Les films Pokémon : les 23 longs métrages dans l'ordre
Vingt-trois longs metrages en vingt-deux ans, un vingt-quatrieme annonce pour 2027 : la saga cinema Pokemon est l'une des plus longues de l'animation japonaise, et l'une des plus mal connues en France. Chaque ete ou presque, un film sortait dans les salles nipponnes avec sa creature vedette a l'affiche. Chez nous, trois films seulement ont eu une vraie exploitation en salles ; les autres sont arrives en DVD, a la television, puis en streaming, parfois près de six ans plus tard et pas toujours dans l'ordre. Cette page raconte la saga entiere : les 23 films un par un, leurs dates japonaises et francaises, les courts metrages oublies, ce que les films ont rapporte, qui les fabrique, et ou les regarder aujourd'hui.
- Combien de films Pokémon existe-t-il exactement ?
- 1998-2002 : Mewtwo, Lugia et les cinq premiers longs métrages
- Advance Génération : quatre fabuleux Pokémon pour quatre étés
- Diamant et Perle : la trilogie de Sinnoh, et l'intrus Zoroark
- Noir et Blanc : le seul film Pokémon décliné en deux versions
- XY : trois créatures révélées au cinéma avant les jeux
- Je te choisis ! : le reboot et la continuité alternative
- Les 23 films Pokémon dans l'ordre, du Japon à la France
- Le casse-tête des sorties françaises
- Où regarder la saga Pokémon en France aujourd'hui
- Les dix courts métrages de première partie de séance
- Ce que le cinéma Pokémon a rapporté au Japon
- Qui fabrique un long métrage Pokémon
- Les titres français, et pourquoi ils ne se ressemblent pas
- Doublage et montage : ce que l'Occident a changé aux films
- Un légendaire par affiche : la règle et ses exceptions
- Le film sort, la créature se distribue dans les jeux
- La grammaire d'un long métrage Pokémon
- Deux continuités, un seul Sacha
- Dans quel ordre regarder les vingt-trois longs métrages
- Critique tiède, public fidèle : la réception des films
- Ce qui n'est pas un film Pokémon
- Détective Pikachu, le film en prises de vues réelles
- Six ans de silence, puis Pokémon: Wild Card
- Records, premières et curiosités du cinéma Pokémon
- Par où commencer quand on découvre ces films
- Toute la filmographie Pokémon en un coup d'œil
- En résumé
Combien de films Pokémon existe-t-il exactement ?
La réponse courte est 23 longs métrages. Le premier, Pokémon : Le film, est sorti au Japon le 18 juillet 1998 ; le vingt-troisième, Les secrets de la jungle, le 25 décembre 2020. Entre les deux, la saga n'a sauté aucune année. Le chiffre est celui de The Pokémon Company International, qui écrit sur la page « About Us » de son site institutionnel : « there are also 23 animated Pokémon movies as of 2022 ». Poképédia donne le même total en français : « il existe 23 films Pokémon ». Au 3 septembre 2026, il n'a pas bougé.
Et pourtant, le site officiel français affiche 24 vignettes sur sa page consacrée aux films. L'écart tient à un seul titre : le quatorzième film est sorti au Japon en deux versions le même jour, Blanc - Victini et Zekrom et Noir - Victini et Reshiram, et la page française leur donne une vignette chacune quand le site japonais n'en fait qu'une seule entrée. Selon que l'on sépare ou non ces deux versions, le total officiel s'écrit 23 ou 24, et les deux écritures cohabitent dans la communication de la licence — parfois dans la même phrase.
| Source | Total affiché | Le 14e film y compte pour |
|---|---|---|
| The Pokémon Company International, page « About Us » | 23 | une seule œuvre |
| Site officiel japonais, liste des films | 23 | une seule entrée, « Victini et Zekrom / Victini et Reshiram » |
| Site officiel français, page des films | 24 vignettes | deux vignettes distinctes |
| Communiqué japonais d'ABEMA, 28 février 2025 | « 23 œuvres (24 films) » | les deux à la fois, dans la même ligne |
| Wikipédia en français, infobox | 24 | deux films |
Ce que The Pokémon Company appelle un « film Pokémon »
L'appellation fonctionne comme un label, pas comme un genre. La seule phrase officielle qui donne un chiffre ne qualifie qu'un mot, animated : elle compte des longs métrages d'animation, et ne dit rien du studio ni des personnages. La définition détaillée que l'on cite partout vient en réalité de Poképédia, qui la présente comme l'usage de The Pokémon Company sans en donner la source : un long métrage d'animation qui se déroule dans l'univers de Pokémon, la série, avec Sacha et Pikachu, durant plus d'une heure, et produit « de manière générale » par l'équipe de Tsukasa Koitabashi du studio japonais OLM.
Ce « de manière générale » n'est pas une précaution de style : quatre équipes d'animation se sont succédé sur les 23 films. Ce qui est constant, c'est le studio OLM, pas l'équipe — une régularité qui décrit la saga sans la définir.
La définition laisse dehors trois familles d'œuvres. Pokémon : Détective Pikachu, sorti en salles au Japon mais tourné en prises de vues réelles, n'est pas effacé de la page des films du site officiel japonais : il y est rangé dans une rubrique voisine intitulée « les autres films ». Les dix courts métrages de première partie de séance, eux, figurent dans la même liste que les longs : seule leur durée les en sépare. Enfin les séries et les formats longs destinés à la télévision ou au streaming restent hors du compte quel que soit leur minutage. Une section entière détaille ces trois exclusions.
Une définition que 2027 va périmer
Le 30 août 2026, The Pokémon Company a annoncé Pokémon: Wild Card, un long métrage d'animation prévu pour 2027 : ni OLM, ni Sacha, ni saison de rattachement. Aucun des critères qui décrivent les 23 films existants ne lui convient, et aucune source officielle ne lui donne de rang.
Repère de lecture pour toute la page : « les 23 films » désigne les longs métrages sortis à la date du 3 septembre 2026, les deux versions du quatorzième comptant pour une seule œuvre. Un vingt-quatrième est annoncé, mais il n'est pas sorti — et les sources qui séparent les deux versions de 2011 en sont déjà à 24 et l'appelleront le 25e.
La série télévisée, elle, relève d'une autre page : le guide des saisons les détaille une par une, et le panorama de Pokémon à l'écran replace les films dans l'ensemble.
1998-2002 : Mewtwo, Lugia et les cinq premiers longs métrages
Les cinq premiers longs métrages tiennent en cinq étés consécutifs, du 18 juillet 1998 au 13 juillet 2002. C'est le bloc le plus homogène de la saga : Kunihiko Yuyama les réalise tous les cinq, le studio OLM les fabrique, Toho les distribue au Japon, Shinji Miyazaki les met en musique et Hisao Shirai en signe la photographie. C'est aussi le seul bloc que le public français ait vu sur un écran de cinéma.
Le premier long métrage sort le 18 juillet 1998, trois mois et deux jours après la reprise d'une série que l'épisode 38 avait fait suspendre quatre mois — l'incident de décembre 1997 est raconté dans le dossier consacré à la première saison de l'anime. Le calendrier en garde la trace : le film paraît entre les épisodes 54 et 55 alors que son intrigue se situe après l'épisode 65, celui où Mewtwo s'échappe du quartier général de la Team Rocket. Le scénariste Takeshi Shudo l'a écrit lui-même : le prologue de dix minutes n'était pas prévu, il a été ajouté quand il est devenu clair que la suspension empêcherait de présenter Mewtwo à la télévision avant la sortie. Le film qui en résulte parle de clonage, de filiation et de mort.
Ce prologue est précisément ce que l'Occident a coupé, et le paradoxe est documenté. La version longue japonaise, le kanzenban diffusé à la télévision le 8 juillet 1999, porte le film de 75 à 85 minutes et le prologue de dix à vingt, en lui ajoutant un segment tiré du feuilleton radiophonique Mewtwo no Tanjo ; cette version longue avait été montée pour l'exploitation américaine, et c'est la version nord-américaine du 10 novembre 1999 qui en a retiré le segment. Le dossier du premier film détaille ce que contient chacune de ces versions.
Un an plus tard, le 17 juillet 1999, Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi prend le contre-pied du huis clos de l'Île Neuve : le collectionneur Gelardan capture Artikodin, Électhor et Sulfura pour faire venir Lugia, dérègle le climat de la planète, et il faut à Sacha rapporter les trois sphères des îles pour rétablir l'équilibre. Avec ses 82 minutes, c'est le plus long des quatre premiers films.
Le 8 juillet 2000, le troisième film redescend à hauteur d'enfant. Molly Hale, dont le père a disparu au cours de fouilles, réveille les Zarbi : ils cristallisent la ville de Greenfield et lui fabriquent un père en la personne d'Entei, qui enlève la mère de Sacha pour compléter la famille. C'est le dernier film écrit par Takeshi Shudo, alors malade, qui se retire ensuite de l'écriture des longs métrages ; c'est aussi le premier de la franchise dont la première a eu lieu dans une salle IMAX.
Le quatrième, sorti au Japon le 7 juillet 2001, envoie quarante ans dans le futur un jeune dresseur nommé Sammy, que Celebi arrache à un chasseur de la Team Rocket et que Sacha aide sans savoir qui il deviendra. Hideki Sonoda y signe seul son premier scénario de la saga. Surtout, c'est le premier film Pokémon privé de salles françaises : il n'arrive chez nous que le 16 mai 2007, dans un coffret de trois DVD édité par TF1 Vidéo, cinq ans et dix mois après le Japon.
Le 13 juillet 2002, Les Héros Pokémon referme le cycle à Alto Mare, cité lacustre dessinée d'après Venise, où deux espionnes convoitent la Rosée Âme et ses gardiens Latias et Latios. La pratique du repérage à l'étranger commence avec ce film et ne s'arrêtera plus. Sa partition est cosignée par Shinji Miyazaki et l'accordéoniste coba — Wikipédia anglophone en fait le seul des huit premiers films à partager sa musique, quand les génériques japonais créditent aussi Hirokazu Tanaka aux côtés de Miyazaki sur les deux premiers. Les Héros Pokémon est aussi le premier film à montrer la mort définitive d'un Pokémon, et il signe la dernière apparition d'Ondine dans un long métrage — Pierre, lui, reste aux côtés de Sacha jusqu'au treizième film. Le dossier consacré à ce film revient sur son décor et sur son duo Éon. En France, il est sorti directement en DVD le 13 juillet 2005.
Trois de ces cinq films seulement sont passés par une salle française, du 5 avril 2000 au 13 juin 2001, sous pavillon Warner Bros. France et chaque séance précédée d'un court métrage Pikachu. Aucun long métrage Pokémon n'a plus connu d'exploitation commerciale dans un cinéma français depuis : le casse-tête des sorties françaises raconte la suite, entrées comprises.
Une réserve, enfin, sur les durées : trois valeurs circulent pour un même titre — le film seul, le programme français court métrage compris, dont la section des courts métrages détaille le calcul, et le DVD PAL, qui raccourcit encore le film d'environ 4 %.

Advance Génération : quatre fabuleux Pokémon pour quatre étés
Entre 2003 et 2006, la saga change de cycle sans changer de rythme. À partir du sixième long métrage, le titre japonais s'ouvre par une mention nouvelle, アドバンスジェネレーション, Advance Génération, comme les jeux Rubis et Saphir avaient rouvert la licence deux ans plus tôt. Quatre films composent ce bloc, et leurs dates japonaises tiennent dans cinq jours de calendrier : 19 juillet 2003, 17 juillet 2004, 16 juillet 2005 et 15 juillet 2006. Piège de vocabulaire : le cycle s'appelle Advance Génération, la saison qui l'ouvre « Advanced ».
La règle de casting est ici plus stricte que partout ailleurs dans la saga : un Pokémon fabuleux sur chacune des quatre affiches — Jirachi (n° 385), Deoxys (n° 386), Mew, puis Manaphy (n° 490) — flanqué d'un légendaire de Hoenn, Groudon, Rayquaza, le trio Regirock-Regice-Registeel, enfin Kyogre. L'exception est parlante : sur l'affiche du huitième film, la vedette n'est pas le fabuleux mais Lucario, qui n'est ni légendaire ni fabuleux. Ce film fait entrer à l'écran quatre créatures de quatrième génération — Lucario, Manzaï, Mime Jr. et Dimoret — avant la sortie des jeux Diamant et Perle ; le neuvième récidive avec Manaphy, numéro 490 d'un Pokédex qui s'arrêtait alors à 386.
La deuxième constante du bloc est humaine. Pierre, Flora et Max accompagnent Sacha dans les quatre films, sans une seule substitution : aucune autre formation de la saga ne tient quatre longs métrages d'affilée. Le neuvième film est la dernière sortie commune du quatuor au cinéma : à la fin de la saison 9, Flora part pour Johto et Max pour Clémenti-Ville, et seul Pierre reprend la route avec Sacha.
La troisième constante, celle de l'adversaire humain, ne tient qu'à moitié. Elle vaut pour le sixième film, avec le magicien Butler, ancien de la Team Magma, et pour le neuvième, avec le capitaine Fantôme. La destinée de Deoxys n'a en revanche aucun antagoniste humain : le conflit s'y joue entre deux Deoxys, un Rayquaza et la sécurité d'une ville automatisée. Ce qu'ils partagent tous, c'est un décor de vacances tenu à l'écart du voyage en cours — la vallée de Forina, la cité robotisée de Larousse City, le royaume de Rota, enfin une mer de Johto. Trois d'entre eux sont calqués sur des lieux réels — Vancouver, le château de Neuschwanstein, l'Italie de Rome et de Capri ; pour la vallée du sixième film, aucun modèle documenté.
Deux titres sortent du rang. Lucario et le Mystère de Mew est le seul des huit premiers films classé PG-12 au Japon, quand les sept autres sont classés « G » ; il dure 101 minutes, une minute de plus que le septième selon Wikipédia anglophone — la fiche eiga.com citée plus loin donne 101 minutes aux deux, ce qui les met à égalité. Pokémon Ranger et le temple des mers est, lui, le seul film d'animation de la licence bâti sur les notions d'un jeu dérivé : le temple, la Couronne des Mers et le lien de Manaphy au sanctuaire viennent du jeu Pokémon Ranger. C'est aussi le seul film de l'ère Rubis et Saphir situé à Johto, le seul dont l'affiche n'emploie pas le logo Pokémon habituel, et le plus long de la saga, à 105 minutes.
Le bloc que la France a reçu le plus tard
Vu de France, ces quatre films forment le creux de toute la saga. Aucun n'est passé par les salles, et les deux premiers sont arrivés le 16 mai 2007, le même jour que le quatrième, dans le coffret de trois disques édité par TF1 Vidéo. Le retard atteint 1 397 jours pour le sixième film, près de trois ans et dix mois, et 1 033 jours pour le septième.
Ce coffret explique aussi l'accident de doublage le plus audible de la saga : partis chez MediaDub International, hors de l'équipe belge habituelle, les trois films n'y ont pas été doublés ensemble pour autant — les quatrième et septième partagent une distribution, le sixième en a une troisième — et les Pokémon y annoncent leurs noms en anglais.
Les deux derniers films du bloc, eux, ne sont pas arrivés par le disque, contrairement à ce qu'on lit souvent. Le neuvième film a été diffusé sur Jetix le 24 décembre 2007, huit jours avant le huitième, le 1er janvier 2008 ; les DVD n'ont suivi que le 9 avril 2008 pour le huitième et le 18 juin pour le neuvième. L'ordre français s'inverse donc une seconde fois avant de se remettre d'aplomb. Sur les quatre films, l'écart avec le Japon fond à vue d'œil : 1 397 jours, puis 1 033, puis 899, puis 527.
Un dernier trait ferme le bloc côté japonais : le sixième film, Jirachi, le génie des vœux, est le dernier à avoir été projeté avec un court métrage Pikachu en première partie de séance, avant neuf ans d'interruption. Son titre français, du reste, n'a pas de forme unique. Poképédia, dont le modèle recense les 23 titres officiels, écrit Jirachi, le génie des vœux sans préfixe ; les jaquettes DVD françaises portent Pokémon - Jirachi, le génie des voeux ; nos dossiers de blog, comme Wikipédia, écrivent Pokémon : Jirachi, le génie des vœux.

Diamant et Perle : la trilogie de Sinnoh, et l'intrus Zoroark
Quatre longs métrages en quatre étés, tous tournés vers Sinnoh : Pokémon : L'ascension de Darkrai (Japon, 14 juillet 2007), Pokémon : Giratina et le Gardien du Ciel (19 juillet 2008), Pokémon : Arceus et le Joyau de Vie (18 juillet 2009) et Pokémon - Zoroark : Le Maître des Illusions (10 juillet 2010). Pierre et Aurore accompagnent Sacha dans les quatre, un film par saison des saisons 10 à 13. Les trois premiers forment le seul enchaînement narratif contraignant des vingt-trois films ; le quatrième n'en fait pas partie, et c'est ce qui le rend intéressant.
La trilogie de Sinnoh, maillon par maillon
Le dixième film lâche deux divinités l'une contre l'autre au-dessus de la ville d'Alamos : Dialga, maître du temps, et Palkia, maître de l'espace. C'est le seul film de l'ère Diamant et Perle sans antagoniste humain — la menace y est un accident cosmique, et Darkrai, n° 491 du Pokédex national, un fabuleux accusé à tort qui fait ici sa toute première apparition animée. Le dossier consacré à ce dixième film raconte l'affaire d'Alamos.
Le onzième ne commence pas ailleurs : il commence dans les dégâts. Le Monde Inversé, dimension symétrique de la nôtre, a été ravagé par ce même combat, et son maître Giratina (n° 487) en tient Dialga pour responsable. Le raccord n'est pas suggéré, il est projeté à l'écran : Poképédia relève qu'il s'agit du seul long métrage Pokémon à insérer un flash-back tiré d'un autre film, et Bulbapedia précise que le Dialga vu ici est le même individu que celui d'Alamos — une première d'un film à l'autre. Le dossier sur Giratina et le Gardien du Ciel suit ce fil.
Le douzième referme la boucle, et il avait été annoncé un an à l'avance : en juillet 2008, à la fin du générique du précédent, un teaser montrait Giratina, Dialga et Palkia prêts à s'affronter au-dessus de ruines évoquant les Colonnes Lances. Il réunit les trois dragons pour la première fois, ramène des personnages secondaires des deux volets antérieurs et envoie Sacha lui-même dans le passé, une première pour le dresseur. Le ressort des trois films reste le même — une accusation portée contre le mauvais coupable —, comme le rappelle le dossier sur Arceus et le Joyau de Vie.
Attention à ne pas confondre deux affirmations voisines. Poképédia dit du onzième film qu'il est le seul à citer un autre film en flash-back ; Bulbapedia dit qu'il est le premier à être la suite d'un autre film, en écartant Le retour de Mewtwo, épisode spécial et non long métrage. « Premier » n'est pas « seul » : le douzième est lui aussi une suite. Et le teaser de fin de générique n'est pas une marque de trilogie : le treizième annoncera le quatorzième de la même façon, sans lien d'intrigue.
Zoroark, l'intrus du bloc
L'habitude de montrer une créature au cinéma avant les jeux ne naît ni avec lui ni avec ce bloc — elle est aussi ancienne que la saga —, mais le onzième film la pratique déjà : la Forme Originelle de Giratina et la Forme Céleste de Shaymin apparaissent à l'écran avant leur début dans Pokémon Platine. Le treizième film pousse le procédé d'une génération entière : Zorua (n° 570) et Zoroark (n° 571) sont des Pokémon de cinquième génération glissés dans un film de quatrième, et Bulbapedia y voit la seule apparition d'une espèce de cinquième génération dans la série animée avant la quatorzième saison, Noir & Blanc.
Les dates disent quelle avance cela représente. Au Japon, le film sort le 10 juillet 2010 et Pokémon Versions Noire et Blanche le 18 septembre suivant : dix semaines d'avance, avec une publicité pour les jeux projetée avant la séance, qui révélait au passage Ratentif. En Occident, la marge est tout autre : les jeux arrivent en Europe le 4 mars 2011 et la France voit le film le 20 février, douze jours plus tôt.
Pour le reste, ce treizième film est le seul de l'ère Diamant et Perle à tenir seul, et le seul dont l'affiche ne porte pas une divinité du mythe de Sinnoh. Il aligne trois trios de fauves légendaires différents — ceux que fabriquent les machines de Grégoire Kodai, ceux que produisent les illusions de Zoroark, et les chromatiques de Couropolis : c'est la première fois que Raikou, Entei et Suicune paraissent ensemble dans la série animée, et la première apparition d'un légendaire chromatique à l'écran.
Le moment où la France cesse d'attendre
Ce bloc est celui du changement de support : après quatre films découverts en DVD et deux passés sur Jetix au tournant de 2008, c'est sur ces quatre films que la télévision devient la règle. Poképédia date les quatre premières diffusions françaises du 10 août 2008, du 10 mars 2009, du 3 décembre 2009 et du 20 février 2011.
L'écart avec le Japon s'effondre en même temps, de treize mois pour Darkrai à moins de cinq pour Arceus — dont le DVD français du 11 décembre 2009 précède d'une semaine le DVD japonais du 18 décembre, cas unique sur la période. Zoroark fait remonter le compteur à sept mois, mais la France le voit avant de pouvoir acheter les jeux qu'il annonce.
Deux de ces quatre dates sont d'ailleurs contestées. Pour L'ascension de Darkrai, Poképédia écrit le 10 août 2008, Planète Jeunesse le 5 novembre 2008 sur Jetix ; le film avait de toute façon été projeté à la Japan Expo, du 3 au 6 juillet 2008. Pour Arceus et le Joyau de Vie, l'infobox de Poképédia donne le 3 décembre 2009, quand le corps de la même page et Planète Jeunesse retiennent le 6 octobre 2010 sur Disney XD, dix mois après le DVD français.

Noir et Blanc : le seul film Pokémon décliné en deux versions
Trois longs métrages en trois étés, tous distribués au Japon par Toho : le 16 juillet 2011, le 14 juillet 2012 et le 13 juillet 2013. La période Noir et Blanc est la seule où Sacha va au cinéma avec Iris et Rachid, et ce sont les premiers films de la saga où Pierre n'apparaît pas du tout.
Le quatorzième film est l'expérience la plus singulière des vingt-trois : deux versions sont sorties le même jour dans les salles japonaises, Pokémon, le film : Noir - Victini et Reshiram et Pokémon, le film : Blanc - Victini et Zekrom. L'idée vient des jeux, qui paraissent par paires depuis la première génération et n'abritent pas les mêmes créatures — un mécanisme que détaille notre panorama des jeux vidéo. Au cinéma, le calcul était le même : un spectateur pouvait acheter deux billets.
Chaque version dure environ 95 minutes et raconte la même histoire, dans les mêmes décors. Ce qui diffère tient dans une liste finie, que Bulbapedia recense scène par scène :
- le dragon : Sacha s'allie à Reshiram dans Noir, à Zekrom dans Blanc, et Damon emploie l'autre ;
- Damon lui-même, dont l'apparence change, ainsi que son Pokémon — Symbios dans Blanc, Sidérella dans Noir — et le paysage qu'il traverse, désert dans Blanc, plaine glacée dans Noir ;
- l'ouverture : Pikachu affronte un Judokrak dans Blanc et un Karaclée dans Noir ; le groupe prend ensuite l'embranchement de gauche dans Blanc, celui de droite dans Noir ;
- le Pokémon chromatique : le Trioxhydre de Carlita dans Blanc, le Golemastoc de Roilita, mère de Damon et de Carlita, dans Noir ;
- la musique, qui n'a même pas le même compositeur : Shinji Miyazaki signe Noir, Akifumi Tada et Kazuhiko Sawaguchi signent Blanc, avec deux chansons de fin différentes ;
- quelques plans déplacés : une conversation jouée de jour dans Blanc et de nuit dans Noir, des scènes inversées en miroir, de courts passages qui n'existent que d'un côté.
En japonais, la couleur qualifiait le dragon : « Victini et le Héros Noir : Zekrom », « Victini et le Héros Blanc : Reshiram ». À l'export, elle désigne la version de jeu, dont la jaquette porte le dragon inverse. Règle à retenir : le film Noir contient Reshiram, le film Blanc contient Zekrom, comme Pokémon Version Noire et Pokémon Version Blanche.
Victini, lui, ne change jamais de camp, et l'intrigue non plus. Additionnées, les deux versions font débuter 34 espèces, plus que tout autre long métrage de la saga. Cumulées, elles ont rapporté 4,33 milliards de yens au Japon, deuxième résultat d'un film japonais en 2011. En France, elles sont arrivées ensemble le 18 avril 2012 sur Disney XD, puis le 6 juin 2012 en DVD et en Blu-ray — le premier produit Pokémon édité sur ce support chez nous. Aucun des vingt-deux autres films n'a jamais été redécliné ainsi, et le dossier consacré à cette double sortie en détaille la mécanique.
Le quinzième film, Kyurem VS la Lame de la Justice, revient à une seule affiche le 14 juillet 2012 : Keldeo veut se faire reconnaître par Cobaltium, Terrakium et Viridium, et affronte Kyurem pour cela. Gulli l'a diffusé le 26 février 2013, le DVD français est sorti le 21 août suivant. C'est le plus court film de la saga, à 72 minutes — les sources ne s'accordent pas au chiffre près.
Ce 14 juillet 2012 marque aussi un retour discret : un court métrage précède de nouveau le long métrage au Japon, neuf ans après le dernier.
Le seizième, justement, ferme le cycle le 13 juillet 2013. Genesect et l'éveil de la légende ramène Mewtwo à l'affiche quinze ans après le premier long métrage du 18 juillet 1998 — mais ce n'est pas le même Mewtwo : Bulbapedia rapporte qu'une apparition de celui d'origine était prévue, puis abandonnée pour des raisons juridiques liées à la succession de Takeshi Shudo. Le film montre aussi la première Méga-Évolution vue dans un long métrage, celle de Méga-Mewtwo Y, trois mois avant la sortie de Pokémon X et Y le 12 octobre 2013 ; le tout premier plan revient toutefois à l'épisode spécial Mewtwo - prélude à l'éveil, comme le rappelle notre guide des Méga-Évolutions.
Ce film détient le record de vitesse de la saga : trois mois entre la sortie japonaise et la sortie anglophone, et un DVD américain paru le 3 décembre 2013, quinze jours avant le DVD japonais. La date française, elle, n'est pas établie : Poképédia donne le 22 octobre 2013 sur Gulli, Bulbapedia range la France parmi les pays qui l'ont diffusé le 19 octobre, en même temps que les États-Unis. En trois ans, l'attente française sera passée de neuf mois à trois. Il est enfin le dernier film à porter la marque japonaise « PIKACHU THE MOVIE », en place depuis 1998.

XY : trois créatures révélées au cinéma avant les jeux
Trois films, trois étés consécutifs, une seule région : Kalos. Le 17e long métrage sort au Japon le 19 juillet 2014, le 18e le 18 juillet 2015, le 19e le 16 juillet 2016 ; les trois sont réalisés par Kunihiko Yuyama, distribués par Toho, et durent 77, 78 et 95 minutes. C'est le bloc le plus dense en créatures rares de toute la saga : chacun porte un Pokémon fabuleux à l'affiche, et chacun le remet aux joueurs sous forme de cadeau événementiel dans les jeux de sixième génération.
Diancie et le cocon de l'annihilation ouvre le cycle en plaçant une princesse minérale entre Xerneas et Yveltal, les deux mascottes de la région. Il aligne quatre antagonistes humains, le plus grand nombre de toute la saga, et sert de vitrine à la Méga-Évolution introduite par les jeux un an plus tôt : cinq formes Méga défilent dans la seule séquence d'introduction, six autres au générique de fin. Le fonctionnement français de la saga s'y lit en creux : Diancie a été offerte aux joueurs dès l'automne 2014, alors que le film n'a atteint la télévision française que le 10 mars 2015. La créature est arrivée avant son propre film.
Hoopa et le choc des légendes pousse le principe jusqu'au record. Bulbapedia compte treize Pokémon légendaires à l'écran, plus que dans n'importe quel autre film de la saga : Hoopa, fabuleux à deux formes — Enchaîné et Déchaîné —, ouvre des anneaux par lesquels débarque le panthéon entier, jusqu'à ce que l'accumulation déchire l'espace-temps et devienne l'enjeu du scénario.
Le film détient un second record, moins visible : huit Pokémon événementiels distribués autour d'un seul titre, le plus grand nombre de la saga selon Poképédia. On y trouve un Arceus de précommande décliné en dix-neuf variantes, dont une chromatique — une première, l'espèce étant normalement impossible à obtenir sous cette forme — et six légendaires au choix à transférer par infrarouge. La critique anglophone a boudé le film ; dans un sondage du site officiel Pokémon, en février 2021, le public l'a élu le plus populaire des trois films de l'ère XY.
Volcanion et la merveille mécanique referme le cycle sur un cas unique : c'est le premier film de la saga où plus d'un Pokémon fabuleux tient le premier rôle. Volcanion, seul Pokémon de type Feu et Eau, y traîne derrière lui une Magearna qui n'est pas de la même génération que le reste du casting : elle appartient à la septième, et apparaît à l'écran le 16 juillet 2016, quatre mois avant la sortie de Pokémon Soleil et Lune (18 novembre 2016 au Japon, 23 novembre en Europe). Son talent, Animacœur, porte le nom de l'objet convoité dans le film et celui du générique de fin français.
Ce cycle est aussi le creux du box-office japonais de la saga : 2,91 puis 2,61 puis 2,15 milliards de yens, trois baisses consécutives, et la plus faible recette japonaise d'un film Pokémon jusqu'à la pandémie. Le 19e film démarre à la 4e place du classement japonais avec 323 901 600 yens, 366 écrans et 289 971 entrées sur son premier week-end, ce que Wikipédia en anglais présente comme le deuxième plus faible démarrage de la saga.
En France, le cycle XY est passé par la télévision et rien d'autre — jusqu'à un retour tardif. Volcanion a été diffusé le 11 novembre 2016 sur Canal J, puis le 18 novembre 2016 sur Gulli, sans jamais connaître d'édition DVD française. Neuf ans plus tard, il est revenu sur grand écran : les 22 et 23 novembre 2025, en séances événementielles. AlloCiné référence l'opération sous le titre « Pokémon au Cinéma », distributeur Alileo Media Limited, visa d'exploitation 2025006437, durée affichée 1 h 41 — soit six minutes de plus que le film seul, l'écart correspondant vraisemblablement à l'épisode inédit de Pokétoon, « Kangourex à la rescousse », projeté en complément. C'est le seul film Pokémon revenu dans une salle française depuis Je te choisis ! en novembre 2017.
L'événement lui-même est mal documenté : le site officiel pokemon.fr cite trois réseaux — MK2, CGR et Kinepolis — là où le communiqué relayé par la presse n'en nommait que deux, et il parle du « week-end du 22 novembre 2025 » quand la presse écrit « 22 et 23 ».

Je te choisis ! : le reboot et la continuité alternative
Le 15 juillet 2017, pour les vingt ans du dessin animé, Pokémon, le film : Je te choisis ! reprend le tout premier matin de Sacha — le réveil manqué, le laboratoire du Professeur Chen, le Pikachu qui refuse sa Poké Ball, la nuée de Piafabec — puis bifurque vers une intrigue que la série n'a jamais racontée, celle de l'Arcenci'Aile laissée par Ho-Oh. Le titre est celui du tout premier épisode de 1997, et c'est le premier long métrage de la saga dont le titre japonais ne contient le nom d'aucun Pokémon. Ni Ondine ni Pierre ne sont du voyage : deux Dresseurs inédits, Justine et Honoré, prennent leur place, et les compagnons historiques ne reviennent qu'en silhouettes au générique de fin.
La rupture ne tient pas au seul casting. Le film montre pour la première fois Sacha capturer des Pokémon à l'écran, pour la première fois ses Pokémon évoluer, et son Salamèche devenu Dracaufeu continue de lui obéir — alors que la série en fait un insoumis pendant des dizaines d'épisodes. Le réalisateur Kunihiko Yuyama a expliqué en juillet 2017 avoir voulu mêler « des éléments parallèles » à cette relecture des origines plutôt que refaire l'épisode 1 ; au Japon, le film est décrit comme un univers parallèle qui bifurque à partir de ce premier épisode. Les dix-neuf longs métrages précédents s'inséraient entre deux épisodes de la saison en cours sans rien y changer : celui-ci est le premier à sortir du cadre.
Cette bifurcation ouvre ce que Poképédia appelle une continuité alternative, qui recouvre trois films, les numéros 20, 21 et 23 ; la section consacrée aux deux continuités en détaille le périmètre et le quatrième maillon, qui n'est pas un film.
Le 13 juillet 2018, Pokémon, le film : Le pouvoir est en nous sort dans 364 salles japonaises — le premier vendredi de la saga, les vingt films précédents étant tous sortis un samedi. Il pousse le décrochage plus loin que son aîné. Le récit est choral, porté par cinq personnages humains inédits — Risa, Callahan, Toren, Harriet et Margo — que réunit le Festival du Vent de la ville de Fula. Sacha n'y est qu'un protagoniste parmi d'autres, et Pikachu reste son seul Pokémon connu de tout le film.
Deux autres premières en découlent. La région où se déroule le film n'a jamais été confirmée, ce qui n'était jamais arrivé, et aucun ami de Sacha issu de la série n'y apparaît. Le trio Jessie, James et Miaouss y est pour la première fois directement responsable du conflit : le nuage toxique qui menace la fête est de son fait, sans qu'il l'ait voulu, là où il servait jusqu'alors de respiration comique ou de renfort inattendu. La Team Rocket, elle, avait déjà fourni l'antagoniste principal des premier et quatrième films. Lugia, qui partage l'affiche avec le fabuleux Zeraora, y fait sa troisième apparition dans un long métrage, après les films 2 et 18.
Un an plus tard, le 12 juillet 2019, la saga fait ce qu'elle n'avait jamais fait : elle se refait. Pokémon : Mewtwo contre-attaque – Évolution rejoue le film de 1998 entièrement en images de synthèse. C'est le seul long métrage de la saga fabriqué entièrement par ordinateur ; son générique change de forme à l'avenant.
La formule « remake plan pour plan » est commode, mais elle mérite son « ou presque ». Le film s'appuie sur la version dite Kanzenban de 1998 et n'en réécrit ni la trame ni l'issue, mais il ajoute une scène entière — Giovanni présentant Mewtwo à une armée de la Team Rocket —, en retire d'autres, dont l'affrontement à l'Arène de Jadielle, redessine le laboratoire, l'armure de Mewtwo et plusieurs personnages, et corrige au passage une erreur de 1998 en remplaçant le Grolem de Raymond par un Soporifik, qu'un Tonnerre peut légitimement mettre K.-O. Une séquence promise pendant la campagne promotionnelle, celle du jeune Mewtwo entouré de clones qui meurent, n'a finalement pas été adaptée.
Le vingt-troisième et dernier volet, Pokémon, le film : Les secrets de la jungle, raconte Koko, un enfant recueilli bébé au bord d'une rivière et élevé par un Zarude qui a quitté sa tribu pour lui. Dix ans plus tard, l'enfant se croit lui-même un Pokémon ; l'arrivée de Sacha, puis celle d'une équipe de la Société Biotope dirigée par le Dr. Zed, le confrontent à ce qu'il est. C'est le premier film de la saga sans aucun Pokémon légendaire, et le premier où un humain emploie une capacité de Pokémon, Koko lançant Selve Salvatrice.
C'est surtout le seul des vingt-trois films à n'être pas sorti au mois de juillet au Japon, et la raison est datée au jour près. Annoncé le 10 janvier 2020 pour le 10 juillet suivant, conformément au rituel estival, il voit sa sortie repoussée le 13 mai 2020, sans nouvelle date, en raison de la pandémie de Covid-19. En juin, la production annonce l'hiver ; en août, une bande-annonce fixe enfin le 25 décembre 2020. Le report a un coût narratif — à la date prévue, le film aurait offert leurs débuts dans la série animée à Pyrobut et à Rongrigou — et un coût commercial : l'état d'urgence japonais décrété en janvier 2021, deux semaines après la sortie, a frappé l'exploitation en plein cœur, et le film a enregistré les recettes japonaises les plus faibles de toute la saga.

Les 23 films Pokémon dans l'ordre, du Japon à la France
Voici la référence de cette page : les vingt-trois longs métrages dans leur ordre de sortie japonaise, avec la première date à laquelle un spectateur français a pu les voir, quel que soit le support. Chaque titre renvoie à son dossier complet ; il est donné sans le préfixe « Pokémon, le film : » lorsque celui-ci alourdit la ligne.
Trié sur la colonne française, le même tableau donne un autre ordre : 1, 2, 3, 5, 4, 6 et 7 ex aequo, 9, 8, puis la suite sans accroc. Neuf de ces films sont arrivés en France par la télévision, cinq par le DVD, quatre par une plateforme, trois par une salle et deux par une projection de Japan Expo.
Cinq lignes portent une divergence de sources sur la première date française : les films 8, 9, 10, 12 et 13.
| N° | Film | Sortie japonaise | Première française | Support |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Pokémon : Le film | 18 juillet 1998 | 5 avril 2000 | au cinéma |
| 2 | Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi | 17 juillet 1999 | 20 décembre 2000 | au cinéma |
| 3 | Pokémon 3 : Le sort des Zarbi | 8 juillet 2000 | 13 juin 2001 | au cinéma |
| 4 | Pokémon 4Ever - Celebi, la voix de la forêt | 7 juillet 2001 | 16 mai 2007 | en DVD (coffret TF1 Vidéo) |
| 5 | Les Héros Pokémon | 13 juillet 2002 | 13 juillet 2005 | en DVD (Buena Vista) |
| 6 | Jirachi, le génie des vœux | 19 juillet 2003 | 16 mai 2007 | en DVD (même coffret) |
| 7 | La destinée de Deoxys | 17 juillet 2004 | 16 mai 2007 | en DVD (même coffret) |
| 8 | Lucario et le Mystère de Mew | 16 juillet 2005 | 1er janvier 2008 | à la télévision (Jetix) |
| 9 | Pokémon Ranger et le temple des mers | 15 juillet 2006 | 24 décembre 2007 | à la télévision (Jetix) |
| 10 | L'ascension de Darkrai | 14 juillet 2007 | 3 juillet 2008 | en avant-première (Japan Expo) |
| 11 | Giratina et le Gardien du Ciel | 19 juillet 2008 | 10 mars 2009 | à la télévision (Jetix) |
| 12 | Arceus et le Joyau de Vie | 18 juillet 2009 | 11 décembre 2009 | en DVD (France Télévisions) |
| 13 | Zoroark : Le Maître des Illusions | 10 juillet 2010 | 20 février 2011 | à la télévision (Disney XD) |
| 14 | Noir - Victini et Reshiram / Blanc - Victini et Zekrom | 16 juillet 2011 | 18 avril 2012 | à la télévision (Disney XD) |
| 15 | Kyurem VS la Lame de la Justice | 14 juillet 2012 | 26 février 2013 | à la télévision (Gulli) |
| 16 | Genesect et l'éveil de la légende | 13 juillet 2013 | 22 octobre 2013 | à la télévision (Gulli) |
| 17 | Diancie et le cocon de l'annihilation | 19 juillet 2014 | 10 mars 2015 | à la télévision (Gulli) |
| 18 | Hoopa et le choc des légendes | 18 juillet 2015 | 18 janvier 2016 | en achat numérique (iTunes, Google Play) |
| 19 | Volcanion et la merveille mécanique | 16 juillet 2016 | 11 novembre 2016 | à la télévision (Canal J) |
| 20 | Je te choisis ! | 15 juillet 2017 | 6 juillet 2017 | en avant-première mondiale (Japan Expo) |
| 21 | Le pouvoir est en nous | 13 juillet 2018 | 11 décembre 2018 | en achat numérique (iTunes) |
| 22 | Mewtwo contre-attaque – Évolution | 12 juillet 2019 | 27 février 2020 | sur Netflix |
| 23 | Les secrets de la jungle | 25 décembre 2020 | 8 octobre 2021 | sur Netflix |
Le casse-tête des sorties françaises
Trois. C'est le nombre de longs métrages Pokémon qui ont connu une exploitation commerciale continue dans les salles françaises, c'est-à-dire une sortie à l'affiche tenue sur plusieurs semaines : le premier film le 5 avril 2000, le deuxième le 20 décembre 2000, le troisième le 13 juin 2001. Quatorze mois, et puis plus rien. Les vingt autres films sont arrivés chez nous par le DVD, par la télévision, puis par les plateformes. Cinq passages par une salle ont bien eu lieu après 2001, dont deux pour le seul vingtième film, mais ce sont des événements d'une à quatre journées, jamais des exploitations.
La bascule est chiffrable : les entrées françaises sont divisées par près de quatorze en quatorze mois, de 2 224 432 entrées à 160 401 — 162 861 selon un décompte concurrent, à 1,5 % près. Aucune source consultée ne documente la décision d'arrêter les sorties en salles ; l'effondrement des entrées en est le contexte, pas la cause établie. Le premier film, lui, n'a jamais été rattrapé : au 3 septembre 2026, il reste le film japonais le plus vu en salles en France, devant Demon Slayer - La Forteresse Infinie et ses 1 759 440 entrées depuis le 17 septembre 2025.
Cinq régimes successifs, cinq éditeurs
Le premier régime est celui des salles, et il ne dure que de 2000 à 2001 : Warner Bros. distribue les trois premiers films au cinéma, Warner Home Video les édite ensuite en VHS et en DVD, chaque boîte accompagnée d'une carte à collectionner. Le deuxième régime est celui du DVD sans passage préalable par un écran, ni cinéma ni télévision : Les Héros Pokémon paraît le 13 juillet 2005 chez Buena Vista, seul film de la franchise distribué en France par Disney, puis le coffret Les Aventures des Pokémon de TF1 Vidéo livre d'un coup, le 16 mai 2007, les quatrième, sixième et septième films.
Le troisième régime est télévisuel et il tient dix ans. France Télévisions récupère les droits d'adaptation à partir du huitième film et édite en vidéo jusqu'au dix-huitième, mais c'est la télévision qui donne désormais la primeur : Canal+ pour les deux premiers films, les 8 janvier et 29 juin 2002, puis Jetix pour les films 8 à 11, Disney XD pour les films 12 à 14, Gulli pour les films 15 à 17 et Canal J pour les films 19 et 20 — le dix-huitième échappant à la règle, arrivé d'abord en achat numérique en janvier 2016. Jetix n'a d'ailleurs pas été remplacée par une concurrente : elle a été rebaptisée Disney XD le 1er avril 2009. Et aucun film Pokémon n'a jamais eu sa première française sur une grande chaîne généraliste — TF1, qui possédait les droits de la série télévisée et a édité le coffret de 2007, n'a jamais diffusé un long métrage en premier.
Le quatrième régime est celui de l'achat numérique, et il commence avec Hoopa et le choc des légendes, proposé en achat et en location sur Google Play et iTunes à la mi-janvier 2016 — le 18 selon lesgrandsclassiques.fr, le 19 selon Poképédia. Le même film est aussi le dernier long métrage Pokémon à avoir reçu une première édition DVD française, le 1er juin 2016. Le pouvoir est en nous suit le 11 décembre 2018 sur iTunes, sans salles ni disque. Le cinquième régime tient en deux dates Netflix : le 27 février 2020 pour Mewtwo contre-attaque – Évolution, le 8 octobre 2021 pour Les secrets de la jungle. Depuis la diffusion du vingtième film sur Canal J le 6 décembre 2017, aucune première télévisée française d'un film Pokémon n'est recensée.
Un ordre brouillé, et un film vu avant le Japon
La conséquence la plus visible de ces changements de main, c'est que la France a découvert le cinquième film avant le quatrième. Les Héros Pokémon sort en DVD le 13 juillet 2005 ; Pokémon 4Ever attend le 16 mai 2007, soit 672 jours plus tard — un an et dix mois, et non « près de deux ans » comme on le lit souvent. L'explication est éditoriale : TF1 détenait encore les droits des films 4, 6 et 7 après avoir déprogrammé la série, qu'il vit ensuite triompher sur Gulli.
Ce 16 mai 2007 est la date la plus dense de la chronologie française : trois films arrivent le même jour dans le même coffret, soit trois ans de production japonaise — 2001, 2003 et 2004 — livrés en une seule journée. Poképédia et Wikipédia datent ce coffret du 16 mai, Planète Jeunesse du 9 mai ; le désaccord porte sur une semaine, pas sur le fait.
Mesurés de la sortie japonaise à la première date française, les vingt-trois écarts s'étalent de -9 à 2 139 jours. Le record revient à Pokémon 4Ever : 2 139 jours, cinq ans et dix mois, du 7 juillet 2001 au 16 mai 2007. La moyenne, 493 jours, vaut presque le double de la médiane, 277 jours : une poignée de films des années 2000 tire toute la série vers le haut, alors qu'un film sur deux a été visible en France en moins de neuf mois. À l'autre bout de l'échelle, Genesect et l'éveil de la légende détient le plus petit écart positif de la saga, 101 jours, grâce à sa diffusion sur Gulli le 22 octobre 2013. Et Les Héros Pokémon offre la coïncidence la plus nette : sorti au Japon le 13 juillet 2002, il est arrivé en France trois ans jour pour jour après, le 13 juillet 2005.
Reste le cas qui ne ressemble à aucun autre. Un seul film Pokémon a été montré en France avant de l'être au Japon : Je te choisis ! a eu son avant-première mondiale le jeudi 6 juillet 2017, sur la scène Yuzu de la Japan Expo, en version originale sous-titrée et en présence du réalisateur Kunihiko Yuyama — neuf jours avant sa sortie japonaise du 15 juillet 2017. Le film est revenu en version française les 5 et 6 novembre 2017 : deux séances au Grand Rex le 5, les cinémas Kinepolis à partir du 6. La plage « du 5 au 17 novembre 2017 » que l'on lit un peu partout n'est pas une durée d'exploitation : c'est la fenêtre pendant laquelle le billet donnait droit au QR-code du Pikachu à casquette pour Pokémon Ultra-Soleil et Ultra-Lune.
Repère de lecture : la « date française » d'un film n'est pas la même d'une source à l'autre. Pour les huitième et neuvième films, Poképédia retient la sortie DVD là où Planète Jeunesse date une diffusion sur Jetix antérieure de trois et six mois. En retenant systématiquement les dates DVD de Poképédia, l'écart moyen de la saga monte de 493 à 506 jours et l'ordre français ne s'inverse qu'une fois. Le tableau de cette page retient les diffusions Jetix documentées par Planète Jeunesse, plus précoces : Pokémon Ranger et le temple des mers y est visible en France huit jours avant Lucario et le Mystère de Mew, et la chronologie française compte donc deux inversions, établies l'une et l'autre. La médiane, elle, ne bouge pas : 277 jours.
Où regarder la saga Pokémon en France aujourd'hui
Chercher les films Pokémon en France mène presque toujours au même réflexe, et c'est le mauvais : Netflix n'en a que deux. Au 3 septembre 2026, dix-sept des vingt-trois longs métrages se regardent gratuitement sur M6+, la plateforme du groupe M6, moyennant un compte gratuit et des coupures publicitaires. Ce seul chiffre fait de M6+ le premier diffuseur gratuit de la saga en France ; en nombre de titres, c'est la boutique Apple TV qui va le plus loin, mais à l'acte — et elle n'apparaît sur aucune page officielle de The Pokémon Company.
| Comment le voir | Films concernés | Conditions d'accès | À savoir |
|---|---|---|---|
| M6+ | 17 des 23 : tous sauf les nº 4, 5, 6, 7, 22 et 23 | Gratuit, avec publicité | Compte gratuit obligatoire, catalogue réservé au territoire français |
| Netflix France | 2 des 23 : les nº 22 et 23 | Compris dans l'abonnement | Servis par la formule standard comme par la formule avec publicité |
| SFR Play | Les 17 mêmes films que M6+ | Compris dans certaines offres box SFR | Même lot de droits Gulli, revendu par l'opérateur |
| Boutique Apple TV | 22 des 23 : tous sauf le nº 5 | À l'acte, en achat ou en location | Le seul point de vente qui réunit presque toute la saga |
| Boutique Amazon Video | 20 des 23 : ni le nº 5, ni le nº 12, ni le nº 22 | À l'acte, en achat ou en location | Aucun des 23 films n'est compris dans l'abonnement Prime |
| DVD français | Les films 1 à 18 | Marché de l'occasion | Plus rien en distribution neuve ; aucun DVD français pour les films 19 à 23 |
| Salle de cinéma | Aucun | Sans objet | Aucune séance programmée au 3 septembre 2026 |
Le catalogue M6+ compte dix-huit programmes pour ces dix-sept films : le quatorzième y figure dans ses deux versions. Les droits sont crédités au nom de Gulli, chaîne du même groupe, dont le replay a été absorbé : l'ancienne adresse replay.gulli.fr renvoie aujourd'hui vers le site de Gulli. La fenêtre de droits en cours a débuté le 1er février 2026 et court jusqu'au 15 juillet 2027 ; six films y manquent, les nº 4, 5, 6, 7, 22 et 23.
Netflix France, lui, n'a que deux des vingt-trois films au 3 septembre 2026, les deux derniers, arrivés le 27 février 2020 et le 8 octobre 2021 ; aucun des deux n'est jamais sorti autrement en France. Si la saga passe pour « être sur Netflix », c'est que la série télévisée, elle, y est bien : les épisodes racontés par la page des vingt-huit saisons de l'anime ne suivent pas les mêmes contrats que les longs métrages.
Pour les six films absents de M6+, il reste l'achat et la location à l'unité, chez Apple TV comme chez Amazon Video. Attention au malentendu le plus répandu : aucun des vingt-trois longs métrages n'est compris dans l'abonnement Amazon Prime, même si la page officielle française range amazon.fr parmi ses diffuseurs. Un dernier accès sans achat existe et n'est jamais cité : SFR Play, qui revend le même lot Gulli.
Le seul film sans aucune offre légale en France
La saga a un trou, et il porte un numéro. Les Héros Pokémon est le seul des vingt-trois longs métrages à n'avoir aucune offre légale en ligne en France au 3 septembre 2026 : ni gratuit, ni abonnement, ni achat, ni location. Ce n'est pas un défaut de référencement : la fiche existe dans les bases marchandes avec son titre français et renvoie trois offres sur le marché américain, mais elle est vide pour la France. Le cinquième film de la saga n'existe donc plus chez nous que sous forme physique, et d'occasion.
Ce qui a fermé, et ce qu'il en reste
Le canal officiel gratuit, lui, a disparu. The Pokémon Company a retiré son application TV Pokémon de toutes les boutiques le 8 janvier 2024, et le service s'est arrêté le 28 mars 2024 : depuis cette date, il n'existe plus de lecteur officiel Pokémon où voir un long métrage. L'héritière est une chaîne YouTube, « Pokémon TV », ouverte le 6 décembre 2024, qui publie des épisodes entiers avec une piste audio française parmi seize langues — mais aucun film. Trois longs métrages y ont été proposés temporairement au milieu de 2025 ; il n'y en avait aucun au 3 septembre 2026.
Le support physique s'était arrêté plus tôt encore. Les films 1 à 18 ont eu une édition DVD française ; les cinq suivants, aucune. Les seules sorties postérieures sont les coffrets de rattrapage d'octobre 2016, qui ne contiennent que des films déjà édités. Le Blu-ray n'a jamais pris : le quatorzième film est le seul des vingt-trois dont une édition française sur ce support ait pu être retrouvée ; les autres coffrets que l'on croise en français sont des éditions britanniques importées.
Les services où la saga n'est pas
La liste des absents est aussi parlante que celle des présents. Au 3 septembre 2026, ni Crunchyroll, ni ADN, ni Max, ni Disney+ ne portent le moindre film Pokémon en France ; le catalogue d'ADN renvoie même zéro résultat pour « pokemon ». Paramount+, Canal+ et Apple TV+ — le service d'abonnement, à ne pas confondre avec la boutique Apple TV — n'en portent pas davantage. Le service gratuit américain Tubi a bien mis cinq longs métrages en ligne le 7 juillet 2026, mais son catalogue est inaccessible depuis l'Europe. Quant à la chaîne gratuite Pokémon lancée par WildBrain dans vingt-quatre territoires depuis août 2024, aucun de ses communiqués ne cite la France.
Reste la salle. Aucune séance de film Pokémon n'est programmée en France au 3 septembre 2026. Les dernières remontent aux 22 et 23 novembre 2025, deux jours de projections événementielles pour Volcanion et la merveille mécanique, neuf ans après le Japon.
Cet état est arrêté au 3 septembre 2026 et se périmera. Les catalogues de streaming se renégocient en permanence, et celui-ci expire le 15 juillet 2027, sans garantie de reconduction. Vérifiez la disponibilité au moment où vous lisez ces lignes.
Les dix courts métrages de première partie de séance
Sur les vingt-trois longs métrages de la saga, dix seulement ont été précédés en salle par un court métrage. Bulbapedia en donne la liste close, sous le nom japonais de la pratique, doji joei (同時上映, « projection simultanée ») : six courts de 1998 à 2003, puis quatre de 2012 à 2015, avec neuf ans de vide entre les deux blocs. Treize films sur vingt-trois n'ont donc jamais eu de première partie de séance : les films 7 à 14, puis les films 19 à 23. Bout à bout, ces dix courts totalisent 218 minutes, soit 3 h 38 de programme.
Le décompte se prête à trois lectures différentes, et c'est le piège du sujet. Poképédia numérote dix-huit courts métrages, Bulbapedia en numérote vingt-sept : les deux listes mêlent les courts de séance aux spéciaux de Noël, aux courts diffusés à bord des vols intérieurs japonais et aux projections en relief, dont aucun n'a jamais accompagné un film au cinéma. Seuls les dix du tableau ci-dessous l'ont fait.
| Année | Court métrage | Projeté avec | Sorti en France |
|---|---|---|---|
| 1998 | Les Vacances de Pikachu | 1er film, Pokémon : Le film | Salles, 5 avril 2000 (VF) |
| 1999 | Pikachu à la rescousse | 2e film, Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi | Salles, 20 décembre 2000 (VF) |
| 2000 | Pikachu & Pichu | 3e film, Pokémon 3 : Le sort des Zarbi | Salles, 13 juin 2001 (VF) |
| 2001 | L'excitant cache-cache de Pikachu | 4e film, Pokémon 4Ever | Jamais |
| 2002 | Camp Pikachu | 5e film, Les Héros Pokémon | DVD, 13 juillet 2005 (VOST) |
| 2003 | La base secrète des Pokémon dansants | 6e film, Jirachi, le génie des vœux | Non diffusé (VF québécoise au Canada) |
| 2012 | La sérénade de Meloetta | 15e film, Kyurem VS la Lame de la Justice | VF, 25 février 2013 (à confirmer) |
| 2013 | Évoli & ses amis | 16e film, Genesect et l'éveil de la légende | VF en ligne, 5-15 décembre 2013 |
| 2014 | Pikachu, quelle est cette clé ? | 17e film, Diancie et le cocon de l'annihilation | VF, 4 novembre 2017 (support non précisé) |
| 2015 | Pikachu et le groupe Pokémon | 18e film, Hoopa et le choc des légendes | Jamais |
Deux arrêts, dont un seul est expliqué
Le premier arrêt n'a jamais reçu de justification publique. La base secrète des Pokémon dansants passe le 19 juillet 2003 avec Jirachi, le génie des vœux ; l'été suivant, La destinée de Deoxys sort seul, le 17 juillet 2004. Wikipédia japonais énonce les deux faits dans la même phrase — à partir de ce film et pendant huit ans, la projection simultanée est supprimée et la durée du long métrage s'allonge — sans expliquer la décision. Les chiffres vont dans ce sens : le 6e film dure 81 minutes, le 7e 101 selon eiga.com, quand Wikipédia japonais porte 80 et 99. Le long métrage a bien absorbé la place du court, mais c'est une concomitance documentée, pas une cause établie.
Neuf ans plus tard, la pratique reprend pour quatre étés, du 14 juillet 2012 au 18 juillet 2015. La sérénade de Meloetta rouvre la série sous un titre calqué sur l'anglais, là où le japonais parle d'un « récital étincelant » ; le dernier de tous, Pikachu et le groupe Pokémon, montre des répétitions d'orchestre interrompues sans arrêt.
Le second arrêt, lui, est documenté. Le 19e film, Volcanion et la merveille mécanique, sort seul le 16 juillet 2016, et son producteur exécutif Junya Okamoto s'en explique dans la presse japonaise le 27 juin 2016. Il pose trois choses : sur les dix-neuf films alors sortis, huit n'avaient pas de court métrage et aucune règle ne préside à ces absences ; l'équipe, après un court aussi expérimental que le spectacle musical de 2015, a décidé de « prendre une pause » ; et la suppression du court a allongé le film d'une vingtaine de minutes. Son décompte de huit exclut le film qu'il promeut : mécaniquement, on en compte neuf. La pause dure toujours : aucun court n'a accompagné les films 20 à 23, et rien de tel n'est annoncé pour le 24e film, révélé le 30 août 2026.
Ce que la France a vu, et ce qu'elle n'a jamais vu
Trois de ces dix courts seulement ont été projetés au cinéma en France, en version française, avec les trois films de 2000 et 2001 ; le 13 juin 2001 ferme la parenthèse : plus aucun court Pikachu n'est repassé en salle française depuis. Camp Pikachu a suivi le 13 juillet 2005 en complément du DVD français du 5e film, en anglais sous-titré français — le seul des dix diffusé chez nous en version originale.
Les trois courts du second bloc ont reçu une VF sans jamais passer par la salle, dont La sérénade de Meloetta le 25 février 2013 sur l'application TV Pokémon, seule date que nos sources n'attestent qu'indirectement, et Pikachu, quelle est cette clé ? le 4 novembre 2017 sur un support que Poképédia ne précise pas.
Le compte s'arrête là. Trois courts n'ont jamais été traduits en français de France : L'excitant cache-cache de Pikachu (2001), le plus long des dix avec 24 minutes, La base secrète des Pokémon dansants (2003), et Pikachu et le groupe Pokémon (2015), le plus court avec 15 minutes. Le cas de 2003 est unique dans la franchise : le DVD édité au Canada en propose un doublage en français québécois, alors qu'aucune version française de France n'a jamais existé. Poképédia en fait la seule œuvre Pokémon traduite en français sans avoir bénéficié d'une VF de France.
Une durée affichée n'est pas une durée de film : celle qu'AlloCiné donne pour les films sortis en salles en France inclut le court métrage de première partie, ce qui explique l'écart avec la fiche technique japonaise. Le 1er film dure 75 minutes, la séance française était annoncée à 1 h 35 ; le 2e fait 82 minutes pour 1 h 40 de programme, le 3e 74 minutes pour 1 h 31. Les écarts valent 20, 18 et 17 minutes alors que les trois courts durent 23 minutes chacun : les durées d'exploitation sont arrondies à la minute, et aucune source consultée ne donne la durée officielle du programme français.
Ce que le cinéma Pokémon a rapporté au Japon
Les vingt-trois recettes japonaises de la saga font 90,71 milliards de yens, soit 3,94 milliards par film — un total qu'aucune source ne publie et qui se reconstitue à partir de la statistique annuelle de l'Eiren, l'association des producteurs de cinéma japonais. Les deux extrêmes tiennent dans un rapport de 1 à 3,6 : le premier film, sorti le 18 juillet 1998, encaisse 7,24 milliards de yens et reste le sommet jamais réatteint ; Les secrets de la jungle, vingt-troisième et dernier, tombe à 2,02 milliards de yens après le report de sa sortie à l'hiver 2020.
Deux pièges expliquent l'essentiel des écarts entre sources. Le premier tient à l'unité : le Japon publiait un revenu de distribution (配給収入) jusqu'en 1999, une recette brute en salles (興行収入) à partir de 2000. Pour le premier film les deux existent — 4,15 milliards de yens contre 7,24, soit 74 % de plus — et c'est le premier que l'on rencontre le plus souvent cité seul.
Le second piège est géographique : faute d'exploitation occidentale après le cinquième film, les « totaux mondiaux » publiés pour les films 6 à 23 sont pour l'essentiel la recette japonaise convertie en dollars. Le cas limite est Zoroark : Le Maître des Illusions, crédité de 71,1 millions de dollars par Box Office Mojo quand le détail territorial de sa propre fiche n'en totalise que 49,6 : 21,5 millions d'écart inexpliqué.
Trois cycles, et non une chute
L'idée d'un déclin continu ne résiste pas au relevé annuel. La saga connaît d'abord une descente de cinq millésimes, de 1998 à 2002 : quatre baisses consécutives, de 7,24 à 2,67 milliards de yens, soit -63,1 %. C'est la plus profonde de son histoire, et celle qui lui fait perdre son rang de tout premier plan.
Viennent ensuite trois relances, toutes mesurables : +68,5 % en 2003 avec le passage à Advance Génération, +47,6 % en 2007 avec L'ascension de Darkrai — point haut de l'ère moderne, à 5,02 milliards de yens, soit 69 % du premier film — et +65,1 % en 2017 pour les vingt ans de la série. Chacune est suivie d'exactement trois années de recul. Deux réserves avant d'y voir une règle. La troisième relance n'a que trois millésimes derrière elle — 2018, 2019, 2020 — parce que la saga s'arrête là : le motif n'y est pas vérifié, il y est seulement complet. Et le rebond n'est pas commandé par le renouvellement de la série télévisée : deux autres renouvellements n'en ont produit aucun, Noir et Blanc en 2011 (+4,1 %, sur un chiffre qui cumule les deux versions du quatorzième film et non les recettes d'un seul long métrage) et XY en 2014 (-8,2 %).
L'érosion que le public a en tête est plus tardive : cinq baisses consécutives de 2012 à 2016, de 4,33 à 2,15 milliards de yens, soit -50,3 %. Moins profonde que la première, mais plus longue d'un millésime. Quant à 2020 et ses -32,2 %, c'est d'abord un accident sanitaire, et rien ne permet de vérifier qu'il ne s'agissait que de cela : aucun nouveau long métrage n'est sorti depuis, et le prochain point de comparaison sera celui de 2027.
Six longs métrages Pokémon dans le top 100 japonais de tous les temps
Le classement des cent plus grosses recettes de films japonais, arrêté au 30 août 2026, compte six entrées Pokémon : le premier film au 50e rang, le deuxième au 57e, L'ascension de Darkrai au 88e, Le sort des Zarbi au 91e, Giratina et le Gardien du Ciel au 92e et Arceus et le Joyau de Vie au 98e, trois de ces rangs étant ex aequo. Aucun film postérieur à 2009 n'y figure, et l'échelle a changé : la tête du classement revient à Demon Slayer - Le Train de l'Infini, 40,75 milliards de yens, 5,6 fois le meilleur score Pokémon.
L'ORICON créditait la série de 60,74 millions de spectateurs japonais dès le quatorzième film, sorti en 2011, dans un bilan publié en juillet 2012, et le seuil des 70 millions a été franchi au dix-huitième, en 2015 ; aucun cumul à vingt-trois films n'a été publié.
Hors du Japon : cinq films, puis plus rien
Seuls les cinq premiers longs métrages ont connu une exploitation en salles hors d'Asie. Pokémon : Le film, sorti en Amérique du Nord le 10 novembre 1999, y réalise 85 744 662 dollars pour un total mondial de 163,6 millions, et il a détenu de 1999 à 2025 le record de recettes américaines pour un film japonais. Son budget n'est pas établi, les valeurs publiées allant de 5 à 30 millions de dollars sans qu'aucune cite de document de production, et seuls les trois premiers longs métrages en ont un de publié : pour les films 4 à 23 le budget n'est pas connu, et la saga n'a donc pas de classement de rentabilité.
La pente occidentale, à base constante, se lit en cinq nombres : 163,6 puis 133,9 puis 68,4 puis 28,0 puis 20,9 millions de dollars, Les Héros Pokémon ne pesant plus que 13 % du premier. Les infobox de Wikipédia en publient de plus élevés pour trois d'entre eux, hérités de conversions à cent yens pour un dollar. La suite n'est pas une baisse mais un arrêt : Jirachi, le génie des vœux part directement en vidéo en Amérique du Nord le 1er juin 2004, moins d'un an après l'été où sa recette japonaise avait remonté de 68,5 %. C'est une décision de distribution, pas un verdict de public.
La France : 3,1 millions d'entrées en quatorze mois
Trois films seulement ont connu une exploitation classique dans les salles françaises, et leur chute y est plus brutale qu'au Japon : 2 224 432 spectateurs pour le premier film, 730 002 pour le deuxième, 160 401 pour le troisième, soit 3 114 835 entrées en quatorze mois, dont 71,4 % pour le seul premier film. Sur ces trois mêmes titres, la recette japonaise recule de 33 % quand les entrées françaises reculent de 93 %.
Ces chiffres valent mieux que les totaux en dollars : ce sont des entrées, comparables sans conversion. Au 3 septembre 2026, le premier film détient toujours le record d'entrées pour un film japonais en France comme en Allemagne, où il a vendu 3 222 452 billets. Deux réserves. Le relevé public est incomplet : AlloCiné n'archive que les deux premières semaines du troisième film, 80 410 entrées, la moitié du total. Et les deux retours événementiels, Je te choisis ! en novembre 2017 et Volcanion et la merveille mécanique en novembre 2025, n'ont donné lieu à aucune publication d'entrées.
Qui fabrique un long métrage Pokémon
Trois entités distinctes fabriquent un long métrage Pokémon. Le studio OLM l'anime, un comité de production appelé Pikachu Project le finance et le détient, et Toho le distribue dans les salles japonaises — les vingt-trois films sans exception. Ce partage a tenu vingt-deux ans, à une bascule près : en 2017, avec Je te choisis !, Toho entre au comité de production sans cesser de distribuer, et devient donc coproducteur des quatre derniers films. Le comité comptait dix sociétés en 1998, Nintendo et Game Freak comprises ; il en compte huit depuis.
Le studio OLM et son système d'équipes
OLM est une société de Setagaya, à Tokyo, dont l'activité démarre le 3 octobre 1990 et qui est constituée en société en juin 1994 : les deux dates circulent, elles sont toutes les deux exactes. Ce n'est pas un studio dédié à Pokémon — on lui doit aussi Yo-kai Watch et Berserk — et il employait 204 salariés en mars 2025. Il travaille par équipes désignées par le nom de leur producteur d'animation, affichées au générique sous la forme « TEAM ○○ ».
La définition qui court partout attribue les films à l'équipe de Tsukasa Koitabashi ; les génériques japonais la nuancent : le film de 1998 porte la mention TEAM OTA dans sa version d'origine, Team Koitabashi est crédité du sixième au seizième film, Team Kamei sur les trois films de la période XY, Team Kato sur les films 20, 21 et 23. Le vingt-deuxième n'a aucune équipe 2D.
Kunihiko Yuyama, vingt et un films sur vingt-trois
Né le 15 octobre 1952 à Nerima, Kunihiko Yuyama compte parmi les participants à la création d'OLM. Il réalise seul les vingt premiers longs métrages, puis coréalise le vingt-deuxième avec Motonori Sakakibara : vingt et un films sur vingt-trois. Les deux exceptions portent le même nom, Tetsuo Yajima, venu de la série XY, qui signe le film 21 puis le dernier film de la saga OLM. Yuyama n'a pourtant quitté ni l'un ni l'autre : sur ces deux films, il reste crédité superviseur de l'animation, et figure donc au générique des vingt-trois films.
Les scénaristes, et l'après-Shudo
Le scénario est le poste où la saga a le plus changé de main. Takeshi Shudo, scénariste principal des premières saisons télévisées, écrit les films 1 et 2 et cosigne le 3 ; il meurt le 29 octobre 2010 à Nara, d'une hémorragie cérébrale. Son texte revient à l'affiche neuf ans plus tard : le remake de 2019 suit l'original de si près que le studio a dû négocier les droits avec ses ayants droit, et Shudo y est crédité au scénario à titre posthume — cas unique de la saga.
| Films | Scénariste(s) | Ce que la bascule change |
|---|---|---|
| 1 et 2 | Takeshi Shudo | Écriture d'auteur, registre existentiel |
| 3 | Shudo et Hideki Sonoda | Passation de témoin |
| 4 à 17 | Hideki Sonoda | Quatorze d'affilée, record de la saga |
| 18 et 19 | Atsuhiro Tomioka | Première rupture depuis 2001 |
| 20 | Shoji Yonemura | Un auteur de tokusatsu, pour le reboot |
| 21 | Eiji Umehara et Aya Takaha | Deux auteurs extérieurs |
| 22 | Shudo, à titre posthume | Le texte de 1998 rejoué |
| 23 | Tomioka et Tetsuo Yajima | Le réalisateur coécrit |
La musique, elle, tient par un seul homme. Shinji Miyazaki, né le 7 octobre 1956, compose pour la série télévisée depuis 1997 et signe la partition de tous les longs métrages, à deux exceptions près : le volet Blanc - Victini et Zekrom du film 14, confié à Akifumi Tada et Kazuhiko Sawaguchi, et le film 23, dont le compositeur principal est Taiiku Okazaki. Deux cosignatures s'oublient : Hirokazu Tanaka, le compositeur historique de Game Freak, cosigne les films 1 et 2, et l'accordéoniste coba le film 5.
Le repérage à l'étranger, avant de dessiner la ville
La fabrication comporte une constante rare pour une série annuelle destinée aux enfants : l'équipe part visiter un pays réel avant de dessiner une ville imaginaire. La pratique commence au film 5 avec Venise, puis passe par Vancouver, la Bavière, la Grèce, les Pays-Bas et Dubaï — et par la France en 2011, pour le double film Noir et Blanc : Nice, Gourdon, Tourrettes-sur-Loup et le Mont-Saint-Michel. Pour le film 17, Yuyama a emmené au Canada son scénariste Hideki Sonoda et son compositeur Shinji Miyazaki.
Ce que coûte cette fabrication, en revanche, reste inconnu. Les budgets ne sont presque jamais publics. Trois films en portent un, et aucun n'est stable : celui de 1998 est donné à 350 millions de yens côté japonais, puis à 5 millions de dollars par Wikipédia en anglais, à 10 millions par JP Box-Office et à 30 millions par Box Office Mojo comme par The Numbers ; celui de 1999 est donné à 30 millions de dollars ; celui de 2000, à 3 millions chez The Numbers et à « 3 à 16 millions » chez Wikipédia. Pour les films 4 à 23, le budget n'est pas connu.
Le film 22, refait entièrement en images de synthèse
Pokémon : Mewtwo contre-attaque – Évolution, sorti le 12 juillet 2019, est le seul long métrage de la saga fabriqué intégralement en 3DCG. Son générique aligne trois sociétés — OLM, sa branche OLM Digital et Sprite Animation Studios, le studio d'images de synthèse américain du groupe, installé à Los Angeles. Miyazaki y reste à la musique malgré le changement de technique.
Cette mécanique s'est arrêtée net après 2020 : aucun long métrage Pokémon n'a plus été animé par OLM depuis, et le suivant change de studio, de héros et de comité de production (voir plus bas).
Les titres français, et pourquoi ils ne se ressemblent pas
Un long métrage de la saga porte trois titres indépendants. Le japonais suit une formule fixe, Gekijōban Pocket Monsters (« Pocket Monsters, version cinéma »), le cycle en cours, puis un sous-titre qui nomme la créature vedette. L'américain est refait par l'adaptateur occidental, 4Kids Entertainment jusqu'au huitième film puis Pokémon USA. Le français, lui, est décidé par l'éditeur qui exploite le film chez nous, et ils ont été cinq : Warner Bros., Buena Vista, TF1 Vidéo, France Télévisions, Netflix. Ce troisième titre ne traduit ni le premier ni le second : il traduit une stratégie commerciale.
Pourquoi le premier film ne s'appelle pas Mewtwo contre-attaque
Le titre japonais de 1998, Myūtsū no Gyakushū, signifie « la contre-attaque de Mewtwo ». L'américain le conserve, mais en seconde position : l'affiche vend Pokémon: The First Movie, et Mewtwo Strikes Back n'est que le sous-titre. La France a traduit l'étiquette de marque, et rien d'autre. Sa jaquette porte POKÉMON, puis LE FILM, et renvoie le duel à une accroche imprimée plus bas : « #150 le plus grand match de tous les temps #151 — MEWTWO CONTRE MEW ». Pas « contre-attaque ». Le sous-titre n'a donc pas été perdu en chemin : il n'a jamais été le titre.
L'Europe continentale s'est partagée en deux sur ce point. Néerlandais, danois, suédois, portugais et espagnol ont gardé le duel dans le titre — Pokémon de Film: Mewtwo tegen Mew, Pokémon: La película - Mewtwo vs. Mew. Seuls l'allemand, l'italien et le français l'ont réduit à l'étiquette de marque, en repoussant Mewtwo contre Mew vers l'accroche ou l'écran-titre.
« Mewtwo contre-attaque » devient un titre français officiel vingt ans plus tard, avec le remake disponible en français le 27 février 2020 sur Netflix sous le nom Pokémon : Mewtwo contre-attaque – Évolution. Son carton-titre français n'affiche d'ailleurs pas le mot « Pokémon », seulement MEWTWO CONTRE-ATTAQUE et, en bandeau, ÉVOLUTION. Le dossier de ce remake détaille ce qu'il change au récit de 1998.
Le sous-titre s'est ensuite recollé au film d'origine, par la vidéo et le streaming plutôt que par le cinéma : Wikipédia, TMDB et JustWatch nomment aujourd'hui le film de 1998 Pokémon, le film : Mewtwo contre-attaque. Aucune source éditoriale ne date ce basculement ; deux traces françaises l'encadrent, postérieures au remaster HD : la rediffusion du 30 août 2016 sur NT1 et le DVD France Télévisions du 5 octobre 2016.
D'où une convention, pour toute la suite : sur cette page, le premier film s'écrit Pokémon : Le film, la graphie de Poképédia. Les autres graphies relevées ici désignent la même œuvre.
Une convention de titrage qui change à chaque cycle
La numérotation n'a vécu que trois films : Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi, Pokémon 3 : Le sort des Zarbi et Pokémon 4Ever - Celebi, la voix de la forêt, dont le chiffre est un calembour anglais importé tel quel, 4Ever pour forever. Aucun long métrage n'a été numéroté en français après celui-là. Viennent cinq titres en « Pokémon : » entre le septième et le douzième film, le neuvième excepté, puis un cas unique : Pokémon - Zoroark : Le Maître des Illusions, seul titre de la saga à combiner un tiret et des deux-points.
La bascule suivante est datable. « Pokémon, le film : » apparaît avec le quatorzième film, arrivé en France le 18 avril 2012 sur Disney XD, et c'est la traduction littérale du Pokémon the Movie: adopté au même moment aux États-Unis. La formule tient jusqu'au bout de la saga, avec une seule exception après 2012 : le remake de 2019, qui calque son titre américain.
La ponctuation, elle, n'a jamais été stabilisée : Poképédia écrit Pokémon 3 : Le sort des Zarbi quand Wikipédia écrit Le Sort des Zarbi. Un film porte même deux titres français : le quinzième existe sous Kyurem VS l'Épée de la Justice et sous Kyurem VS la Lame de la Justice, Bulbapedia relevant les deux sans les dater, Poképédia ne retenant que le second — et c'est celui-là qui a fixé le nom français du groupe de légendaires, que les jeux n'avaient jamais nommé, Poképédia sourçant son article « Lames de la Justice » sur le film lui-même.
Les deux titres qui ne commencent pas par « Pokémon »
On lit partout, y compris dans nos propres dossiers, que Les Héros Pokémon est le seul long métrage dont le titre français ne commence pas par « Pokémon ». Ils sont deux. Le Modèle:Film de Poképédia, la table qui nomme chaque film dans toute l'encyclopédie, donne pour le sixième Jirachi, le génie des vœux, sans le mot de la marque : sur vingt-trois entrées, deux n'ouvrent pas sur « Pokémon », pas une seule.
Les objets commerciaux ne disent pas la même chose, et pas dans le même sens pour les deux films. La jaquette DVD TF1 Vidéo du sixième film empile POKÉMON, JIRACHI, puis « Le génie des vœux ». Celle du cinquième fait l'inverse : LES HÉROS sur la première ligne, POKÉMON sur la seconde, comme le titre encyclopédique. Aucune des deux sources ne se trompe : l'une enregistre le titre de l'œuvre, l'autre un verrou graphique de jaquette. Elles ne coïncident que pour le film d'Alto Mare.
Deux cas voisins complètent le tableau. Le neuvième film commence bien par « Pokémon », mais le mot appartient au nom du jeu Pokémon Ranger, pas à un préfixe de marque. Et sur les cartons-titres relevés par Bulbapedia, quatre autres films perdent le préfixe que portent leurs jaquettes : les huitième, dixième, onzième et douzième.
Ce que le titre français laisse tomber en route
Mis côte à côte, les trois titres d'un même film énoncent trois promesses : le japonais nomme la créature, l'américain reformule pour son marché, le français hérite de l'américain et coupe encore. Dix films suffisent à voir le mécanisme.
| N° | Japon (traduit) | États-Unis | France |
|---|---|---|---|
| 1 | La contre-attaque de Mewtwo | Mewtwo Strikes Back | Pokémon : Le film |
| 2 | Le Pokémon fantôme : la naissance explosive de Lugia | The Power of One | Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi |
| 3 | L'empereur de la tour de cristal : Entei | Spell of the Unown: Entei | Pokémon 3 : Le sort des Zarbi |
| 5 | Les héros protecteurs de la cité de l'eau : Latias et Latios | Pokémon Heroes: Latios & Latias | Les Héros Pokémon |
| 9 | Pokémon Ranger et le prince des mers : Manaphy | Pokémon Ranger and the Temple of the Sea | Pokémon Ranger et le temple des mers |
| 11 | Giratina et le bouquet du ciel : Shaymin | Giratina and the Sky Warrior | Pokémon : Giratina et le Gardien du Ciel |
| 14 | Victini et le héros noir : Zekrom | White — Victini and Zekrom | Pokémon, le film : Blanc - Victini et Zekrom |
| 16 | Genesect Vitesse Extrême : Mewtwo s'éveille | Genesect and the Legend Awakened | Pokémon, le film : Genesect et l'éveil de la légende |
| 19 | Volcanion et la Magearna mécanique | Volcanion and the Mechanical Marvel | Pokémon, le film : Volcanion et la merveille mécanique |
| 23 | Koko | Secrets of the Jungle | Pokémon, le film : Les secrets de la jungle |
Deux écarts reviennent. La créature vedette disparaît du titre français : Entei au troisième film, que l'américain avait pourtant conservé ; Shaymin au onzième et Magearna au dix-neuvième, que l'américain avait déjà effacés avant nous. Et le sens glisse d'une langue à l'autre : l'anglais du dix-huitième film annonce un choc des époques, le français un choc des légendes. Deux films seulement alignent les trois langues sans écart : le vingtième, Je te choisis !, et le remake de 2019.
Doublage et montage : ce que l'Occident a changé aux films
Un film Pokémon n'arrive pas en France depuis le japonais : il passe par un montage international refait en anglais. Jusqu'au huitième long métrage, ce montage est fabriqué par 4Kids Entertainment ; à partir du neuvième, par Pokémon USA, qui le confie à TAJ Productions puis à DuArt Film & Video. Ce détour explique presque tout ce qui suit : coupes, dialogues réécrits et partitions remplacées sont des décisions américaines, prises avant qu'un comédien français n'entre en cabine.
La coupe la plus lourde est le prologue du premier film. Mewtwo y est un enfant qui parle, qui rencontre Ambertwo — le clone d'Amber, la fille morte du Dr Fuji —, qui voit mourir les autres clones autour de lui, et que l'on endort pour effacer son traumatisme. Deux minutes seulement en ont été doublées, avant le film sur la VHS française, puis en bonus sur le DVD. Le prologue entier n'a jamais été doublé : il n'existe en France qu'en anglais sous-titré, en supplément du DVD du Retour de Mewtwo.
Les dialogues, eux, ont changé de sujet. Bulbapedia résume l'écart du premier film d'une phrase : la version japonaise explore des thèmes existentiels, le doublage anglais y substitue un message anti-violence.
- Mewtwo demande au Dr Fuji s'il a été créé par Dieu : la question disparaît en anglais, et le remake de 2019 la contourne en lui faisant invoquer la nature.
- Le discours final est retourné : en japonais, Mew soutient que les copies ne battront jamais les originaux ; en anglais, la vraie force vient du cœur, et Miaouss ajoute une morale sur ce qui rassemble.
- Le deuxième film reçoit le concept d'Élu, absent de l'original, et un jeu de mots intraduisible : la prophétie anglaise redoute que la terre ne se réduise en cendres, ash, le prénom anglais de Sacha.
- Le troisième invente la disparition de la mère de Molly Hale et remonte le retour du père avant le générique, 4Kids jugeant que le public occidental quitte la salle trop tôt.
- Le cinquième perd deux minutes de préambule sur l'origine d'Alto Mare, rattache Annie et Oakley à la Team Rocket et passe l'image entière au filtre bleu.
La musique a suivi le même chemin, puis a fait demi-tour. 4Kids a refait la partition des trois premiers films, thèmes de la Team Rocket exceptés : dans le combat des clones, la musique de bataille japonaise cède la place à la chanson Brother My Brother. Dès le quatrième film la bande originale japonaise est conservée pour l'essentiel, et le sixième est le premier dont même la musique de l'écran-titre reste intacte. La parenthèse ne rouvre qu'une fois, treize ans plus tard, avec le dix-septième film, de nouveau remusiqué pour l'export.
Les erreurs, elles, n'ont jamais été corrigées, et elles ne viennent pas toutes du même endroit. Trois remontent à l'adaptation américaine, et le premier film les porte toutes : le Roucarnage y est appelé Roucoups, et la Team Rocket désigne un Insécateur par « Alakazam » et un Sablaireau par « Sabelette ». Les autres sont françaises. Le quatrième film en porte deux : Sammy y ordonne un « Coup de Tête » quand la capacité s'appelle Coup d'Boule, et Togepi y prononce son nom « Tojepi ».
Suivent le septième, qui appelle sa ville Larousse City au lieu de Dicoville, le huitième, où Kidd Summers dit que le Seigneur Aaron a enfermé Lucario dans le béton au lieu du bâton, et le vingtième, où des Taupiqueur crient « Trio trio trio », le cri de Triopikeur. La dernière est de la même famille : un Ortide, n° 0044, crie « Rafflesia » — le nom français du n° 0045, sa propre évolution.
Côté français, le doublage a changé cinq fois de régime en vingt et un ans.
| Films | Studio | Direction | Adaptation des dialogues |
|---|---|---|---|
| 1, 2, 5 | Dubbing Brothers (Belgique) | Daniel Nicodème | Pierre Métais, Alexandre Gibert |
| 4, 6, 7 | MediaDub International (France) | Pauline Brunel (4 et 7) | Aziza Hellal et Laurent Gourdon (4), Christian Agullo (7) |
| 8 à 12 | Sun Studio (Belgique) | Daniel Nicodème, puis Jean-Marc Delhausse (12) | Isabelle Frances, Dimitri Botkine, Alexandre Gibert |
| 13 à 19 | SDI Media Belgium | Jean-Marc Delhausse | Sophie Servais, chansons Marie-Line Landerwijn |
| 22 | SDI Media | Jean-Marc Delhausse | Sophie Servais |
Le studio du troisième film n'est documenté nulle part, ceux des films 20, 21 et 23 non plus. En 2007, quand trois longs métrages quittent l'équipe belge de la série pour un studio parisien, Nessym Guetat, la voix de Miaouss, est le seul comédien commun aux deux distributions, castings entiers comparés. Puis, du treizième au vingt-deuxième film, s'installe l'équipe la plus stable de la saga. Aucun redoublage n'est recensé : les rééditions vérifiées reprennent toutes la piste d'origine, et celle de 2012 laisse Mentali et le Qulbutoké de Jessie annoncer leur nom anglais dans le cinquième.
Pendant sept films, deux versions francophones ont coexisté. Le Québec a eu ses propres titres et son propre doublage jusqu'à La destinée de Deoxys, dernier film de la licence doublé en français québécois ; après lui, les bases de données recopient le titre européen faute de version distincte. Les deux traditions ne traitaient pas les noms de la même façon : le Québec garde Ash Ketchum, Misty et Meowth quand la France dit Sacha, Ondine et Miaouss. Et elles se sont croisées une fois — la VF du septième film reprend l'adaptation québécoise.
Un légendaire par affiche : la règle et ses exceptions
C'est la règle la plus citée de la saga : chaque film aurait son légendaire. Poképédia l'énonce prudemment — les longs métrages mettent « quasiment tous » en scène un Pokémon légendaire ou fabuleux — sans dire ce que couvre le « quasiment ». Vérifiée film par film, la version large de la règle ne souffre pourtant aucune exception : les 23 films alignent au moins un légendaire ou un fabuleux. Le « quasiment » ne devient nécessaire que si l'on resserre l'énoncé, ce qui peut se faire de trois façons, pour trois décomptes différents.
Les deux étiquettes ne sont pas synonymes : les 94 créatures qui les portent se répartissent en 71 légendaires et 23 fabuleux. Exigez un légendaire au sens strict, et le décompte tombe à 22 films sur 23. Le seul manquant est le vingt-troisième : Zarude et le Celebi chromatique qui l'accompagne sont deux fabuleux, et aucun légendaire ne passe à l'écran.
Exigez à l'inverse un fabuleux, et la règle descend à 20 films sur 23 : les deuxième, troisième et cinquième n'en comportent aucun, et depuis le sixième la chaîne ne s'est plus rompue, soit dix-huit films d'affilée. Réserve sur le troisième : son Entei est une illusion fabriquée par les Zarbi, ce qui en fait pour Bulbapedia le premier film sans véritable légendaire — sous cette lecture, le décompte strict passe de 22 à 21.
Troisième resserrement, le plus visible à l'écran : la créature qui porte le film n'est pas toujours une créature rare. Trois films sur 23 confient leur premier rôle à une espèce ordinaire — les Zarbi du troisième, Lucario dans le huitième, Zoroark dans le treizième. Aucun des trois n'est légendaire ni fabuleux, et les trois films en comportent malgré tout.
Pourquoi la vedette sort presque toujours des jeux du moment
La règle a une cause mécanique : le film sort chaque été au milieu du cycle de la génération en cours et sert de vitrine aux jeux du moment. Comptée sur l'ensemble du casting et non sur la seule affiche, la règle « au moins un légendaire ou fabuleux issu de la génération en cours » se vérifie dans 20 films sur 23. Le cinquième y échappe, Latias et Latios étant de troisième génération quatre mois avant Rubis et Saphir ; le treizième aussi, où Celebi et les fauves de Johto sont de deuxième génération ; le vingt-deuxième surtout, puisque le remake de 2019 rejoue le premier film avec Mewtwo et Mew quand Soleil et Lune occupaient les consoles.
Les deux premières exceptions ne sont pas des accidents, mais l'effet d'une seconde tradition : le dernier film d'un cycle montre une créature de la génération suivante. Ouverte par le cinquième film en 2002, elle tient jusqu'au dix-neuvième en 2016, et explique Manaphy en 2006, Zorua et Zoroark en 2010, Magearna en 2016. Six films au total — les deuxième, cinquième, huitième, neuvième, treizième et dix-neuvième — montrent leur vedette avant qu'elle n'existe dans un jeu commercialisé, avec deux mois d'avance pour Manaphy et quatorze pour Lucario.
Le contrôle doit donc porter sur tout le casting, jamais sur la seule affiche. Le huitième film en donne la démonstration : ni Lucario ni Mew ne relèvent de la génération alors en cours, mais les trois golems de Hoenn — Regirock, Regice et Registeel — gardent les souterrains du château. Le treizième, lui, n'a aucun rattrapage possible : pas un légendaire de quatrième génération ne passe à son écran.
Le tableau reprend les 23 films, la créature rare mise en avant et sa génération ; celle des jeux alors en cours n'est rappelée que lorsqu'elle diffère.
| N° | Film | Créature à l'affiche | Génération |
|---|---|---|---|
| 1 | Pokémon : Le film | Mewtwo et Mew | 1re |
| 2 | Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi | Lugia ; Artikodin, Électhor et Sulfura | 2e et 1re |
| 3 | Pokémon 3 : Le sort des Zarbi | les Zarbi, et un Entei d'illusion | 2e |
| 4 | Celebi, la voix de la forêt | Celebi et Suicune | 2e |
| 5 | Les Héros Pokémon | Latias et Latios | 3e (jeux en cours : 2e) |
| 6 | Jirachi, le génie des vœux | Jirachi et Groudon | 3e |
| 7 | La destinée de Deoxys | Deoxys et Rayquaza | 3e |
| 8 | Lucario et le Mystère de Mew | Lucario et Mew | 4e et 1re (jeux en cours : 3e) |
| 9 | Pokémon Ranger et le temple des mers | Manaphy et Kyogre | 4e et 3e |
| 10 | L'ascension de Darkrai | Darkrai, Dialga et Palkia | 4e |
| 11 | Giratina et le Gardien du Ciel | Giratina et Shaymin | 4e |
| 12 | Arceus et le Joyau de Vie | Arceus | 4e |
| 13 | Zoroark : Le Maître des Illusions | Zoroark, Celebi et les trois fauves de Johto | 5e et 2e (jeux en cours : 4e) |
| 14 | Noir - Victini et Reshiram / Blanc - Victini et Zekrom | Victini, Reshiram et Zekrom | 5e |
| 15 | Kyurem VS la Lame de la Justice | Kyurem et Keldeo | 5e |
| 16 | Genesect et l'éveil de la légende | Genesect et Mewtwo | 5e et 1re |
| 17 | Diancie et le cocon de l'annihilation | Diancie, Xerneas et Yveltal | 6e |
| 18 | Hoopa et le choc des légendes | Hoopa, et treize légendaires | 6e, plus la 1re à la 5e |
| 19 | Volcanion et la merveille mécanique | Volcanion et Magearna | 6e et 7e |
| 20 | Je te choisis ! | Ho-Oh et Marshadow | 2e et 7e |
| 21 | Le pouvoir est en nous | Lugia et Zeraora | 2e et 7e |
| 22 | Mewtwo contre-attaque – Évolution | Mewtwo et Mew | 1re (jeux en cours : 7e) |
| 23 | Les secrets de la jungle | Zarude et un Celebi chromatique | 8e et 2e |
Le film sort, la créature se distribue dans les jeux
Le ressort le moins raconté de la saga est aussi le plus régulier : chaque long métrage remet une créature aux joueurs. Poképédia le formule sans détour : les créatures sont « d'abord distribuées au Japon dans les salles de cinéma ou durant les périodes de réservation », puis reprises ailleurs au cas par cas. Deux canaux japonais reviennent en boucle, reconnaissables au dresseur d'origine gravé dans la créature : « Eigakan », c'est-à-dire « cinéma », pour le cadeau remis pendant la projection, et la distribution de réservation, qui récompense l'achat du billet avant la sortie. Sur vingt-trois films, dix-huit ont donné lieu à au moins une distribution — les numéros 5, 6 et 8 à 23 — et treize seulement à une opération atteignable depuis la France.
Le cadeau n'est presque jamais décoratif : il sert de clé logicielle vers un contenu autrement inaccessible. Le trio Raikou, Entei et Suicune chromatiques du treizième film, transféré dans Noir et Blanc, ouvre le Bois des Illusions et son Zoroark de niveau 25 ; le Regigigas du onzième débloque les trois colosses dans Pokémon Platine. Arceus va le plus loin : remis en salle du 18 juillet au 30 septembre 2009, il déclenche dans Or HeartGold et Argent SoulSilver l'événement des Ruines Sinjoh, qui offre un dragon de niveau 1.
Le canal, lui, a changé six fois en vingt ans, au rythme des machines — et le vocabulaire d'époque n'est pas celui qu'on croit : jamais de « carte cadeau », mais du sans-fil local, du Cadeau Mystère, du code de série, du QR Code.
- Disque bonus et câble (2003-2004) : le Jirachi européen s'obtient dans Pokémon Channel (1er avril 2004) et passe sur Rubis et Saphir par câble NGC-GBA.
- Sans-fil local (2005-2013) : une borne ou une cartouche de distribution, en salle ou en magasin ; le modèle dominant pendant huit ans.
- Cadeau Mystère par la Connexion Wi-Fi Nintendo (2008-2013) : la créature arrive à domicile.
- Code de série (2014-2021) : carte à gratter, puis code imprimé sur le ticket de caisse dès novembre 2015, « évitant les problèmes de stock », puis code envoyé par courriel.
- QR Code (2016-2017) : scanné dans le jeu, à condition d'y être déjà assez avancé.
- Infrarouge (2015) : cas unique, les six légendaires du dix-huitième film, choisis à la borne du magasin où le billet avait été acheté.
La France est entrée tard dans le circuit. Le premier cadeau de film remis sur le sol français est le Darkrai « ALAMOS », distribué chez GAME du 3 au 6 juillet 2008, cinq semaines avant la première diffusion française du film : le tableau européen de Poképédia l'omet, Bulbapedia et l'Eventdex de Serebii l'enregistrent tous les deux. La première opération d'ampleur nationale ne suit que dix mois plus tard, avec le Shaymin « Film11 », du 15 mai au 15 juin 2009, dans douze enseignes, du BHV à Virgin. Le réseau se contracte ensuite : FNAC, GAME et Micromania de 2011 à 2013, Micromania seul dès 2015, plus aucun magasin après 2020. Entre-temps, la Paris Games Week a servi cinq années de suite de point de retrait, de Diancie en 2014 à Zeraora en 2018.
Cinq films n'ont rien distribué du tout à leur sortie, les cinq premiers, où ni Poképédia ni Bulbapedia ne recensent la moindre opération liée à un long métrage : la seule créature rattachée au cinquième film, la Latias de 2022, date de sa ressortie japonaise des 25 ans, vingt ans après. Deux autres n'ont jamais quitté l'Asie : le seizième, dont le Mewtwo et le Genesect chromatique de 2013 sont restés japonais, et le vingt-deuxième, limité à une précommande japonaise puis à la projection du doublage coréen. Le septième reste litigieux : rien au Japon selon la liste de référence, mais un Deoxys « DOEL » distribué aux Pays-Bas les 25 et 26 mai 2006.
Un piège classique, au passage : le Mewtwo distribué en France à partir du 9 août 2019, chez PicWicToys, ne célébrait pas Mewtwo contre-attaque – Évolution mais l'extension Soleil et Lune - Alliance Infaillible du jeu de cartes.
Plusieurs créatures ont été distribuées avant d'exister dans un jeu. Le QR Code de Magearna, imprimé sur un disque de borne Ga-Olé et remis aux spectateurs japonais en juillet 2016, ne fonctionnait dans aucun jeu existant. Le Pikachu Casquette Partenaire suit le même chemin les 5 et 6 novembre 2017, onze jours avant Ultra-Soleil et Ultra-Lune. La France a connu l'anomalie inverse : le Zarude du vingt-troisième film y est arrivé du 13 novembre au 13 décembre 2020, six semaines avant la sortie japonaise du film et près de onze mois avant Netflix.
La mécanique n'est pas morte avec le dernier long métrage : au Film Fest des 25 ans, au Japon, des codes ont encore été remis aux spectateurs de trois ressorties, du 11 août au 8 septembre 2022, tous expirés le 30 septembre — et aucune de ces trois opérations n'a quitté le Japon. Pour Pokémon: Wild Card, annoncé le 30 août 2026, rien n'était annoncé au 3 septembre 2026.
Douze lignes suffisent à montrer le mécanisme et ses six canaux successifs. Elles ne recensent pas les dix-huit films qui ont distribué : le tableau retient une opération par canal et par territoire, pas la totalité.
| Film | Créature distribuée | Canal | Territoire et dates |
|---|---|---|---|
| 6 | Jirachi « CHANNEL » | Disque de Pokémon Channel, câble NGC-GBA | Europe, dès le 1er avril 2004 |
| 8 | Mew « Hadou » | Sans-fil local, sur réservation | Japon, 16 avril - 8 mai 2005 |
| 10 | Darkrai « ALAMOS » | Sans-fil local, magasins GAME | France, 3-6 juillet 2008 |
| 11 | Shaymin « Film11 » | Sans-fil local, douze enseignes | France, 15 mai - 15 juin 2009 |
| 12 | Arceus « Eigakan » | Sans-fil local, en salle | Japon, 18 juillet - 30 septembre 2009 |
| 13 | Raikou, Entei et Suicune chromatiques | Cadeau Mystère par Wi-Fi | Europe, 7-27 février 2011 |
| 14 | Victini « FILM14 » | Cadeau Mystère par Wi-Fi | France, 31 mai - 1er juillet 2012 |
| 17 | Diancie « NOV2014 » | Code, Paris Games Week puis magasins | France, 29 octobre - 28 novembre 2014 |
| 18 | Un des six légendaires, au choix | Infrarouge, en magasin | Japon, 20 juin - 31 août 2015 |
| 19 | Magearna | QR Code publié en ligne | Europe, dès le 7 décembre 2016 |
| 23 | Zarude | Code par courriel | France, 13 novembre - 13 décembre 2020 |
| 5, 6 et 10 | Latias, Jirachi, Dialga ou Palkia | Code remis en salle, ressorties des 25 ans | Japon, 11 août - 8 septembre 2022 |
La grammaire d'un long métrage Pokémon
Vingt-trois longs métrages en vingt-deux ans produisent des habitudes. Chaque régularité décrite ici porte donc son décompte et ses exceptions nommées : une phrase exacte sur un film devient vite une règle fausse sur les vingt-deux autres.
Juillet, le samedi, puis le vendredi
La régularité la mieux tenue est calendaire : 22 films sur 23 sont sortis au Japon au mois de juillet, et l'exception est unique — Les secrets de la jungle, que la pandémie a repoussé au 25 décembre 2020.
La fenêtre est plus étroite encore : les 22 dates japonaises de juillet tiennent en treize jours, du 7 au 19 : le plancher est le 7 juillet 2001 (quatrième film), le plafond le 19 juillet (sixième, onzième, dix-septième). Le jour de la semaine n'a bougé qu'une fois : les films 1 à 20 sont sortis un samedi, vingt fois de suite, les films 21, 22 et 23 un vendredi. Côté français, aucune règle de date n'existe.
Trois présences à 23 sur 23, et ce qu'elles recouvrent
Pikachu n'a jamais manqué un film : 23 apparitions sur 23, et sa présence entre dans la définition même que Poképédia donne du format. Il déclenche la résolution du climax dans au moins deux films : au premier par ses larmes, au vingtième en balayant Marshadow d'un Tonnerre, seul en scène. Ce vingtième film est aussi le premier où il parle réellement, ailleurs que par sous-titres.
Jessie, James et Miaouss forment l'autre présence intégrale : le trio figure à la distribution des 23 films. Mais la Team Rocket ne fournit l'antagoniste principal que de trois films — Giovanni dans le premier et dans son remake, le Chasseur Masqué dans le quatrième. Ailleurs, le trio est passager clandestin, sauveur involontaire, auxiliaire du méchant ou figuration muette : le quinzième est le seul film où il n'a aucune réplique.
Dans sept films au moins, le trio ne croise jamais Sacha ni ses compagnons — les films 5, 7, 12, 13, 14, 15 et 16. Ce chiffre est un minimum : les sources cessent de tenir ce constat après le dix-septième film, et le vingt et unième en est un huitième cas probable qu'aucune d'elles n'écrit. Le trio ferme aussi le film, dernier à l'écran avant le générique, dans les films 1 à 4 puis, une fois encore, au treizième.
Les compagnons tournent au rythme des saisons télévisées. Sacha voyage sans aucun compagnon de la série dans 3 films sur 23 : les vingtième, vingt et unième et vingt-troisième.
| Films | Compagnons de voyage |
|---|---|
| 1 | Ondine, Pierre |
| 2 | Ondine, Jacky ; Pierre en caméo |
| 3 et 4 | Ondine, Pierre ; Jacky en caméo |
| 5 | Ondine, Pierre |
| 6 à 9 | Pierre, Flora, Max |
| 10 à 13 | Pierre, Aurore |
| 14 à 16 | Iris, Rachid |
| 17 à 19 | Serena, Lem, Clem |
| 20 | aucun : deux inédits, Justine et Honoré |
| 21 | aucun : Sacha voyage seul |
| 22 | Ondine, Pierre (remake) |
| 23 | aucun : Sacha est un personnage secondaire |
Nuance : le vingtième fait revenir onze compagnons en caméo à son générique de fin. Bulbapedia écrit du vingt et unième qu'il est le premier film où aucun ami de Sacha issu de la série n'apparaît sous quelque forme que ce soit ; « premier » n'est pas « seul », et rien d'équivalent n'a été relevé pour le vingt-troisième, où Sacha ne voyage avec personne non plus. Pierre, présent dans les films 1 à 13, ne retrouve un rôle principal qu'au vingt-deuxième, neuf ans plus tard ; pour Ondine, absente depuis le cinquième, l'écart est de dix-sept ans.
Le squelette narratif, le sacrifice et la scène de larmes
La trame se répète assez pour qu'on la décrive, à condition d'assumer que ce modèle est une lecture et non un découpage documenté : prologue mythologique ou scientifique, arrivée du groupe dans un lieu-décor dessiné pour le film, rencontre avec une créature prise d'abord pour une menace, révélation que le danger vient d'un humain, escalade, sacrifice, séparation. L'escalade reste le plus souvent circonscrite au lieu du film, mais pas toujours : le deuxième joue l'équilibre climatique mondial, et le douzième fait juger l'humanité entière par Arceus. Les écarts de structure les plus nets : le troisième, qui remplace l'enjeu collectif par le deuil d'une petite fille et se passe d'antagoniste ; le onzième, premier film Pokémon à être la suite d'un autre ; le vingt-troisième, où Sacha n'est plus qu'un personnage secondaire.
Reste le motif que tout le monde retient, fondé dès le premier film par une légende de port : les larmes d'un Pokémon auraient autrefois ramené des noyés à la vie. Mort, sacrifice ou pétrification d'un personnage central se produisent dans 10 films sur 23 — les films 1, 2, 4, 5, 8, 12, 17, 19, 20 et 23. Deux seulement laissent une mort non annulée : le cinquième, où Latios se sacrifie, et le huitième, où Lucario et le Seigneur Aaron meurent tous les deux. Partout ailleurs, le sacrifice est réparé avant le générique : à 10 sur 23, le motif reste minoritaire face aux vraies constantes que sont Pikachu, le trio et le générique de fin.
Génériques et durées
Les 23 films ont un générique de fin japonais ; sept n'ont aucun générique d'ouverture — les films 6, 7, 9, 11, 13, 18 et 21. « Mezase Pokémon Master », l'ouverture historique de la série télévisée, ouvre cinq films dans cinq versions : les films 1, 4, 5, 20 et 22. Le vingt-troisième est le seul à n'employer aucun thème issu de la série. Rien de cela ne vaut pour les versions françaises, qu'aucune source ne recense.
Côté durée, la moyenne des 23 films s'établit à 88 minutes, du plus court — le quinzième, 72 minutes selon Poképédia et Bulbapedia, 71 selon la Wikipédia anglophone — au plus long, le neuvième, que Bulbapedia donne à 105 minutes et la Wikipédia anglophone à 107. Ces valeurs décrivent les versions internationales, les montages télévisés étant plus courts. L'évolution se lit en quatre blocs : 76,5 minutes de moyenne pour les films 1 à 6, 97,3 pour les films 7 à 14, 74,5 pour les films 15 à 18, 98,0 pour les films 19 à 23. Les deux périodes courtes sont celles où un court métrage précédait le long en salle.
Trois chiffres ci-dessus sont des mesures maison, non des données de source : le modèle narratif en sept étapes, le décompte des dix films à sacrifice et le rapprochement durée / court métrage. Ce dernier est une corrélation, pas une cause : les mêmes bornes séparent aussi les équipes d'animation successives.
Deux continuités, un seul Sacha
Poképédia rattache chaque long métrage à une saison de Pokémon, la série, « puisque, dans la majorité des cas, les événements d'un film se déroulent pendant la saison en cours au Japon ». Bulbapedia borne la règle : tous les films jusqu'à Volcanion et la merveille mécanique, soit les films 1 à 19, sont canoniques pour la série télévisée. Le vingtième change de régime, et la saga se dédouble.
La contrepartie est un vide d'effets. Bulbapedia y voit, « le plus souvent », l'équivalent d'épisodes de remplissage : Sacha n'y capture, n'y fait évoluer et n'y relâche aucun Pokémon, et n'y gagne ni badge ni ruban. Poképédia conclut de même. La cause est industrielle : un film est calé sur le calendrier des jeux de la génération en cours et sur la distribution événementielle qui l'accompagne, pas sur la progression du héros.
Deux exceptions entament la règle, en sens contraire. Le huitième film « introduit la notion d'aura dans le canon de la série animée », capacité que la série lui reconnaît ensuite au moins quatre fois, de l'épisode DP056 à JN021 ; le quatrième a fait abandonner l'intrigue de la GS Ball, qui devait contenir un Celebi. La saison 19 reçoit à l'inverse un raccord explicite : l'ouverture de Volcanion et la merveille mécanique montre le combat d'arène d'Alain contre Cornélia.
Le seul cas franchement disputé est le quatorzième film, sorti en deux versions le même jour. Poképédia le déclare hors canon dans les deux, « car dans le NB110, Iris dit qu'elle voudrait rencontrer Zekrom alors que dans le film elle est censée l'avoir vu ». Bulbapedia écrit l'inverse, « only one of the two versions of the fourteenth movie is canon », sans dire laquelle. Le désaccord est réel ; au moins une des deux versions est incompatible avec la saison 14.
Aucune déclaration de The Pokémon Company sur la canonicité des films 1 à 19 n'a été retrouvée au 3 septembre 2026 : ce statut est un usage documenté par les wikis, pas une position d'éditeur. La seule parole officielle repérée porte sur l'autre continuité : un panel du San Diego Comic-Con 2023 y voit l'univers cinématographique ouvert par Je te choisis !.
La rupture est datée. Je te choisis ! repart en 2017 du premier jour de Sacha, et Poképédia l'annonce en tête de son cycle 6 : « À partir de ce cycle, les films Pokémon s'éloignent complètement de Pokémon, la série. Les films 20 et 21 établissent une continuité alternative. » Sa fiche du vingt-troisième film l'y rattache aussi. Le périmètre exact est donc les films 20, 21 et 23, plus l'épisode spécial Un ciel bleu lointain !, diffusé au Japon le 23 décembre 2022, qui n'est pas un film. Bulbapedia y traite même Sacha comme un personnage à part, doté de sa propre fiche.
Le changement se voit à l'écran, et le vingtième film en porte la liste : captures, évolutions, un Salamèche qui obéit. Le vingt-troisième sort pendant la saison 23, où Sacha voyage avec Goh, et ne montre Goh nulle part. Ce n'est pas un monde neuf pour autant : l'épisode spécial rappelle le Férosinge de l'épisode 25.
Reste le vingt-deuxième, hors des deux continuités. Mewtwo contre-attaque – Évolution est « un remake en 3D du premier long-métrage », rangé seul par Poképédia dans le groupe « Autre » de son bandeau, distinct du groupe « Continuité alternative » réservé aux films 20, 21 et 23. Il rejoue la saison 1, Ondine et Pierre compris. Enfin, aucun film n'a été écrit dans la continuité d'une série en cours depuis 2016 : Pokémon, les horizons n'en a aucun au 3 septembre 2026. Un seul Sacha à l'écran, deux dans les fiches.
Le tableau ci-dessous fait donc tenir deux régimes dans une seule colonne. Pour les films 1 à 19, « Saison de rattachement » donne la saison où le film se déroule ; pour les films 20 à 23, seulement celle qui passait au Japon à la sortie, sans rattachement narratif.
| N° | Film | Saison de rattachement |
|---|---|---|
| 1 | Pokémon : Le film | 1 - La Ligue Indigo |
| 2 | Le pouvoir est en toi | 2 - Les Îles Oranges |
| 3 | Le sort des Zarbi | 3 - Voyage à Johto |
| 4 | 4Ever - Celebi | 4 - Les Champions de Johto |
| 5 | Les Héros Pokémon | 5 - La quête ultime |
| 6 | Jirachi, le génie des vœux | 6 - Advanced |
| 7 | La destinée de Deoxys | 7 - Advanced Challenge |
| 8 | Lucario et le Mystère de Mew | 8 - Advanced Battle |
| 9 | Ranger et le temple des mers | 9 - Battle Frontier |
| 10 | L'ascension de Darkrai | 10 - Diamant et Perle |
| 11 | Giratina et le Gardien du Ciel | 11 - DP Battle Dimension |
| 12 | Arceus et le Joyau de Vie | 12 - DP Combats Galactiques |
| 13 | Zoroark : Le Maître des Illusions | 13 - Vainqueurs de la Ligue de Sinnoh |
| 14 | Noir / Blanc - Victini | 14 - Noir & Blanc |
| 15 | Kyurem VS la Lame de la Justice | 15 - Destinées Rivales |
| 16 | Genesect et l'éveil de la légende | 16 - Aventures à Unys |
| 17 | Diancie et le cocon de l'annihilation | 17 - XY |
| 18 | Hoopa et le choc des légendes | 18 - La quête de Kalos |
| 19 | Volcanion et la merveille mécanique | 19 - XYZ |
| 20 | Je te choisis ! | 20 - Soleil et Lune |
| 21 | Le pouvoir est en nous | 21 - Ultra-Aventures |
| 22 | Mewtwo contre-attaque – Évolution | 22 - Ultra-Légendes |
| 23 | Les secrets de la jungle | 23 - Les voyages |
Dans quel ordre regarder les vingt-trois longs métrages
La règle ne se dit qu'avec ses exceptions dans la même phrase : vingt des vingt-trois longs métrages se regardent seuls, dans n'importe quel ordre, et les trois autres — les dixième, onzième et douzième — forment une suite dont l'ordre est imposé. Écrire « les films Pokémon sont indépendants » sans nommer la trilogie de Sinnoh, c'est envoyer un spectateur découvrir Giratina et le Gardien du Ciel sans avoir vu le film dont il répare les dégâts.
Cette autonomie est une conséquence de fabrication, pas une intention d'auteur : chaque long métrage emprunte le Pokégroupe du moment et le rend intact à la fin. Un film Pokémon ne fait pratiquement jamais progresser le héros, et les deux seules traces qu'un film ait laissées dans la série jouent dans l'autre sens : c'est elle qui va chercher le film, et aucun ordre n'en découle.
Les seules exceptions, et leur degré d'obligation
Reste à séparer ce qui contraint de ce qui se recommande. Une seule contrainte existe à l'intérieur des vingt-trois films : L'ascension de Darkrai, puis Giratina et le Gardien du Ciel, puis Arceus et le Joyau de Vie, que soude un flash-back. Deux autres portent sur des œuvres qui ne sont pas des longs métrages : Le retour de Mewtwo est la suite directe du premier film, Mewtwo - prélude à l'éveil le prologue explicite du seizième.
Le reste relève du confort. Les vingtième, vingt et unième et vingt-troisième films forment la continuité alternative, et aucun des trois ne dépend narrativement des deux autres. Commencer par Je te choisis ! reste préférable : c'est le seul qui explique pourquoi Sacha voyage sans compagnons et pourquoi rien de la série ne s'applique. L'épisode spécial Un ciel bleu lointain ! vient ensuite, après Les secrets de la jungle. Recommandé n'est pas obligatoire : la nuance compte.
Trois ordres possibles, un seul à recommander
| Ordre | Ce qu'il respecte | Là où il déraille |
|---|---|---|
| Sortie japonaise, 1 à 23 | La trilogie de Sinnoh, l'ordre conseillé 20-21-23, la chronologie des dix-neuf premiers films | Le vingt-deuxième, remake de 2019, arrive vingt et un ans après ce qu'il raconte |
| Découverte française, 1-2-3-5-4-6 et 7, puis 9-8 | L'histoire réelle de la saga en France | Deux inversions, trois films le même jour : ce n'est pas un ordre complet |
| Chronologie interne | La logique du récit vue depuis Sacha | Elle n'existe que pour les dix-neuf premiers films |
L'ordre à suivre est l'ordre de sortie japonaise, du 18 juillet 1998 au 25 décembre 2020, et la raison se vérifie : pour les dix-neuf premiers longs métrages, il est déjà l'ordre chronologique interne. Alignés sur la numérotation d'épisodes de Poképédia, leurs placements documentés forment une suite strictement croissante, de l'épisode 65 aux épisodes de la période XY. Aucun film n'a besoin d'être permuté avec un autre.
Des décalages internes existent pourtant. Le premier film accuse onze épisodes d'écart entre sa place de sortie et sa place dans le récit, conséquence de l'interruption de décembre 1997. Le huitième se pose sur la charnière entre deux saisons ; les treizième, quatorzième, seizième et dix-neuvième précèdent les épisodes entre lesquels ils sont sortis. Ces ajustements déplacent un film de quelques épisodes, jamais d'un rang.
Une seule carte change vraiment de place. Mewtwo contre-attaque – Évolution est le vingt-deuxième film par ordre de sortie et rejoue les événements du premier : en chronologie interne, il se range à côté du film de 1998. Le voir juste après l'original, pour la comparaison, est la seule permutation qui apporte quelque chose.
L'ordre français vaut comme repère patrimonial, pas comme guide. Il s'écarte de l'ordre japonais sur deux inversions, et surtout il ne définit pas un ordre complet : les quatrième, sixième et septième films sont arrivés ensemble, le même jour et dans le même coffret.
Un dernier repère, pour finir : le seul prérequis d'un film de la période classique tient en un nom de groupe, celui des compagnons que la grammaire de la saga aligne film par film. Ce repère situe un cycle, pas un film. Savoir par lequel entrer est une autre question.
Critique tiède, public fidèle : la réception des films
La réception de la saga tient dans un écart, pas dans une note. Sur Rotten Tomatoes, Pokémon : Le film affiche 17 % d'avis de presse favorables sur 90 critiques, et 78 % d'avis favorables du public sur plus de 50 000 notes, relevés le 3 septembre 2026. Les trois premiers longs métrages portent en outre la note A- du panel CinemaScore, sur une échelle allant de A+ à F.
Le divorce se répète sur les neuf films qui possèdent une fiche notée. Côté presse, les scores vont de 16 % pour Pokémon 4Ever, sur 37 avis, à 71 % pour Le pouvoir est en nous, mais sur sept avis seulement ; côté public, aucun ne descend sous 46 %. Metacritic donne la formule la plus nette : sur ses quatre Metascores survivants, compris entre 22 et 28 sur 100, la presse est étiquetée « Generally Unfavorable » et le public « Generally Favorable » pour le même titre, avec des notes d'utilisateurs de 7,4 à 7,5 sur 10.
Le reste de la saga n'a pas été jugé du tout. Quatorze films, tous sortis entre 2003 et 2016, n'ont jamais reçu la moindre note agrégée, ni Tomatometer, ni Metascore, et Les secrets de la jungle n'a récolté que deux avis de presse, sous le seuil de publication. La cause est mécanique : aucun film Pokémon ne sort plus en salles d'ampleur aux États-Unis entre 2003 et 2017.
Ces pourcentages bougent à chaque avis ajouté, et trois séries de valeurs coexistent pour les cinq premiers films — 17 / 19 / 20 / 16 / 20 en relevé direct sur les fiches le 3 septembre 2026, 16 / 20 / 20 / 16 / 19 dans les articles Wikipédia consacrés à chacun, 16 / 19 / 21 / 16 / 17 dans son tableau récapitulatif. Aucune n'est fausse : elles ont été figées à des dates différentes.
France, 2000-2001 : une presse tiède, un public qui décroche
Les films arrivent en France au sommet de la Pokémania, que Wikipédia fait courir « à partir du 8 octobre 1999 » et « pendant deux ans, principalement » : les trois seules sorties en salles françaises tiennent dans cette fenêtre. La presse française n'a pas été hostile, elle a été tiède. AlloCiné donne 2,4 sur 5 au premier film (7 critiques), 2,8 au deuxième (6 critiques), 2,6 au troisième (5 critiques).
Le pouvoir est en toi obtient donc la meilleure note de presse des trois, en décembre 2000, au moment même où Première lui reproche de laisser « une fâcheuse impression de fin de règne ». Six mois plus tard, Le Figaro Magazine signe sur le troisième film la ligne française la plus dure de toute la saga, écrivant qu'il emmènerait plutôt un enfant « au musée Grévin pour ne pas lui montrer ça ».
Le public, lui, décroche sans que les notes bougent. Les trois notes de presse tiennent en quatre dixièmes de point, et les notes des spectateurs sur AlloCiné sont quasi identiques — 2,7 sur 5 pour le premier film (1 314 notes), 2,8 pour le deuxième (529 notes), 2,8 pour le troisième (354 notes) — pendant que les entrées sont divisées par quatorze.
Le classement français des vingt-trois films aujourd'hui
SensCritique est la seule source française qui note l'intégralité de la saga. Ci-dessous les notes de sa communauté, sur 10, relevées le 3 septembre 2026 ; les effectifs vont de 220 à 13 957 notes selon le film. Le quatorzième, sorti en deux versions, y possède deux fiches.
| N° | Film | Note SensCritique sur 10 |
|---|---|---|
| 1 | Pokémon : Le film | 6,2 |
| 2 | Le pouvoir est en toi | 6,0 |
| 8 | Lucario et le Mystère de Mew | 6,0 |
| 21 | Le pouvoir est en nous | 6,0 |
| 10 | L'ascension de Darkrai | 5,9 |
| 23 | Les secrets de la jungle | 5,9 |
| 3 | Le sort des Zarbi | 5,8 |
| 12 | Arceus et le Joyau de Vie | 5,8 |
| 20 | Je te choisis ! | 5,8 |
| 11 | Giratina et le Gardien du Ciel | 5,7 |
| 5 | Les Héros Pokémon | 5,5 |
| 7 | La destinée de Deoxys | 5,5 |
| 9 | Ranger et le temple des mers | 5,5 |
| 13 | Zoroark : Le Maître des Illusions | 5,3 |
| 19 | Volcanion et la merveille mécanique | 5,2 |
| 4 | Celebi, la voix de la forêt | 5,1 |
| 6 | Jirachi, le génie des vœux | 5,1 |
| 14 | Blanc - Victini et Zekrom | 4,9 |
| 18 | Hoopa et le choc des légendes | 4,9 |
| 22 | Mewtwo contre-attaque – Évolution | 4,9 |
| 14 | Noir - Victini et Reshiram | 4,8 |
| 16 | Genesect et l'éveil de la légende | 4,5 |
| 17 | Diancie et le cocon de l'annihilation | 4,5 |
| 15 | Kyurem VS la Lame de la Justice | 4,3 |
Trois enseignements. Aucun film Pokémon n'atteint 6,3 sur 10 en France, aucun ne descend sous 4,3 : 1,9 point d'amplitude, celle d'un public qui n'y voit ni chef-d'œuvre ni désastre. Le premier film écrase tout en notoriété, ses 13 957 notes pesant 42,4 % des 32 880 notes déposées sur l'ensemble des fiches. Et le cycle Noir et Blanc est le plus mal aimé : trois de ses quatre fiches occupent trois des quatre dernières places, la quatrième revenant à Diancie.
Les mieux et les moins bien jugés aujourd'hui
Deux titres concentrent les jugements favorables. Le sort des Zarbi est le seul des premiers films dont le consensus Rotten Tomatoes reconnaissait le scénario, et deux articles de fond anglophones, chez Flixist et chez The Escapist, le désignent aujourd'hui comme le meilleur de la saga. Les Héros Pokémon a gagné trois votes de public en cinq ans : premier tous films confondus au sondage de fans de juillet 2017, premier de sa catégorie au sondage officiel de février 2021, et l'un des trois films remis en salles au Japon en 2022, désignés par 200 000 suffrages. Ce sondage de 2021 couronne aussi Genesect et l'éveil de la légende et Hoopa et le choc des légendes, les deux films les plus maltraités par la presse anglophone.
À l'autre bout, deux films font l'unanimité contre eux. Kyurem VS la Lame de la Justice ferme le classement français avec 4,3 sur 10, et Anime News Network lui attribuait déjà un C- le 17 mai 2013. Pokémon 4Ever cumule le plus bas Tomatometer des vingt-trois films et 5,1 sur 10 côté français. Le remake en images de synthèse de 2019, enfin, est le seul film de la saga dont la moyenne du public passe sous celle de la presse — de deux points seulement, une fois les deux échelles ramenées l'une à l'autre : 6,00 sur 10 côté critiques, la plus haute des neuf fiches, contre 2,9 sur 5 côté public, la plus basse, soit 60 % contre 58 %. Sur l'autre indicateur du même site, la part d'avis favorables, le classement se retourne : 44 % côté presse, 46 % côté public.
Ce qui n'est pas un film Pokémon
Dix-huit oeuvres et familles d'oeuvres gravitent autour des vingt-trois longs métrages, et le public les prend pour des films. Le malentendu a une cause écrite : Bulbapedia précise, en tête de sa liste des spéciaux de format long, que ces œuvres n'ont jamais été projetées dans les salles japonaises et que plusieurs ont pourtant été vendues comme des films au moment de leur doublage occidental. Le cas français le plus net est le premier : Warner a poussé Pokémon : Le Retour de Mewtwo en 2002 comme une quatrième aventure, et les fiches marchandes l'ont longtemps référencé « Pokémon 4 » — cinq ans avant l'arrivée en France du vrai quatrième film, le 16 mai 2007.
Le tri repose sur trois conditions cumulatives : être un long métrage, être un film d'animation, et avoir été exploité en salles au Japon dans la série que le site officiel japonais intitule « Pocket Monsters version cinéma ». Aucune ne suffit à elle seule, et c'est là que se trompent la plupart des explications qui circulent. « Ce n'est pas passé en salles » ne tient pas pour Pokémon : Détective Pikachu, sorti au Japon le 3 mai 2019 et distribué par Toho comme les longs métrages animés : seule l'animation lui manque, et sa propre section le détaille. Être passé en salles ne suffit pas davantage : Stories from the Johto Region - The Final Chapter, quatre épisodes de Johto remontés en long métrage, est sorti au cinéma le 1er mai 2024, en Corée du Sud et jamais au Japon.
« Sacha n'y est pas » tombe sur Le Retour de Mewtwo, Le Maître des mirages et Les chroniques d'Arceus, où il tient le premier rôle. Et « ce n'est pas produit par OLM » se retourne aussitôt : Pokémon Générations est produit par OLM et n'est pas un film.
Les formats longs qui n'ont jamais vu une salle japonaise
Cinq oeuvres de durée comparable à celle d'un film ont été diffusées ailleurs qu'au cinéma. Pokémon : Le Retour de Mewtwo est un programme spécial de fin d'année de TV Tokyo, diffusé le 30 décembre 2000 ; il dure une heure — 60 minutes selon Wikipédia, 1 h 01 sur l'édition française — et prolonge le long métrage de 1998. La France l'a reçu le 21 août 2002, en VHS et en DVD. La légende du tonnerre suit un an jour pour jour : téléfilm diffusé d'un seul tenant au Japon le 30 décembre 2001, il n'a été découpé en trois parties qu'au doublage, et il est arrivé chez nous sous les numéros PC12 à PC14 de Pokémon Chronicles.
Pokémon : Le Maître des mirages est une commande de The Pokémon Company International pour les dix ans de la licence côté américain : les États-Unis l'ont vu le 29 avril 2006, le Japon en streaming du 13 au 31 octobre 2006, la France en DVD le 20 novembre 2007. Aucune source consultée n'en donne la durée. Pokémon : Les origines, mini-série de quatre épisodes qui adapte Pokémon Rouge et Bleu, a été diffusée d'une traite le 2 octobre 2013, dix jours avant la sortie de Pokémon X et Y, puis servie en France épisode par épisode en novembre 2013 et rediffusée sur Gulli le 12 avril 2014. Pokémon : Les chroniques d'Arceus, enfin, tient en quatre épisodes diffusés au Japon les 21 et 28 janvier 2022 sur Amazon Prime Video, en marge de la vingt-cinquième saison, que l'international a recollés en un mini-film de 63 minutes, sur Netflix France depuis le 23 septembre 2022.
Les séries, les animations pour Internet et une compilation
Pokémon Chronicles n'a jamais existé au Japon : c'est un montage occidental de 22 épisodes tirés de trois sources — seize épisodes de l'émission Pokémon Hoso (2002-2004), le téléfilm de 2001 déjà cité et trois spéciaux issus des OAV de Noël de 1998 à 2000. Sacha n'y est pas le héros sans en être absent : Bulbapedia lui compte trois brèves apparitions. Gulli l'a diffusé en février 2008 ; il ne se trouve plus en France qu'en DVD.
Six animations pour Internet suivent, gratuites et découpées en épisodes de quelques minutes ; le tableau ci-dessous les nomme une à une. La première, Pokémon Générations, a été servie à l'international du 16 septembre au 23 décembre 2016 et au Japon du 9 décembre 2016 au 2 février 2017 ; la dernière date de 2023. Toutes se regardent sur les chaînes YouTube officielles : les fiches qui renvoient encore à l'application TV Pokémon pointent vers un service fermé.
S'y ajoutent Pokétoon, web-série au style graphique différent à chaque épisode, encore alimentée en août 2026 et visible au même endroit, et deux séries en volume de plateforme : La réceptionniste Pokémon, sur Netflix France, et Contes Pokémon — Les Mésaventures de Palarticho et Pichu, annoncée sur Disney+ pour 2027.
Deux familles voisines s'arrêtent au même seuil. Les épisodes spéciaux rattachés à un film restent des épisodes de la série : Mewtwo - prélude à l'éveil, diffusé au Japon le 11 juillet 2013 et en France le 1er mai 2014, en est le plus connu. Les dix courts de première partie de séance, eux, figurent dans la même liste officielle que les longs : seule la durée les en écarte.
| Œuvre | Nature | Année | Pourquoi ce n'est pas un des 23 |
|---|---|---|---|
| Les dix courts de séance | Court métrage | 1998-2015 | Dans la liste officielle, mais pas un long métrage |
| Pokémon : Le Retour de Mewtwo | Spécial de TV Tokyo | 2000 | Jamais exploité en salles au Japon |
| La légende du tonnerre | Téléfilm | 2001 | Télévision, puis découpé en trois épisodes |
| Pokémon Chronicles | Montage occidental, 22 épisodes | 1998-2004 (sources) | Épisodes de télévision assemblés à l'export |
| Pokémon : Le Maître des mirages | Épisode spécial long | 2006 | Télévision puis streaming, jamais en salles |
| Pokémon : Les origines | Mini-série, 4 épisodes | 2013 | Télévision, diffusée en épisodes hors du Japon |
| Pokémon Générations | Animation Internet, 18 épisodes | 2016 | Format court, bien que produite par OLM |
| Pokémon : Détective Pikachu | Long métrage en prises de vues réelles | 2019 | Le décompte officiel ne porte que sur l'animation |
| Pokémon : Ailes du crépuscule | Animation Internet, 8 épisodes | 2020 | Format court sur YouTube |
| Pokétoon | Web-série, épisodes indépendants | 2020-2026 | Courts métrages diffusés sur Internet |
| Pokémon Évolutions | Animation Internet, 8 épisodes | 2021 | Format court sur YouTube |
| Pokémon : Les chroniques d'Arceus | 4 épisodes, remontés en 63 min | 2022 | Le film n'existe qu'à l'export |
| Pokémon : Les neiges de Hisui | Animation Internet, 3 épisodes | 2022 | Format court sur YouTube |
| Pokémon : les Vents de Paldea | Animation Internet, 4 épisodes | 2023 | Format court sur YouTube |
| Pokémon : À l'ascension des cimes | Animation Internet, 4 épisodes | 2023 | Format court sur YouTube |
| La réceptionniste Pokémon | Série en volume, 8 épisodes | 2023 et 2025 | Série de streaming |
| Stories from the Johto Region - The Final Chapter | Compilation remontée | 2024 | En salles, mais en Corée du Sud |
| Contes Pokémon — Les Mésaventures de Palarticho et Pichu | Série en volume, Aardman | 2027 | Série de streaming |
Détective Pikachu, le film en prises de vues réelles
Pokémon : Détective Pikachu est sorti dans les salles japonaises le 3 mai 2019, françaises le 8 mai, américaines le 10 mai. La France l'a donc vu deux jours avant l'Amérique du Nord, dans la première vague mondiale. Du Japon à l'Égypte, l'écart mondial complet tient en 68 jours, quand les films animés se comptaient en années.
Réalisé par Rob Letterman, produit par Legendary Entertainment avec The Pokémon Company et Toho, distribué par Warner Bros. hors du Japon et de la Chine, il dure 104 minutes et a coûté 150 millions de dollars, le plus gros budget de la franchise. C'est aussi le premier film Pokémon classé PG par la MPAA. Ryan Reynolds y prête sa voix à Pikachu et joue Harry Goodman ; Pierre Tessier le double en français, mais Ikue Ōtani, voix de Pikachu depuis 1997, en assure les cris dans les deux versions. Quand Pikachu couine, c'est elle ; c'est seulement quand il parle qu'on entend un adulte.
La série Détective Pikachu compte trois jeux ; le film n'adapte que le deuxième. Le premier, paru le 3 février 2016 sur l'eShop japonais de la Nintendo 3DS, n'a jamais été traduit ni distribué en France ; ses trois chapitres sont devenus les trois premiers du suivant, sorti le 23 mars 2018 au Japon comme en Europe, à l'écart de la série principale des jeux vidéo. Or le film avait été annoncé dès juillet 2016 : son annonce précède de vingt mois la mise en vente de son matériau source chez nous. Le troisième, Le retour de Détective Pikachu (Switch, 6 octobre 2023), a été présenté par Tsunekazu Ishihara comme l'épilogue de cette histoire, avec une conclusion volontairement différente de celle du film.
Le film n'entre dans aucun des critères des vingt-trois longs métrages : ni animation, ni studio OLM, ni Sacha, ni saison de rattachement. Cette frontière est une convention éditoriale, pas une règle édictée par The Pokémon Company, qui n'en a jamais édicté ; Bulbapedia le range au contraire parmi les « Pokémon movies ». Reste que 2019 est la seule année où deux films Pokémon de nature différente sont sortis au Japon : celui-ci le 3 mai, et Mewtwo contre-attaque – Évolution le 12 juillet, tous deux avec Mewtwo en vedette.
Il a encaissé 433,3 millions de dollars à son exploitation d'origine et 451,5 millions ressorties comprises : le meilleur box-office mondial de la franchise, mais pas le plus rentable, ses 150 millions de budget lui donnant le plus faible rapport recettes/coût des quatre seuls films Pokémon dont un budget ait été publié — les trois premiers longs métrages et lui. Son premier marché international n'est pas le Japon, mais la Chine, à 93,7 millions. En France, il a réuni environ 1,68 million d'entrées, à 69 billets près selon la source, deuxième meilleur score de la franchise dans nos salles, à 542 386 entrées de Pokémon : Le film et plus de dix fois le score du dernier film animé sorti nationalement dans nos salles.
La critique a été tiède, le public plus chaud : 68 % d'avis favorables sur 316 critiques chez Rotten Tomatoes, 53 sur 100 chez Metacritic, contre 3,1/5 côté presse pour 3,5/5 côté spectateurs sur AlloCiné. TF1 l'a diffusé le 29 décembre 2021 devant 2,33 millions de téléspectateurs. Et au 3 septembre 2026, il n'est compris dans aucune offre par abonnement en France : il ne s'obtient qu'à l'acte ou à la télévision — l'inverse des deux derniers films animés, jamais sortis dans nos salles et installés sur Netflix.
La suite et la série : ce qui est confirmé, ce qui ne l'est pas
Une suite a bien été annoncée par Legendary en janvier 2019, avec Oren Uziel au scénario. La dernière parole officielle date de début février 2023 : un représentant du studio déclarait à Polygon que le film était « en développement actif », The Pokémon Company refusant de commenter. Cette parole a trois ans et sept mois, et rien d'officiel ne l'a suivie.
Le reste est du rapport de presse ou du document volé : Deadline écrivait le 3 mars 2023 que Jonathan Krisel réaliserait et Chris Galletta écrirait, sans qu'aucun communiqué ne le confirme ; et les fichiers volés à Game Freak en août 2024, diffusés en octobre, donnent un titre de travail, The Great Detective Pikachu, et Jordan Vogt-Roberts à la place de Krisel — rien de tout cela n'a été authentifié par les ayants droit. Le Pokémon Presents du 27 février 2026 n'a rien annoncé en prises de vues réelles : le film n'est ni sorti, ni daté, ni officiellement abandonné.
La série Netflix, elle, n'a jamais été confirmée par personne. Elle repose sur une exclusivité de Variety du 26 juillet 2021, qui la disait « en développement précoce », avec Joe Henderson (Lucifer) à l'écriture : ni Netflix ni The Pokémon Company n'en ont jamais parlé publiquement. La même fuite d'octobre 2024 lui prête un nom de code, « Project Discovery », huit épisodes et une intrigue centrée sur Red plutôt que sur Sacha. Cinq ans après le scoop : aucune commande, aucun casting, aucune date, aucun titre officiel.
Ne pas confondre : La réceptionniste Pokémon (Pokémon Concierge), sur Netflix, n'est pas du live-action mais de l'animation en volume. Au 3 septembre 2026, aucun autre projet Pokémon en prises de vues réelles n'a été officiellement annoncé.
Six ans de silence, puis Pokémon: Wild Card
Le vingt-troisième long métrage est sorti au Japon le 25 décembre 2020, et rien n'a suivi. Au 3 septembre 2026, cinq ans, huit mois et neuf jours ont passé depuis cette sortie, et six années civiles se seront écoulées sans nouveau film : aucun de 2021 à 2025, aucun en 2026 non plus puisque le suivant n'est pas attendu avant 2027. Les trois listes officielles s'arrêtent au même endroit : le site japonais de la licence n'affiche rien après Coco (2020), le site français rien après « 2021 — Les secrets de la jungle », et Poképédia numérote toujours vingt-trois films. Entre 1998 et 2020, la saga n'avait jamais sauté une seule année.
Ce qui s'est rompu a une forme précise : une sortie en salles japonaises au mois de juillet, tenue vingt-deux fois de 1998 à 2019, que la pandémie avait déjà déplacée une fois, en décembre 2020. Aucune déclaration publique de The Pokémon Company ni du studio OLM n'explique pourquoi le rendez-vous n'a pas repris : ni les sites officiels, ni Poképédia, ni Bulbapedia n'en citent une. Le seul fait établi est l'absence elle-même, et mieux vaut le dire ainsi que lui inventer une cause.
Ce qui a occupé la place : des séries, pas des films
La série télévisée, elle, n'a jamais cessé. Pokémon, les horizons, dont la première saison a démarré au Japon le 14 avril 2023 sur TV Tokyo, en compte trois côté occidental et continue d'être diffusée chaque semaine au Japon, un nouvel arc ayant commencé le 22 mai 2026. Le reste du calendrier a été rempli par des formats courts : Pokémon Évolutions du 9 septembre au 23 décembre 2021, Pokémon : Les neiges de Hisui du 18 mai au 22 juin 2022, Pokémon : les Vents de Paldea de septembre à décembre 2023, la série PokéMinutes ouverte le 19 juillet 2024 et toujours en cours, sans compter les épisodes de POKÉTOON. Une quinzaine de mini-séries et de spéciaux en six ans, aucun de format long au Japon, aucun en salles.
Un seul de ces titres annonce la suite. Pokémon : À l'ascension des cimes, quatre épisodes diffusés en août 2023, est la première production animée Pokémon consacrée au jeu de cartes : elle se déroule dans un monde où les Pokémon n'existent pas comme créatures, mais où la licence, elle, existe, et elle a été nommée aux Annie Awards le 11 janvier 2024. Un autre est animé en volume, La réceptionniste Pokémon, sur Netflix.
Une commande de plateforme est venue s'ajouter en 2026 : Contes Pokémon — Les Mésaventures de Palarticho et Pichu, en volume elle aussi, produite par le studio britannique Aardman et réalisée par Tom Parkinson, annoncée pour 2027 sur Disney+, bande-annonce dévoilée le 28 août 2026 à San Francisco. Palarticho y traverse la région de Galar en compagnie d'un Pichu. Ni cette série ni le film annoncé deux jours plus tard ne sont fabriqués par OLM, le studio qui a animé les vingt-trois longs métrages.
Le 30 août 2026 : Pokémon: Wild Card
À la cérémonie de clôture des Championnats du Monde Pokémon, tenus à San Francisco du 28 au 30 août 2026, un teaser de 39 secondes a annoncé un nouveau long métrage d'animation, Pokémon: Wild Card. The Pokémon Company a publié le même jour une actualité en français, et la bande-annonce est arrivée sur la chaîne officielle française le 31 août 2026. Le communiqué ne parle ni de suite ni de rang : il présente « le premier film d'animation long-métrage depuis des années ». Voici ce qui est établi au 3 septembre 2026.
- Réalisation Katsuhiko Kitada, character design Akemi Hayashi, conception et production STORY inc.
- Animation confiée à CloverWorks.
- Distribution japonaise attribuée à Toho par Bulbapedia et Wikipédia ; le site officiel du film ne la mentionne pas.
- Sortie annoncée « à partir de 2027 », en salles au Japon et dans le monde. C'est un plancher, pas une date.
- Le héros s'appelle Mikiya, porte une capuche jaune qui le fait ressembler à un Mimiqui, et joue au jeu de cartes.
Le synopsis officiel français dit que le film « met en scène l'histoire passionnante d'un joueur du JCC Pokémon et de son partenaire Mimiqui. Quand l'heure viendra de jouer cartes sur table, sauront-ils relever le défi pour atteindre leurs objectifs ? » C'est le premier long métrage de la licence bâti sur le jeu de cartes et non sur les jeux vidéo, et le premier dont le compagnon du héros n'est pas Pikachu — Mimiqui est justement le Pokémon spectre qui se déguise en Pikachu pour se faire aimer. Le cadre de l'annonce répond au sujet : les mondiaux dont le tournoi de cartes à collectionner est la plus ancienne épreuve.
Trois ruptures, et un rang que personne d'officiel ne lui donne
Le film casse trois continuités d'un coup : c'est le premier long métrage d'animation Pokémon depuis 2020, le premier dont le héros n'est ni Sacha ni aucune de ses variantes, et le premier à n'être ni animé par OLM ni produit par le comité « Pikachu Project ».
D'où un flottement de vocabulaire, que cette page ne tranche pas. La presse et Wikipédia parlent déjà du « 24e film » ; The Pokémon Company ne lui donne aucun rang, Bulbapedia le range dans une table séparée hors de sa liste numérotée, Poképédia n'avait toujours pas ouvert de page à son sujet au 3 septembre 2026, et les trois listes officielles citées plus haut ne l'avaient pas enregistré. Le rang viendra peut-être ; il n'est pas donné aujourd'hui.
Ce que l'annonce ne dit pas est au moins aussi important. Pour la France, il n'y a ni distributeur, ni date, ni doublage annoncés : la fiche AlloCiné du film porte « Date de sortie inconnue » et une case distributeur vide, et la presse française résume : « en France, aucun distributeur, aucune date et aucune version doublée ne sont confirmés ». La durée, le casting vocal, la musique et le scénariste ne sont pas annoncés non plus. On sait qui fabrique ce film et de quoi il parle ; on ne sait pas encore quand ni comment on le verra.
Cette section est celle qui bougera la première : tout y est arrêté au 3 septembre 2026, quatre jours après l'annonce, et le décompte « vingt-trois films sortis » cessera d'être exact le jour où Wild Card arrivera en salles.
Records, premières et curiosités du cinéma Pokémon
Les faits qui suivent ont été retenus sur un critère unique : chacun porte une date, un chiffre ou un nom qu'une source permet de rouvrir. Un seul est un record officiellement homologué.
Deux records Guinness, dont un que personne ne revendique
Giratina et le Gardien du Ciel, sorti au Japon le 19 juillet 2008, a vendu 2 384 198 billets en prévente, et le Guinness World Records l'a homologué le 9 juillet 2009 comme le film d'animation ayant vendu le plus de billets à l'avance. C'est le seul record homologué que détienne un long métrage de la saga : la franchise en compte d'autres, mais pour la série télévisée et pour les jeux. Le film était sorti le même week-end que Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki.
Le second record Guinness de la licence, personne ne s'en vante. Il figure dans l'édition 2004 puis dans l'édition des joueurs 2008 du Livre Guinness des records, au titre du plus grand nombre de crises d'épilepsie photosensible provoquées par une émission de télévision : c'est l'épisode 38 de la série, diffusé le 16 décembre 1997, une seule fois, et nulle part ailleurs qu'au Japon.
Ce que décembre 1997 a laissé dans les films
Les chiffres de cet incident varient selon les sources : les pompiers japonais ont recensé 685 téléspectateurs transportés en ambulance, l'agence Reuters 729, le Japan Times 651. Le reste appartient à la série télévisée, que raconte le dossier de la première saison.
La trace dans les longs métrages, elle, est durable. Le studio OLM a supprimé les effets stroboscopiques des attaques électriques de Pikachu, et Porygon n'a plus jamais eu de rôle, alors que l'explosion incriminée était le fait de Pikachu et non de lui : sa seule réapparition au cinéma est un plan des Héros Pokémon, et ses deux évolutions n'existent que dans l'introduction de Kyurem VS la Lame de la Justice. Un plan chacun, en vingt-trois films.
Les premières : ce que le cinéma a montré avant les jeux
L'habitude de montrer une créature avant son jeu commence dès le premier film. Donphan apparaît à l'écran en juillet 1998, seize mois avant Pokémon Or et Argent du 21 novembre 1999, et Les Vacances de Pikachu, projeté avec lui, y ajoute Marill, Snubbull et M. Mime. Le même long métrage montre trois capacités qui n'existaient dans aucun jeu : Ball'Ombre, Tour Rapide et Roulade.
Les autres premières sont techniques et se datent au film près. Le film de 1998 est le seul contenu Pokémon jamais édité en LaserDisc, au Japon, le 17 juillet 1999. Les longs métrages sont restés à l'encre et au celluloïd jusqu'au neuvième, quand la série télévisée était passée au numérique dès 2002 ; L'ascension de Darkrai est en 2007 le premier entièrement réalisé en animation numérique — les images de synthèse, elles, n'arriveront qu'avec le vingt-deuxième film. Giratina et le Gardien du Ciel est le premier contenu de la série animée diffusé en haute définition, et Je te choisis ! le premier masterisé en 4K, pour son exploitation en salles américaines.
Un « premier » n'a de sens qu'avec son périmètre, et deux phrases exactes peuvent sembler se contredire. Bulbapedia écrit que Le sort des Zarbi est le seul film à ne mettre en scène aucun Pokémon inédit, et que Genesect et l'éveil de la légende est le premier à n'en faire débuter aucun dans la série animée : montrer et faire débuter ne recouvrent pas la même chose.
Erreurs restées à l'image, cameos et coulisses
Quelques erreurs n'ont jamais été rattrapées. Le premier film colorie un Nidoqueen comme un Nidoking et fait sortir deux fois le même Mackogneur de sa Poké Ball — seul le remaster haute définition, publié en Blu-ray japonais le 28 novembre 2012, a réparé la seconde. Le générique anglais du quatrième film écrit « THE POKEMAN COMPANY ». Dans le sixième, Butler ordonne à son Téraclope une attaque nommée « Capitata », qui n'existe pas : l'erreur vient du script international, et tous les doublages l'ont recopiée. Et dans le vingt-troisième, des Ceriflor sauvages restent en Forme Ensoleillée sous la pluie.
Les cameos, eux, forment un jeu de piste sur vingt ans. Une mère et sa fille traversent quatre films — le huitième, le dixième, le onzième et le quatorzième — puis cessent d'apparaître à partir du dix-septième. Les héros jouables des jeux passent dans quatre films au moins : Brice dans le sixième, le neuvième et le onzième, Louka dans le onzième, Luth dans le treizième, où il affronte Sacha avec un Donphan comme le faisait déjà l'ouverture de 1998. Le passage inverse existe aussi : trois Dresseurs de Diamant, Perle et Platine reprennent les noms japonais et les équipes de Butler et Diane, de Rebecca et de Lizabeth, personnages des sixième, septième et neuvième films — la traduction anglaise ne l'a pas vu, et ces noms n'ont pas bougé dans Diamant Étincelant et Perle Scintillante.
Le reste tient aux coulisses. Mewtwo doit son château au Fantôme de l'Opéra : le scénariste Takeshi Shudo a bâti le personnage ainsi en apprenant que Masachika Ichimura, le Fantôme de la production japonaise de 1988, allait le doubler. Onze Pokémon figurent sur l'affiche anglaise du premier film sans apparaître une seule fois à l'écran. Tomiko Suzuki, voix japonaise de Jirachi, est morte d'une insuffisance cardiaque aiguë le 7 juillet 2003, douze jours avant la sortie du sixième film, qui reste son dernier rôle. Et Zoroark : Le Maître des Illusions a été amputé de tout son prologue par Cartoon Network, sans l'accord de The Pokémon Company International, qui l'a fait rétablir à partir du 16 février 2011.
Un dernier réflexe s'impose : les légendes les plus répandues sur la saga ne résistent pas à la vérification. Celle d'un doublage anglais secret de l'épisode 38 remonte à une phrase ajoutée sans source à Bulbapedia le 27 février 2005, reprise par Wikipédia l'année suivante puis par Poképédia, quand le premier directeur de plateau du doublage américain affirme au contraire qu'il n'a jamais été question de diffuser cet épisode.
Par où commencer quand on découvre ces films
Vingt-trois longs métrages, et aucune obligation de commencer par le premier : le choix du point d'entrée dépend entièrement de ce que l'on vient chercher. Voici quatre portes, une par type de spectateur, arbitrées sur l'accueil réel des films et sur ce qui se regarde en France au 3 septembre 2026.
Vous n'avez jamais rien vu : commencez par le vingtième. Je te choisis ! repart du tout premier jour de Sacha et ne suppose aucune connaissance de la série ni des films. Il est gratuit sur M6+, et il porte 3,4 sur 5 avec 316 notes de spectateurs chez AlloCiné, la deuxième meilleure des six fiches françaises relevées. Ce qui a fâché les fans de longue date en 2017 — le remplacement d'Ondine et de Pierre — ne gêne pas celui qui découvre : il n'a personne à regretter.
Vous voulez la plus belle image : prenez le vingt-troisième. Les secrets de la jungle est le plus récent des vingt-trois, et c'est son décor que la presse a retenu : Écran Large, seule critique de presse française de fond identifiée sur un film Pokémon postérieur à 2001, lui donne 3,5 sur 5 le 11 octobre 2021 et désigne la forêt d'Okoya comme « ce qu'il y a de plus époustouflant dans le film ». Il obtient aussi 3,5 sur 5 avec 103 notes de spectateurs, la meilleure de ces mêmes six fiches AlloCiné. Deux réserves : il n'est pas gratuit, et le même critique reproche à Netflix de servir la piste anglaise en guise de version originale.
Vous venez pour le lore : entrez par le dixième. L'ascension de Darkrai ouvre la trilogie de Sinnoh, seul enchaînement contraignant de la saga : la mythologie de Sinnoh en trois soirées, gratuites sur M6+. Le dixième a par ailleurs été élu meilleur film de son cycle par le public japonais lors du sondage officiel de février 2021.
Vous regardez avec un enfant : évitez le premier film et prenez le vingt et unième. Pokémon : Le film est décrit par Poképédia comme le plus sombre de la saga, et Common Sense Media ne lui accorde qu'une étoile sur cinq, jugeant son message de coopération noyé sous la violence. Le pouvoir est en nous fait exactement l'inverse : une aventure autonome, sans compagnon de voyage à connaître. C'est, parmi les films de la saga qui portent un pourcentage sur Rotten Tomatoes, le mieux noté par la critique, et il obtient 7,3 sur 10 chez les utilisateurs de Metacritic, sur seize votes. Il est gratuit sur M6+.
Une recommandation, enfin, reste impossible à suivre en France : Les Héros Pokémon, que le public japonais a placé premier deux fois et qui est précisément le seul des vingt-trois sans aucune offre légale en ligne chez nous.
Un dernier repère avant de choisir : trois des quatre films recommandés ici se regardent gratuitement, seul Les secrets de la jungle demandant un abonnement. Le détail service par service, et l'échéance qui pèse sur cette gratuité, sont plus loin.
Toute la filmographie Pokémon en un coup d'œil
Vingt-trois longs métrages, deux chronologies et un vingt-quatrième film sans rang : l'essentiel de cette page tient dans les dix-sept lignes qui suivent. La série japonaise est d'une régularité de calendrier presque parfaite, un film par an de 1998 à 2020 et presque toujours en juillet ; la chronologie française n'a jamais suivi la même courbe, et c'est l'écart entre les deux qui donne son sujet à cette page. Le reste tient à des constantes de fabrication — un studio, un distributeur, un réalisateur — et à des exceptions qui se comptent sur les doigts d'une main.
Chaque ligne du tableau reprend un fait établi plus haut, avec son chiffre et sa date ; la section d'origine en donne la source, les désaccords entre encyclopédies et les réserves qu'appelle chaque décompte. Aucun de ces nombres n'est une estimation : ceux qui manquaient, budgets des films 4 à 23 en tête, ont été écartés plutôt qu'approchés. Et tout ce qui touche à la disponibilité est arrêté au 3 septembre 2026 : les catalogues se renégocient en permanence, celui qui porte aujourd'hui dix-sept films en France expire le 15 juillet 2027, et le total de vingt-trois films cessera d'être exact le jour où Wild Card sortira.
| Ce qu'il faut retenir | Le détail |
|---|---|
| 23 longs métrages sortis | Du 18 juillet 1998 au 25 décembre 2020, sans sauter une année. Le site officiel français en affiche 24 : il sépare les deux versions du quatorzième film. |
| Un vingt-quatrième annoncé, sans rang | Pokémon: Wild Card, teaser de 39 secondes le 30 août 2026, sortie « à partir de 2027 ». Ni OLM, ni Sacha, ni Pikachu en compagnon. |
| Trois films seulement en salles françaises | Les 5 avril 2000, 20 décembre 2000 et 13 juin 2001. Quatorze mois, puis plus aucune exploitation en salle : les rares retours sont des séances événementielles. |
| 493 jours de retard français en moyenne | Médiane de 277 jours, amplitude de -9 à 2 139 jours, le record revenant à Pokémon 4Ever. |
| Un seul film vu en France avant le Japon | Je te choisis !, en avant-première mondiale à la Japan Expo le 6 juillet 2017, neuf jours avant sa sortie japonaise. |
| Juillet, et le samedi | 22 films sur 23 sont sortis au Japon en juillet, entre le 7 et le 19. Les films 1 à 20 un samedi, les trois derniers un vendredi. |
| Pikachu et le trio de la Team Rocket, 23 fois sur 23 | Mais la Team Rocket ne fournit l'antagoniste principal que de trois films. |
| Au moins une créature rare par film | 23 sur 23 alignent un légendaire ou un fabuleux ; 22 sur 23 un légendaire, 20 sur 23 un fabuleux, et 3 confient leur premier rôle à une espèce ordinaire. |
| 90,71 milliards de yens au Japon | 3,94 milliards par film en moyenne, du sommet de 7,24 milliards pour le premier au plancher de 2,02 pour le vingt-troisième. |
| 3 114 835 entrées françaises | Le total des trois films exploités en salles, dont 71,4 % pour le premier, qui reste au 3 septembre 2026 le film japonais le plus vu en salles en France. |
| Dix courts métrages de première partie de séance | Six de 1998 à 2003, quatre de 2012 à 2015, 218 minutes en tout ; trois seulement projetés en salle en France. |
| Un studio, un distributeur, un réalisateur | OLM anime les vingt-trois films, Toho les distribue tous au Japon, Kunihiko Yuyama en réalise vingt et un et figure au générique des vingt-trois. |
| Vingt films indépendants, une seule trilogie | Seuls les dixième, onzième et douzième s'enchaînent. Pour les dix-neuf premiers, l'ordre de sortie japonaise est aussi celui du récit. |
| Deux continuités, un seul Sacha | Les films 1 à 19 se rattachent à une saison de la série, les films 20, 21 et 23 forment une continuité alternative, et le vingt-deuxième n'entre dans aucune des deux. |
| Dix-huit films ont distribué une créature dans les jeux | Treize par une opération atteignable depuis la France ; le premier cadeau remis sur le sol français est le Darkrai « ALAMOS », chez GAME du 3 au 6 juillet 2008. |
| 17 films gratuits sur M6+ | Au 3 septembre 2026, avec publicité. Netflix France n'en propose que deux, et Les Héros Pokémon n'a aucune offre légale en ligne dans le pays. |
| Détective Pikachu n'est pas l'un des 23 | Sorti en prises de vues réelles le 3 mai 2019, quand le décompte officiel ne porte que sur l'animation ; 150 millions de dollars de budget, 433,3 millions de recettes. |
En résumé
Vingt-trois longs métrages en vingt-deux ans, tous animés par le studio OLM et distribués au Japon par Toho, presque tous sortis un samedi de juillet : la régularité est ce qui rend cette saga lisible, et ce qui rend ses exceptions visibles. La France a suivi une autre chronologie : trois films en salles entre le 5 avril 2000 et le 13 juin 2001, puis vingt autres arrivés par le DVD, la télévision et les plateformes, avec, sur les vingt-trois films, 493 jours de retard en moyenne et jusqu'à 2 139 jours pour le quatrième. Depuis le 25 décembre 2020, aucun nouveau long métrage n'est sorti.
Celui qui vient ne ressemblera à aucun des vingt-trois. Annoncé le 30 août 2026 pour une sortie « à partir de 2027 », Pokémon: Wild Card n'est fabriqué ni par OLM ni par le comité Pikachu Project, n'a pour héros ni Sacha ni Pikachu en compagnon, et raconte le jeu de cartes. Aucune source officielle ne lui donne encore de rang, et la France n'a ni distributeur, ni date, ni doublage annoncés.
Dans la boutique
Les créatures qui portent les affiches ont chacune leur rayon. Mewtwo et Mew, qui se partagent le premier film et son remake de 2019, Mew tenant l'affiche du huitième avec Lucario et Mewtwo revenant au seizième, comptent une trentaine de références à eux deux ; Lucario, vedette du film de 2005, en a une quinzaine. Le rayon Pokémon légendaires et mythiques rassemble les autres têtes d'affiche, de Rayquaza à Kyogre. Pikachu, présent dans les vingt-trois films sans exception, tient le plus gros rayon de la boutique, avec près de deux cents références.
Côté humains, la collection Sacha reprend la veste, la casquette et l'équipe du héros, et la Team Rocket fournit les tenues de Jessie, de James et des sbires — présents à la distribution des vingt-trois films sans exception. Les déguisements et les posters complètent le tableau.
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Questions fréquentes
Vingt-trois longs métrages d'animation sont sortis entre le 18 juillet 1998 et le 25 décembre 2020, sans qu'une seule année soit sautée. C'est le total retenu par The Pokémon Company comme par Poképédia. Le site officiel français en affiche pourtant vingt-quatre : il compte séparément les deux versions du quatorzième film, sorties le même jour en 2011. Au 3 septembre 2026, aucun vingt-quatrième film n'était encore sorti.
Pokémon : Le film, sorti au Japon le 18 juillet 1998 et en France le 5 avril 2000. Son titre japonais signifie « la contre-attaque de Mewtwo », un sous-titre que l'édition française avait renvoyé à une accroche de jaquette. Il reste le sommet de la saga au Japon, avec 7,24 milliards de yens, et le film japonais le plus vu dans les salles françaises au 3 septembre 2026, avec 2 224 432 entrées.
Les secrets de la jungle, vingt-troisième et dernier long métrage sorti, arrivé au Japon le 25 décembre 2020 et en France sur Netflix le 8 octobre 2021. C'est le seul des vingt-trois à n'être pas sorti au mois de juillet : la pandémie de Covid-19 a repoussé sa sortie, prévue le 10 juillet 2020. Aucun autre film n'est sorti depuis, au 3 septembre 2026, et le suivant, Pokémon: Wild Card, est annoncé à partir de 2027.
Dans l'ordre de sortie japonaise, du film de 1998 aux Secrets de la jungle de 2020 : pour les dix-neuf premiers, cet ordre est aussi celui du récit. Vingt films se regardent seuls, dans n'importe quel ordre ; le seul enchaînement imposé est la trilogie de Sinnoh, les dixième, onzième et douzième, qui se suivent dans cet ordre. Le remake de 2019 gagne à être vu juste après le premier film, pour la comparaison.
Sur M6+, la plateforme du groupe M6 : dix-sept des vingt-trois films y sont disponibles gratuitement au 3 septembre 2026, moyennant un compte gratuit et des coupures publicitaires. Manquent les films 4, 5, 6, 7, 22 et 23. Les mêmes titres se retrouvent sur SFR Play, compris dans certaines offres box. Cette fenêtre de droits court jusqu'au 15 juillet 2027 : vérifiez la disponibilité au moment où vous lisez ces lignes.
Deux seulement, au 3 septembre 2026 : Mewtwo contre-attaque – Évolution, arrivé le 27 février 2020, et Les secrets de la jungle, le 8 octobre 2021. Aucun des deux n'est jamais sorti autrement en France, ni en salles, ni en DVD. Si la saga passe pour être sur Netflix, c'est que la série télévisée y figure largement : les épisodes et les longs métrages ne suivent pas les mêmes contrats.
Oui. Pokémon: Wild Card a été annoncé le 30 août 2026 par un teaser de trente-neuf secondes, à la clôture des Championnats du Monde de San Francisco, pour une sortie « à partir de 2027 ». Il est animé par CloverWorks et non par OLM, son héros s'appelle Mikiya, son partenaire est un Mimiqui et l'intrigue tourne autour du jeu de cartes. Au 3 septembre 2026, la France n'a ni distributeur, ni date, ni doublage annoncés.
C'est un film de la licence, mais il ne compte pas parmi les vingt-trois longs métrages d'animation de la saga. Sorti au Japon le 3 mai 2019 et en France le 8 mai, distribué au Japon par Toho comme les films animés, il est tourné en prises de vues réelles, quand le décompte officiel ne porte que sur l'animation. Il détient le plus gros budget de la licence, 150 millions de dollars, et son meilleur box-office mondial, 433,3 millions.
Trois seulement, sur vingt-trois, ont connu une exploitation en salles françaises : le premier le 5 avril 2000, le deuxième le 20 décembre 2000, le troisième le 13 juin 2001. Quatorze mois, puis plus rien. Les vingt autres sont arrivés par le DVD, la télévision et les plateformes. Quelques séances événementielles ont eu lieu depuis, les dernières les 22 et 23 novembre 2025 pour Volcanion et la merveille mécanique ; aucune n'était programmée au 3 septembre 2026.
Non. Les dix-neuf premiers films se déroulent pendant la saison en cours au Japon, mais ils ne font presque rien avancer : Sacha n'y capture aucun Pokémon, n'en fait évoluer aucun et n'y gagne ni badge ni ruban. Il suffit de savoir qui l'accompagne. Les films 20, 21 et 23 forment une continuité alternative indépendante de la série, et le remake de 2019 rejoue la première saison.
Par le vingtième, Je te choisis !, sorti en 2017 : il repart du tout premier jour de Sacha et ne suppose aucune connaissance de la série ni des films. Il est gratuit sur M6+ au 3 septembre 2026. Pour regarder avec un jeune enfant, mieux vaut éviter le premier film, que Poképédia décrit comme le plus sombre de la saga, et lui préférer Le pouvoir est en nous.
Aucun ne fait consensus. En France, les notes de la communauté SensCritique relevées le 3 septembre 2026 tiennent entre 4,3 et 6,2 sur 10, le premier film en tête. Le public japonais, lui, a couronné Les Héros Pokémon deux fois : premier tous films confondus au vote de fans de juillet 2017, puis premier de sa catégorie au sondage officiel de février 2021, qui répartissait dix-neuf films en cinq catégories. La presse anglophone est nettement plus sévère : le premier film n'obtient que 17 % d'avis favorables sur Rotten Tomatoes.
Aucune explication publique n'a été donnée : ni The Pokémon Company, ni le studio OLM n'ont commenté l'arrêt du rendez-vous estival, tenu vingt-deux fois de 1998 à 2019 puis déplacé au 25 décembre 2020 par la pandémie. Le seul fait établi est l'absence elle-même : aucun long métrage sorti de 2021 à 2025, aucun en 2026 au 3 septembre, et le suivant n'est pas attendu avant 2027. La place a été occupée par des séries et des formats courts, jamais par un film.
Les films 1 à 18 ont eu une édition DVD française ; les cinq derniers, aucune. Le dernier titre à en recevoir une est Hoopa et le choc des légendes, le 1er juin 2016. Plus rien n'est distribué neuf au 3 septembre 2026 : ces disques ne se trouvent plus que d'occasion. Le Blu-ray n'a jamais pris en France, où seule une édition du quatorzième film a pu être retrouvée.
Quatre-vingt-huit minutes en moyenne sur les vingt-trois films. Le plus court est Kyurem VS la Lame de la Justice, 72 minutes ; le plus long, Pokémon Ranger et le temple des mers, 105 minutes. Attention aux durées annoncées pour les trois films sortis dans les salles françaises : elles incluent le court métrage Pikachu de première partie de séance, soit une vingtaine de minutes de plus.