrain : les wikis comptent 1 523 personnages à Paldea contre 391 à Kanto en troisième génération — chiffre non officiel. Poképédia fait de Galar la région la moins pourvue en routes, Bulbapedia la deuxième : « zéro » ne se traite pas pareil.
Du couloir au terrain ouvert
Opposer Kanto le couloir à Paldea la libération est inexact : la linéarité la plus assumée, celle d'Unys, est revendiquée. Masuda explique en 2010 avoir voulu qu'on puisse « aller plutôt tout droit », parce que des enfants n'arrivaient pas à terminer les jeux précédents ; le document de cadrage, deux cents pages et une première dans le studio, définissait jusqu'à ce que signifie traverser un pont.
En 2019, les Terres Sauvages enclavent un premier espace à caméra libre dans une structure classique. En 2022, Hisui remplace les routes par cinq zones ouvertes, desservies par quatre implantations et onze camps de base ; la même année, Paldea rend le monde continu et n'ajuste plus aucun niveau à l'avancement du joueur : la difficulté devient géographique au lieu de progressive.
Ohmori a nommé le revers : passé un grand degré de liberté, « il devient difficile de se concentrer sur les détails ». L'infirmière du Centre Pokémon y guide les joueurs perdus. Nuance : l'ordre libre n'a pas été inventé en 2022, les huit Arènes de Kanto se défiant déjà dans l'ordre voulu en deuxième et quatrième génération, à la seule réserve de Blue, gardé pour la fin ; la primeur d'Écarlate et Violet porte sur la quête principale d'une région dans sa génération d'origine.
Kanto
Kanto, région des jeux fondateurs de 1996, est la seule du monde Pokémon à porter le nom réel de son modèle : toutes les autres en portent un inventé. Le mot n'apparaît pourtant dans aucun jeu occidental de première génération.
La carte
Une grande baie centrale, des montagnes au nord et à l'ouest, forêts et plaines ailleurs : le parcours en fait le tour et boucle à quelques pas du départ. Aucune route n'y impose de météo permanente, contrairement à la Route 119 de Hoenn ou la 217 de Sinnoh.

Le français distingue deux sortes de voies : vingt-cinq Routes terrestres et trois Chenaux maritimes — 19, 20 et 21 —, jamais appelés « Route ». Les vingt-huit ne coexistent dans aucun jeu : la carte s'arrête à la Route 25 en première, troisième et septième générations, et les 26 à 28, vers Johto, n'existent qu'en deuxième et quatrième.
La numérotation continue : Johto enchaîne à la Route 29. Selon Bulbapedia, Le passage se fait aux Chutes Tohjo, à la frontière des deux régions. La Route 28, rattachée à Kanto, entre dans deux régions à la fois, cas unique dans la série.
Le modèle réel
La ressemblance n'est pas une hypothèse : le nom japonais du jeu est le nom réel. Le Kantō : sept préfectures de l'est de Honshū, Tokyo comprise ; la baie centrale est celle de Tokyo, même si l'ouest déborde sur le Chūbu voisin. 関東 signifie « à l'est de la barrière », celle de Hakone ; le Kansai, modèle de Johto, est « à l'ouest de la barrière », mais celle d'Ōsaka.
Les correspondances les mieux établies sont urbaines et volcaniques : Céladopole et Safrania se partagent Tokyo, Setagaya et la ville nouvelle de Tama pour l'une, Shinjuku et Chiyoda pour l'autre, dont la Sylphe SARL reproduit la concentration de sièges sociaux. Cramois'Île reprend position et nature d'Izu-Ōshima, île du volcan Mihara. D'autres restent hypothétiques : le cimetière de Lavanville évoque celui d'Ushiku, réservé aux animaux de compagnie, sans confirmation.
Le mont Fuji n'est nulle part à Kanto : son équivalent, le Mont Argenté, relève de Johto, et seule la Route 28 traverse Yamanashi, la préfecture du vrai volcan — lequel chevauche deux préfectures du Chūbu, loin de la frontière Kantō-Kansai. Argenta, à ne pas confondre avec ce sommet, tient son nom français de la Corrèze : le traducteur Julien Bardakoff l'a baptisée d'après les panneaux routiers vers Argentat-sur-Dordogne.
Ce que la géographie change dans le jeu
Sans Surf, des pans entiers de Kanto restent hors de portée : la Centrale abandonnée, au bord de la Route 10, ne s'atteint qu'à la nage ; Cramois'Île, que par la mer ; les Îles Écume sont un passage, leur grotte sous-marine reliant les Chenaux 19 et 20. La Route 17 ne se parcourt qu'à bicyclette dans les quatre premières générations, et deux souterrains passent sous la carte.
En deuxième et quatrième générations, les huit Arènes se font dans n'importe quel ordre, sauf Jadielle, verrouillée jusqu'au bout : la singularité de Kanto n'est pas la liberté, que Paldea offre aussi, mais ce verrou sur une seule porte. Le Train Magnétique, Safrania-Doublonville à 550 km/h de pointe, ne roule pas tant que la Centrale n'est pas réparée. Dans Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli, les CS cèdent la place aux Techniques Secrètes : même carte, autre traversée.
Le lieu à retenir
La Caverne Azurée. Trois niveaux au nord-ouest d'Azuria, sans quête pour y conduire : elle ne s'ouvre qu'une fois la Ligue battue, et Mewtwo attend au fond. Deux noms — « Grotte Inconnue » dans Rouge, Bleu et Jaune, Caverne Azurée ensuite — et une géologie mouvante : effondrée en deuxième génération, trois ans plus tard dans la fiction, ré-excavée en quatrième. Modèle supposé : les carrières souterraines d'Ōya, aux galeries taillées dans la pierre.
Le guide complet de la région de Kanto détaille les dix villes, les huit Arènes, la Team Rocket et les trois oiseaux légendaires.
Johto
Johto, région de la deuxième génération rejouée en quatrième, tient en cinq jeux principaux. Sa singularité tient à la carte : soudée à Kanto, elle n'apparaît sans son voisin dans aucun des cinq, quand Kanto a été parcouru seul plusieurs fois.
La carte
Poképédia la décrit en bord de mer, ceinte de montagnes, une île à l'ouest portant Irisia et, dans les remakes, le Parc Safari ; le reste, bande continentale, est fermé par le relief et, à l'est, par Kanto. Soit une moitié de carte, Kanto occupant l'autre.

Ses routes commencent à la 29 et s'arrêtent à la 48, là où celles de Kanto s'étaient interrompues, à la 28 : aucune autre région ne procède ainsi, Hoenn repartant à 101, Sinnoh à 201, Unys et Kalos à 1. Deux des vingt tracés sont maritimes, les Chenaux 40 et 41.
La frontière reste floue. Les Routes 26, 27 et 28 relient les deux régions mais sont administrativement rattachées à Kanto : la sortie est de Bourg Geon, village de départ, quitte déjà Johto. Bulbapedia ajoute que Kanto et Johto sont les seules régions reliées par voie terrestre — affirmation de wiki, sans source officielle, et qui dépend de ce que l'on accepte de compter comme une région à part entière.
Le modèle réel
Johto est bâtie sur le Kansai, seul rattachement appuyé sur une source d'époque : une interview des développeurs dans Nintendo Online Magazine n°23, juillet 2000. Junichi Masuda a écrit que les kanji du nom signifient « capitale-château » (城都) ou « capitale en damier » (条都), sens qui renvoie à Nara. Les deux régions rejouent l'opposition du Kansai et du Kantō réels : ouest ancien contre est moderne.
L'emprise déborde le Kansai et les sources divergent : Bulbapedia y ajoute l'ouest du Chūbu et un morceau de Shikoku, Poképédia parle du « Tokai et Kansai ». Ville par ville, on quitte l'officiel pour la lecture de carte ; seuls tiennent les rapprochements qu'un détail du jeu corrobore : Rosalia pour Kyoto, ancienne capitale impériale, temples et quartiers de geishas ; Doublonville pour Osaka, dont la tour Tsūtenkaku répond à la Tour Radio et les souterrains au Doublon-Tunnel. Le Mont Argenté vaut pour le mont Fuji.
Ce que la géographie change dans le jeu
Le passage vers Kanto emprunte les Chutes Tohjo — portemanteau de la deuxième syllabe de Kanto et de la première de Johto — et réclame la CS Cascade, donc les huit Badges. Deux liaisons la doublent : l'Aquaria, d'Oliville à Carmin sur Mer, et le Train Magnétique, de Doublonville à Safrania.
La mer réorganise la progression : Irisia occupant l'île de l'ouest, le joueur prend d'abord l'Arène d'Oliville, surfe jusqu'à Irisia pour le cinquième Badge, puis revient au sixième sur ses pas. Plus au nord, le Lac Colère ne suit le calendrier que dans les remakes : il y pleut tous les jours sauf le mercredi, où sa surface se divise par deux, découvrant des zones inaccessibles le reste de la semaine.
Le voisin a rétréci : Poképédia relève que le Kanto de Pokémon Or et Argent voit ses lieux d'origine supprimés ou raccourcis et n'est plus scénarisé. Les remakes Or HeartGold et Argent SoulSilver ont fait l'inverse, ajoutant à Johto deux routes, un Parc Safari, le Portail Falaise, le Dôme Pokéathlon.
Le lieu à retenir
Les Tourb'Îles (うずまきじま, « îles-tourbillons ») sont quatre îlots du Chenal 41, entre le continent et l'île de l'ouest. Sans la CS Siphon, leurs tourbillons en interdisent l'abord. Au plus profond dort Lugia, et SoulSilver raconte que les quatre n'en formaient qu'un, déchiré en quatre par le Pokémon.
Le modèle réel y est lisible, même s'il reste une lecture de wiki : Awaji-shima et les tourbillons du détroit de Naruto, phénomène de marée bien réel.
Le détail — ses dix villes, ses huit Arènes, sa Team Rocket privée de chef, ses fauves légendaires — occupe un document à part : le guide complet de Johto.
Hoenn
Hoenn, région de la troisième génération, paraît sur Game Boy Advance avec Pokémon Rubis et Saphir en 2002 au Japon, 2003 en Europe ; retour douze ans plus tard sur Nintendo 3DS. Située au sud-ouest de Johto et de Kanto, elle tient son nom japonais, ホウエン Hōen, de 豊縁, « liens abondants » : son thème n'est pas la mer, mais la relation.
La carte
Une île principale, un chapelet d'îles au sud et à l'est, entre les deux une mer qui fait territoire. Hoenn détient le record de routes de la série, trente-quatre, numérotées de 101 à 134, en deux moitiés égales : dix-sept terrestres, dix-sept sur l'eau. Ces dernières s'appellent chenaux, libellé français apparu à la troisième génération, réemployé depuis sans jamais en réunir autant au même endroit.

Déserts, forêts, montagnes et plaines coexistent ; la Route 111 traverse un désert en tempête de sable permanente. Le Mont Chimnée, point culminant, volcan en éruption permanente, ne menace pourtant pas les habitants ; la carte française le dit « haut de plus de 1500 mètres », l'anglaise près de 5 000 pieds, soit un peu moins : les deux versions divergent. Le Tunnel Mérazon est resté inachevé : les cris d'une colonie de Chuchmur y provoquaient des éboulements.
Le modèle réel
Le modèle n'est pas une hypothèse de fans : Junichi Masuda a écrit sur le blog de Game Freak, le 9 septembre 2004, que Hoenn reprend Kyūshū, l'île du sud du Japon, dont il voulait retrouver les étés de son enfance. La même entrée donne le concept — un endroit où les gens se lient, inspiré de l'hospitalité de Kyūshū — et le pivot de quatre-vingt-dix degrés antihoraire, pour le confort de jeu ; l'écran plus large que haut est la raison technique avancée depuis.
Les correspondances de lieux, elles, relèvent de l'encyclopédie, non du développeur. Bulbapedia rapproche le Centre Spatial d'Algatia du centre spatial de Tanegashima, avec la prudence d'un « peut correspondre à » ; le recoupement tient : Tanegashima, au sud de Kyūshū, passe à l'est carte tournée, là où Algatia est posée. Le Mont Chimnée va de même au mont Aso, les sources de Vermilava aux onsen d'Aso et de Nagayu. Rien n'en est confirmé : seuls la région, son orientation, son paysage et son concept le sont.
Ce que la géographie change dans le jeu
Plongée naît avec Hoenn — CS08 dans les jeux d'origine, CS07 dans les remakes — et sans elle un étage entier de la carte reste fermé. Le Fond marin reprend la topographie des chenaux qui le surplombent, ses herbiers d'algues remplacent les hautes herbes, certaines zones interdisent de remonter. L'exclusivité n'est pas totale — les Ruines des Abysses d'Unys se visitent aussi en Plongée ; ce qui est propre à Hoenn, c'est l'étendue : un réseau continu sous toute sa mer.
La Grotte Tréfonds change d'environnement avec la marée, calée sur l'horloge réelle de la console en quatre plages de six heures ; son étage glacé n'ouvre qu'à marée basse. Éternara, qui abrite la Ligue, ne s'atteint qu'en remontant une cascade. Rubis Oméga et Saphir Alpha ajoutent le Grand Envol, vol libre qui fait apparaître les Pokémon sauvages en vols d'oiseaux et ouvre douze lieux mirages introuvables autrement.
Le lieu à retenir
Atalanopolis. Une ville bâtie dans un cratère rempli d'eau, coupée en deux par un lac, faite presque entièrement d'escaliers, où l'on n'entre d'abord qu'en Plongée depuis le Chenal 126 : le seul accès à une ville par le dessous de la série.
Son origine a changé d'un jeu à l'autre : cratère d'un volcan sous-marin sorti de la mer et rempli par la pluie dans Rubis et Saphir comme dans Émeraude, cratère de météorite dans les remakes, réécrit par l'Épisode Delta. Deux géologies pour une ville dont les encyclopédies rapprochent l'architecture blanc et bleu du village d'Oia, à Santorin.
Les villes de Hoenn, ses huit Arènes — dont une tenue par deux Champions —, la Ligue d'Éternara et le duel des deux organisations, l'une pour étendre les mers, l'autre les terres, sont détaillés dans le guide complet de la région de Hoenn.
Sinnoh
Sinnoh, région de la quatrième génération, ouvre sur Nintendo DS en septembre 2006 au Japon, juillet 2007 en Europe. Son nom vient, selon Junichi Masuda, du japonais 神奥 shin'ō, « mystérieux ». Première région de la série principale à routes enneigées, elle fait de son relief central un sanctuaire.
La carte
Continent unique au nord de Kanto, Johto et Hoenn, flanqué de quelques îles, Sinnoh est coupée en deux moitiés par le Mont Couronné, qui la traverse verticalement du sud au nord : on ne change de versant que par l'intérieur du massif, et les trente routes 201 à 230 s'ordonnent autour de cette barre.

Sinnoh est plus continentale que maritime : peu de chenaux, beaucoup de routes montagneuses, pluvieuses ou enneigées — l'inverse de Hoenn. Trois lacs, à chaque extrémité de l'île principale, dessinent un triangle centré sur le sommet du Mont Couronné. S'en détachent l'îlot de la Ligue, rejoint de Rivamar par le Chenal 223, et l'île du nord-est, sous-région de trois « aires » dont les habitants ne se considèrent pas de Sinnoh.
Le modèle réel
Le modèle est Hokkaidō, île du nord du Japon, décalquée à deux réserves près : la carte ampute la péninsule d'Oshima et ajoute deux territoires non japonais. Masuda, réalisateur de Pokémon Versions Diamant et Perle, a raconté les repérages à Hakodate, Sapporo, Abashiri, Shiretoko et Kushiro, prison d'Abashiri et mines de charbon comprises.
Féli-Cité, au centre, est Sapporo ; Charbourg et ses gisements, Yūbari, ville minière ; Verchamps et son Grand Marais, Kushiro et sa tourbière, la plus vaste du Japon. Pour les trois lacs, Poképédia cite Tōya, Kussharo et Kutcharo sans dire lequel est lequel : l'appariement un pour un qu'on lit souvent est déduit des positions, pas sourcé.
Le décalque est aussi politique : Bulbapedia rattache l'île du secteur de combat au sud de Sakhaline, ancien territoire japonais, et l'îlot de la Ligue à Kounachir, île des Kouriles disputée entre la Russie et le Japon. Poképédia n'attribue rien pièce par pièce : elle écrit seulement que Sinnoh est bâtie sur Hokkaidō, sur Kounachir « à l'est » et sur Sakhaline « au nord » — deux directions dans le sens de Bulbapedia, puisqu'elle situe l'île du secteur de combat au nord-est du continent et la Ligue à l'est. Rivamar décalque Nemuro, point le plus oriental d'Hokkaidō, d'où l'on voit les Kouriles.
Ce que la géographie change dans le jeu
La quatrième génération n'introduit que deux CS, et toutes deux répondent au terrain : Escalade pour les parois rocheuses, Anti-Brume pour le brouillard. Game Freak n'a jamais présenté ces ajouts comme une conséquence du relief : c'est une lecture, pas une déclaration. Leur poids se constate : la Route Victoire de Sinnoh en exige cinq — Surf, Force, Éclate-Roc, Cascade, Escalade — et s'ouvre par trois entrées au lieu de deux.
Dans la zone à champ magnétique spécial du Mont Couronné, un Magnéton qui gagne un niveau devient Magnézone, un Tarinor Tarinorme : l'évolution tient au lieu, pas à un objet. La coupure est-ouest s'inscrit dans une espèce : Sancoki est rose, forme Mer Occident, à l'ouest de la montagne, et bleu, forme Mer Orient, à l'est. Sous la surface, un souterrain couvre toute la région, cloisonné en secteurs qu'on ne relie qu'en remontant à l'air libre ; les remakes de 2021 l'ont élargi en Grands Souterrains.
Le lieu à retenir
Le Mont Couronné est, selon Bulbapedia (section de géographie), le plus haut sommet connu de tout le monde Pokémon — pas seulement de la région. Son réseau de grottes compte trois parties, la sud non directement accessible depuis la nord : on la parcourt en plusieurs voyages. Au sommet, les Colonnes Lances, ruines autrefois appelées Temple de Sinnoh, où la légende place la naissance de Dialga, Palkia et Giratina ; le triangle des trois lacs y est reproduit au sol. C'est là que Pokémon Version Platine fait apparaître Giratina et ouvre le Monde Distorsion, au temps figé et à la gravité altérée, absent des jeux d'origine et des remakes.
Villes, Arènes, Ligue et Team Galaxie sortent du cadre géographique retenu ici ; voir le guide complet de la région de Sinnoh.
Unys
Unys est la région de Pokémon Noir et Blanc (2010 au Japon, 4 mars 2011 en France) et de Noir 2 et Blanc 2, que la fiction sépare de deux ans. Son nom français condense « États-Unis » et « unité » : première région de la série principale bâtie sur un modèle hors du Japon.
La carte
Trois masses de terre découpées par deux fleuves : un bloc à l'ouest, deux péninsules au centre et à l'est. Ces fleuves ne se nagent presque nulle part : les cinq ponts en sont les soudures, chacun reliant le bloc central à l'est ou à l'ouest, jamais l'est à l'ouest. Le relief : un désert, deux massifs et une grotte née d'un impact de météorite, où dort Kyurem.

Les 23 routes repartent de 1, comme celles de Kanto, pour marquer l'éloignement. Bout à bout, elles dessinent un anneau : la Route 16 ramène à Méanville, déjà traversée à l'aller. Aucune source officielle n'emploie le mot ; la forme se lit dans le graphe des sorties.
Au centre, pas de capitale : le Heylink, île réputée inaccessible que la carte décrit seulement comme un « endroit étrange au centre d'Unys », où l'on n'entre que par le C-Gear, jamais à pied.
Le modèle réel
Le modèle est confirmé par le studio : « We modeled it after New York », dit Junichi Masuda (Iwata Asks). Il vise l'aire métropolitaine entière — New York, le nord-est du New Jersey, l'ouest de Long Island — pour ses salles de comédie musicale et d'opéra de Manhattan et son grand pont.
Le détail n'a jamais été officialisé. Les rapprochements les mieux assis : Volucité pour le Lower Manhattan, Méanville pour Midtown, le Pont Sagiciel pour celui de Brooklyn, le Métro de Combat pour le métro new-yorkais. Ailleurs, les deux grandes encyclopédies se contredisent : Janusia vaut Harlem chez l'une, Mott Haven dans le Bronx chez l'autre.
Masuda avait d'abord imaginé la région en nid d'abeilles, hexagones alignés autour d'un Manhattan central, idée née dans la cour du MoMA. La carte livrée n'en garde rien : Volucité est au sud, et un désert s'étend juste au nord du « Manhattan » d'Unys. La ressemblance est thématique, pas topographique.
Ce que la géographie change dans le jeu
Ce couloir imposé par les fleuves, le Pokédex régional le redouble — dans Pokémon Noir et Blanc, aucune espèce des générations antérieures n'est capturable avant la Ligue, l'éloignement justifiant en fiction ce que Game Freak revendique comme une décision de production.
La Ligue se dresse à mi-anneau : en 2010, toute la moitié est, des Routes 11 à 16 jusqu'à la Ville Noire ou la Forêt Blanche, n'existe qu'après une première victoire sur elle.
Le climat, enfin, est une mécanique : local dans les régions précédentes (telle route toujours enneigée), il devient global — Unys entière change avec les saisons. Elles ouvrent des passages plus qu'elles ne repeignent le décor : l'hiver ouvre le toit de l'Arène de Flocombe, gèle les flaques de la Route 8, fait pousser les herbes sombres de la Tour Dragospire.
La carte bouge d'un jeu à l'autre : Noir 2 et Blanc 2 ajoutent un sud-ouest et un est inédits, ferment le Pont Sagiciel pour travaux — on rejoint Volucité par ferry — et renvoient en post-aventure le bloc ouest où commençait l'aventure de 2010. Unys est aussi la seule région des jeux principaux à deux villes de départ.
Le lieu à retenir
Le Pont du Hameau n'est pas qu'un passage : un village est bâti sur le tablier, et le jeu attribue le pont aux premiers colons d'Unys. Pas de Centre Pokémon, pas d'atterrissage en Vol, et le seul endroit où les fleuves d'Unys se laissent nager, dans le bras qui passe dessous. Un pont habité, sur la moitié que Noir et Blanc n'ouvrent qu'après la Ligue.
Les villes d'Unys, ses Arènes remaniées d'une époque à l'autre, la Team Plasma et le dragon coupé en deux sont le sujet du guide complet de la région d'Unys.
Kalos
Kalos est la région de Pokémon X et Y (3DS, 12 octobre 2013) et de Légendes Pokémon : Z-A (16 octobre 2025). Son nom vient du grec kalos, « beau ». Première région inspirée d'un pays européen — mais non la première non japonaise : Unys l'a précédée de trois ans.

La carte
Kalos est officiellement découpée en trois sous-régions : les Côtes de Kalos à l'ouest, le Centre de Kalos, les Monts de Kalos à l'est, colorées en bleu, blanc et rouge — le drapeau français. Le tricolore déborde du Pokédex : vêtements, Insigne de Kalos, panneaux de route. La Baie Azur ouvre sur ce que Poképédia identifie à la Manche ; les Monts montent jusqu'aux routes enneigées.
Game Freak n'a jamais commenté la forme d'ensemble. Bulbapedia la décrit en étoile à cinq branches — presqu'île du nord-ouest, littoral, montagnes, rivières — puis, plus loin, en pentagone, clin d'œil à l'Hexagone. Les deux lectures se rejoignent sur l'essentiel : cinq des vingt-deux routes numérotées aboutissent à Illumis. Les vingt-deux portent chacune un sous-titre — Route Menhir, Chemin Miroir, Steppe d'Illumis —, cas que Bulbapedia donne pour unique dans la série.
Le modèle réel
Le modèle est la France, Junichi Masuda l'a dit à la Japan Expo en 2013. La précision courante — la moitié nord de la France métropolitaine — vient des wikis, pas de lui : la carte s'arrête au sud vers La Rochelle et Lyon, sans contrepartie pour la Méditerranée, les Pyrénées ni les Alpes. Il n'a confirmé qu'une poignée de lieux : Illumis pour Paris, le Palais Chaydeuvre pour le château de Versailles, la Grotte Étincelante pour les Catacombes de Paris, la Tour Maîtrise pour le Mont-Saint-Michel. Il a cité Carnac sans nommer le lieu ; les wikis l'identifient à la Route Menhir et à Cromlac'h.
Le reste relève des wikis, à des degrés inégaux, et les deux se contredisent sur plusieurs villes. Surtout, la carte reprend les repères de la France, pas ses distances : Neuvartault figure Fontainebleau, qu'une forêt et plusieurs routes écartent d'Illumis quand Fontainebleau est à moins de soixante kilomètres de Paris. Dans Illumis même, les inspirations parisiennes sont retournées verticalement, le nord de la Seine passant au sud du canal. Jusqu'au bestiaire : le motif d'ailes de Prismillon dépend de la région géographique réelle de la console.
Ce que la géographie change dans le jeu
Le découpage atteint le Pokédex : Kalos est la première région dont le Pokédex régional est scindé en listes sous-régionales, chacune renumérotée à partir de 001 et sans liste globale — 153 entrées pour le Centre, 153 pour les Côtes, 151 pour les Monts, soit 457. Plus gros total de la série, mais une addition : isolément, aucune n'approche les 400 espèces de Galar ou de Paldea.
Kalos est aussi la première région à proposer le chevauchement, une monture par type de sol : Chevroum en navette dans Illumis, un Rhinocorne de course retraité Route 9, une Cabriolaine Route 12, un Mammochon dans la neige Route 17. Le Train Méga Vitesse est le seul lien terrestre entre Illumis et Batisques, tout au sud, qu'aucune route ne rattache au reste de Kalos. La mer reste anecdotique, un seul port étant relié au reste du monde.
Cinq entrées terrestres plus une gare font d'Illumis la ville la plus accessible de la série, contre quatre routes pour Safrania, Lavandia ou Féli-Cité. Le scénario s'autorise donc à la fermer : au premier passage, une panne d'électricité la réduit à un bout de rue et une avenue.
Le lieu à retenir
La Tour Prismatique, au centre d'Illumis : plus de trois cents mètres, quatre entrées, l'Arène dans ses murs, une Place Centrale qui rejoue la place de l'Étoile et ses avenues rayonnantes. Sa silhouette est celle de la Tour Eiffel, mais Masuda a raconté avoir demandé à son designer de s'inspirer aussi de flacons de parfum.
Elle est bâtie sur les fondations de l'Ange, machine élevée par A.Z. deux mille ans avant X et Y. Elle n'a pas survécu à Légendes Pokémon : Z-A, qui se déroule intégralement dans Illumis : à l'issue du jeu, la Tour Prismatique est détruite, se couvre de végétation et devient la vingtième et dernière zone sauvage de la ville.
Les Arènes, la Ligue, la Team Flare et les trois mille ans qui séparent la guerre d'A.Z. du tir de Lysandre sont traités à part, dans le guide complet de la région de Kalos.
Alola
Alola est la région de Pokémon Soleil et Lune, sortis sur 3DS en novembre 2016, puis de Pokémon Ultra-Soleil et Ultra-Lune l'année suivante. Septième région du jeu principal, elle est la première entièrement insulaire : ni terre principale, ni frontière terrestre. Son nom vient de l'hawaïen aloha, « bonjour » ; dans les jeux, « Alola » salue à l'arrivée comme au départ.
La carte
Quatre îles naturelles : Mele-Mele (nord-ouest), Akala (nord-est), Ula-Ula (sud-est), Poni (sud-ouest), plus une île artificielle, le Paradis Æther, flottant au centre de l'archipel, légèrement à l'ouest. Akala porte un volcan en activité, des cascades, une jungle ; Ula-Ula, la plus grande, plages, désert Haina, observatoire de montagne ; Poni, la plus sauvage, est mangée pour plus de moitié par son Grand Canyon.

Elle compte 9 villes et villages et 17 Routes : 3 sur Mele-Mele, 6 sur Akala, 8 sur Ula-Ula, aucune sur Poni. La numérotation repart à 1, comme à Unys et à Kalos, sans doute pour marquer l'éloignement d'Alola. Ekaeka, la plus grande ville, compte 107 habitants ; la maison du joueur est sur la Route 1, pas dans une ville. Côté climat, Mele-Mele reste douce et uniforme quand Ula-Ula enchaîne soleil écrasant, tempêtes de sable, pluie et neige.
Le modèle réel
Le modèle est l'archipel d'Hawaï, confirmé par le site japonais des jeux, par Junichi Masuda sur son blog LINE le 23 mai 2016 et par Shigeru Ohmori à l'E3 2016. Chaque nom d'île est la couleur hawaïenne que la loi de l'État attribue officiellement à son modèle.
Mele-Mele (jaune) est Oahu, Akala (rose) Maui, Ula-Ula (rouge) Hawaï — la « Big Island » —, Poni (violet) Kauai. Ekaeka est Honolulu et sa plage Waikiki, Malié et son jardin japonais Hilo, le Grand Canyon de Poni le Waimea Canyon, surnommé Grand Canyon du Pacifique. La page « Alola » de Poképédia intervertit Ula-Ula et Poni ; ses propres pages d'île, Bulbapedia et les couleurs officielles hawaïennes disent l'inverse, et l'emportent.
Le décalque reste insulaire, pas cartographique : la chaîne réelle, orientée nord-ouest/sud-est, devient un carré — Kauai passe de l'extrémité nord-ouest au coin sud-ouest, le nord d'Akala correspond à l'est de Maui.
Ce que la géographie change dans le jeu
Alola supprime CS et capacités de terrain au profit des Poké Montures, mais, dans Soleil et Lune, ni la Brasse Lokhlass ni le Turbo Sharpedo ne mènent d'une île à l'autre, et l'Air Dracaufeu ne vole que vers des lieux déjà visités. Le bateau reste le seul passage jusqu'à ce qu'Ultra-Soleil et Ultra-Lune ajoutent le Surf Démanta, monture marine faite pour relier les îles, et une plage d'accueil sur chacune des quatre.
Chaque île a son Pokémon gardien et son Doyen, que ce gardien désigne : les quatre Grandes Épreuves du Tour des Îles, une par île, là où les régions à Arènes en comptent huit, chiffre fixe indépendant de leur territoire. Le Pokédex régional est découpé en quatre sous-Pokédex, un par île. L'urbanisation décroît dans l'ordre de visite : goudron et parkings sur Mele-Mele et Akala, quelques bus et téléphériques sur Ula-Ula, rien de tel sur Poni, où les montures redeviennent le principal moyen d'avancer.
Le lieu à retenir
Le Mont Lanakila, sur Ula-Ula, est le point culminant d'Alola : un sommet enneigé au-dessus d'un archipel tropical, comme les Mauna Kea et Mauna Loa, les deux seuls d'Hawaï à l'être régulièrement. Avant les jeux, la cérémonie de clôture du Tour des Îles s'y tenait ; la Ligue Pokémon du Professeur Euphorbe s'y élève aussi, absente au départ et bâtie pendant l'aventure — on en croise les ouvriers au Village Toko.
Crabagarre y évolue en Crabominable en gagnant un niveau, condition de lieu valable seulement dans les jeux situés à Alola : depuis Écarlate et Violet, une Pierre Glace suffit n'importe où. Le rocher Pierre Glacée y fait d'Évoli un Givrali.
Les neuf localités, les sept Capitaines d'Épreuve, la Team Skull et la Fondation Æther, les gardiens et la lumière volée par Necrozma sont racontés dans le guide complet de la région d'Alola.
Galar
Huitième région de la série principale, Galar est le décor de Pokémon Épée et Bouclier (15 novembre 2019, Nintendo Switch). Son nom est une anagramme de « Graal », en écho à la matière arthurienne des deux titres. Un continent d'un seul tenant, étiré du sud au nord.
La carte
Ni boucle ni archipel : un couloir contrarié. Paddoxton, village de départ, tient l'extrême sud ; Winscor, ville de la Ligue, l'extrême nord. Entre les deux, dix routes numérotées seulement — le plus faible total de la série selon Poképédia, l'avant-dernier selon Bulbapedia, qui compte Paldea et ses zéro route numérotée — en quatre paquets sans continuité, que seul le rail relie.

Au centre, non une route mais les Terres Sauvages, dix-huit sous-zones naturelles que coupe une rivière. Le Pass d'extension de 2020 ajoute Isolarmure, île au large de la côte est, et Couronneige, toundra montagneuse qui prolonge le continent au sud de Paddoxton — position qui trahit la fabrication.
Le modèle réel
Le modèle, la Grande-Bretagne, est confirmé : Shigeru Ohmori a expliqué en 2019 avoir choisi le Royaume-Uni parce qu'il servait le thème de la force d'Épée et Bouclier. L'Angleterre domine le décor, le pays de Galles moins. Le Galar Expedition Guide officiel donne plusieurs modèles de villes : Winscor est Londres, Motorby Manchester, Ludester la ville thermale de Bath.
Le procédé : la carte réelle retournée à 180 degrés. Aucune déclaration de développeur ne le dit, mais les deux encyclopédies le décrivent ainsi, et le jeu le vérifie deux fois. Couronneige, inspirée de l'Écosse — attribution officielle —, occupe le sud de la carte ; Isolarmure, inspirée de l'île de Man, borde la côte est, quand l'île de Man est à l'ouest de la Grande-Bretagne. Le sud rural et le nord industriel ne sont donc pas une inversion du pays réel : carte redressée, la mégapole retombe au sud-est, là où est Londres, et les fermes du départ au nord, côté Lake District.
Ce que la géographie change dans le jeu
Conséquence : on ne traverse pas Galar par les seules routes. Le train est une pièce de la carte, pas un confort — singularité relative, précise Bulbapedia, pas un cas unique. Le déplacement rapide passe par le taxi volant tracté par Corvaillus, métier qu'il ne peut pas exercer à Paldea, où les Forgelina l'accueillent à coups de rochers.
Le terrain fabrique aussi les rencontres : dans les Terres Sauvages, la météo est tirée pour chaque sous-zone et rejouée chaque jour à minuit, décidant des espèces présentes. Les Badges y relèvent le plafond de niveau des Pokémon sauvages capturables. Le Dynamax ne s'emploie que là où c'est permis — stades d'Arène, développés par Macro Cosmos grâce aux Sources d'Énergie, et antres des Terres Sauvages : Smashings, ville privée d'énergie, est la seule étape du Défi sans stade ni Source, donc sans gigantisme.
Le lieu à retenir
Greenbury, petite ville agricole étagée sur une colline ronde qui descend vers son stade. À l'ouest s'en dresse une seconde, dont le sommet donne sur un géoglyphe tracé dans l'herbe, censé représenter la Nuit Noire, cataclysme survenu trois mille ans avant les jeux ; sa silhouette ressemble fortement à Salarsen Gigamax — Pokémon dont deux statues gardent aussi le phare de Skifford, le port voisin.
Sa fabrication est un cas d'école de désaccord entre sources. Le Galar Expedition Guide officiel fonde la ville sur Stonehenge ; Poképédia écrit qu'elle représente York et que le géoglyphe reprend le cheval blanc de Kilburn, avant de rapprocher ailleurs le même géoglyphe du Géant de Cerne Abbas. La source officielle fait foi. Détail souvent mal lu : les édifices de pierre semés entre les terrasses ressemblent à Dolman, qui n'est pas un dolmen mais le Pokémon n°0874, de catégorie « Mégalithe ».
Le détail des villes, des huit Arènes transformées en stades et de la Ligue sans Conseil 4 revient au guide complet de la région de Galar, avec la Nuit Noire et le Pokédex régional de 400 espèces.
Paldea
Paldea est la région de Pokémon Écarlate et Violet, parus mondialement le 18 novembre 2022. Son nom croise paideia, l'instruction du citoyen dans la Grèce antique, et aldea, le hameau espagnol. Première région de la série principale d'un seul tenant, sans écran de chargement.

La carte
Paldea dessine une ellipse trouée en son milieu. Poképédia la dit « entourée par un immense océan » sans en faire une île : pour Bulbapedia, c'est une vaste péninsule, bordée de quatre mers paldéennes et prolongée, par-delà ses montagnes, par Kalos — seule région dont Paldea soit dite voisine. Relief : plaines rocheuses, lacs, chaînes de montagnes, terres arides à l'est et au sud, un sommet, le Mont Nappé.
Aucune route numérotée — cas unique dans la série principale, à une réserve : Hisui n'en a pas davantage, mais Hisui est le passé de Sinnoh, qui en possède. À la place, quinze zones aux quatre points cardinaux — six au sud, trois au nord, à l'est et à l'ouest — et douze villes et bourgs. Des Centres Pokémon poussent en pleine nature, la traversée étant réputée difficile pour le non-initié.
Le contour se lit de deux façons, que Poképédia cumule : une Poké Ball, et la tortue-monde de Bulbapedia, le cratère central pour hexagones de la carapace de Terapagos.
Le modèle réel
Le modèle est la péninsule Ibérique, décalque évident qu'aucune déclaration de modélisation n'a jamais formalisé. Seule pièce officielle : un communiqué de The Pokémon Company du 25 septembre 2024, pour un partenariat avec un parc japonais sur l'Espagne — il rapporte le rapprochement des joueurs, il ne le décrète pas. L'extension à l'Ibérie entière est une lecture concordante des deux wikis, sur des marqueurs portugais concentrés à l'ouest.
Trois correspondances tiennent mieux. Mesaledo, ville centrale et la plus peuplée, tient la position de Madrid ; son nom français assemble mesa et Tolède. Le Mont Nappé, Sierra Napada en espagnol, décalque la Sierra Nevada, dont le Mulhacén culmine sur la péninsule. Le Bosquet Tagué reproduit la forêt d'Oma en Biscaye, aux troncs peints par Agustín Ibarrola. Le reste — la Sagrada Família derrière l'Académie — n'est qu'hypothèse convergente ; l'Alhambra, souvent citée, n'apparaît dans aucune des deux sources.
L'invariant n'est pas la ville réelle mais la cuisine : toutes les agglomérations portent un nom culinaire, la localisation française y greffant le plus systématiquement une ville ibérique — Levalendura pour levadura et Valence, Jarramanca pour jarra et Salamanque.
Ce que la géographie change dans le jeu
Carte sans couloir, progression sans ordre. Pour la première fois dans la génération d'origine d'une région, les huit Arènes se défient dans l'ordre voulu : la courbe de niveaux des Champions suggère un parcours sans l'imposer. D'où le point de friction d'Écarlate et Violet : les niveaux ne s'ajustent pas aux progrès du joueur, et la liberté totale produit une difficulté en dents de scie. Même logique pour les trois intrigues, qui courent en parallèle.
Le terrain a engendré une mécanique : le sol régional, riche en énergie Téracristal, justifie dans la fiction que la Téracristallisation s'y emploie partout, et nulle part ailleurs sans explication propre. Le déplacement se gagne : de grands panneaux signalent les Dix Merveilles de Paldea, dix panoramas dont la visite débloque le vol. Les deux extensions de 2023 sortent de la carte.
Le lieu à retenir
Le Cratère de Paldea — « le grand trou de Paldea » en japonais — occupe le centre géographique de la région. Le règlement intérieur de l'Académie en interdit l'accès aux élèves à cause des Pokémon qui y vivent : interdit scolaire, pas loi régionale. Les trois scénarios achevés, on descend dans la Zone Zéro par le Portail Zéro au nord-ouest ou en sautant dans la brume qui en noie le fond. Il y fait constamment jour.
La Téracristallisation y est née : les cristaux de la Zone Zéro en sont la source, et les Orbes Téracristal en sont tirés. Bulbapedia date l'Abîme Zéro de deux millions d'années, formé par des mouvements sismiques, et le cratère d'un million, par des moyens qu'elle n'explique pas. Il y a deux cents ans, l'expédition dont Bruyer fait partie déclare en avoir atteint le fond la première ; le livre qu'il en tire, écarlate ou violet selon la version, tombe dans l'oubli, et la Zone Zéro devient une légende urbaine.
Le détail des douze villes, des huit Arènes et des trois intrigues est développé dans le guide complet de la région de Paldea.
Hisui
Hisui n'est pas une dixième région : c'est le nom de Sinnoh à une époque antérieure, et le territoire de Légendes Pokémon : Arceus, sorti le 28 janvier 2022. Cormier ne propose de la rebaptiser Sinnoh, en hommage au Grand Sinnoh, qu'à la fin.
La carte
Le territoire jouable tient en cinq zones ouvertes — Plaines Obsidiennes au sud-ouest, Marais Carmin au sud-est, Côte Lazuli à l'est, Contrefort Couronné au centre, Terres Immaculées au nord —, plus le village de Rusti-Cité et le Hameau Oublié : 88 sous-zones nommées.

De Sinnoh, le territoire garde le relief : le Mont Couronné coupe déjà la région verticalement en deux. Manquent les villes, aucune n'est bâtie, et les routes numérotées — avec Paldea, l'une des deux régions de la série principale dans ce cas : on va de zone en zone. Poképédia nomme, pour chacune, les villes à venir.
| Zone de Hisui | Correspondance dans Sinnoh |
|---|---|
| Plaines Obsidiennes | Bonaugure, Littorella, Charbourg, Floraville |
| Marais Carmin | Bonville, Voilaroc, Verchamps |
| Côte Lazuli | Rivamar et la Ligue Pokémon |
| Contrefort Couronné | Vestigion |
| Terres Immaculées | Frimapic et la Route 217 |
| Rusti-Cité | Féli-Cité |
| Hameau Oublié | Célestia |
Le modèle réel
Le modèle de Sinnoh, donc de Hisui, est Hokkaidō : « la plupart » de ses villes occupent l'emplacement exact de villes réelles de l'île, précise Poképédia. Deux correspondances sont fermes : Rusti-Cité est bâtie sur Sapporo, comme Féli-Cité après elle, et le siège du Groupe Galaxie reprend l'architecture des anciens bureaux du gouvernement de Hokkaidō.
Le reste est une lecture. Bulbapedia avance que Hisui pourrait reposer sur l'île du temps où elle s'appelait Ezo, avant son renommage en Hokkaidō en 1869, et rapproche la fondation de Rusti-Cité par des colons de celle de Sapporo. Poképédia écrit sans réserve que les clans Diamant et Perle sont basés sur les Aïnous. Game Freak n'a rien déclaré et Anime News Network conteste l'intention : le parallèle colonial reste au conditionnel.
Une autre grille tient mieux : les noms japonais des quatre zones périphériques portent les couleurs des Quatre Symboles chinois — noir, vermillon, azur, blanc —, le Contrefort Couronné au centre. Les directions ne suivent que deux fois sur quatre : Marais Carmin au sud, Côte Lazuli à l'est.
Ce que la géographie change dans le jeu
Hisui n'a ni Arène, ni Ligue Pokémon, ni Centre Pokémon : le soin passe par les bivouacs, qui « remplacent les Centres Pokémon ainsi que les Boutiques Pokémon, non présents dans ce jeu », écrit Poképédia. La Ligue de Sinnoh s'installera sur le littoral de l'actuelle Côte Lazuli.
Faux ami : les cinq « Arènes » du jeu français sont les Cours Royales des Pokémon monarques, pas des Arènes de Champion. Les Badges sont remplacés par les rangs du Corps des Chercheurs, qui relèvent l'obéissance des Pokémon et déverrouillent les zones une à une.
La région est bâtie en cinq blocs symétriques : par zone, un biome, un Pokémon monarque, une Monture Pokémon, deux Gardiens. Les Montures remplacent les CS de traversée, Paragruel pour naviguer, Farfurex pour grimper. Deux zones seulement abritent un hameau de clan.
Le lieu à retenir
Au sommet du Mont Couronné, dans le Contrefort Couronné, se tient le Temple de Sinnoh, futur site des Colonnes Lances. Le jeu explique la ruine que Sinnoh y trouvera : dans l'acte final, la puissance de Dialga et Palkia en détruit une bonne partie, avec les dix statues des Pokémon Rois et Reines qu'il abritait.
L'intrigue se déroule « bien avant » celles de Diamant, Perle et Platine et de Diamant Étincelant et Perle Scintillante, mais aucune source officielle ne chiffre l'écart, et les repères internes du jeu datent son propre passé, jamais sa distance à Sinnoh. La Chaîne Rouge détruite à Hisui reparaît aux Colonnes Lances, au cœur du plan d'Hélio.
L'autre jeu Légendes ne prolonge pas cette chronologie : Z-A se passe exclusivement à Illumis, cinq ans après X et Y, donc au présent. Le lien est muséal, pas narratif : le premier étage du Musée d'Illumis abrite une exposition sur Hisui.
Scénario et mécaniques de capture relèvent du dossier complet sur Légendes Pokémon : Arceus.
Les zones qui agrandissent une région
Trop vastes pour n'être qu'un lieu, trop maigres pour être une région : ces territoires ont une carte, parfois un Pokédex, jamais de Professeur documenté. La série en fabrique depuis 2004, de la « troisième version » au contenu téléchargeable.
Les Îles Sevii, le prototype
Les Îles Sevii arrivent au large de Kanto avec Rouge Feu et Vert Feuille. Accès en deux temps, schéma repris par tout contenu additionnel : îles 1 à 3 dès l'Arène de Cramois'Île, îles 4 à 7 après la Ligue, soixante espèces capturées et le Rubis retrouvé sur l'Île 1. Ni Arène, ni Ligue, ni grande ville, une bourgade par île. Décompte disputé : sept principales pour Poképédia, neuf dont sept habitées pour Bulbapedia.
Leur fonction, importer Johto dans un jeu de première génération : vingt-cinq espèces de deuxième génération capturables, une bande-son qui rejoue les thèmes d'Écorcia, d'Ébènelle, de Mauville et d'Oliville. Rattachement à Kanto jamais tranché : des sources officielles de 2004 les placent hors de la région, d'autres, postérieures, les y intègrent.
Les îles qu'un ticket ouvrait
L'Île du Sud, ouverte en troisième génération par le Passe Éon, abrite Latias ou Latios selon la version ; dans Rubis Oméga et Saphir Alpha, elle passe de l'événementiel à une étape du scénario, celle du Méga-Bracelet de Pierre Rochard. L'Île Lointaine n'est jamais sortie d'Asie : Vieillecarte distribuée au Japon en 2005, à Taïwan en 2006, et Mew derrière un écriteau à demi effacé.
Deux autres relèvent des Sevii, réservées à Émeraude et aux remakes de Kanto. Le Roc Nombri tient entre les îles 4 et 5 : une grotte, un embranchement, Ho-Oh à gauche, Lugia à droite. L'Île Aurore cache Deoxys derrière une énigme de « delta » noir à déplacer en un minimum de pas ; elle seule reste invisible sur les cartes avant la visite, les autres y figurent d'emblée.
« Zone de Combat » : un nom français pour deux complexes
En français, la Battle Frontier s'appelle officiellement Zone de Combat ; « Frontière de Combat », calque de l'anglais, n'existe dans aucun jeu. La première, exclusive à Émeraude, tient une île au sud-est de Hoenn, après la Ligue : sept bâtiments, sept meneurs de Zone. Le remake de 2014 la réduit à l'Atoll de Combat, un seul bâtiment.
La seconde arrive avec Platine : cinq bâtiments, cinq meneurs, aucun Centre Pokémon, donc pas de retour par Vol. Surtout, le même complexe a changé de région : Or HeartGold et Argent SoulSilver le reprennent à l'identique en Johto, à l'ouest d'Oliville — deux régions sur sa fiche.
À Sinnoh, il occupe une île du nord-est réservée à l'après-Ligue, où trois « Aires » tiennent lieu de villes. Poképédia y voit « une sous-région à l'image des Îles Sevii » et note que ses habitants ne se considèrent pas comme Sinnohiens. Elle n'a aucun nom propre en français.
2020 : le pass d'extension remplace la troisième version
Le 9 janvier 2020, un Pokémon Direct annonce et met en vente le jour même le pass d'extension de Pokémon Épée et Bouclier. Junichi Masuda et Shigeru Ohmori l'ont dit : prolonger l'aventure sans nouveau titre, comme Platine ou Ultra-Soleil et Ultra-Lune. Ses volets, L'île solitaire de l'Armure (17 juin 2020) et Les terres enneigées de la Couronne (23 octobre 2020), sont des titres d'extension ; les lieux se nomment Isolarmure et Couronneige.

Isolarmure, île à l'est de Smashings, seize zones, thème du perfectionnement, modèle l'île de Man, confirmé en janvier 2020 par le compte officiel Pokémon britannique. Sa météo change chaque jour à minuit, zone par zone, et commande les espèces — jamais de neige, grottes bloquées sur temps ensoleillé. Pokédex : 211 entrées, dont 110 espèces introuvables sur le continent.
Couronneige occupe la pointe sud de Galar, dix-sept zones, thème de l'exploration, modèle l'Écosse confirmé par la même source ; la brochure officielle Galar Tour Brochure rattache le Temple Couronne au château d'Édimbourg. Un piédestal date sa toponymie : Couroplaine avant le gel. On y capture Sylveroy et les formes de Galar des trois oiseaux, pour 210 entrées dont 74 exclusives.
Paldea, ou l'extension qui déménage en Unys
Septentria, ouverte par Le Masque Turquoise le 13 septembre 2023, est décrite comme une contrée au-delà de Paldea, découverte lors d'un voyage scolaire : un village, Jaderaude, une montagne, pas de mer, l'avion obligatoire. D'où une règle d'espèces explicite — les formes de Paldea n'existent pas à Septentria — mais une Téracristallisation justifiée par les cristaux du Lac Cristallin. Pokédex : 200 entrées ; Ogerpon y règne sur un récit que les panneaux du village racontent à l'envers.
Le second volet, Le Disque Indigo (14 décembre 2023), déménage : l'Institut Myrtille, école jumelée à celle du joueur, est situé en Unys. Dessous, le Terra-Dôme, réserve artificielle de quatre biomes sous un ciel simulant météo et heure. Le moteur sait où il est : pas de Nœunœuf évoluant en Noadkoko d'Alola, pas de forme régionale pondue par deux parents régionaux sans Pierre Stase. Seul Pokémon HOME ignore cette géographie : captures du Terra-Dôme et de Septentria enregistrées comme venant de Paldea.
Les trois zones du pass se mélangent dans un objet : au plafond du dôme, le Terra-Noyau mêle terre de Paldea, eau du Lac Cristallin et cristaux de l'Abîme Zéro — creusé environ un kilomètre sous le Laboratoire Zéro, il agrandit Paldea vers le bas plutôt que vers le large, sous la Zone Zéro et ses Pokémon Paradoxes.
Où s'arrête une sous-région, où commence une région
Il n'existe aucun critère officiel publié par Game Freak, et les deux wikis divergent. Poképédia n'appose la mention « sous-région de » qu'à quatre entrées : Îles Sevii, Institut Myrtille, Isolarmure, Couronneige. Or son infobox de région ne coiffe que les Îles Sevii et Septentria, pas les deux extensions de Galar : classement et balisage se contredisent. Bulbapedia marque cinq pages d'un region=no, mais n'en cite que quatre en exemple.
Le seul marqueur mesurable reste le Pokédex régional : Isolarmure, Couronneige, Septentria et l'Institut Myrtille en ont un ; pas les Îles Sevii, restées au Pokédex National. Encore ne faut-il pas en tirer une règle : ceux de Galar, d'Isolarmure et de Couronneige cohabitent dans un même jeu et se recouvrent largement — index de contenu, pas pays. Même flou ailleurs : ni Professeur ni Pokémon de départ documentés, et une seule Ligue, la Ligue Myrtille de l'Institut, non officielle, réservée à ses élèves.
Septentria rend le désaccord visible : Pokédex propre, position donnée pour extérieure à Paldea, rang que Poképédia aligne sur Kanto, sans mention de sous-région. Bulbapedia écrit noir sur blanc qu'on ne sait pas s'il s'agit d'une région, d'un morceau d'une région plus vaste, ou de ni l'un ni l'autre — une grammaire qui ne sait plus nommer ses territoires.
Les régions des jeux dérivés
Hors série principale, le monde Pokémon compte plus de territoires qu'on ne croit : Poképédia aligne dix-neuf entrées dans son seul tableau « Autres », trois pour la trilogie Pokémon Ranger, sept pour Donjon Mystère. Chiffre trompeur, la liste mêlant régions cartographiées (Rhode, Lentis), îles-stades sans géographie habitée (Pokétopia) et décors de menu, de point commun éditorial, jamais géographique. Le panorama des spin-offs déroule le catalogue.
Ces cartes s'affranchissent de la capture, parfois des Pokémon eux-mêmes. Donjon Mystère va le plus loin, avec sept continents nommés en français, aucun humain et les seules fiches de région qui renseignent leurs voisins cardinaux ; la série où l'on se réveille dans la peau d'un Pokémon esquisse seule un atlas. Relevés divergents, la Terre Inconnue mettant la Terre du Vent à son est, celle-ci la Terre de l'Eau à son ouest. Trois cartes de trois jeux, pas un planisphère.

Rhode : un désert où l'on vole les Pokémon
Rhode, dont le nom anglais n'a pas de page sur Poképédia, couvre Pokémon Colosseum (2004) et Pokémon XD : Le Souffle des Ténèbres (2005). Elle contredit la définition Poképédia des régions, sans climats variés mais avec un désert hostile aux humains comme aux Pokémon. Cinq villes recensées, quatre au plus à la fois, Suerebe seulement dans Colosseum et Port Amarrée dans XD. Population connue : 310 habitants à la fin de Colosseum, dont 113 dans ses quatre villes, Port Amarrée exclue. Nulle autre région n'est recensée d'aussi près : ses citadins se comptent ville par ville, quand ailleurs les deux encyclopédies ne s'accordent ni sur les totaux ni sur leur périmètre.
Colosseum n'a aucun Pokémon sauvage, XD seulement trois réserves, les Poké Places, d'où le « Aucun » à la ligne Pokédex de l'infobox. L'équipe se vole aux Dresseurs adverses ; voir les Pokémon Obscurs de Colosseum et XD. Sans Ligue ni Pokédex, Rhode reste le dérivé le mieux amarré au canon, un Pokémon qui en sort portant à vie la mention « Pays lointain », jusque dans Pokémon HOME. Seul modèle réel officiellement confirmé hors série principale : Phoenix, en Arizona, d'après une interview de novembre 2003.
Fiore, Almia et Oblivia : trois régions sans une seule Poké Ball
Les trois régions Ranger (2007, 2008 et 2010 sur Nintendo DS) relèvent toutes de la Fédération Ranger, seul cas de régions explicitement rattachées à une même administration supranationale. On n'y capture rien, les Poké Balls n'étant pas même en vente à Fiore : on immobilise au Capstick, on demande un service, on relâche. Carnet nommé Navigateur, pas Pokédex, avec 213 entrées à Fiore, 270 à Almia, deux listes à Oblivia, Présent et Passé, parcourue à deux époques.
Fiore, seule des trois bâtie sur une figure géométrique explicite, une croix, chaque ville nommée d'une saison : Printiville à l'ouest, Automnelle à l'est, Îlot-Été au sud, Bourg-l'Hiver au nord. Oblivia, loin au sud des deux autres, nomme ses sept îles d'après la gamme, française en version française : Dolce, Ré-en-ciel, Mironda, Faldeira, Solphiana, Latempête, Sikulélé.
Lentis et Ferrum : quand un phénomène dessine la carte
À Lentis, archipel de New Pokémon Snap (2021), on photographie au lieu de capturer, carnet nommé Photodex, avec 214 espèces au lancement et 234 depuis la mise à jour gratuite du 4 août 2021. Poképédia y voit six grandes îles aux noms tous dérivés du grec, Bulbapedia quatre « principales », les deux wikis nommant pourtant les six mêmes terres. Une seule habitée, Anthos, quand toutes portent des ruines : région en repli démographique, comme Oblivia.
Ferrum, région de Pokkén Tournament (2016), tient son nom du fer et nomme ses lieux d'après des éléments chimiques : Technoville pour le technétium, Tellureville le tellure, Néoville le néon. Trois autres n'ont aucun nom français attesté, Selen Island, Phos Volcano et Thalia Beach, cités en anglais faute de traduction officielle. Géographie de gisement, pas de peuplement : on combat où le sol dégage le plus de Synergie. Modèle réel non tranché entre Grèce, île d'Iriomote et Sardaigne, aucun développeur n'ayant jamais départagé.
Ransei et Passio : deux cartes entièrement fabriquées
Ransei, région de Pokémon Conquest, croisée avec la saga Nobunaga no Yabō, est parue en Europe en 2012 mais jamais en France : PAL en anglais seulement, aucun toponyme français officiel, pas même de page à son nom sur Poképédia. Découpage daté, dix-sept royaumes, un par type Pokémon, le compte exact en cinquième génération. Sa carte a la silhouette d'Arceus, créateur de la région dans la légende du jeu, cas isolé justifié par ce mythe.
Passio, île de Pokémon Masters EX (2019), s'écrit avec deux S en français, du mot « passion » en espéranto. Île artificielle bâtie par Alexis, une seule ville, Cordis, un grand stade, aucune faune, « N/A » à la ligne Pokédex, roche des montagnes importée d'autres régions. On y gagne pourtant cinq Badges au World Pokémon Masters, et Ferrum a sa Ligue en cinq rangs : Poképédia écrit seulement que ces régions n'ont pas de Ligue « dans leur ensemble ».
Et Pokémon GO ? Il n'y a pas de région, il y a la Terre
Pokémon GO n'a aucune région, ni nom, ni page dans la liste de Poképédia. Sa carte est le monde réel, sur les données participatives d'OpenStreetMap, et la géographie y fait règle : types Eau près de l'eau, météo réelle changeant les rencontres, continent réservant certaines espèces. Libellés à lire au mot près, Tauros allant aux États-Unis hors sud de la Floride et au Canada, non à « l'Amérique du Nord ». Exclusivités mouvantes, tout chiffre se date : le 26 septembre 2019, les espèces régionales non légendaires sont entrées dans les Œufs de 5 km de leur zone, les grands événements les diffusant temporairement au monde entier. Tout ce qui change par rapport aux jeux principaux se détaille à part.
Les terres que seul le dessin animé connaît
Dessin animé et jeux ne racontent pas la même carte : deux canons séparés. Bulbapedia pose les jeux de la série principale en canon ultime, l'animation en canon distinct ; Les Horizons en ouvrent un troisième, au rattachement non confirmé aux séries précédentes. La série a donc pu ajouter des villes, déplacer des installations, inventer un archipel entier sans engager les jeux : de l'Archipel Orange, Poképédia écrit qu'aucune mention n'existe dans le canon vidéoludique.
L'Archipel Orange, une région que les jeux n'ont jamais eue
L'archipel s'étend au sud de Kanto et de Johto : une trentaine d'îles surtout tropicales ; le tableau de Poképédia en aligne trente-deux, dix anonymes. Aucune n'est reliée à une autre par voie terrestre ; certaines îles habitées, sans port ni aéroport, sont ravitaillées par parachute. Faute de Pokédex propre, la région emprunte celui de Kanto. Les wikis divergent : région pour Poképédia, archipel pour Bulbapedia.
La Ligue Orange compte quatre Champions d'Arène et un Leader, celui de l'Équipe Orange, chaque Arène sur une île différente. Ses quatre Badges viennent non d'un combat classique mais, le plus souvent, d'épreuves jugeant les ressources du Dresseur et son lien avec ses Pokémon ; l'Arène de l'île Citrus se tient pourtant dans l'hôtel de Luana. Six générations avant Alola, la série jugeait déjà par épreuves sur quatre îles tropicales.
Le doublage français a défait le nommage japonais, où la plupart des îles portent un nom de variété d'agrume : sept des vingt-deux îles nommées le gardent, les autres basculant sur un thème de desserts — île Dame Blanche, île Caramel, île Guimauve. Les trente-six épisodes de la saison 2 racontent le détour, et la seule Ligue que Sacha ait gagnée avant Alola.
Les Îles Décolores
Second territoire propre à la série, les Îles Décolores occupent la mer entre Unys et Kanto ; Sacha les traverse en saison 16 pour rentrer chez lui, les wikis divergeant sur le port d'arrivée, Bourg Palette pour Poképédia, Carmin sur Mer pour Bulbapedia. Poképédia y nomme onze îles, Bulbapedia en tabule dix-sept, anonymes comprises. Ni Ligue ni professeur régional et, selon Bulbapedia, seul archipel de la série sans organisation criminelle attitrée. Seul décor aussi où aucun personnage principal, Sacha compris, ne capture de nouveau Pokémon ; peuplé des cinq premières générations, il sert pourtant de sas d'annonce à la sixième.
Les lieux glissés dans les régions des jeux
Le gros du travail est ailleurs : les 376 lieux exclusifs à l'animation que recensait Bulbapedia début septembre 2026, dont 67 à Kanto, 59 à Johto, 42 à Hoenn, 37 à Sinnoh, 32 à Kalos, 29 à Unys et 13 à Alola. Ce nombre mesure la forme d'un cycle, pas sa durée : Alola tient 146 épisodes contre 191 à Sinnoh pour près de trois fois moins de lieux, Sacha y vivant en camp de base et allant à l'école au lieu de marcher.
Ces villes se posent dans les blancs de la carte des jeux : Terracotta entre Bourg Palette et Argenta, Rubello entre Bourg-en-Vol et Cimetronelle, Balsamique et Florenville sur le seul tronçon reliant Relifac-le-Haut à Cromlac'h. Cas extrême, le bras de mer entre le Parc Safari et Cramois'Île, vide sur la carte de Kanto, compte six lieux chez Bulbapedia. Côté francophone, la catégorie équivalente de Poképédia ne compte que 78 pages.
Ce que la série déplace
Elle redessine aussi l'existant : distances plus longues, villes plus vastes. Les Tourb'Îles de Johto, simples grottes sous-marines du Chenal 41 chez Game Freak, sont habitées ; Bourg-en-Vol, que les jeux enferment dans les bois de Hoenn, devient côtière ; l'Autel Abondance de Démétéros quitte la Route 14 d'Unys pour l'Île de Milos. Une installation entière se transplante : la Zone de Combat de Pokémon Émeraude passe de Hoenn à Kanto en Arènes Extrêmes. À Alola, la Ligue se tient au Stade Manalo, flottant près du Paradis Æther, là où les jeux la logent au sommet du Mont Lanakila.
Les Horizons vont plus loin avec des lieux volontairement sans région : Laqua, au sommet du Mont Péricarpe, Kumuri Town à son pied et la mer de Lokhlass tombent chez Bulbapedia dans une catégorie « région inconnue » de vingt-cinq entrées, dont dix de cette seule série. Leur dirigeable, le Brave d'Oliville, rend la carte continue et supprime la notion de route. La première saison d'Horizons part pourtant d'un point très ancré, l'Académie Indigo, Route 22 de Kanto.
Les films relèvent du canon de la série jusqu'au dix-neuvième, Volcanion et la merveille mécanique, puis ouvrent le leur dès Je te choisis ! ; le cinéma Pokémon se raconte à part. L'étanchéité n'est pas absolue : « Decolora » a servi de Dresseur d'origine à une distribution japonaise de Jirachi en 2013, seule trace connue d'une région d'anime dans un jeu de la série principale. Le voyage se suit dans le panorama des vingt-cinq saisons.
Neuf Ligues, neuf règlements
Le parcours type tient en cinq marches : huit Badges d'Arène, la Route Victoire, le Conseil 4, le Maître, le Panthéon où l'on enregistre son équipe. Plusieurs des neuf régions s'en écartent, chacune à sa façon : le règlement d'une Ligue dit ce que sa région est.
| Ligue | Siège | Champions d'Arène | Conseil 4 | Maître |
|---|---|---|---|---|
| Ligue Indigo (Kanto) | Plateau Indigo, extrême nord-ouest de Kanto | 8 Arènes, 10 titulaires en sept générations | Oui : Olga, Aldo, Agatha, Peter | Blue ; Trace dans Let's Go |
| Ligue de Johto | le même Plateau Indigo, hors de Johto | 8 Arènes et 8 Badges propres | Oui, commun avec Kanto : Clément, Koga, Aldo, Marion | Peter |
| Ligue de Hoenn | Éternara, ville-île à l'extrême est | 8 Arènes, 10 personnes en tout | Oui : Damien, Spectra, Glacia, Aragon | Pierre Rochard ; Marc dans Émeraude |
| Ligue de Sinnoh | bâtiment isolé, au nord du Chenal 223 | 8, réordonnées dans Platine | Oui : Aaron, Terry, Adrien, Lucio | Cynthia |
| Ligue d'Unys | bâtiment à l'extrême nord | 8 par partie, 14 titulaires : record de la série | Oui : Anis, Pieris, Percila, Kunz | Goyah, puis Iris |
| Ligue de Kalos | bâtiment en cathédrale-château, à l'est | 8 | Oui : Thyméo, Dracéna, Malva, Narcisse | Dianthéa |
| Ligue d'Alola | sommet du Mont Lanakila, île d'Ula-Ula | aucune Arène : 7 Capitaines d'Épreuve, 4 Doyens | Oui, créé avec elle : Pectorius (Molène en Ultra), Alyxia, Margie, Kahili | le joueur ou la joueuse |
| Ligue de Galar | Winscor, extrême nord ; finale au Stade de Winscor | 8 par version, 12 titulaires en tout | Non : un tournoi, les Poké Masters | Tarak |
| Ligue de Paldea | au pied du Cratère de Paldea, au centre | 8, défiées dans l'ordre voulu | Oui : Cayenn, Popi, Okuba, Hassa | Alisma, Maîtresse en Chef |
Neuf règlements, huit bâtiments. Huit sièges sur neuf occupent une extrémité de la carte, Paldea seule au centre, presque tous gardés par un obstacle naturel — grotte à Kanto, cascade à Hoenn et Sinnoh, montagne enneigée à Alola, cratère à Paldea —, sauf Galar, dans la plus grande ville de la région, desservie par une gare. La Route Victoire n'a de nom que dans cinq régions. Depuis Légendes Pokémon : Z-A (16 octobre 2025), Narcisse a quitté le Conseil 4 de Kalos pour la cuisine.
Kanto et Johto : un Conseil, deux jeux de Badges
En première génération, le Plateau Indigo ne dessert que Kanto ; à partir d'Or et Argent, les Champions des deux régions passent sous un Conseil et un Maître communs, mais chacune garde ses huit Arènes et ses huit Badges. Un dresseur de Johto doit donc sortir de sa région, Routes 27 puis 26, vers Kanto. Des deux Conseils, seul Aldo garde son rang ; Peter y figure aussi, mais passe du Conseil au titre de Maître.
Alola bâtit sa Ligue pendant la partie
Alola n'a ni Arène ni Badge. Son qualifiant est le Tour des Îles, ouvert dès onze ans : sept Épreuves dans Soleil et Lune, huit dans les versions Ultra, sous des Capitaines et des Doyens désignés par le Pokémon Gardien de leur île. Fondée en cours de jeu par le Professeur Euphorbe, la Ligue remplace la cérémonie qui clôturait le Tour des Îles, au sommet du Mont Lanakila, point culminant de la troisième île. Le premier Maître y défend ensuite son titre.
Galar remplace l'escalier par un tournoi
Galar est la première Ligue sans Conseil 4, et à ce jour la seule. Sept de ses huit Arènes — toutes sauf Smashings — sont des stades à gradins retransmis par la télévision régionale. Les sponsors s'affichent jusque sur la tenue des Champions, les Arènes classées en divisions majeure et mineure : culture sportive britannique, sans qu'aucun club réel soit nommé. Les Poké Masters remplacent les quatre marches : Tournoi des Médaillés, Tournoi des Champions, Match Ultime contre Tarak en six contre six. Le tout à Winscor, que Poképédia donne pour la représentation de Londres.
Paldea : un examen théorique, et un titre qui se partage
Chaque Arène de Paldea impose d'abord une épreuve, souvent tirée des coutumes de sa ville. L'accès au Conseil 4, l'Examen de Maîtrise, commence par une partie théorique, des questions de Cayenn, qui y siège elle-même. Le titre de Maître n'y est pas exclusif : plusieurs dresseurs le portent ensemble, et Alisma, Maîtresse en Chef, ne peut pas être détrônée — seule Ligue dans ce cas. Okuba cumule l'Arène de Mezclamora et un siège au Conseil 4, comme les Doyens d'Alola ; aucun autre Champion d'Arène ne le fait.
Hisui n'a rien de tout cela : ni Arène, ni Badge, ni Ligue, ni Panthéon — cette dernière absence n'étant partagée que par Épée et Bouclier. Non par refus de l'institution : c'est Sinnoh avant Sinnoh, avant l'invention de la Ligue, quand le Groupe Galaxie tient lieu d'autorité. La Ligue n'est donc pas une donnée du monde Pokémon : une construction, datée et située. La progression complète de chaque région, Arène par Arène, est traitée à part ; Champions, Conseil 4 et Maîtres ont leur fiche dans l'index des personnages.
Le Pokédex régional, thermomètre de la région
Le Pokédex régional n'est pas un autre appareil que le National, mais un autre ordre : le National classe par apparition dans la série, le régional par rencontre sur le terrain — départs en tête, légendaires vers la fin, fabuleux tout au bout. Il recolle des familles que l'ordre national sépare : 234 numéros séparent Capumain de son évolution Capidextre au National, quand Sinnoh les met en 063 et 064. Une liste issue d'une paire de jeux ne se remplit pas dans une seule cartouche, chaque version en réservant une part à l'autre version ; les Légendes Pokémon, sortis sans jumeau, y échappent.
Presque chaque région a reçu une version élargie qui rouvre son Pokédex. Les entrées ci-dessous sont des espèces distinctes : formes régionales, Méga-Évolutions et Gigamax partagent un numéro. Deux listes commencent à 000 et non à 001, celles des deux paires d'Unys, dont l'entrée zéro est Victini : d'où 155 ou 156 pour le même Pokédex.
| Pokédex | Jeux d'origine | Entrées | Version élargie |
|---|---|---|---|
| Kanto | Rouge et Vert (1996), Jaune, Rouge Feu et Vert Feuille | 151 | 153 dans Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli (2018) |
| Johto | Or et Argent (1999), Cristal | 251 | 256 dans Or HeartGold et Argent SoulSilver (2009) |
| Hoenn | Rubis et Saphir (2002), Émeraude | 202 | 211 dans Rubis Oméga et Saphir Alpha (2014) |
| Sinnoh | Diamant et Perle (2006) | 151 | 210 dans Platine (2008), puis retour à 151 dans Diamant Étincelant et Perle Scintillante (2021) |
| Unys | Noir et Blanc (2010) | 156 (n°000 à 155) | 301 (n°000 à 300) dans Noir 2 et Blanc 2 (2012) |
| Kalos | X et Y (2013) | 153 + 153 + 151 = 457, en trois carnets séparés | — |
| Alola | Soleil et Lune (2016) | 302 | 403 dans Ultra-Soleil et Ultra-Lune (2017) |
| Galar | Épée et Bouclier (2019) | 400 | + 211 (Isolarmure) et + 210 (Couronneige) en 2020, soit 584 espèces en tout |
| Hisui | Légendes Pokémon : Arceus (2022) | 242 | — |
| Paldea | Écarlate et Violet (2022) | 400 | + 200 (Septentria) et + 243 (Institut Myrtille) en 2023, soit 664 espèces en tout |
| Illumis, en Kalos | Légendes Pokémon : Z-A (2025) | 232 | + 132 (Extra Illumis), soit 364 espèces en tout |
Additionner ces chiffres ne donne pas un nombre d'espèces. Kalos y échappe : ses trois carnets sont strictement disjoints, 457 est un vrai total — qu'aucun écran du jeu n'affiche. Illumis aussi : sans recoupement avec Extra Illumis, 232 et 132 donnent bien 364 espèces. Ailleurs les listes se recouvrent — les quatre vues par île du Motisma-Dex totalisent 480 fiches pour 302 espèces dans Soleil et Lune, et Poképédia et Bulbapedia ne s'accordent même pas sur leurs tailles dans Ultra-Soleil et Ultra-Lune. De même, 400 + 211 + 210 font 821 sur le papier, quand les trois Pokédex de Galar n'en réunissent que 584, et ceux de Paldea 664.
Une génération n'entre pas entière dans le Pokédex de sa région
Le Pokédex de Diamant et Perle contient 81 des 107 espèces de quatrième génération. Les 26 absentes sont pourtant dans la cartouche : dix-huit — dix-sept évolutions d'espèces plus anciennes, Magnézone, Togekiss, Mammochon, Porygon-Z et les autres, plus Motisma, ni évolution ni pré-évolution — et huit légendaires ou fabuleux. Platine en rapatrie dix-neuf, dont Giratina, qui en devient la dernière entrée, n°210 ; sept restent dehors : Heatran, Regigigas, Cresselia, Phione, Darkrai, Shaymin et Arceus.
Manaphy ferme le Pokédex de Sinnoh au n°151, alors que Phione, qui naît de lui, n'y figure pas — et les remakes de 2021 reprennent cette liste telle quelle, pas les 210 de Platine.
Le trou n'est pas propre à Sinnoh : le Pokédex de base de Galar ne contient que 81 des 89 espèces de sa génération, celui de Paldea 103 sur 120, le reste passant aux Pokédex des extensions. La différence est de nature, pas de degré : ces espèces n'existaient pas encore à la sortie des jeux, et les listes sont redevenues complètes avec les extensions, 89 sur 89 et 120 sur 120. Sinnoh reste le seul cas où un Pokédex régional laisse dehors des espèces présentes dans sa propre cartouche — et le contre-exemple vient du même territoire, à une autre époque : le Pokédex de Hisui recense les 107 espèces de quatrième génération, soit la totalité.
Deux listes seulement tiennent leur propre génération, et l'intégralité de celle-ci : Kanto en 1996, Unys en 2010. La seconde relève d'un parti pris de conception, non du calendrier — aucune espèce antérieure n'entre au Pokédex d'Unys dans Noir et Blanc, quand Johto consacre 151 de ses 251 entrées au seul bestiaire de Kanto.
Le « Dexit » de Galar
Le 11 juin 2019, au Nintendo Treehouse de l'E3, Junichi Masuda annonce que toutes les espèces ne pourront pas être transférées dans Épée et Bouclier. Bulbapedia chiffre à 455 les espèces concernées, générations I à VII ; le compte ne tombe juste qu'en retirant des 890 espèces alors numérotées les 435 présentes dans le jeu, huitième génération comprise, et le point n'est pas tranché. Trois arguments sur scène : le nombre d'espèces devenu ingérable, la fidélité graphique et la qualité des animations, l'équilibrage des combats, qui suppose que chaque Pokémon présent ait une chance de servir.
« Dexit » n'a jamais rien eu d'officiel : mot-valise de fans sur « Pokédex » et « Brexit », Galar décalquant le Royaume-Uni. La riposte fut une campagne sous le mot-dièse #BringBackNationalDex, et The Pokémon Company International a publié le 28 juin 2019 un communiqué signé Masuda, promettant qu'une espèce absente d'Épée et Bouclier ne l'était pas définitivement de la série.
Le jeu fini dit l'ampleur : 400 entrées au Pokédex de Galar, dont 319 espèces antérieures à la huitième génération, quand le Pokédex National en comptait 890 à la sortie et 898 après Les terres enneigées de la Couronne ; quatre-vingts espèces de plus sont compatibles sans figurer dans aucun des trois Pokédex. Ce que le Pass d'extension a rendu ne fait pas consensus : Bulbapedia dit 221 espèces récupérées, un comptage des listes finales 238, l'écart tenant vraisemblablement à des distributions par évènement plutôt qu'aux extensions. Le solde ne bouge pas : 664 espèces obtenables sur 898, donc 234 restées hors de la huitième génération.
La règle n'a pas été levée. Écarlate et Violet l'ont reconduite, et ne référencent même pas les formes régionales étrangères à Paldea. Plus aucun Pokédex National dans les jeux principaux depuis la septième génération, à une exception : Diamant Étincelant et Perle Scintillante, remake de 2021, en proposent un complet de 493 espèces. L'atlas total est passé aux applications de stockage, Banque Pokémon puis Pokémon HOME : la liste des 1 025 espèces numérotées ne se lit plus dans un jeu, mais à côté — un compte arrêté à septembre 2026, les trois départs de la dixième génération n'ayant pas encore reçu de numéro national.
Déserts, volcans, neiges : les milieux comparés
Une région Pokémon est un catalogue de milieux, et ce catalogue commande le reste : un désert appelle des Pokémon Sol, un fond marin des espèces qu'on ne croise nulle part ailleurs. Le terrain décide de la faune avant le scénario. Personne pourtant ne met les dix territoires côte à côte : les guides s'arrêtent aux villes et aux Arènes, les encyclopédies rangent les lieux par catégorie.
Règle de lecture : une case n'est cochée que si un lieu porte un nom officiel français. Un tiret ne dit donc pas « ce milieu n'existe pas », mais « aucun lieu de la région n'est nommé ainsi ». Pas de colonne littoral : les dix territoires en ont un, Paldea comprise avec ses quatre mers nommées, et une colonne cochée partout ne discrimine rien. Hisui garde sa ligne sans être une dixième région : c'est le sol de Sinnoh à une autre époque, et les deux lignes se lisent l'une contre l'autre.
| Région | Désert | Volcan | Neige ou gel permanent | Marais | Fond sous-marin | Grande forêt | Lac |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Kanto | — | Cramois'Île, dont le volcan n'a pas de nom propre ; Mont Braise, aux Îles Sevii | — | — | — | Forêt de Jade | — |
| Johto | — | — | Sommet du Mont Argenté | — | — | Bois aux Chênes | Lac Colère |
| Hoenn | Route 111 | Mont Chimnée, en éruption permanente | — ; seule glace, l'étage gelé de la Grotte Tréfonds | — | Fond marin, par Plongée | Bois Clémenti | — |
| Sinnoh | Route 228 | Mont Abrupt, sous une pluie de cendres permanente | Routes 216 et 217 ; Frimapic ; flancs du Mont Couronné | Grand Marais | — | Forêt de Vestigion | Lac Vérité, Lac Savoir, Lac Courage, et la Source des Adieux |
| Unys | Désert Délassant, et Route 4 | Mont Renenvers, dans Noir 2 et Blanc 2 | La région entière, en hiver ; Grotte Cyclopéenne | Tourbière Flocombe | — | Forêt d'Empoigne | — |
| Kalos | Route 13, la Steppe d'Illumis : terre argileuse, ni sable ni tempête | — | Route 17, la Route Mammochon ; Auffrac-les-Congères ; Caverne Gelée | Route 14, la Laie Romant-sous-Bois | — | Forêt de Neuvartault | — |
| Alola | Désert Haina | Parc Volcanique, seul volcan actif de l'archipel | Mont Lanakila | — | — | Jungle Sombrefeuille, Forêt de Poni | Lac du Halo Solaire, Lac du Halo Lunaire |
| Galar | Sables de Kudsac, à Isolarmure | — | Ludester ; Couronneige en entier ; Mer Banquise | Lande Boldair, à Isolarmure | — | Forêt de Sleepwood, Forêt de Lumirinth | Lac Ouragan, Lac Milobellus, Lac Coupenotte, Lac Poké Ball |
| Paldea | Désert Rôtissable | — | Mont Nappé | — | — | Bosquet Tagué, Forêt Toastée | Lac Asrol, et le Lac Cristallin à Septentria |
| Hisui | — | Île Crache-Feu | Terres Immaculées | Marais Carmin | — | Bois sans nom propre, aux Plaines Obsidiennes | Lac Vérité, Lac Savoir, Lac Courage |
Ce que le tableau montre
Sinnoh coche six colonnes sur sept, tout sauf le fond sous-marin, et un seul relief remplit à lui seul sa colonne des neiges : le Mont Couronné, dit couronné de neige tout au long de l'année, dont la neige devient le blizzard rigoureux et incessant de la Route 217 puis l'hiver permanent de Frimapic. Variété que la région de Sinnoh ne prolonge pas sous l'eau, seule case qu'elle laisse vide. Kanto, lui, n'a que deux cases.
Aucune loi de progression : Kalos et Paldea cochent quatre colonnes, Alola et Galar cinq, et la ligne la plus complète est de quatrième génération. Deux des cinq cases de Galar sont sur l'île d'Isolarmure, une extension, pas sur le continent : « Galar n'a pas de désert » a cessé d'être vrai en 2020, sans l'avoir jamais été pour le territoire principal. Hisui garde sa case désert vide malgré une page de Poképédia qui lui prête « des climats plus extrêmes comme le désert » : aucune de ses zones n'en est un, ses seules étendues sableuses sont les plages de la Côte Lazuli.
La colonne du fond sous-marin ne porte qu'une entrée : Hoenn. Atteint par Plongée, le Fond marin couvre l'ensemble des lieux situés sous la mer : la Caverne Fondmer et le Sanctuaire ne s'atteignent pas autrement. Seul étage de carte complet que la série ait posé sous l'eau.
L'inverse ne se déduit pas : peu de routes maritimes ne veut pas dire peu d'eau. Les quatre chenaux de Sinnoh n'empêchent pas Bulbapedia de la décrire comme riche en eau, ce que confirment les trois lacs de ses points extrêmes ; Galar et Alola n'ont, eux, aucun chenal, et Alola est un archipel entier. Une case vide ne dit jamais qu'il n'y a rien à y nager.
C'est Hoenn, en 2002, qui a introduit le climat comme mécanique — pluie, tempête de sable, grêle —, et chaque génération en a changé la maille. La Route 113 reste fraîche en toutes saisons : les cendres du volcan voisin masquent en permanence le soleil, et un artisanat local en vit. Alola pilote sa météo à l'horloge, le sable soufflant au Désert Haina de 17 h à 9 h 59 avant de céder au soleil intense ; Galar en fait un générateur de rencontres, neuf météos par jour et par zone des Terres Sauvages, d'où une région presque sans lieu à météo fixe.
La météo et les terrains en combat forment un système distinct de celui de la carte, et il a bougé : la grêle a disparu comme climat à la neuvième génération, remplacée par la tempête de neige, sans dégâts mais qui augmente de moitié la Défense des Pokémon Glace. Parler de « grêle permanente » sans dater la génération est devenu inexact.
Unys, la seule région à quatre saisons
Les saisons sont apparues à la cinquième génération et n'existent que là. Chacune dure un mois réel, d'où trois cycles saisonniers par année — le printemps revient en janvier, en mai et en septembre —, et le basculement n'a lieu qu'en sortant d'un bâtiment ou en changeant de carte. Le cycle jour-nuit date de la deuxième génération, la météo de la troisième : le propre de la région d'Unys, c'est le cycle annuel, pas l'idée que le temps passe.
La Tourbière Flocombe gèle en hiver, seule case « marais » dont l'état change avec le calendrier, et certains accès du Mont Foré dépendent de la saison. Le Mont Foré n'est pas pour autant le volcan d'Unys, contresens fréquent : c'est une mine, connue pour la qualité de ses minerais. Le volcan, c'est le Mont Renenvers, présent dans Noir 2 et Blanc 2 seulement, et son intérieur change avec la version : magmatique dans l'une, aquatique dans l'autre.
Le Terra-Dôme, quatre climats sous une machine
Un seul ensemble climatique ne doit rien au relief. Le Terra-Dôme est un dôme de quatre zones — la Zone Savane, la Zone Côtière, la Zone Canyon et la Zone Polaire — reliées par un Poste Central, chacune reproduisant un écosystème et un climat propices aux Pokémon qui l'habitent, au point que des espèces à forme régionale peuvent y vivre. Bulbapedia ajoute une température régulée par zone et un ciel artificiel simulant la météo et l'heure du jour. La Zone Polaire, constamment enneigée, abrite la Caverne Électrolithe, reconstitution de la Grotte Électrolithe d'Unys — et la citation n'a rien de lointain : le dôme est creusé sous l'Institut Myrtille, dans la mer d'Unys, et non en Paldea.
Le cas est unique par sa cause, non par son artifice : quatre climats tenus par une machine au lieu d'être hérités d'une montagne ou d'un océan. Le précédent le plus proche, le Paradis Æther, seule île artificielle d'Alola, n'abrite qu'un seul habitat. Le Terra-Dôme range quatre climats à une seule adresse, là où le tableau doit les chercher région par région, et il n'existe que depuis Le Disque Indigo, second volet du pass d'extension des jeux de Paldea, paru en décembre 2023.
Le terrain fabrique le bestiaire
Une région n'abrite pas seulement des espèces : il lui arrive de les réécrire. Les formes régionales — le site d'Épée et Bouclier disait aussi « variantes régionales » — sont officiellement des apparences alternatives d'espèces connues, au type, talent, poids ou taille altérés pour s'adapter à l'environnement. Dévoilé le 1er août 2016 avec cinq Pokémon — Sabelette, Sablaireau, Goupix, Feunard, Noadkoko —, il est détaillé espèce par espèce dans le dossier sur les formes régionales d'Alola, de Galar, de Hisui et de Paldea ; ici se joue la géographie.
Car une forme régionale garde le numéro du Pokédex National de son espèce d'origine. Un Racaillou d'Alola, Roche/Électrik et non plus Roche/Sol, reste le 0074, comme celui de Kanto. D'où des comptes délicats : 54 espèces pour davantage de formes, Miaouss étant le seul Pokémon de la série à en posséder deux, d'Alola et de Galar.

Un total que les deux grands wikis ne donnent pas pareil
Poképédia recense 55 formes régionales au 3 septembre 2026 : 18 à Alola, 19 à Galar, 16 à Hisui, 2 à Paldea. Bulbapedia en compte 57, et 58 avec Bargantua Motif Blanc. Aucun ne se trompe : l'écart tient à la convention. Poképédia compte les trois races de Tauros de Paldea pour une seule forme, Bulbapedia pour trois ; et le Motif Blanc reste une hypothèse : ses traits partagés, écrit le Professeur Lavande dans le Pokédex, lui « font penser » à une forme régionale. Aucune source officielle ne publie de total, et aucune forme n'a été ajoutée depuis Écarlate et Violet, en novembre 2022.
Quatre corpus, quatre méthodes
| Région | Formes (décompte Poképédia) | Générations d'origine | Espèces nées de ces formes |
|---|---|---|---|
| Alola | 18 | première génération seulement | 0 |
| Galar | 19 | première, deuxième, troisième, cinquième | 6 |
| Hisui | 16 | première, deuxième, cinquième, sixième, septième | 2 |
| Paldea | 2 | première et deuxième | 1 |
Alola fait exception, singularité et non règle : ses 18 formes viennent toutes de Kanto, sans une seule espèce postérieure. Les causes invoquées y sont souvent moins écologiques qu'humaines — Racaillou, Gravalanch et Grolem doivent leur type Électrik à la centrale électrique de la région, Tadmorv y a été importé pour absorber les déchets d'un archipel qui en produisait trop. Le cou de Noadkoko est l'un des rares points confirmés par un développeur : Shigeru Ohmori l'attribuait au soleil intense d'Hawaï en interview, en octobre 2016.
Hisui pousse le procédé jusqu'à ses Pokémon de départ : Typhlosion, Clamiral et Archéduc, évolutions finales d'Héricendre, Moustillon et Brindibou, n'existent qu'en version hisuienne. Légendes Pokémon : Arceus est le seul jeu principal où des formes régionales vivent sans leur forme d'origine — sauf deux, Farfuret et Goupix. Hisui n'est pas un ailleurs, c'est un avant : Sinnoh à une autre époque. Diamant Étincelant et Perle Scintillante, même territoire au présent, sont les seuls jeux principaux sortis depuis 2016 à n'en contenir aucune.
Paldea s'en est presque détournée : deux formes régionales, Tauros et Axoloto. La neuvième génération en a créé le moins depuis l'invention du concept, préférant les espèces convergentes et les Pokémon Paradoxe, vingt-deux au total, onze par version — dont l'endémisme n'est pas géographique mais temporel.
Ce qui ressemble à une forme régionale et n'en est pas
Six espèces récentes imitent d'anciens Pokémon sans leur être apparentées. Taupikeau, d'abord pris pour une forme de Paldea de Taupiqueur, est une espèce à part entière : il porte le 0960, Taupiqueur le 0050, statistiques distinctes, aucune parenté biologique. Triopikeau, Terracool, Terracruel, Poltchageist et Théffroyable complètent la liste, les deux derniers de Septentria. Le mot des fans, « espèce convergente », n'est pas officiel : le site d'Écarlate et Violet dit seulement de Taupikeau qu'il est « un Pokémon complètement différent » de son sosie.
Les Ultra-Chimères posent la question symétrique : ces onze créatures, découvertes à Alola, y arrivent par les Ultra-Brèches depuis d'autres mondes — être découvert dans une région, ce n'est pas en être originaire. Meltan et Melmetal forment le seul cas connu de Pokémon sans région d'origine : de septième génération mais absents du Pokédex d'Alola, ils sont classés « Origines inconnues » dans Pokémon HOME, hors de toute section régionale.
Les régions sans forme régionale ne sont pas des régions pauvres
Six des neuf régions parcourues à ce jour n'en ont produit aucune : Kanto, Johto, Hoenn, Sinnoh, Unys et Kalos. Rien à en déduire sur leur faune, tout sur ce que chaque génération a choisi de développer. Kalos a reçu Légendes Pokémon : Z-A en octobre 2025 sans une seule forme kalosienne : sa mécanique est la Méga-Évolution. Depuis la sixième génération, chaque région arrive avec son phénomène propre — Capacités Z à Alola, Dynamax à Galar, Téracristal à Paldea.
Une prudence, enfin : les causes affichées sont souvent des hypothèses. Dans Légendes Pokémon : Arceus, le Pokédex, à la première personne, assume ses doutes — « je spécule » pour les jambes de Fragilady de Hisui, « je pense » pour la forme de Typhlosion. Huit entrées des quatre tableaux de Poképédia n'ont aucune cause documentée : sept à Hisui, plus Tauros de Paldea, dont les trois races n'ont jamais reçu d'explication. Et l'intuition d'une forme « normale » toujours ancestrale se dément au moins une fois : le Pokédex de Zigzaton de Galar affirme que « c'est l'apparence originelle de Zigzaton, et donc la plus ancienne ». Le berceau est Galar.
Une mécanique par région, et son alibi géographique
Depuis 2013, chaque région nouvelle arrive avec sa transformation de combat, que la fiction justifie par une matière. Le principe est substitutif, non cumulatif : Pokémon Épée et Bouclier retirent la Méga-Évolution et les capacités Z. Leur point commun n'est pas la règle de combat, affaire du guide des types et des mécaniques, mais l'adresse.
| Mécanique | Région | Jeu d'origine | Substance invoquée | Lieu d'origine |
|---|---|---|---|---|
| Méga-Évolution | Kalos | X et Y, 12 octobre 2013 | Méga-Gemmes | Sous Cromlac'h ; l'anneau se reçoit à la Tour Maîtrise |
| Capacités Z | Alola | Soleil et Lune, 23 novembre 2016 | Gemmes Lumière, puis Cristaux Z | Aucun gisement : le Tour des Îles |
| Dynamax et Gigamax | Galar | Épée et Bouclier, 15 novembre 2019 | Particules issues d'Éthernatos | Les Sources d'Énergie |
| Téracristallisation | Paldea | Écarlate et Violet, 18 novembre 2022 | Énergie Téracristal des sols | La Zone Zéro, au fond du cratère |
La mécanique de Kalos est un déchet industriel : selon le Professeur Platane, les Méga-Gemmes ne sont pas des minerais mais des joyaux créés par l'arme suprême d'A.Z., élevée trois mille ans avant X et Y puis enterrée sous l'actuelle ville de Cromlac'h. Les pierres ne se ramassent qu'entre 20 h et 21 h, et l'anneau se modifie devant le Cadran Solaire de Flusselles. Le reste va au dossier consacré aux Méga-Évolutions.
Les Gemmes Lumière d'Alola sont offertes par les divinités gardiennes, les Doyens en façonnent le Bracelet Z, les Cristaux Z se gagnent au fil du Tour des Îles : le lieu d'origine y est un rite, pas un sol. Les deux encyclopédies n'écrivent pas cet alibi avec la même assurance : Poképédia en fait la croyance du Professeur Euphorbe, de Lilie et de l'Ultra-Commando — Necrozma aurait perdu ces éclats quand les ancêtres de ce dernier l'ont blessé pour capter sa lumière — quand Bulbapedia l'écrit à l'indicatif et y range aussi les Cristaux Z, dispersés par les Ultra-Brèches.
À Galar, la matière est datée : Éthernatos est arrivé dans une météorite il y a vingt mille ans, et son entrée de Pokédex le dit actif dès qu'il absorbe l'énergie du sol régional. Poképédia s'arrête là ; Bulbapedia ferme la chaîne causale : sa fuite d'énergie a créé les Sources d'Énergie — que Poképédia nomme ailleurs Cercles d'Énergie, sans signaler la divergence —, sur lesquelles on a bâti des stades d'Arène, les autres devenant les antres des Terres Sauvages. Le dossier Dynamax et Gigamax ajoute que le Gigamax dépend d'un gène, non d'un lieu.
Paldea en fait une loi : tous les Pokémon résidant dans la région peuvent se téracristalliser grâce à l'énergie Téracristal de ses sols, là où Méga-Évolution et Gigamax ne touchent que des espèces choisies. La substance n'est plus un objet rare, c'est un terrain : les cristaux de la Zone Zéro, puis les parois de l'Abîme Zéro, un cran plus bas.
Ce qui se passe au passage de la frontière
La preuve que ces mécaniques sont des faits géographiques déguisés tient à la sortie. Les capacités Z ne voyagent pas : aucun jeu principal hors septième génération ne les propose. Le Dynamax non plus, dans la série principale — mais il a émigré vers Pokémon GO le 4 septembre 2024 en emportant sa contrainte : seuls y dynamaxent les Pokémon capturés dans une source Dynamax.
La Méga-Évolution fait exception : elle suit le joueur à Hoenn, Alola, Kanto, puis revient à Kalos ; et dans la fiction, elle n'est pas kalosienne : selon un descendant du peuple Draconid dans Rubis Oméga et Saphir Alpha, la première espèce à avoir méga-évolué est Rayquaza, sous une météorite tombée à Hoenn mille ans plus tôt.
La Téracristallisation voyage aussi, seul cas que le jeu explique. À Septentria, l'énergie des cristaux du Lac Cristallin serait semblable à la sienne. Au Terra-Dôme, sous l'Institut Myrtille, en Unys, le dispositif suspendu au toit mêle terre de Paldea et eau du Lac Cristallin — composition que seule Bulbapedia documente. On n'a pas exporté la mécanique, on a importé le terroir. Contre-exemple : les masques d'Ogerpon, taillés dans les mêmes cristaux, se passent de source extérieure. Détail dans le dossier consacré au Téracristal.
Pokémon Champions, sorti le 8 avril 2026 sur console puis le 17 juin sur mobile, fait tomber la cloison : les quatre mécaniques y tiennent dans un seul objet, l'Omni-Anneau — seule la Méga-Évolution étant disponible au lancement. Support officiel des compétitions dès les Championnats du Monde 2026, il les détache de toute carte : plus de région, plus d'alibi.
Le fait négatif : dix-sept ans sans mécanique
Aucune des cinq premières régions n'a reçu de mécanique de transformation dans son jeu de lancement : ni Kanto, ni Johto, ni Hoenn, ni Sinnoh, ni Unys. Kalos est la première à en apporter une, en 2013 : jusque-là, une région se distinguait par son bestiaire et sa carte.
Deux nuances interdisent d'en faire une règle rétroactive. Hoenn a eu la sienne après coup : la Primo-Résurgence de Rubis Oméga et Saphir Alpha, en 2014, transforme Kyogre et Groudon par la Gemme Bleue et la Gemme Rouge, se déclenche dès l'entrée en combat et n'est pas considérée comme une Méga-Évolution au sens classique. Hisui a ses Styles Puissant et Rapide, exclusifs de Légendes Pokémon : Arceus : ce n'est pas une transformation, et Hisui reste Sinnoh à une autre époque.
Quant au pourquoi, rien à citer : aucune interview de Game Freak n'explique la règle « une mécanique par région », et lui en prêter une reviendrait à l'inventer. La seule justification de conception documentée ne vaut que pour le Dynamax, inspiré du mode TV de la Nintendo Switch, dont le grand écran accueille mieux des Pokémon géants. Pour la dixième région, annoncée le 27 février 2026 avec Pokémon Vents et Vagues et toujours sans nom, rien n'est su de sa mécanique.
Chaque Team s'en prend à la géographie de sa région
Poképédia définit la team comme « une organisation hiérarchisée basée dans une région donnée », dont le meneur veut « le plus souvent » tout conquérir ou modifier l'environnement à sa guise. La formule est à borner : quatre organisations seulement visent à refaire la carte ou l'univers — Aqua, Magma, Galaxie et Flare.
Quatre projets pour refaire la carte
Le duel de Hoenn oppose deux projets symétriques : Aqua veut Kyogre « afin d'augmenter le niveau des eaux », Magma veut Groudon « afin d'augmenter la surface émergée ». La symétrie va jusqu'aux planques, au même emplacement à l'est de Nénucrique. Même inversion au Mont Chimnée : Magma veut l'éruption, Aqua son extinction pour que la pluie remplisse le cratère refroidi. Poképédia s'en tient au but quantitatif de la troisième génération ; Rubis Oméga et Saphir Alpha, note Bulbapedia, le réécrivent en termes de civilisation.
À Sinnoh, l'opération se lit sur la carte : la Team Galaxie attaque simultanément les trois lacs — Vérité à l'ouest, Courage à l'est, Savoir au nord — puis converge vers le Mont Couronné, montagne centrale qui coupe verticalement Sinnoh et porte à son sommet les Colonnes Lances ; aucune source n'y voit pour autant une figure dessinée. Le Lac Courage est vidé de son eau à l'explosif, seule terraformation qu'une team mène à terme sans légendaire ; le lac se remplit ensuite. Le projet d'Hélio vise, seul, la recréation de l'univers entier.
Kalos porte la trace de son arme suprême, enterrée sous l'actuelle Cromlac'h, près des monolithes de la Route Menhir. Pour la rallumer, la Team Flare détourne la centrale de Kalos, plongeant Illumis dans le noir. Le tir échoue sans dépasser sa propre base, mais ouvre un gouffre là où se tenaient les trois menhirs courbés du centre-ville ; ceux de la Route Menhir restent debout. Seul relief existant qu'une organisation défigure durablement dans la série principale.
Les autres visent les infrastructures
La Team Rocket ne touche pas au relief. L'organisation de Giovanni lit sa région comme une carte des ressources : les fossiles du Mont Sélénite, « pour leur rareté, et donc leur valeur marchande », le prototype de Master Ball de la Sylphe SARL, la Tour Radio de Doublonville. Ses deux quartiers généraux sont enterrés sous une couverture commerciale, le casino de Céladopole puis la boutique du village d'Acajou.
L'ambition initiale de la Team Plasma — libérer les Pokémon en supprimant la fonction de Dresseur — est juridique et morale, non spatiale ; elle ne le devient qu'après la scission, quand la nouvelle Team Plasma de Ghetis entreprend d'éveiller les pouvoirs frigorifiques de Kyurem pour réduire Unys en servitude. Son moyen : la Frégate Plasma, navire volant qui bombarde Janusia de trombes de glace. Le passage de N à Ghetis convertit une cause militante en programme climatique.
À Galar, Shehroz, président de Macro Cosmos et de la Ligue, a permis l'exploitation des Sources d'Énergie sous les villes, d'où des Arènes devenues stades où le Dynamax est possible. Smashings, abandonnée faute de source d'énergie, est la seule étape du joueur sans stade ni lieu facilitant le Dynamax ; c'est là qu'est née la Team Yell, dont les méfaits entravent la circulation.
La Fondation Æther, que Poképédia range parmi les pseudo-teams, a ajouté une île à la région, le Paradis Æther, cinquième île d'Alola et la seule artificielle, faite de blocs flottants. La Team Skull, à qui Bulbapedia refuse tout objectif propre sinon semer le trouble et subsister, occupe Kokohio, en a chassé les résidents d'origine et entravé l'arrivée de l'électricité ; la ville barricadée ne compte plus que vingt-trois habitants.
Paldea dessine : les cinq repaires de la Team Star portent le nom de cinq des étoiles les plus brillantes de Cassiopée et reproduisent la constellation sur la carte, aux groupes Segin et Ruchbah près, inversés. Le mobile n'a pourtant rien de géographique : la team naît d'un conflit de harcèlement à l'Académie de Paldea. Clavel ne la dissout pas, il convertit les repaires en centres d'entraînement. Flare, Skull, Yell et Star ont leur dossier commun.
Ce que le motif révèle
La démonstration par l'absence est hors série principale : à Rhode, aride et sans infrastructures, deux syndicats criminels ont prospéré « profitant de l'absence de Ligue Pokémon » et de l'inefficacité des forces de l'ordre. Dans le premier des deux jeux de Rhode, le chef du Groupe Ombre Nosfrat se fait élire maire de Phénacit sous l'identité de Nestor ; son successeur Malafid préfère la façade du riche philanthrope.
Le motif a changé d'échelle : sorti en octobre 2025, Légendes Pokémon : Z-A ramène l'enjeu à la seule ville d'Illumis, où la Société Quazar découpe des zones sauvages derrière des barrières holographiques. Le mobile n'est géographique que dans quatre cas : les autres, scolaires, sportifs, marchands ou militants, finissent par occuper, bloquer ou transformer un lieu. À Hisui, le Groupe Galaxie porte le même nom japonais que la Team Galaxie mais administre la colonie au lieu de la piller ; son projet reste strictement géographique : fonder une ville, puis l'étendre.
Un lieu, un mythe, un légendaire
Poképédia range certains articles sous une étiquette propre à ce monde : le lieu mythique, endroit de la carte associé à un mythe, listé région par région — grottes, tours, autels, ruines. La liste ne vaut pas palmarès : elle mesure la découpe du wiki.
Kanto fait contraste : du folklore — Mont Sélénite, culte funéraire de la Tour Pokémon de Lavanville — mais aucun mythe de création adossé à un légendaire. Son origine tient du rapport de laboratoire : un clone modifié né dans le manoir en ruine de Cramois'Île.
Johto et Hoenn : le mythe est un bâtiment qu'on visite
À Rosalia, deux tours bâties « pour encourager l'amitié et l'espoir entre humains et Pokémon » : la Tour Cendrée, repos des légendaires, la Tour Carillon, réveil. La foudre frappa la première ; l'incendie dura trois jours et Ho-Oh et Lugia s'enfuirent. Trois Pokémon y périrent, ressuscités par Ho-Oh : les trois fauves légendaires. Les traditions du jeu divergent : Lugia perché sur la Tour Cendrée pour l'une, aux Tourb'Îles pour l'autre.
Hoenn enterre son mythe, qui se déplace. La Grotte Origine, au nord d'Atalanopolis, l'affiche : « On dit qu'un Pokémon plongé dans un long et profond sommeil se réveillera un jour à cet endroit. » Groudon y dort dans Pokémon Rubis, Kyogre dans Pokémon Saphir ; dans Pokémon Émeraude elle se vide au profit des Grottes Terra et Marine, à l'emplacement mouvant. Seul Rayquaza, au sommet du Pilier Céleste, peut arrêter leur combat ; le texte est en braille dans le Sanctuaire enfoui sous le Chenal 134.
Sinnoh : le seul mythe qui raconte la naissance du monde
Sinnoh la raconte par écrit. La Bibliothèque de Joliberges, unique bibliothèque de la région selon le jeu, aligne sept ouvrages consultables — huit depuis Pokémon Diamant Étincelant et Perle Scintillante —, dont L'histoire Originelle : un Œuf sorti d'un tourbillon de chaos, un Être Originel se séparant en deux puis en trois, « le temps se mit en branle, l'espace commença à s'étendre ». Les Colonnes Lances, au sommet du Mont Couronné, abritent non pas cette naissance mais celle de Dialga, Palkia et Giratina, engendrés par Arceus — qui relève des Pokémon fabuleux, non des légendaires.
La Salle Originelle, un étage au-dessus, n'est atteignable qu'avec la Flûte Azur, jamais distribuée en quatrième génération : pas d'accès légal, et l'Arceus qu'on y capture reste refusé par le Poké Transfert. Le mythe s'y discute : à Célestia, Cynthia relit la peinture rupestre pour y voir non plus les trois esprits des lacs mais Dialga, Palkia et Giratina — sans jamais nommer Arceus.
Une guerre, une arme, une nuit noire
Trois régions racontent une catastrophe, non une genèse. Unys la fait politique : Reshiram et Zekrom n'étaient qu'un seul dragon, employé par deux frères jumeaux à créer la région, puis scindé : l'aîné prit la Réalité, le cadet l'Idéal. Aucun ne l'emporta, et des années plus tard leurs fils reprirent le combat et ravagèrent la région par le feu et la foudre. Elle loge dans la Tour Dragospire, érigée on ne sait quand ni par qui ; le reste, Unys l'importe : quatre de ses six lieux mythiques abritent des légendaires étrangers.
Kalos donne au sien un auteur et une date : l'arme suprême, construite par A.Z. trois mille ans avant Pokémon X et Y, ramenait les Pokémon à la vie avant d'être convertie en arme de destruction massive. Le frère du roi la fit enterrer sous l'actuelle Cromlac'h ; les monolithes de la Route 10, sous-titrée Route Menhir, honorent les Pokémon victimes de la folie d'A.Z. Rallumée, elle retombe sur sa base : le cratère au centre de la ville n'existe qu'après coup.
Galar déforme le sien sous nos yeux. La Nuit Noire, trois mille ans avant Pokémon Épée et Bouclier, fut déclenchée par Éthernatos siphonnant l'énergie de la région ; trois sources internes divergent : le géoglyphe de Greenbury montre un héros, les tapisseries de Kickenham deux, les statues d'Old Chister, l'épée et le bouclier de la légende comme Pokémon des deux héros. La correction du mythe est ici, plus qu'à Célestia, le ressort du scénario ; Légendes Pokémon : Z-A relie les deux catastrophes en faisant d'A.Z. un témoin de la Nuit Noire.
Alola, Paldea, Septentria : garder, oublier, mentir
Alola tient le système le plus régulier de la série : une île, une ruine, un gardien — Ruines du Conflit à Mele-Mele, de l'Éveil à Akala, de l'Essor à Ula-Ula, de l'Au-Delà à Poni. Les titres français ne décalquent ni le japonais ni l'anglais : les Ruins of Hope deviennent Ruines de l'Au-Delà, ひがん désignant le monde des morts. Le mythe y est écrit et versionné — le livre de la Bibliothèque de Malié diffère entre Pokémon Soleil et Pokémon Lune — et censuré : un roi d'Alola fit brûler les ouvrages consacrés à Necrozma, jadis vénéré comme Grand Radieux.
Paldea fait l'inverse : son mythe fondateur est discrédité. L'expédition descendue au fond du Cratère de Paldea deux cents ans avant Pokémon Écarlate et Violet en a rapporté un livre passé au rayon des légendes urbaines ; la Zone Zéro passe pour une invention jusqu'à ce que le joueur y descende. Septentria va au bout : son mythe est le seul qu'un jeu déclare faux — le village statufie trois héros qui étaient des voleurs, et le monstre, Ogerpon, était la victime.
Variantes et textes sont repris dans le dossier consacré aux légendes et aux mythologies régionales. Chaque mythe a une adresse que le joueur peut traverser, pas toujours dans la région qu'elle explique. La Tour Enfouie de la Route 47, à Johto, bâtie par des gens de Hoenn, relie la terre de Groudon, la mer de Kyogre et le ciel de Rayquaza ; la Caverne des Esprits d'Unys voit passer les trois esprits des lacs de Sinnoh ; les Ruines Sinjoh, mêlant Ruines d'Alpha et Colonnes Lances, ne sont dans aucune région connue.
Combien de temps sépare Hisui de Sinnoh
Poképédia situe Légendes Pokémon : Arceus « bien avant » Diamant, Perle et Platine ; Bulbapedia écrit « set prior to Generation IV » : l'antériorité, sans nombre. Aucune source officielle ne chiffre l'écart entre Hisui et Sinnoh, faute de calendrier commun — chaque région date son passé depuis son présent.
La frise, telle que les sources l'autorisent
Les jalons datés, du plus ancien au plus récent. L'avant-dernière colonne commande la lecture : chaque durée se compte depuis le présent de son propre jeu, jamais depuis un an zéro partagé.
| Ancienneté | Événement | Lieu | Région | Compté depuis | Source |
|---|---|---|---|---|---|
| 2 000 000 ans | Mouvements sismiques ; Terapagos réduit à un survivant | Non précisé | Paldea | gén. IX | Bulbapedia |
| 1 000 000 ans | Formation du Cratère | Cratère de Paldea | Paldea | gén. IX | Bulbapedia |
| 3 000 ans | Construction, puis tir de l'arme suprême | Cromlac'h | Kalos | X et Y | Poképédia |
| 3 000 ans | La Nuit Noire | Toute la région | Galar | Épée et Bouclier | Poképédia |
| ≈ 3 000 ans | Une cité antique devenue ruines | Ruines des Abysses | Unys | gén. V | Bulbapedia seule |
| Plus de 2 500 ans | Une cité antique, dont il reste un donjon | Château Enfoui | Unys | gén. V | Poképédia |
| 2 000 ans | L'Empire se met à régner ; Grande Ère d'Exploration vers le Cratère | Paldea | Paldea | gén. IX | Bulbapedia |
| 1 000 ans après l'arme | A.Z. construit l'Ange | Kalos | Kalos | L'arme suprême | Poképédia |
| 1 000 ans | Déclin de l'Empire, ruiné par ses expéditions | Paldea | Paldea | gén. IX | Bulbapedia |
| 805 puis 800 ans | Fondation de l'Académie Orange / Raisin, puis unification de Paldea | Mesaledo | Paldea | gén. IX | Bulbapedia |
| 700 puis 150 ans | Construction, puis incendie de la Tour Cendrée | Rosalia | Johto | gén. II | Poképédia |
| 500 ans | Spiritomb enchaîné à la fissure d'une clé de voûte | Non précisé | Sinnoh | gén. IV | Pokédex de Perle |
| 300 ans | Un monarque bâtit son palais après une guerre | Palais Chaydeuvre | Kalos | X et Y | Poképédia |
| 200 ans | Une expédition, et le livre qu'on prendra pour une fiction | Zone Zéro | Paldea | gén. IX | Poképédia |
| 200 ans | Un milliardaire achète l'île | Île Liberté | Unys | gén. V | Poképédia |
| 2 ans | Le Groupe Galaxie débarque | Hisui | Hisui | Légendes Pokémon : Arceus | Bulbapedia |
L'Empire de Paldea, la fondation de son Académie et la datation des Ruines des Abysses n'existent que sur Bulbapedia ; le même wiki se contredit sur les premiers Pokémon téracristallisés, 140 ans dans un article, environ 150 dans un autre. La série paldéenne se prolonge hors tableau jusqu'à l'année précédant le jeu : son scénario est une enquête sur son propre passé.
Pourquoi Hisui reste hors du tableau
Sur le passé lointain de Hisui, le jeu n'avance qu'un chiffre, celui de Penséa : « Mille, voire deux mille ans de cela… Arceus était un Pokémon vénéré par l'ancien peuple de Sinnoh, mes ancêtres. » Elle date l'ancien peuple par rapport à Hisui, pas Hisui par rapport à Sinnoh ; Bulbapedia le range entre 2 000 et 1 000 ans avant le jeu. En déduire que Hisui précède Diamant et Perle d'un ou deux millénaires est l'erreur de point de référence la plus répandue.
Le seul encadrement chiffré est un raisonnement d'encyclopédie : Bulbapedia croise le Pokédex, qui dit Spiritomb scellé cinq cents ans plus tôt, et Pitris, qui à Hisui fait remonter ce sceau à « des siècles », pour en déduire un plafond de trois cents ans avant la quatrième génération — calcul signalé comme spéculation de fans dès la deuxième ligne de la page, et un plafond n'est pas une mesure. Les deux cents ans avancés par quantité de guides en ligne ne reposent sur aucune source primaire.
Les voyageurs temporels ne comblent rien : le joueur est amené du présent par Arceus, Chammal projeté dans l'ancienne Sinnoh par la Faille Spatio-Temporelle — ils ont sauté, ils n'ont pas vieilli. Reste un lien humain confirmé, Cormier ancêtre du Professeur Sorbier, sans nombre de générations. Seul indice d'ampleur : dans Légendes Pokémon : Z-A, le Musée d'Illumis expose Hisui, kimono de Cormier compris, et un cartel dit l'écriture de Sinnoh antique.
Les seuls écarts que la fiction chiffre
Trois écarts seulement sont énoncés en clair, chacun entre un jeu et sa suite ; rien de confirmé ne raccorde ces paires. La Team Rocket se reforme à Johto trois ans après sa dissolution, et la vision de Morgane remonte à « trois ans » : autant sépare Rouge et Bleu d'Or et Argent. Noir 2 et Blanc 2 suivent de deux ans le premier acte d'Unys, et Z-A de cinq ans X et Y : « Légendes » n'est pas un label du passé.
Le reste relève de la déduction, et le studio l'assume : Toshinobu Matsumiya répondait en 2014 que le temps écoulé est secret, à imaginer librement ; Junichi Masuda ajoutait en 2019 que tout se complique dès qu'on prête trop attention aux chronologies. L'ordre relatif existe pourtant, sans épouser celui des générations : Rouge et Bleu et Rubis et Saphir se déroulent simultanément, et l'ordre entre Écarlate et Violet et Z-A reste inconnu.
Cette chronologie interne n'est pas celle des sorties : elles coïncident deux fois, par construction — trois ans de fiction comme de calendrier entre 1996 et 1999, deux ans entre 2010 et 2012 — et divergent ailleurs, douze ans réels séparant X et Y de Z-A pour cinq ans de fiction, Légendes Pokémon : Arceus sortant quinze ans après Diamant et Perle mais se déroulant avant. Un seul dialogue ancre ce monde dans notre calendrier : un personnage y cite l'alunissage du 20 juillet 1969.
Deux fois trois mille ans, et aucun pont chiffré
Un même nombre revient dans deux régions que rien ne synchronise : l'arme suprême tirée trois mille ans avant X et Y, la Nuit Noire frappant Galar trois mille ans avant Épée et Bouclier. Or ces jeux ne sont pas contemporains — Bulbapedia place Galar après Kalos — et l'écart entre leurs présents n'est chiffré nulle part : superposer les deux échelles revient à confondre deux règles graduées. Les deux récits, détaillés dans le dossier des mythologies régionales, ne se datent jamais l'un l'autre.
Deux passerelles existent malgré tout. Dans l'Épisode Delta, M. Rochard, à Hoenn, parle de l'arme de pacification créée « il y a 3 000 ans dans une lointaine région » : il reprend le chiffre de la région où l'événement s'est produit. La seconde est A.Z., immortel depuis le tir de l'arme, témoin de la Nuit Noire, dont la lettre au joueur compte en « 3 000 ans ». Ces ponts sont narratifs, pas métrologiques : ils tiennent à un témoin, non à une échelle partagée, et ne disent rien de Hisui.
Les records, et ce qu'ils veulent dire
Tout dépend de ce qu'on mesure. Les deux seules mesures en mètres d'une description de carte sont des hauteurs, Mont Chimnée et Tour Prismatique, aucune autre au balayage systématique de Bulbapedia. Ce qui suit ne retient donc que ce qui se compte : routes, chenaux, villes, entrées de Pokédex, lieux répertoriés, habitants recensés — six critères qui ne couronnent pas la même région.
| Critère (neuf régions principales) | La plus grande | La plus petite |
|---|---|---|
| Routes numérotées | Hoenn (34) | Paldea (0), puis Galar (10) |
| Villes et bourgs, Ligue exclue | Unys (20) | Alola (9) |
| Routes maritimes (chenaux) | Hoenn (17) | Kalos, Alola, Galar et Paldea (0) |
| Pokédex régional, extensions exclues | Kalos (457) | Kanto et Sinnoh (151) |
| Lieux répertoriés par Poképédia | Sinnoh (144) | Galar (55) |
| Habitants recensés par Bulbapedia | Paldea | Kanto |
Les conventions y pèsent autant que les chiffres : villes comptées Ligue exclue, sinon les « seize » de Hoenn chez Bulbapedia, Ligue comprise, s'aligneraient sur les seize de Kalos, qui l'excluent ; lieux répertoriés à titre indicatif, Poképédia y mêlant animé et manga ; temps de jeu écarté, un remake changeant la durée, pas la carte.
Unys mène avec 21 implantations, Ligue comprise, mais ce total cumule deux paires de jeux, Pokémon Noir et Blanc puis Noir 2 et Blanc 2, dont deux villes exclusives de version ; Noir 2 seul en donne 19 plus la Ligue, davantage que toute autre région. Même convention au Pokédex : plancher de 151 pour Kanto (Rouge et Bleu) et Sinnoh (Diamant et Perle), 210 avec Platine, et 457 à Kalos extensions exclues, les deux carnets ajoutés à Galar et Paldea poussant leurs totaux au-delà.
La population, seul indicateur de taille chiffré, oppose les wikis. Bulbapedia donne Paldea en tête, au moins 1 523 habitants, devant Kalos (1 288) et Alola (1 005), Kanto dernière, 391 habitants en première et en troisième générations, 364 en deuxième et en quatrième — une dernière place qu'elle n'a plus quittée depuis la deuxième. Poképédia n'en compte que 875 à Kalos : les wikis ne recensent pas les mêmes personnages, Bulbapedia ne précisant son périmètre qu'au cas par cas — à Paldea, il écarte les Dresseurs hors des villes et la plupart des passants. L'ordre résiste mieux que les valeurs.
Hoenn, la région à moitié liquide
Les deux wikis s'accordent ici au chiffre près : Hoenn compte 34 routes numérotées, devant Sinnoh (30) et Kanto (28). Une route franchie sur l'eau s'appelle chenal depuis la troisième génération : sur 28, 17 sont à Hoenn, soit 61 %. Bulbapedia note, sans chiffre, une étendue d'eau presque égale à celle des terres.
Les zéros ne disent pas tous la même chose
Paldea n'a aucune route numérotée, seul cas de la série principale, Hisui mise à part, Sinnoh à une autre époque. Non un plancher, mais un changement d'unité : quatre provinces et quinze zones découpent la région, la zone étant un territoire, la route un couloir. Galar, deuxième plus bas avec dix routes, ne se traverse pas par elles seules, contrairement à la plupart des régions : elles y forment quatre grappes que relie un réseau ferroviaire.
Autre chose pour les chenaux : Kalos, Alola et Galar ont des routes numérotées mais aucune « Chenal », Paldea aucune route à nommer ; zéro chenal ne signifie pourtant pas zéro eau, « chenal » étant une convention de nommage française, pas un relevé de terrain. Bulbapedia classe ainsi la Route 15 d'Alola comme route aquatique, Kalos a sa Baie Azur, route maritime nommée, et Sinnoh, riche en eau selon le même wiki, n'a que quatre chenaux.
Et d'abord, combien y a-t-il de régions ?
La page « Region » de Bulbapedia annonce « au plus dix-huit » régions connues, tous canons confondus ; le tableau équivalent de Poképédia en aligne 46, 47 avec Hisui ; sa catégorie « Région » en contient 29, dont « Monde Pokémon », qui n'est pas une région. Trois ordres de grandeur, aucune erreur de calcul : ces sources ne comptent pas la même chose.
Bulbapedia ne retient que ce qui est formellement appelé région ; Poképédia liste tout décor nommé, villes uniques, îles de jeux dérivés, archipels de cartes, Légenville et Bourg Carpe y étant des liens rouges sans fiche. Seule formulation qui résiste : neuf régions parcourues dans la série principale, de Kanto à Paldea, une dixième annoncée et toujours sans nom en septembre 2026, et plusieurs dizaines d'autres décors nommés ailleurs, selon ce qu'on accepte d'appeler une région.
Quelle est la plus grande région ? La seule réponse honnête
Aucune superficie officielle n'existe, et c'est un relevé, pas une impression : les dix pages de région de Poképédia et les dix de Bulbapedia, fouillées mot à mot le 3 septembre 2026 dans leur texte source complet, donnent zéro occurrence de « km² », de « square miles » ou de leur équivalent français, et aucune interview de développeur n'en donne davantage. Leur seul classement est démographique, étiqueté par Bulbapedia : « la plus grande région par la population », jamais « la plus grande région ».
Le seul mot de superficie restant chez Poképédia est un adjectif : Sinnoh y est « région immense », Bulbapedia dit la même chose sans le mot. Il n'y mesure rien, il explique un fait biologique, la coupure de couleur qui sépare les populations de Tritosor de part et d'autre du Mont Couronné — la taille n'est jamais invoquée comme grandeur, seulement comme cause. ScreenRant, comparant les cartes de Paldea et de Hisui, ne trouve de kilométrage pour ni l'une ni l'autre et compte les villes.
Pourquoi l'échelle du jeu ne peut pas servir de mesure
La planète, elle, est calibrée sur la Terre : selon une exposition du Musée Océanique, plus des deux tiers du monde sont couverts d'eau, exactement comme chez nous, d'où le globe de taille comparable qu'en déduit Bulbapedia. L'incohérence est entre la planète et ses régions : le Train Magnétique franchit la frontière Johto-Kanto à une vitesse supposant des centaines de kilomètres, quand on traverse les deux territoires à pied en quelques heures de jeu et que le dessin animé y fait marcher ses personnages des jours entiers entre deux villes. La compression est technique et ludique, pas diégétique : les mesures de fans divergent d'autant, « moins de 0,3 mille carré » pour Kanto par comptage de cases, des dimensions nationales par la taille des villes ou les distances parcourues.
Mesurer le territoire réel, la seule méthode défendable
Reste à mesurer les lieux réels que les régions décalquent. C'est la méthode du seul classement complet en circulation, publié par TheGamer le 28 octobre 2025, qui range les neuf régions de la série principale, Hisui fondue dans Sinnoh — méthode annoncée sur la page, « d'après le lieu réel qui l'a inspirée », mais masquée par le titre de référencement, qui promet un classement par taille géographique. Son vrai défaut : prendre le territoire modèle entier là où les encyclopédies écrivent que la région n'en couvre qu'une partie. Le tableau ajoute les colonnes de ce périmètre ; ses superficies, relevées le 3 septembre 2026 dans les infobox de Wikipédia, mesurent des territoires réels, pas des régions.
| Région | Territoire pris par le classement | Superficie (km²) | Périmètre selon les encyclopédies | Superficie sous réserve (km²) |
|---|---|---|---|---|
| Paldea | Péninsule Ibérique | 583 254 | Péninsule entière | inchangée |
| Kalos | France métropolitaine entière | 543 940 | Moitié nord de la France métropolitaine | ≈ 272 000, par division arithmétique |
| Galar | Royaume-Uni | 244 376 | Grande-Bretagne ; Angleterre et pays de Galles pour la carte de base | 209 331 ; ≈ 154 150 |
| Sinnoh et Hisui | Préfecture de Hokkaidō | 83 424 | Hokkaidō sans la péninsule d'Oshima, augmentée du sud de Sakhaline et de Kounachir | ≈ 113 200 |
| Hoenn | Île de Kyūshū | 36 782 | Kyūshū, plus Okinawa selon Bulbapedia | 39 063 |
| Johto | Région du Kansai | 33 125 | Kansai, plus l'ouest du Chūbu ou le Tōkai | 27 351 sous la définition étroite du Kansai |
| Kanto | Région du Kantō | 32 424 | Kantō, plus l'est du Chūbu | non chiffrable |
| Alola | État de Hawaï, eau comprise | 28 311 | 4 des 8 îles principales de l'archipel | 15 318 |
| Unys | New York, cinq arrondissements | 1 224, publiée en milles carrés par erreur d'unité | Aire métropolitaine de New York, voire l'État entier | 15 901 ; 141 297 |
Ces réserves déplacent les magnitudes plus que les rangs. Kalos passe de 93 % de la surface du modèle de Paldea à moins de la moitié sans quitter la deuxième place ; aucune source ne trace la ligne de coupe, la division par deux vaut donc comme ordre de grandeur, pas comme mesure. Sinnoh gagne 36 % — Bulbapedia lui retire la péninsule d'Oshima et lui ajoute le sud de Sakhaline et Kounachir, non japonais, quand Poképédia pose les ajouts sans l'exclusion — et ne bouge pas non plus.
Alola est le plus contre-intuitif : ses quatre îles retenues sur les huit principales totalisent 92 % des terres émergées de l'État de Hawaï ; ce qui gonfle son chiffre, c'est l'eau, 41 % de la superficie de l'État — l'y compter revient à mettre l'océan Pacifique dans une région. Galar répète la mécanique : Couronneige lui ajoute l'Écosse, déjà comprise dans le chiffre du Royaume-Uni, Isolarmure l'île de Man, dépendance de la Couronne qu'il exclut.
Deux réserves seulement déplacent l'ordre. Unys, seule région de la série principale calquée sur une agglomération et non sur un pays ou une île, a trois périmètres emboîtés dans un facteur 115 : avec l'aire métropolitaine elle n'est plus la plus petite, avec l'État elle atteint le quatrième rang. L'autre bascule se joue à 2 % : « Kansai » n'a pas de définition unique, 33 125 km² avec la préfecture de Mie, environ 27 351 sans elle, et sous la définition étroite Johto passe sous Kanto — le duel japonais se règle dans le vocabulaire, pas sur le terrain.
Le classement change de tête à chaque critère
Ce palmarès ne départage que des territoires réels. Paldea, première par la superficie de son modèle, est dernière par les routes numérotées, avec zéro : les routes reviennent à Hoenn, les villes à Unys, les lieux catalogués à Sinnoh, le Pokédex à Kalos, comptages détaillés plus haut. Seul le recensement d'habitants de Bulbapedia la couronne une seconde fois, et il mesure une population.
Le critère spontané des joueurs, le temps qu'il faut pour en venir à bout, est le moins mesurable : aucun des deux wikis ne le documente, et un même titre s'achève en dix heures ou en soixante selon la façon de jouer — il mesure une partie, pas un territoire. Une région Pokémon n'a pas de taille : elle a une densité d'événements, un nombre de villes, d'Arènes et de rencontres par heure de marche. Par la superficie du lieu réel, la plus grande est Paldea ; par les comptages, elle change de nom presque à chaque colonne.
Où parcourir chaque région en 2026
Au 3 septembre 2026, trois des neuf régions de la série principale ne s'atteignent sur aucun matériel Nintendo neuf : Johto, Hoenn et Alola. Le tableau vieillira : il décrit un état du commerce, pas une règle durable.
| Région | Où on la parcourt en septembre 2026 | Ce qui n'est plus accessible |
|---|---|---|
| Kanto | Rouge Feu / Vert Feuille, eShop Switch et Switch 2, 27 février 2026 ; Let's Go sur Switch | l'achat des Console Virtuelle 3DS, depuis 2023 |
| Johto | occasion seule : Or / Argent et Cristal en Game Boy Color, Or HeartGold / Argent SoulSilver en DS | les Console Virtuelle 3DS d'Or / Argent (2017) et de Cristal (2018) |
| Hoenn | occasion seule : Rubis / Saphir et Émeraude en GBA, Rubis Oméga / Saphir Alpha en 3DS | l'eShop 3DS ; les versions GBA n'ont jamais eu de Console Virtuelle |
| Sinnoh | Diamant Étincelant / Perle Scintillante, Switch, 19 novembre 2021 | l'achat neuf des originaux DS |
| Unys | rien pour le continent ; seul point de contact, l'Institut Myrtille, sur une île artificielle d'Unys, dans Le Disque Indigo | jamais réédité, jamais remaké |
| Kalos | Illumis seule, dans Légendes Pokémon : Z-A (16 octobre 2025) ; X / Y en occasion 3DS | la région entière sur matériel neuf |
| Alola | occasion 3DS seule : Soleil / Lune, Ultra-Soleil / Ultra-Lune | jamais sortie de sa console de naissance |
| Galar | Épée / Bouclier, Switch, Isolarmure et Couronneige comprises | — |
| Paldea | Écarlate / Violet, Switch, avec mise à jour gratuite d'amélioration sur Switch 2 | — |
| Hisui (Sinnoh à une autre époque) | Légendes Pokémon : Arceus, Switch | — |
Le Nintendo Switch Online ne contient aucun jeu principal
Aucun jeu de la série principale n'a jamais figuré au catalogue du Nintendo Switch Online. Les sept titres Pokémon proposés à cette date sont tous dérivés : le seul Game Boy Advance est un Donjon Mystère, le seul Game Boy Color le jeu de cartes. Poképédia n'en compte que six, sa page ignorant Pokémon XD, sorti en mars 2026. L'abonnement vaut 19,99 €/an en France, 39,99 € avec le Pack additionnel, seul palier à ouvrir GBA, Nintendo 64 et GameCube.
Rouge Feu et Vert Feuille, dont le dossier retrace les deux premiers remakes, sont ressortis pour les trente ans de la licence, en dématérialisé seul, 19,99 € pièce, hors de tout abonnement. Le Roc Nombri et l'Île Aurore, jusque-là réservés à des distributions événementielles, s'ouvrent sur un ticket remis après le Panthéon : ces îles Sevii sont dans les données depuis 2004, seule leur condition d'accès a changé.
Le 26 février 2027, la chaîne des transferts se coupe
Le 27 mars 2023, l'eShop Wii U et famille 3DS ferme : plus d'achat, plus de démo, mais les jeux déjà achetés restent retéléchargeables — la nuance est souvent mal dite. Le 8 avril 2024, leurs services en ligne s'arrêtent, avec une exception nommée : Banque Pokémon et Poké Transfert. Leur fin, annoncée en août 2026, tombe le 26 février 2027 ; l'avis américain dit le 25 février à 19 h heure du Pacifique, ce qui fait bien le 26 au petit matin à Paris.
La coupure ferme une route : un Pokémon né sur cartouche Game Boy Advance traverse quatre machines et cinq relais avant les jeux modernes, Parc des Amis, Poké Fret, Poké Transfert, Banque, HOME. Le premier maillon réclame un port cartouche GBA, que seules la DS originelle et la DS Lite ont ; le deuxième, deux consoles allumées ensemble et deux jeux de même langue. Après février 2027, plus rien ne remontera de la Game Boy à la 3DS : de Banque vers HOME, le transfert est à sens unique et exige un abonnement Premium. D'autres pertes datent de 2023 : la Version Cristal en Console Virtuelle, seule édition occidentale à donner Celebi contre la GS Ball, ne s'achète plus.
HOME reste le seul pont ouvert, sur Switch, Switch 2, Android et iOS ; le Plan Basique plafonne à 30 Pokémon, le Premium coûte 15,99 € pour 365 jours sur Switch et passe de 6 000 à 9 000 places en octobre 2026. La même mise à jour y branche Rouge Feu et Vert Feuille, là encore à sens unique.
Pokémon XD a rejoint l'application Nintendo Classics de la Switch 2 en mars 2026, remettant en neuf Rhode, région d'un jeu dérivé ; Pokémon Colosseum, annoncé pour la même application, n'était toujours pas sorti en septembre 2026. Des régions principales nées avant la Switch, Unys, Kalos et Alola sont les seules dont aucun jeu n'a jamais été réédité ni remaké ; d'Unys et de Kalos, la Switch n'a reçu qu'un fragment, l'Institut Myrtille et Illumis. Quinze ans et onze mois séparent la sortie japonaise de Pokémon Version Noire de septembre 2026. C'est une mesure d'écart, pas un indice : rien n'a été annoncé. Le détail par machine est dans le guide complet des jeux vidéo Pokémon, le cas d'Illumis dans son propre dossier.
Par quelle région commencer
La question n'est pas quelle région est la plus belle, mais quelle forme de carte convient à quel joueur : un couloir balisé et un plateau ouvert ne demandent pas la même attention. Cinq profils suivent, chacun avec un jeu, une machine et la raison géographique du choix. Le trio de départ change lui aussi d'une région à l'autre : les neuf trios se comparent à part.
Celui qui n'a jamais touché à un jeu Pokémon commencera par Galar, dans Pokémon Épée et Bouclier (Nintendo Switch, 15 novembre 2019, jouable sur Switch 2). La carte se lit du sud vers le nord, du village de Paddoxton à Winscor : dix routes numérotées seulement, en quatre paquets que le rail relie, et un seul grand espace ouvert au milieu, les Terres Sauvages, qu'on peut traverser sans s'y arrêter. Le fil du voyage n'y est jamais perdu de vue.
Celui qui veut l'expérience classique — route, ville, Arène, dans l'ordre imposé — ira à Sinnoh, avec Pokémon Diamant Étincelant et Perle Scintillante (Switch, 19 novembre 2021), dont le dossier complet reprend le remake en détail. Le relief y tient lieu de scénario : le Mont Couronné coupe le continent du sud au nord, et les trente routes numérotées 201 à 230 s'organisent autour de cette barre centrale, quatorze villes de part et d'autre. Pour la formule dans sa forme d'origine, Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille sont revenus sur l'eShop le 27 février 2026.
Celui qui veut le monde ouvert choisit entre deux ouvertures sans rien de commun. Paldea, dans Pokémon Écarlate et Violet (Switch, 18 novembre 2022, avec une mise à jour d'amélioration gratuite sur Switch 2 le 5 juin 2025), est une ellipse percée en son centre par un cratère, sans une seule route numérotée : quinze zones réparties entre le Sud, le Nord, l'Est et l'Ouest en tiennent lieu. Les huit Arènes s'y défient dans l'ordre voulu, au prix d'une difficulté en dents de scie, les niveaux ne s'ajustant pas aux progrès du joueur. Hisui, dans Légendes Pokémon : Arceus (Switch, 28 janvier 2022), ouvre autrement : cinq grandes zones qui se déverrouillent l'une après l'autre autour d'un unique village fortifié, Rusti-Cité, et une partie strictement solo. Le comparatif de ce jeu avec Z-A montre que la rupture avec la formule a plusieurs formes.
Celui qui veut la plus longue aventure a une réponse nette et un problème. Pokémon Or HeartGold et Argent SoulSilver (Nintendo DS, 26 mars 2010) rejouent le dispositif d'Or et Argent : deux régions dans la même cartouche, Johto d'abord, Kanto ensuite, seize Badges au lieu de huit, et une numérotation de voies continue d'une région à l'autre, de la 1 à la 48 — les numéros 1 à 28 côté Kanto, 29 à 48 côté Johto. Mais ni l'une ni l'autre ne se vend plus neuve : Johto n'a aucune porte ouverte sur du matériel récent, et ces cartouches se cherchent d'occasion. Sur une machine achetée aujourd'hui, ce sont les extensions qui allongent le trajet — Paldea prolongée par Septentria puis par l'Institut Myrtille, ou Galar par Isolarmure et Couronneige, trois cartes au lieu d'une dans les deux cas. Le catalogue complet des jeux détaille ce qui tourne sur quoi.
Celui qui joue avec un enfant prendra Pokémon : Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli (Switch, 16 novembre 2018), qui ramènent à Kanto. Poképédia les présente comme les premiers jeux où deux personnes jouent en même temps : la seconde manette rejoint la partie pour aider aux captures et aux combats, et la quitte quand elle veut. La géographie s'y prête, Kanto étant une boucle de dix villes. Les CS y ont laissé la place aux Techniques Secrètes : ouvrir la carte ne coûte plus une place d'attaque dans l'équipe.
La dixième génération n'est pas encore un choix
Pokémon Vents et Vagues ont été annoncés le 27 février 2026, lors d'un Pokémon Presents donné pour les trente ans de la licence, et sortiront en 2027, exclusivement sur Nintendo Switch 2. Leur région n'a pas de nom public au 3 septembre 2026 : ni Poképédia ni les encyclopédies anglophones n'en donnent un, et une région sans nom ne se compare à aucune des neuf déjà parcourues. Attendre 2027 pour commencer revient à repousser d'un an une décision que les cinq entrées ci-dessus tranchent déjà.
Reste une contrainte que ces cinq réponses contournent sans la résoudre : Johto, Hoenn et Alola ne s'atteignent sur aucun matériel Nintendo vendu neuf en 2026. Commencer par l'une d'elles suppose une console et une cartouche d'occasion — pas un obstacle, mais un choix à faire en connaissance de cause. Le premier jeu est souvent un cadeau, et il arrive rarement seul : le guide d'achat s'occupe de tout ce qui l'accompagne.
Les régions en un tableau
Le tableau d'ouverture rangeait les régions par leur état civil : génération, jeux, villes, routes, Pokédex. Celui-ci retient l'autre moitié de l'inventaire, celle qui se voit sur la carte — la forme du territoire, le traitement que le modèle réel a subi pour y tenir, et le trait de terrain dont le jeu a tiré une règle. Chaque ligne condense ce que les sections précédentes établissent, sans y ajouter de fait nouveau.
Deux réserves valent pour la colonne du milieu. Le mot « modèle » n'a pas partout la même valeur de preuve : cinq de ces correspondances sont sorties de la bouche des développeurs, les autres ne tiennent que par leur tracé ou par une ressemblance que personne n'a formalisée. Et une transformation n'est pas une approximation : une carte pivotée, retournée ou redisposée reste un décalque fidèle, simplement lu dans un autre sens. Hisui ferme le tableau sans en être la dixième ligne au même titre que les autres — c'est Sinnoh avant ses villes.
| Région | Forme de la carte | Le modèle réel, et ce que la carte en fait | Le trait qui la distingue |
|---|---|---|---|
| Kanto | Une boucle autour d'une grande baie centrale : le parcours revient boucler à quelques pas de son départ | Le Kantō — seule région du monde Pokémon à porter le nom réel de son modèle | Sans Surf, des pans entiers restent hors de portée ; sa frontière avec Johto est la seule frontière terrestre entre deux régions |
| Johto | Une moitié de carte : une bande de bord de mer fermée par le relief, une île à l'ouest, et Kanto à l'est | Le Kansai — l'ouest ancien contre l'est moderne ; l'emprise déborde le Kansai, et les sources divergent sur ce qu'elle englobe | Ses routes numérotées reprennent la numérotation de Kanto à la 29 ; aucun de ses cinq jeux ne la donne sans son voisin |
| Hoenn | Une île principale, un chapelet d'îles, et entre les deux une mer qui est un territoire : dix-sept routes terrestres, dix-sept chenaux | Kyūshū, pivotée de quatre-vingt-dix degrés dans le sens antihoraire — Masuda l'a écrit sur le blog de Game Freak en 2004 | La Plongée y naît, et ouvre sous la mer un second réseau de chemins qui double toute la région |
| Sinnoh | Un continent coupé du sud au nord par le Mont Couronné, trois lacs en triangle dont le centre tombe sur le sommet | Hokkaidō, décalquée moins la péninsule d'Oshima et augmentée de deux territoires qui ne sont pas japonais | Le massif sépare les deux formes de Sancoki, et son champ magnétique fait évoluer les Pokémon qui y montent |
| Unys | Un anneau : trois masses de terre découpées par deux fleuves, cinq ponts pour seules soudures | L'aire métropolitaine de New York, confirmée par Masuda — mais la ressemblance est thématique, pas topographique | On n'y contourne rien, on emprunte le pont ; la Ligue tombe à mi-anneau, et les saisons ouvrent ou ferment les passages |
| Kalos | Une étoile — ou un pentagone, selon la lecture — rayonnant autour d'Illumis, où aboutissent cinq routes et une gare | La France, confirmée par Masuda ; sa moitié nord seulement, d'après les wikis. La carte reprend les repères du pays, pas ses distances | Son découpage officiel en trois sous-régions scinde le Pokédex en trois carnets renumérotés, sans liste globale au-dessus |
| Alola | Un archipel de quatre îles disposées en carré, plus une île artificielle posée au centre | Hawaï, confirmée par trois sources officielles ; la chaîne réelle, orientée nord-ouest/sud-est, est redisposée en carré | La structure à quatre commande tout : un gardien, un Doyen, une Grande Épreuve et un sous-Pokédex par île, au lieu de huit Arènes |
| Galar | Un couloir contrarié, du village du sud à la ville de la Ligue au nord : dix routes en quatre grappes sans continuité | La Grande-Bretagne, choix confirmé par Ohmori ; la carte retournée à cent quatre-vingts degrés, lecture des deux encyclopédies | On ne la traverse pas par ses seules routes : le rail est une pièce de la carte, et la météo des Terres Sauvages est retirée chaque nuit |
| Paldea | Une ellipse trouée en son milieu par un cratère : aucune route numérotée, quinze zones réparties aux quatre points cardinaux | La péninsule Ibérique — décalque évident, mais aucune déclaration de modélisation ne l'a jamais formalisé | Une carte sans couloir donne une progression sans ordre : les huit Arènes s'y défient dans le sens voulu, pour la première fois dans la génération d'origine d'une région |
| Hisui | Le même relief que Sinnoh, sans ses villes : cinq zones ouvertes autour d'un village, aucune route numérotée | Le Hokkaidō de Sinnoh à une époque antérieure ; le parallèle avec l'île du temps où elle s'appelait Ezo reste au conditionnel | Ni Arène, ni Ligue, ni Centre Pokémon : cinq Montures remplacent les CS, et les bivouacs tiennent lieu de soins |
En résumé
Le gabarit d'une région tient en huit points, et chacun a été rompu au moins une fois : ce sont les dérogations, plus que la règle, qui apprennent quelque chose. Ce qui ne se rompt jamais, c'est la contrainte du terrain. Sans Surf, des pans de Kanto restent fermés ; sans Plongée, c'est un étage complet de Hoenn ; à Unys, on ne contourne pas un fleuve, on emprunte le pont ; à Galar, quatre grappes de routes ne se rejoignent que par le rail. La carte ne décore pas l'aventure, elle la commande.
Le reste suit. Le relief fabrique le bestiaire — un Magnéton devient Magnézone parce qu'il gagne un niveau au Mont Couronné —, il fournit son alibi à la mécanique de combat, l'énergie Téracristal sortant des sols de Paldea, et il donne son projet à chaque organisation criminelle, le duel de Hoenn étant une querelle de trait de côte. Les institutions épousent le découpage : à Alola, un Doyen répond d'une île entière, quand le chiffre de huit Arènes, ailleurs, ne doit rien au territoire.
Ce que la série n'a jamais fourni, c'est une mesure : aucune superficie officielle, aucune carte du monde entier dans un jeu principal, aucun calendrier partagé d'une région à l'autre. Un superlatif n'y vaut que par son critère, et la plus grande région change de nom à chaque colonne. La géographie commande jusqu'à ce qui reste jouable : Johto, Hoenn et Alola ne s'atteignent en 2026 sur aucun matériel Nintendo vendu neuf. De la dixième région, annoncée en février 2026 et toujours sans nom, on ignore l'essentiel : sa forme.
Dans la boutique
Autant l'écrire franchement : le catalogue ne contient aucune carte de région. Les posters sont des planches façon manga centrées sur une espèce, pas des paysages. Ce qui approche vraiment la géographie tient en quatre pièces, toutes nommées d'après un lieu : chez les puzzles, une Forêt de Sinnoh et un Pop Art de Kanto ; chez les tapis, un Panorama de Kanto et une Mosaïque de Kanto, Pikachu au premier plan dans les deux cas.
Le reste du rayon décoration relève du portrait d'espèce sur fond neutre, et Kanto revient dans presque tous les décors qui situent une scène quelque part. Les huit autres régions se rejoignent donc par leurs créatures plutôt que par leurs paysages : le rayon légendaires réunit Mew et Mewtwo pour Kanto, Lugia, Entei et Suicune pour Johto, Kyogre et Rayquaza pour Hoenn, Giratina pour Sinnoh. Si tu veux habiller un mur, c'est là que ça se passe.
Explorer l'univers Pokémon
Cette page fait partie d'une série de guides qui couvrent l'ensemble de l'univers Pokémon :
Questions fréquentes
Neuf régions ont été parcourues dans la série principale, de Kanto en 1996 à Paldea en 2022, et une dixième est annoncée sans avoir encore de nom. Au-delà, le compte dépend de ce qu'on accepte d'appeler une région : Bulbapedia en dénombre au plus dix-huit, tous canons confondus, quand le tableau équivalent de Poképédia en aligne 46. Aucune des deux n'a tort, elles ne comptent pas la même chose.
C'est une subdivision géographique du monde Pokémon, à raison d'au moins une par génération de jeux principaux. Le japonais emploie le mot chihō, celui qui désigne les régions du Japon réel : un morceau de pays, jamais un pays. Chacune suit le même gabarit, un bourg de départ, un Professeur, un trio Plante-Feu-Eau, huit Arènes, une Ligue et un Pokédex renuméroté depuis 1, dont chaque élément a déjà été rompu au moins une fois.
Kanto, celle de Pokémon Rouge et Vert, sortis au Japon en 1996 et arrivés en Europe en 1999 sous les titres Rouge et Bleu. C'est la seule région de la série à porter le nom réel de son modèle : le Kantō, sept préfectures de l'est de Honshū organisées autour de la baie de Tokyo. Toutes les autres portent un nom inventé, et le mot n'apparaît dans aucun jeu occidental de première génération.
Paldea, la région de Pokémon Écarlate et Violet, parus le 18 novembre 2022. Neuvième de la série principale, elle décalque la péninsule Ibérique et se traverse d'un seul tenant, sans écran de chargement entre ses zones. Le pass d'extension lui a ajouté deux territoires en 2023 : Septentria, une contrée située au-delà de Paldea, puis l'Institut Myrtille, une école qui se trouve en réalité en Unys.
Kalos, la région de Pokémon X et Y, sortis en 2013. Junichi Masuda a confirmé le modèle français à la Japan Expo en 2013 et a nommé lui-même plusieurs lieux : Illumis pour Paris, le Palais Chaydeuvre pour Versailles, la Grotte Étincelante pour les Catacombes et la Tour Maîtrise pour le Mont-Saint-Michel. Le cadrage sur la moitié nord du pays, souvent répété, vient des encyclopédies et non du studio.
Quatre régions de la série principale décalquent le Japon : Kanto reprend la région du Kantō, Johto le Kansai, Hoenn l'île de Kyūshū pivotée de quatre-vingt-dix degrés, Sinnoh celle de Hokkaidō. Ces modèles ne sont pas documentés au même titre : celui de Hoenn a été écrit par Junichi Masuda sur le blog de Game Freak en septembre 2004, quand les autres reposent d'abord sur le tracé des côtes et sur les noms de lieux.
Cela dépend du critère, et aucune superficie officielle n'existe : les pages de région de Poképédia et de Bulbapedia n'emploient pas une seule fois le km². Mesurée par le territoire réel qui l'a inspirée, la plus grande est Paldea, la péninsule Ibérique couvrant 583 254 km². Mais le record des routes numérotées revient à Hoenn avec 34, celui des villes à Unys avec 20, celui du Pokédex régional à Kalos avec 457 espèces, extensions exclues.
Oui, une seule planète les porte toutes, mais ce n'est pas la Terre. Interrogé par Game Informer en novembre 2012, Junichi Masuda a répondu que Game Freak conçoit ce monde comme une autre planète, très semblable à la nôtre. Les jeux n'ont pourtant jamais cessé de citer notre géographie : l'Amazonie, l'Everest et le Pacifique figurent dans des entrées du Pokédex, et aucune source officielle ne réconcilie les deux versions.
Oui, et elles sont les deux seules régions de la série que relie une voie terrestre. Elles partagent une numérotation continue de 1 à 48, les routes 1 à 28 côté Kanto et 29 à 48 côté Johto, et leur frontière tombe aux Chutes Tohjo, dont le nom colle la deuxième syllabe de Kanto à la première de Johto. Deux liaisons rapides doublent ce passage : le Train Magnétique et le ferry Aquaria.
Non. Hisui est le nom que portait Sinnoh à une époque antérieure, celle de Légendes Pokémon : Arceus, sorti le 28 janvier 2022 ; c'est Cormier qui propose de la rebaptiser à la fin du jeu. Le Mont Couronné y coupe déjà le territoire en deux, mais aucune ville n'est bâtie, aucune route n'est numérotée, et il n'y existe ni Arène, ni Badge, ni Ligue Pokémon.
Parce que son autorité y est insulaire et non urbaine. Alola remplace le circuit des Arènes par le Tour des Îles, rite de passage ouvert dès onze ans : des Épreuves menées par des Capitaines et closes par un Pokémon Dominant, puis quatre Grandes Épreuves contre les Doyens des quatre îles, désignés par le Pokémon Gardien de chacune. Un Champion tient un bâtiment dans une ville ; un Doyen répond d'une île entière.
Galar est la plus lisible, dans Pokémon Épée et Bouclier : la carte se parcourt du sud vers le nord, de Paddoxton à Winscor, avec dix routes numérotées seulement et un seul grand espace ouvert au milieu, les Terres Sauvages. Pour la formule classique, route puis ville puis Arène dans l'ordre imposé, Sinnoh convient mieux, dans Diamant Étincelant et Perle Scintillante. Pour le monde ouvert, ce sera Paldea.
Non. En septembre 2026, trois des neuf régions de la série principale ne s'atteignent sur aucun matériel Nintendo vendu neuf : Johto, Hoenn et Alola, qui se cherchent d'occasion sur Game Boy Color, Game Boy Advance, DS ou 3DS. Aucun jeu de la série principale n'a d'ailleurs jamais figuré au catalogue du Nintendo Switch Online : Rouge Feu et Vert Feuille, ressortis le 27 février 2026, se vendent à l'unité.
Oui. Pokémon Vents et Vagues ont été annoncés le 27 février 2026, lors d'un Pokémon Presents donné pour les trente ans de la licence, et sortiront en 2027 sur Nintendo Switch 2. Ils se déroulent dans une région nouvelle qui, en septembre 2026, n'a toujours pas de nom public : aucune encyclopédie n'en donne un, et aucune inspiration réelle n'a été annoncée.