Pikachu : tout savoir sur la mascotte de Pokémon
Le 27 février 1996, Pokémon Rouge et Vert sortent au Japon avec 151 créatures à capturer. Pikachu y occupe la case n°025, entre Arbok et Raichu. Rien ne le désignait pour incarner la licence : il n’ouvre pas le Pokédex, il ne figure pas parmi les trois starters, et il n’a rien d’un légendaire. C’est pourtant lui qui est devenu le plus célèbre de tous, et la mascotte officielle de la franchise.
Cette page retrace ce basculement. Il ne doit rien au hasard ni à la puissance : il tient à un dessin conçu pour rester lisible en quelques pixels, au choix fait par le dessin animé en 1997, et à trois décennies pendant lesquelles la licence a bâti autour de cette seule espèce des jeux, des formes et une iconographie qu’elle n’a accordés à aucune autre.
- Pikachu en bref : sa fiche d’identité
- Qui a dessiné Pikachu, et pourquoi il ressemble à un écureuil
- Pika, chu : ce que raconte le nom de Pikachu
- En 1996, Pikachu n’est qu’un numéro parmi cent cinquante et un
- En 1997, la série animée en fait un partenaire, pas un outil
- Pokémon Jaune : l’Édition Spéciale qui aligne les jeux sur la série
- De Pichu à Raichu : la lignée où Pikachu reste au milieu
- Le jour où Pikachu a refusé la Pierre Foudre
- Cosplayeur, casquettes et Gigamax : le catalogue des formes de Pikachu
- Pikachu en combat : 320 points de statistiques, et une Balle Lumière pour compenser
- Quand Pikachu passe en tête d’affiche
- Les cartes Pikachu, du Set de Base au record d’enchères
- Pikachu au cinéma et sur le ring de Smash Bros.
- Ce que Pikachu est devenu hors de la licence
- Trente ans en dix-huit dates
- En résumé
- Pikachu dans la boutique
- Explorer l’univers Pokémon
- Questions fréquentes sur Pikachu
Pikachu en bref : sa fiche d’identité
| Numéro national | n°025 — entre Arbok (n°024) et Raichu (n°026) |
|---|---|
| Nom japonais | ピカチュウ (Pikachū) — identique dans toutes les langues |
| Catégorie | Pokémon Souris |
| Type | Électrik (type unique) |
| Taille et poids | 0,4 m pour 6,0 kg |
| Talents | Statik — Paratonnerre en talent caché |
| Lignée | Pichu → Pikachu (bonheur) → Raichu (Pierre Foudre) |
| Statistiques de base | 35 PV, 55 Att., 40 Déf., 50 Att. Spé., 50 Déf. Spé., 90 Vit. — total 320 |
| Groupes d’œufs | Terrestre et Féerique — 50 % de mâles, 50 % de femelles |
| Génération | 1re — Kanto, 1996 |
Ces données sont celles de la neuvième génération. La fiche détaillée — capacités apprises, lieux de capture région par région, formes alternatives — se trouve dans la fiche Pikachu n°025 du Pokédex.
Qui a dessiné Pikachu, et pourquoi il ressemble à un écureuil
Ces origines n’ont été racontées que le 26 juillet 2018 : GAME FREAK évitait d’attribuer un Pokémon à une personne. Ken Sugimori, directeur de la conception des personnages, y explique que ses créatures, tirées vers le menaçant par le mot « monstre », appelaient un contrepoint : il en fallait aussi des mignons.
Comme il peinait à en dessiner, le studio — à peine une dizaine de salariés — fait appel à Atsuko Nishida, à qui l’on doit aussi les trois starters de Kanto. Elle ne passe pas par le papier : Pikachu naît directement à l’écran, pixel par pixel, en créature ronde et sans cou défini, proche d’un daifuku allongé verticalement. Ce premier jet a été effacé.
Les indications reçues portaient sur sa place dans le jeu : un Pokémon de type Électrik à deux évolutions, dont la dernière, Raichu, devait avoir un aspect puissant. L’exigence du « plus mignon » vient de Kōji Nishino, « superviseur des Pokémon mignons ». C’est en le reprenant que Nishida part d’un écureuil : le hamster gonfle de tout son corps pour stocker sa nourriture, l’écureuil ne remplit que ses abajoues — d’où les joues électriques.
La queue en éclair rend le type lisible d’un coup d’œil ; les deux bandes brunes du dos ne signifient rien : elles meublent un dos que le joueur voit sans cesse en combat ; les pointes noires des oreilles sont, de son aveu, « sûrement un vestige de l’époque où il était encore tout rond ». La Game Boy étant monochrome, le noir et le blanc ont été employés au mieux pour que chaque partie du corps reste discernable ; le jaune n’arrive qu’en fin de développement, avec la compatibilité Super Game Boy et une couleur par type. Sugimori en tire l’illustration officielle.
Le nom est de Nishida : pika pour l’étincelle, chu pour la sonorité, sans intention de souris — Rattata tenait déjà ce rôle, et Satoshi Tajiri ajoutera ensuite la catégorie « Pokémon Souris ». Pour choisir les designs qui tiendraient sur la cartouche, l’équipe a voté sur les modèles imprimés, sur la seule apparence : Pikachu l’a emporté haut la main. Trapu en 1996, il s’allongera pour faciliter l’animation ; depuis la quatrième génération, la femelle porte au bout de la queue une encoche en V, moitié haute d’un cœur. Sugimori voyait en Mélofée l’ambassadeur des Pokémon mignons : « il s’est fait voler la vedette par Pikachu ».

Pika, chu : ce que raconte le nom de Pikachu
Le nom japonais, ピカチュウ Pikachū, tient en deux morceaux : ぴかぴか pikapika, l’onomatopée du crépitement électrique, et ちゅうちゅう chūchū, qui souligne son côté mignon. C’est Atsuko Nishida, la conceptrice de son design, qui l’a trouvé, rapporte Ken Sugimori dans le profil de développeur Pokémon.com. Elle s’en explique : « Comme il est de type Électrik, j’ai pensé utiliser l’onomatopée de l’étincelle ; “pika”, donc. »
Le « chu » est plus retors : c’est aussi, en japonais, le couinement de la souris. Nishida écarte pourtant le rapprochement : elle a gardé la syllabe pour sa sonorité et la taille de la créature. Une phrase referme le débat : « À l’origine, Pikachu n’était pas censé être une souris vu qu’il y avait déjà Rattata. » Poképédia écarte de même le pika, le lagomorphe.
La souris est arrivée après coup. Sa fiche Pokédex le range dans la catégorie Souris, mais c’est Satoshi Tajiri qui l’a décidé en écrivant les descriptions ; le Pokédex du dessin animé le présente ainsi : « Le Pokémon Souris. De type Électrik. Il lève la queue pour percevoir son environnement. Si on lui tire la queue, il peut mordre. » Son évolution Raichu la partage avec Rattata et Rattatac.
Le nom n’est traduit dans aucune langue, une anomalie : sur la trentaine recensée par Bulbapedia, il est identique en français, espagnol, allemand et italien, ailleurs une transcription du japonais. Seul le cantonais fait exception : Pikachu s’y est longtemps appelé 比卡超 Béikāchīu, augmenté d’un 超 chīu, « super » — le nom que les fans de Hong Kong défendaient en 2016. Le contraste est net avec les trois starters de Kanto : フシギダネ Fushigidane est devenu Bulbizarre, ヒトカゲ Hitokage Salamèche, リザードン Lizardon Dracaufeu. Julien Bardakoff, traducteur des premiers jeux, avait proposé « Ronge-Hertz ».
Le cri aussi fait exception. Ikue Ōtani double le Pikachu de Sacha depuis le premier épisode, diffusé en 1997, et sa voix est reprise telle quelle en version française, sauf sur une version des premiers épisodes de la saison 1. Ce cri a gagné les jeux : Pokémon Version Jaune le réserve au Pikachu de départ du joueur, puis les sixième, septième et huitième générations le généralisent, hors Légendes Pokémon : Arceus.
En 1996, Pikachu n’est qu’un numéro parmi cent cinquante et un
Pokémon Rouge et Vert, les deux premiers jeux, sortent au Japon le 27 février 1996 sur Game Boy, après avoir d’abord été annoncés pour octobre 1995. Aucun des deux ne quittera jamais l’archipel : les versions occidentales sont adaptées d’une troisième mouture japonaise, Pokémon Bleu, parue le 15 octobre 1996 et réservée aux abonnés du magazine CoroCoro Comics. Ces deux jeux fondateurs atteignent l’Amérique du Nord le 28 septembre 1998, puis l’Europe le 5 octobre 1999.
Pikachu y porte le numéro 025, entre Arbok et Raichu. Il n’ouvre pas le Pokédex — le 001 revient à Bulbizarre — et ne figure pas parmi les trois Pokémon offerts par le Professeur Chen. Il n’est même pas exclusif de version. Les boîtes le disent : celle de Rouge montre Dracaufeu, celle de Bleu Tortank. Ses statistiques de base de l’époque totalisent 260 points, contre 395 pour Raichu, et son entrée du Pokédex tient en une phrase.
Sur 151 espèces, 139 seulement sont accessibles par version. Pikachu, lui, ne se rencontre qu’en deux points de la région de Kanto. La Forêt de Jade d’abord, sur la Route 2 entre Jadielle et Argenta, aux niveaux 3 à 5 : les hautes herbes n’y abritent que cinq espèces, et Pikachu est la seule des cinq dont le taux, 5 %, ne change pas d’une version à l’autre, quand celui d’Aspicot, Chenipan, Coconfort et Chrysacier s’inverse. La Centrale ensuite, sur la Route 10, à 25 % et aux niveaux 20 à 24, une friche que domine le légendaire Électhor : y accéder réclame la CS Surf, obtenue au Parc Safari après le sixième des huit Badges. Les joueurs ont baptisé cette traque « la Malédiction de la Forêt de Jade ».
Ces choix ne doivent rien à la série animée, qui ne débute au Japon que le 1er avril 1997, treize mois plus tard. Atsuko Nishida — à qui l’on doit aussi Bulbizarre, Salamèche et Carapuce — n’avait reçu qu’une commande : un Pokémon de type Électrik doté de deux évolutions. La troisième forme prévue, Gorochu, a été écartée pour une question d’équilibrage, et Kōji Nishino explique que Pikachu faisait le candidat idéal parce qu’il ne comptait pas parmi les Pokémon de départ. Sa couleur jaune n’a été arrêtée qu’en fin de développement, pour la compatibilité Super Game Boy : sur Game Boy, l’écran restait monochrome.
En 1997, la série animée en fait un partenaire, pas un outil
Le 1er avril 1997, le premier épisode de la série animée pose une situation que les jeux n’avaient jamais écrite. Sacha Ketchum, dix ans, du Bourg Palette, casse son réveil en forme de Voltorbe et se présente en pyjama chez le Professeur Chen. Les trois Pokémon de départ, Bulbizarre, Salamèche et Carapuce, sont déjà attribués : il ne reste qu’une Poké Ball ornée d’une marque en forme d’éclair, avec un Pikachu dedans. La France découvrira « Le départ » le 5 septembre 1999 sur Fox Kids.
Le Pokémon refuse aussitôt d’y retourner et électrocute quiconque l’approche, Delia Ketchum comprise. Sacha quitte le Bourg Palette en le tirant au bout d’une corde, gants en caoutchouc aux mains. Cet épisode restera le seul de toute la série où Pikachu se trouve à l’intérieur de sa Poké Ball. Le lien se noue à la fin : Sacha s’interpose entre lui et une horde de Piafabec, et Pikachu, touché, lâche un Fatal-Foudre qui les disperse.
Ce choix change la grammaire du récit. Le Pokémon marche à côté du Dresseur, il ne prononce que les syllabes de son nom — l’intonation suffit à les rendre lisibles, « Pika-Pi » pour Sacha, « Pikachu-Pi » pour Ondine, « Pika-Chu » pour Pierre — et il peut dire non. À l’épisode 7, il refuse de combattre Ondine ; à l’épisode 14, il éjecte la Pierre Foudre que l’Infirmière Joëlle lui propose à l’Arène de Carmin sur Mer. Le Major Bob, lui, avait fait évoluer le sien au plus tôt : son Raichu n’a jamais appris Hâte ni Vive-Attaque, et cette différence de vitesse rapporte le Badge Foudre.
La voix n’a jamais bougé : Ikue Ōtani double le Pikachu de Sacha depuis 1997 et dans tous les épisodes de la série, version française comprise, à la seule exception d’une version des premiers épisodes de la saison 1, La Ligue Indigo, où Guylaine Gibert l’interprète.
Pokémon, la série s’achève en 2023, après vingt-cinq saisons et vingt-trois films, sans que Pikachu ait jamais évolué. Il met pourtant K.-O. coup sur coup le Pyrobut puis le Dracaufeu de Tarak au Tournoi des Huit Maîtres, ce qui vaut à son Dresseur le titre de Monarque du Tournoi du Couronnement Mondial. Un partenaire jamais évolué décroche le titre mondial. La suite, La série : Pokémon, les horizons, repart avec d’autres protagonistes et un autre Pikachu, celui de Friede.

Pokémon Jaune : l’Édition Spéciale qui aligne les jeux sur la série
Au Japon, le jeu ne s’appelle pas « Jaune » mais Pocket Monsters Pikachu : le nom du Pokémon y remplace la couleur du titre. Sorti le 12 septembre 1998, il n’arrive en Europe que le 16 juin 2000, huit mois environ après Rouge et Bleu. La jaquette porte la mention Édition Spéciale Pikachu, et l’étiquette a voyagé : le titre anglais complet est Pokémon Yellow Version: Special Pikachu Edition, l’allemand Pokémon Gelbe Edition: Special Pikachu Edition — la couleur reste, mais le nom du Pokémon vient s’y ajouter.
Aucun choix de starter : le Professeur Chen capture sous les yeux du joueur un Pikachu sauvage de niveau 5, puis le lui donne. Après le premier combat contre le rival, ce Pikachu refuse de retourner dans sa Poké Ball et suit le joueur à pied à l’écran. C’est la naissance du Pokémon de compagnie, dont il est le seul bénéficiaire du jeu : la transposition directe du refus opposé par le Pikachu de Sacha dans la série.
Le caractère suit. Ce Pikachu refuse catégoriquement d’évoluer, même avec une Pierre Foudre — la scène de l’épisode 14, où l’infirmière Joëlle en offre une à Sacha après le combat contre le Major Bob. Jaune introduit au passage la toute première jauge de bonheur de la série : on peut lire l’état d’esprit de son Pikachu, et un Pikachu assez heureux vaut un Bulbizarre offert par Mélanie, à Azuria.
Le rival, lui, s’empare de la Poké Ball contenant Évoli, dont l’évolution dépend des deux premiers duels : Aquali si le joueur perd au laboratoire, Voltali s’il gagne au laboratoire puis sur la Route 22, Pyroli sinon. Le partenaire du rival évolue donc, là où celui du joueur refuse catégoriquement toute évolution. Même calque à Carmin sur Mer : le Major Bob n’aligne plus qu’un Raichu de niveau 28, comme dans l’anime, alors que Raichu est absent du jeu et ne s’obtient que par échange.
Jusqu’au son : Junichi Masuda a raconté comment la voix d’Ikue Ōtani avait été retaillée en un cri que la Game Boy était capable de produire. Ce cri ne sort que de la bouche du Pikachu du joueur, les autres Pikachu conservant celui d’origine. Le détail est dans le dossier consacré à Pokémon Jaune, dont la trame a été reprise en 2018 par Let’s Go, Pikachu et Let’s Go, Évoli.

De Pichu à Raichu : la lignée où Pikachu reste au milieu
Pichu n’existe pas à la première génération : ce Bébé Pokémon de type Électrik, 0,3 m pour 2 kg, arrive avec Pokémon Or et Argent, sortis le 21 novembre 1999 au Japon et le 6 avril 2001 en Europe. Il compte parmi les huit bébés Pokémon de la deuxième génération et naît d’un Pikachu ou d’un Raichu, sans encens.
Son évolution tient non au niveau mais au Bonheur : 160 points, 220 avant Épée et Bouclier, puis une montée de niveau. Or cette jauge est née avec Pikachu : dès Pokémon Jaune, le joueur consultait l’état d’esprit du Pokémon qui le suivait, sans conséquence, et la mécanique ne s’étend à toutes les espèces qu’à partir d’Or et Argent. L’épisode LV001 le met en scène avec un Pichu orphelin recueilli par une maman Kangourex, qui évolue par reconnaissance de cet amour reçu.
Vers le haut, rien n’a suivi : une évolution de Raichu, Gorochu, fut écartée des jeux d’origine au nom de l’équilibre, selon Ken Sugimori. Reste la Pierre Foudre, dont un simple contact suffit : l’arbitrage est permanent. Raichu gagne partout (60/90/55/90/80/110 contre 35/55/40/50/50/90), mais la Balle Lumière double l’Attaque Spéciale de Pikachu, et son Attaque depuis la quatrième génération, sans rien apporter à Pichu ni à Raichu. Certains jeux verrouillent ce refus : le Pikachu de départ de Jaune, les Partenaires de Let’s Go et les Pikachu Gigamax en sont incapables.
Alola rebat les cartes : le Raichu d’Alola, né à la septième génération, est le seul Pokémon de type Électrik et Psy ; plus petit et plus léger (0,7 m pour 21 kg), il a ses propres statistiques et un talent signature, Surf Caudal, qui double sa Vitesse sur un Champ Électrifié. Le Pokédex impute le changement au régime local, aux pancakes de la région qui a inauguré les formes régionales ; il fait léviter sa queue par télékinésie et surfe dessus, d’où son surnom de « surfeur tellurique ».
La lignée compte enfin un cas unique, le Pichu Troizépi, exclusif d’Or HeartGold et Argent SoulSilver, nommé d’après les trois épis de son oreille gauche : toujours femelle, il ne peut ni évoluer, ni être échangé, ni être transféré, le jeu l’expliquant par une rencontre avec Celebi.

Le jour où Pikachu a refusé la Pierre Foudre
Tout se joue dans l’EP014, « Confrontation électrique », diffusé au Japon le 1er juillet 1997 et en France en 1999, dans la première saison de la série. À Carmin sur Mer, Sacha, Ondine et Pierre trouvent au Centre Pokémon une vingtaine de Pokémon mal en point, tous battus par le Major Bob, Champion de l’Arène locale. Celui-ci présente son Raichu et explique l’avoir fait évoluer dès qu’il était Pikachu. Le premier combat est sans appel : les attaques de Pikachu sont inefficaces, celles de Raichu dévastatrices.
Soigné au Centre Pokémon, Pikachu se voit proposer la Pierre Foudre de l’Infirmière Joëlle. Sacha lui laisse la décision, et Pikachu envoie la pierre valser d’un coup de queue — un contact trop bref pour déclencher l’évolution. Miaouss, qui sert d’interprète, traduit le refus : Pikachu veut se battre de nouveau, mais en tant que Pikachu. Pierre trouve alors la faille dans la stratégie du Major Bob, et la revanche se gagne par la vitesse : Pikachu révèle Hâte et Vive-Attaque, des capacités que Raichu n’a jamais apprises pour avoir évolué trop tôt, puis plante sa queue dans le sol pour encaisser Tonnerre sans dommage.
La victoire rapporte le Badge Foudre, troisième de Kanto, et le premier que Sacha remporte en battant un Champion normalement : à Argenta, sa victoire sur l’Onix de Pierre devait tout à l’eau du système anti-incendie déclenché par ses propres décharges. L’épisode fait de Pikachu le premier Pokémon de la série animée à battre sa propre évolution, le premier de l’équipe de Sacha à refuser d’évoluer et le seul qui pourrait le faire par une pierre évolutive. Dix ans plus tard, le DP074 « Pikachu et Goliath ! » rejoue la scène : Pikachu repousse la même Pierre Foudre, que Sacha avait conservée au cas où.
Rester au stade intermédiaire a un prix narratif. Pikachu bat des adversaires très au-dessus de lui — le Dracolosse de Didier et le trophée de la Ligue Orange, le Regice de Brandon, le Méga-Lucario de Cornélia —, mais chaque nouvelle région le remet à zéro. Le cas le plus littéral ouvre la saison d’Unys : un éclair de Zekrom le prive de toutes ses attaques électriques, et il tombe face au Vipélierre que Niko vient de recevoir. La perte n’est jamais définitive : Pikachu finira par battre le Majaspic de Niko, l’évolution de ce même Vipélierre.

Cosplayeur, casquettes et Gigamax : le catalogue des formes de Pikachu
La première forme alternative est le Pikachu Cosplayeur, exclusif à Pokémon Rubis Oméga et Saphir Alpha, les remakes de Hoenn parus le 28 novembre 2014 en Europe. Toujours de sexe féminin, marqué d’un cœur noir au bout de la queue, il est remis au niveau 20 par une éleveuse après une première participation à un concours live : Rockeur pour un joueur, Star pour une joueuse.
Ses cinq déguisements — Pikachu Rockeur, Pikachu Lady, Pikachu Star, Pikachu Docteur et Pikachu Catcheur — correspondent chacun à une condition de concours et se changent dans les vestiaires. Chaque costume apporte une capacité que Pikachu n’apprend pas naturellement, comme Flying Press pour le Catcheur, dont Brutalibré est le seul autre porteur. En contrepartie, il ne peut ni évoluer, ni se reproduire, ni être chromatique. Pikachu Catcheur est jouable dans Pokkén Tournament.
Les huit Pikachu à Casquette reprennent les casquettes de Sacha saga par saga : Originale, de Hoenn, de Sinnoh, d’Unys, de Kalos, d’Alola, puis Casquette Partenaire et Casquette Monde. Aucun ne se capture : code PIKACHU20 en Europe à l’automne 2017, QR code du film Je te choisis !, série de codes en 2020. Dans les jeux principaux, ils sont exclusivement mâles, insensibles à la Pierre Foudre et stériles, et troquent la Pikachute Foudroyante contre leur propre capacité Z, Giga-Tonnerre.
Le Pikachu Gigamax, officialisé en vidéo le 16 octobre 2019, reprend l’apparence d’un Pikachu de première génération, plus grand et plus joufflu, avec une troisième rayure et une queue de plus de vingt mètres. Ses attaques Électrik deviennent toutes Foudre G-Max, et le gène qui lui vaut ce pouvoir lui interdit d’évoluer. Il se récupère au Sentier de la Gare auprès de deux enfants, si la console héberge une sauvegarde Let’s Go, Pikachu ; la mécanique est détaillée dans le dossier sur le phénomène géant de Galar.
Le Pikachu partenaire du remake de Kanto sorti le 16 novembre 2018 affiche 430 points de statistiques de base contre 320, refuse d’évoluer et apprend quatre capacités exclusives : Pika-Sprint, Pika-Piqué, Pika-Splash et Pika-Fracas, les deux du milieu citant le Pikachu Volant et le Pikachu Surfeur des distributions d’époque. La série reste ouverte : Pokémon Pokopia, sorti le 5 mars 2026, ajoute la forme Pâle, dont l’unique spécimen, Pikapâle, ne produit plus d’électricité pour en avoir trop donné à ses proches malades.

Pikachu en combat : 320 points de statistiques, et une Balle Lumière pour compenser
Sur le papier, Pikachu ne tient pas. Ses statistiques de base — 35 PV, 55 en Attaque, 40 en Défense, 50 en Attaque Spéciale, 50 en Défense Spéciale et 90 en Vitesse — totalisent 320 points, soit 53,33 de moyenne, quand Raichu en aligne 485. Et c’est une version rehaussée : jusqu’à la cinquième génération, il plafonnait à 300.
Ses deux talents jouent la dissuasion. Statik paralyse dans 30 % des cas l’adversaire qui le touche avec une capacité à contact — y compris un Pokémon Sol, pourtant insensible aux capacités Électrik. Paratonnerre, son talent caché, détourne sur lui les capacités Électrik, les neutralise et lui offre un cran d’Attaque Spéciale.
Tout tient à un objet. La Balle Lumière, apparue dans Pokémon Or et Argent, double l’Attaque Spéciale de Pikachu, et son Attaque depuis la quatrième génération : au niveau 100, ses maximums de 229 et 218 grimpent à 458 et 436. Ni Pichu ni Raichu n’en profitent. Les autres objets réservés à une espèce se contentent d’une seule statistique : la Masse Os double l’Attaque d’Osselait et d’Ossatueur, la Dent Océan celle de Coquiperl. Dans Or, Argent et Cristal, on ne l’obtenait qu’en transférant le Pikachu de départ de Pokémon Jaune ; depuis X et Y, 5 % des Pikachu sauvages en tiennent une.
Électacle, capacité signature que seule sa lignée apprend, corrige le tir : Électrik, physique, 120 de puissance, 100 de précision, un contrecoup d’un tiers des dégâts. Depuis Pokémon Émeraude, elle passe par l’élevage : un parent Pikachu ou Raichu placé à la Pension doit tenir la Balle Lumière, et le Pichu qui éclôt de l’Œuf connaît la capacité. Deux exceptions : Légendes Pokémon : Arceus, où le donneur du Dojo de Rusti-Cité l’enseigne pour 3 000 P, et Légendes Pokémon : Z-A, où elle s’apprend au niveau 99.
Le reste de l’arsenal tourne autour de la paralysie : Cage Éclair, Tonnerre (90 de puissance) et Fatal-Foudre (110, pour 70 de précision, ramenée à 50 sous le soleil). Vive-Attaque, de priorité +1, passe avant toute capacité de priorité normale ; Queue de Fer, de type Acier, inflige des dégâts normaux aux Pokémon Sol, seul type que l’Électrik ne touche pas et unique faiblesse de Pikachu. Lui-même ne peut plus être paralysé depuis la sixième génération — et il ne méga-évolue pas, là où Raichu compte deux Méga-Évolutions depuis Légendes Pokémon : Z-A.
Quand Pikachu passe en tête d’affiche
Un objet précède même le premier jeu : le podomètre Pokémon Pikachu, sorti au Japon le 27 mars 1998, dans lequel le Pokémon gagne des watts à chaque pas. Six mois plus tard, Pokémon Version Jaune lui donne un jeu entier — la première « troisième version » de la licence, détaillée plus haut. Elle lui réserve jusqu’à un mini-jeu, « Plage de Pikachu », caché au Chenal 19, qui réclame un Surf que Pikachu n’apprend pas normalement ; et comme le Pikachu du joueur refuse la Pierre Foudre, Raichu y reste obtenable par le seul échange.
Vingt ans après, Pokémon : Let’s Go, Pikachu et Let’s Go, Évoli (16 novembre 2018) en tirent un remake Switch : le partenaire voyage sur l’épaule du joueur, apprend quatre capacités exclusives de Pika-Sprint à Pika-Fracas et ne peut pas évoluer : 45 PV et 80 en Attaque contre 35 et 55. Voir Kanto à la sauce Pokémon GO.
Trois autres titres forment la série « Pikachu », tous signés Ambrella : Hey You, Pikachu! (Nintendo 64, 1998), jamais sorti en Europe, donc sans titre français, dont le micro reconnaît environ deux cents mots ; Pokémon Channel (GameCube, 2004), où l’on monte une chaîne de télévision avec le Professeur Chen, son Pikachu à côté de soi ; et Pokémon Dash (Nintendo DS, 2005), course où il est l’unique Pokémon jouable.
Creatures, Inc. signe les deux séries suivantes. PokéPark Wii : La Grande Aventure de Pikachu (2010) puis PokéPark 2 : Le Monde des Vœux (2012) font incarner Pikachu : il part récupérer les fragments du Prisme Céleste brisé, puis sauver Tiplouf des mains de Darkrai. Détective Pikachu inverse la formule : le joueur y est Tim Goodman, tandis que le Pokémon qui parle et mène l’enquête se déplace sur ses pattes arrière. Son premier épisode, sur l’eShop 3DS en 2016, est resté exclusif au Japon ; ses trois chapitres ouvrent la version longue de 2018, suivie de Le retour de Détective Pikachu (Switch, 2023).

Les cartes Pikachu, du Set de Base au record d’enchères
La première série du jeu de cartes paraît au Japon le 20 octobre 1996 et n’atteint la France que le 18 novembre 1999, dix mois après l’Amérique du Nord. Ce Set de Base compte 102 cartes, éditées pour l’Occident par Wizards of the Coast. Pikachu y porte le numéro 58/102 et une rareté commune, pas rare : les cartes sont classées par rareté décroissante, puis par type, puis par ordre alphabétique sur leurs noms anglais, ce qui le relègue loin derrière le Dracaufeu 4/102 holographique.
La carte est modeste — 40 PV, faiblesse au type Combat — mais elle est illustrée par Mitsuhiro Arita, et sa version anglaise a d’abord été imprimée avec les joues rouges au lieu de jaunes, erreur corrigée par la suite. Sur la version japonaise, il est le 035 et les cartes ne sont pas numérotées : le « 58/102 » est une invention occidentale.
La carte Pikachu la plus convoitée n’a jamais été vendue. Son nom officiel est Pokémon Illustrator ; le surnom « Pikachu Illustrator » vient simplement du Pikachu de l’illustration, où celui-ci tient un dessin de Salamèche — image signée Atsuko Nishida, à qui l’on doit le design d’origine de ces deux Pokémon. Elle récompensait les lauréats de trois concours lancés par le magazine japonais CoroCoro Comic entre 1997 et 1998, et reste la seule carte du jeu à afficher la catégorie « Illustrateur » au lieu de « Dresseur ».
Seuls 39 exemplaires ont été officiellement décernés ; deux autres, jamais attribués, ont refait surface en 2020. En 2013, un exemplaire gradé PSA 9 s’était vendu 100 000 dollars. Le 16 février 2026, un PSA 10 a été adjugé 16 492 000 dollars chez Goldin Auctions : la carte à collectionner la plus chère jamais vendue aux enchères, Pokémon ou non.
Depuis le Set de Base, Pikachu a été décliné sur plus de 240 cartes différentes, des séries Promo Wizards, XY, SM, SWSH et SV aux Collections McDonald’s. En 2021, l’extension Célébrations, qui fête les 25 ans du jeu, referme la boucle : son Pikachu 005/025 est réillustré par Mitsuhiro Arita d’après la carte du Set de Base. Les règles, les raretés et les séries sont détaillées dans le guide du jeu de cartes Pokémon.

Pikachu au cinéma et sur le ring de Smash Bros.
Un film Pokémon est par définition un long métrage d’animation situé dans l’univers de la série animée, avec Sacha et son Pikachu : les vingt-trois films sortis à ce jour l’ont tous à l’affiche. Au Japon, plusieurs ont été précédés en salle d’un court métrage centré sur les Pokémon eux-mêmes, une série qui en compte vingt-sept. Trois sont sortis en France : Les Vacances de Pikachu le 5 avril 2000, Pikachu à la rescousse le 20 décembre 2000 et Pikachu et Pichu le 13 juin 2001, qui introduit Pichu.
Deux moments sortent du lot. Dans le premier long métrage, Mewtwo crée un clone du Pikachu de Sacha, « Pikachutwo ». Et dans le vingtième film, Je te choisis !, Pikachu parle le langage humain pour la première fois — aucun épisode, aucun film ne l’avait fait avant.
Pokémon : Détective Pikachu est à part : c’est le premier film de la licence tourné en prises de vues réelles. Annoncé en juillet 2016, tourné à Londres de janvier à mai 2018, il sort en France le 8 mai 2019. Ryan Reynolds double le détective à la casquette de travers en version originale, Pierre Tessier en version française, aux côtés d’Ikue Ōtani dans les deux cas. Reynolds joue aussi Harry Goodman, le père de Tim Goodman. Ses 451 millions de dollars en font le film de la licence qui a réuni le plus d’argent au box-office, et la cinquième adaptation de jeu vidéo la plus lucrative.
Dans Super Smash Bros., Pikachu est là depuis 1999, où il est le seul Pokémon des huit combattants de départ. Il n’a jamais eu à être débloqué : seul Pokémon parmi les quinze de départ de Melee, puis disponible d’emblée dans Brawl, sur 3DS et Wii U, et dans Ultimate, où son costume de Pikachu Catcheur est sélectionnable. Rondoudou traverse aussi les cinq jeux, mais toujours à débloquer sauf sur Wii U, et Pichu ne paraît que dans Melee et Ultimate.
Dans Pokkén Tournament, Pikachu et Pikachu Catcheur sont deux combattants distincts à 570 PV : l’un classé « Standard », équilibré entre corps-à-corps et distance, l’autre « Vitesse », avantagé face aux « Puissance ». Ce catcheur n’est pas une invention du jeu de combat : c’est l’un des cinq costumes du Pikachu Cosplayeur de Rubis Oméga et Saphir Alpha, le seul qui lui apprenne une capacité de type Combat, Flying Press.

Ce que Pikachu est devenu hors de la licence
Depuis 2001, Pikachu défile à la Macy’s Thanksgiving Day Parade de New York, où quatre ballons géants se sont succédé. Le premier, « Flying Pikachu », a volé de 2001 à 2005 ; après l’accident d’un ballon M&M’s lors de l’édition 2005, c’est le ballon Pikachu qui a servi de ballon d’essai à Times Square, aux heures de pointe, pour tester le vent. Ont suivi un Pikachu aux joues lumineuses poursuivant une Poké Ball (2006), un autre à écharpe verte tenant un bonhomme de neige à son effigie (2014), puis Pikachu et Évoli sur une luge inspirée d’une Poké Ball (2021).
Le 15 mars 2014, adidas, équipementier de la sélection japonaise de football, annonce un accord avec Nintendo qui fait de Pikachu et de dix autres Pokémon — de Miaouss aux starters de Kanto et à ceux de Kalos — les mascottes officielles de l’équipe nationale du Japon pour la Coupe du monde 2014. Le 28 novembre 2017, le ministre des Affaires étrangères Tarō Kōno remet à Pokémon, représenté par Pikachu, et à Hello Kitty les lettres les nommant envoyés spéciaux pour l’« EXPO 2025 OSAKA, KANSAI, JAPAN » : le Japon était alors en lice face au Grand Paris, à Ekaterinbourg et à Bakou.
Au Japon, la démonstration s’appelle le « Pikachū Tairyō Hassei-chū ! ». Du 9 au 17 août 2014, mille Pikachu étaient annoncés dans le quartier de Minatomirai, à Yokohama, du Pacifico Yokohama à la Landmark Tower. L’édition 2017 y a ajouté une Pikachu Carnival Parade, le 14 août à 18 h.
La trace déborde la licence. En 2008, des chercheurs japonais ont baptisé « pikachurine » une protéine qui participe au transport de l’influx électrique de l’œil vers le cerveau, en référence à ses mouvements fulgurants ; quatre espèces animales portent son nom, dont l’araignée jaune Alistra pikachu. En France, il passe même par la bande dessinée : on le trouve dans les tomes 7, 13 et 14 des Légendaires, et à la toute première case du premier tome des Légendaires Origines, où il poursuit un papillon.
Le statut déteint jusque sur les règles des jeux annexes : dans Pokémon GO, le professeur Willow propose Bulbizarre, Salamèche et Carapuce, mais Pikachu s’ajoute au choix pour qui marche un peu.

Trente ans en dix-huit dates
| Année | Événement | Ce que ça change |
|---|---|---|
| 1996 | Pokémon Rouge et Vert sortent sur Game Boy le 27 février au Japon (jeux jamais parus en Europe). Le Jeu de Cartes à Collectionner démarre la même année au Japon, publié par Media Factory. | Pikachu entre dans la licence au numéro 025, comme une espèce parmi les 151 du premier Pokédex. Rien ne le distingue alors : ni Pokémon de départ, ni légendaire, ni tête d’affiche. |
| 1997 | Première diffusion de Pokémon, la série au Japon le 1er avril, avec l’épisode Le départ. | Le basculement. La série donne à Sacha un Pikachu de mauvais caractère qui refuse sa Poké Ball et voyage en dehors : Pikachu devient un personnage, plus seulement une créature à capturer. |
| 1998 | Pokémon Jaune, sous-titré Édition Spéciale Pikachu, sort le 12 septembre au Japon. | Les jeux entérinent le choix de la série : Pikachu devient le Pokémon de départ unique et n’évolue jamais. Mélofée était initialement pressenti comme mascotte des jeux vidéo ; la popularité de Pikachu dans le dessin animé en a décidé autrement. |
| 1999 | L’arrivée en France : la série animée débute le 5 septembre sur Fox Kids, Pokémon Rouge et Bleu sortent le 5 octobre, le Jeu de Cartes à Collectionner est lancé le 18 novembre par Wizards of the Coast. | Le public francophone découvre Pikachu par la télévision avant de le rencontrer dans un jeu, soit l’ordre inverse du Japon. En France, le personnage précède l’espèce. |
| 1999 | Super Smash Bros. sort sur Nintendo 64, le 21 janvier au Japon et le 19 novembre en Europe. | Pikachu figure parmi les huit combattants disponibles dès le départ, aux côtés des figures historiques de Nintendo, et il est présent dans chaque épisode de la série depuis. Il devient un personnage Nintendo, pas seulement un Pokémon. |
| 2000 | Pokémon : Le film sort en France le 5 avril (18 juillet 1998 au Japon) ; Pokémon Jaune arrive en Europe le 16 juin. | Le retard de deux ans sur le Japon est comblé d’un coup. Pikachu occupe le cinéma, la télévision et la Game Boy en même temps, sur le même trimestre. |
| 2001 | Pokémon Or et Argent arrivent en Europe le 6 avril (21 novembre 1999 au Japon) et ouvrent la deuxième génération. | La lignée gagne une pré-évolution : Pichu, qui n’évolue pas au niveau mais lorsqu’il est suffisamment heureux. Pikachu cesse d’être un Pokémon de base et devient l’étape centrale d’une famille dont la progression se joue sur l’attachement, pas sur l’expérience. |
| 2001 | Le premier ballon Pikachu, « Flying Pikachu », défile à la Macy’s Thanksgiving Day Parade de New York ; trois autres ballons lui succéderont jusqu’en 2021. | Sortie complète du cadre : Pikachu figure au programme d’un défilé grand public américain, dans un contexte qui n’a plus rien à voir avec un jeu vidéo ni avec un dessin animé. |
| 2014 | Pokémon Rubis Oméga et Saphir Alpha sortent le 21 novembre au Japon et en Amérique, le 28 novembre en Europe. Un amiibo à l’effigie de Pikachu paraît le 28 novembre. | Première forme alternative : le Pikachu Cosplayeur, toujours femelle, doté de cinq costumes de concours. Il ne peut ni évoluer avec une Pierre Foudre, ni se reproduire. Pikachu commence à exister en versions figées, conçues pour l’image plutôt que pour le jeu. |
| 2016 | Pokémon GO sort en juillet : le 6 en Amérique, le 13 en Europe, le 22 au Japon. | Pikachu peut être obtenu comme tout premier Pokémon aux côtés de Bulbizarre, Salamèche et Carapuce, à condition de marcher un peu pour le faire apparaître, alors qu’il n’a jamais été un starter des jeux principaux. Le statut de mascotte l’emporte sur la logique du Pokédex. |
| 2016 | Pokémon Soleil et Lune sortent le 18 novembre au Japon et en Amérique, le 23 novembre en Europe. La même année, la traduction de Pokémon en chinois change la prononciation officielle de son nom. | La septième génération donne à Raichu une forme d’Alola de type Électrik et Psy, seul Pokémon à porter ce double type. Le passage de « Bai-kaa-chyu » à « Pi-ka-qiu » déclenche des manifestations à Hong Kong : le nom d’un personnage de fiction devient un sujet public. |
| 2017 | Pokémon, le film : Je te choisis ! sort le 15 juillet au Japon ; l’avant-première mondiale a lieu en France le 6 juillet, à la Japan Expo. Fin 2017, les Pikachu à Casquette sont distribués pour Soleil et Lune. | Le film rejoue la rencontre entre Sacha et Pikachu pour les vingt ans de la série. Pikachu y prononce pour la première fois quelques mots en langage humain, ce qui n’était arrivé dans aucun épisode ni aucun film précédent. |
| 2018 | Détective Pikachu sort le 23 mars sur Nintendo 3DS dans le monde entier, version longue d’un jeu paru au Japon seul en février 2016. | Un Pikachu qui parle et mène une enquête tient un jeu entier. La licence vérifie que le personnage fonctionne détaché de Sacha, du Pokédex et du combat. |
| 2018 | Pokémon : Let’s Go, Pikachu et Let’s Go, Évoli sortent mondialement le 16 novembre sur Nintendo Switch. | Remake de Pokémon Jaune : le Pikachu partenaire a de meilleures statistiques qu’un Pikachu ordinaire et des capacités exclusives, Pika-Sprint, Pika-Piqué, Pika-Splash et Pika-Fracas. Vingt ans après, l’Édition Spéciale Pikachu redevient un jeu principal à part entière. |
| 2019 | Pokémon : Détective Pikachu sort au cinéma le 3 mai au Japon, le 8 mai en France et le 10 mai aux États-Unis. | Premier film Pokémon en prises de vues réelles, et le rôle principal revient à Pikachu, pas à Sacha. Le personnage porte seul un long-métrage visant un public plus large que celui des jeux. |
| 2019 | Pokémon Épée et Bouclier sortent mondialement le 15 novembre. La forme Pikachu Gigamax avait été révélée en vidéo le 16 octobre, avec Dracaufeu, Papilusion, Miaouss et Évoli. | Pikachu reçoit une forme Gigamax exclusive, calquée sur son apparence des années 1990, plus ronde et plus joufflue. Les Pikachu à Casquette en sont exclus. La licence cite ouvertement son propre passé graphique. |
| 2023 | Pokémon, la série s’achève après vingt-cinq saisons. La série : Pokémon, les horizons débute le 14 avril au Japon, le 9 décembre en France sur Canal J. | Fin des aventures de Sacha et de son Pikachu. La nouvelle série repart avec Liko et Rhod : pour la première fois depuis 1997, le partenaire du héros n’est plus Pikachu. |
| 2025 | Légendes Pokémon : Z-A sort mondialement le 16 octobre sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2. | Raichu, l’évolution de Pikachu, obtient deux Méga-Évolutions : Méga-Raichu X avec une Raichuïte X, Méga-Raichu Y avec une Raichuïte Y. Près de trente ans après Rouge et Vert, la lignée reçoit encore des mécaniques inédites. |
En résumé
Sur le papier, Pikachu reste une espèce banale du Pokédex de Kanto : un n°025 de type Électrik, simple étape entre Pichu et Raichu. Ce n’est pas sa fiche technique qui explique ce qu’il est devenu.
Ce sont trois autres choses. Un dessin, d’abord : des joues chargées d’électricité et une queue en éclair suffisent à le rendre identifiable à toutes les tailles, sans légende. Un rôle, ensuite : le dessin animé en fait le partenaire du héros, et Pokémon Jaune importe ce choix dans le jeu. Une accumulation, enfin : formes exclusives, versions portant son nom, présence au cinéma et dans le jeu de cartes.
Le reste du Pokédex compte des créatures plus puissantes, plus rares et plus spectaculaires. Aucune n’a eu à porter la licence entière.
Pikachu dans la boutique
La collection Pikachu rassemble 197 références, de loin le plus gros ensemble de la boutique consacré à une seule espèce. Son centre de gravité est le textile et la maison, pas la vitrine du collectionneur. Les serviettes forment le rayon le plus fourni avec quinze modèles, serviettes de plage comprises, devant les plaids et les chaussettes, à onze chacun. Le reste du volume se répartit entre les cravates, les sous-vêtements, les lunch bags, les tapis et les housses de couette.
Cette répartition tient au personnage lui-même : une silhouette jaune lisible en aplat et à n'importe quelle taille se pose aussi bien sur un tissu que sur un objet de quelques centimètres. C'est ce qui explique le nombre de petits formats — pin's, keycaps, boucles d'oreilles, colliers, porte-clés — là où la peluche et la figurine ne comptent qu'une référence chacune. La décoration suit la même logique, avec dix autocollants muraux, quatre posters et cinq puzzles. Le rayon scolaire, lui, tient dans les trousses, les sacs à dos et les tapis de souris.
Ces rayons se recoupent tous dans la collection Pikachu, qui réunit les 197 références au même endroit.
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Questions fréquentes sur Pikachu
Pikachu porte le numéro national 025, placé entre Arbok et Raichu. C’est un Pokémon de catégorie Souris, de type Électrik pur, apparu dès la première génération ; il mesure 0,4 mètre pour 6 kilos, et sa meilleure statistique de base est la Vitesse. Il n’ouvre donc pas le Pokédex, et rien ne le prédestinait à représenter la licence : Mélofée devait à l’origine être la mascotte du jeu vidéo, avant que la popularité de Pikachu dans le dessin animé n’en décide autrement.
Le type Sol est sa seule faiblesse, et Pikachu ne bénéficie d’aucune immunité de type. En défense, il résiste en revanche aux types Acier, Électrik et Vol. À l’inverse, ses propres attaques Électrik n’ont strictement aucun effet sur les Pokémon de type Sol.
En lui faisant utiliser une Pierre Foudre : l’évolution ne dépend pas du niveau, ce qui laisse le joueur choisir son moment. À Alola, la même pierre donne un Raichu d’Alola, de type Électrik et Psy ; dans Soleil et Lune ainsi que dans Ultra-Soleil et Ultra-Lune, il faut utiliser la pierre dans l’Ultra-Dimension pour obtenir le Raichu de Kanto. Deux formes font exception et ne peuvent pas évoluer du tout : le Pikachu Cosplayeur et le Pikachu à Casquette.
Parce qu’il refuse d’évoluer, et la série le montre explicitement. Dans l’épisode 14, avant d’affronter le Raichu du Major Bob, il éjecte la Pierre Foudre que Sacha lui présente, puis remporte le combat sans évoluer ; il réaffirme ce choix des années plus tard dans l’épisode « Pikachu et Goliath ! ». Il est le premier Pokémon de Sacha à refuser l’évolution. Le jeu a suivi la même logique : dans Pokémon Version Jaune, dont l’intrigue adapte le dessin animé, le Pikachu de départ n’évolue jamais.
Non, Pikachu n’a pas de Méga-Évolution. C’est son évolution Raichu qui en a reçu deux depuis Légendes Pokémon : Z-A, Méga-Raichu X avec une Raichuïte X et Méga-Raichu Y avec une Raichuïte Y, ce qui la place parmi les six espèces à disposer de deux Méga-Évolutions. Pikachu dispose en revanche d’une forme Gigamax depuis Pokémon Épée et Bouclier, révélée officiellement le 16 octobre 2019.
Quatre familles de formes coexistent. Le Pikachu Cosplayeur de Rubis Oméga et Saphir Alpha, toujours femelle, se décline en cinq tenues correspondant chacune à une condition de concours ; le Pikachu à Casquette, toujours mâle, a été distribué fin 2017 en sept variantes reprenant les casquettes de Sacha, complétées par une huitième, la Casquette Monde, lors de la redistribution de 2020. S’y ajoutent le Pikachu partenaire de Let’s Go, qui a de meilleures statistiques et des capacités exclusives, et le Pikachu Gigamax, qui n’existe qu’en combat et seulement pendant trois tours.
Les deux : la répartition est de 50 % de mâles pour 50 % de femelles. La femelle se reconnaît au bout de sa queue, terminé par une encoche en V qui évoque un cœur. Deux formes échappent à la règle, le Pikachu Cosplayeur étant toujours de sexe féminin et le Pikachu à Casquette toujours de sexe masculin. Celui de Sacha, dans le dessin animé, est un mâle.
Pichu vient en premier dans la lignée, mais il est arrivé plus tard dans la licence : la première génération ne connaissait que Pikachu, alors Pokémon de base, et Pichu n’a été ajouté comme pré-évolution qu’ensuite. Pichu évolue en Pikachu au bonheur, jamais au niveau. On l’obtient par reproduction à la Pension, et si le parent Pikachu ou Raichu femelle tient une Balle Lumière, le Pichu qui éclôt connaît Électacle, la capacité réservée à cette seule lignée.
La seiyū japonaise Ikue Ōtani, depuis le tout premier épisode diffusé en 1997. Sa performance est conservée telle quelle dans la version française : Pikachu n’est pas redoublé, à une exception près, une version des premiers épisodes de la saison 1 où une autre comédienne l’interprète. Ikue Ōtani prête par ailleurs sa voix à Chopper dans One Piece et à Konohamaru dans Naruto.
La carte « Pokémon Illustrator », que les collectionneurs appellent Pikachu Illustrator. Elle n’a jamais été mise en vente : elle récompensait les lauréats de concours d’illustration organisés par le magazine CoroCoro en 1997 et 1998, et 39 exemplaires ont été officiellement distribués. Elle est signée Atsuko Nishida, la conceptrice du design de Pikachu, et porte la mention « Illustrator » au lieu de « Trainer », un cas unique dans tout le jeu de cartes. Son seul exemplaire noté PSA 10 détient le record Guinness de la carte Pokémon la plus chère vendue aux enchères, adjugée 16 492 000 dollars le 16 février 2026.