Tous les jeux vidéo Pokémon : le guide complet de la saga

La série principale Pokémon compte vingt-deux titres parus en français — trente-huit versions distinctes, les paires comptant ici pour un seul titre —, de Rouge et Bleu sur Game Boy à Légendes Pokémon : Z-A sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2, et une dixième génération est déjà annoncée pour 2027. Cette page les reprend dans l'ordre de sortie, console par console, avec ce que chaque titre a ajouté et ce qu'il a laissé tomber en chemin.

Chaque titre tient ici en deux à cinq phrases et renvoie vers son dossier complet, de Rouge et Bleu à l'épisode le plus récent. Pour prendre la série par espèces plutôt que par machines, le guide des 1 025 Pokémon fait le chemin inverse ; pour la prendre par la carte, celui des régions du monde Pokémon.

La saga en chiffres : ce qu'il faut retenir avant de lire

Trente ans, sept machines, une seule maison : la série principale n'est jamais sortie ailleurs que sur une machine Nintendo jouable en portable, Switch et Switch 2 comprises, qui sont des hybrides salon/portable. C'est la contrainte la plus structurante de la saga : chaque jeu part de ce que la console du moment sait faire.

Ces repères ne concernent que la série principale, c'est-à-dire les RPG développés par GAME FREAK, jusqu'à Légendes Pokémon : Z-A inclus ; seul Diamant Étincelant et Perle Scintillante fait exception, confié au studio ILCA. Les séries dérivées et les jeux mobiles obéissent à d'autres règles et se comptent à part ; les espèces, elles, se dénombrent dans le Pokédex.

Repère Valeur
Titres de la série principale 22 parus en français, de Rouge et Bleu à Légendes Pokémon : Z-A
Premier jeu, au Japon Pokémon Rouge et Vert, le 27 février 1996, sur Game Boy
Arrivée en Europe 5 octobre 1999, sous les titres Pokémon Version Rouge et Pokémon Version Bleue
Générations parues 9 ; la dixième, Pokémon Vents et Vagues, est attendue en 2027
Régions de la série principale 9 régions principales, de Kanto à Paldea, hors sous-régions et régions d'extension
Espèces au Pokédex national 1 025 au terme de la neuvième génération
Machines traversées 7, de la Game Boy (Japon, 1989) à la Nintendo Switch 2
Meilleure vente de la série Rouge, Vert et Bleu, toutes versions confondues : plus de 31 millions d'exemplaires, sans date d'arrêt publiée
Meilleure vente moderne Écarlate et Violet : 28,46 millions d'exemplaires au 30 juin 2026

La série n'a jamais sauté une génération de machine. Game Boy, Game Boy Color, Game Boy Advance, DS, 3DS, Switch, Switch 2 : chacune a eu son jeu Pokémon. Née un 27 février, la saga a d'ailleurs annoncé sa dixième génération un 27 février, trente ans plus tard.

Deux valeurs demandent une précision. Les régions se comptent moins facilement qu'il n'y paraît : Hisui n'est pas une dixième région, c'est Sinnoh à une époque reculée. Et le chiffre de tête dépend d'une convention de comptage : les versions japonaises de 1996 et les occidentales de 1998-1999 tiennent en une seule ligne, faute de quoi le classement change de tête.

Avant 1996 : six ans de développement et une idée d'enfance

L'histoire commence loin des consoles, dans les mares et les terrains vagues de Machida, une banlieue de Tokyo où Satoshi Tajiri naît le 28 août 1965. Enfant, il collectionne les insectes avec assez d'obstination pour que ses camarades le surnomment « Dr. Bug », le docteur Insecte. À la fin des années 1970, les champs et les étangs qu'il écumait disparaissent sous les immeubles et les centres commerciaux ; sa passion de collectionneur se reporte sur les jeux vidéo et les salles d'arcade.

De cette obsession naît un fanzine. Au début des années 1980, Tajiri et quelques amis lancent Game Freak, une revue consacrée aux astuces des jeux d'arcade : écrite à la main les premiers temps, tirée à quelque vingt-huit pages, puis confiée à un imprimeur professionnel. Un lecteur y devient dessinateur puis ami, Ken Sugimori, qui signera les artworks originaux des créatures avant de prendre la direction artistique de la série. Le 26 avril 1989, la revue devient une société, GAME FREAK, Inc. — l'immatriculation était la condition posée par Namco pour éditer Quinty, le premier jeu du studio, un jeu d'action Famicom publié en Occident sous le nom Mendel Palace.

L'idée fondatrice arrive avec un accessoire. En voyant deux enfants relier leurs Game Boy par un câble Game Link, Tajiri imagine des insectes qui rampent le long du fil, d'une console à l'autre. Le projet qu'il en tire s'appelle Capsule Monsters, en référence aux distributeurs de capsules japonais, et il est présenté dès 1990 à Nintendo et au studio Ape, futur Creatures. Il est d'abord refusé, et le nom, impossible à déposer, devient CapuMon puis Pocket Monsters. C'est la confiance de Shigeru Miyamoto qui emporte la décision au second passage ; c'est lui aussi qui suggère de couper le jeu en deux versions après avoir entendu Tajiri parler d'enfants qui s'échangeraient des créatures.

Le développement s'étire alors sur six ans depuis le premier pitch à Nintendo — sept selon Poképédia —, le plus long de toute la série, avec une équipe bien plus étoffée que sur les titres précédents. Sugimori dessine l'intégralité des Champions d'Arène, Atsuko Nishida une bonne partie des 151 créatures, dont Pikachu, aux côtés de Motofumi Fujiwara et de Shigeki Morimoto ; Junichi Masuda compose toute la bande-son en écrivant au passage le programme qui permet à la Game Boy de restituer un cri échantillonné propre à chaque monstre. Le héros et son rival portent, parmi leurs noms par défaut, Satoshi et Shigeru : les prénoms de Tajiri et de Miyamoto.

Le pitch initial de Capsule Monsters ne prévoyait pas encore deux cartouches : il misait sur des créatures « mirages » si rares qu'il faudrait finir par les demander à quelqu'un. L'échange précède donc la double version dans la conception du jeu — la mécanique commerciale est venue se greffer sur une idée sociale, et non l'inverse.

Le paradoxe est que ce jeu sort sur une machine à bout de souffle. La Game Boy, écran monochrome et quatre piles AA, est en vente au Japon depuis le 21 avril 1989 : quand Pokémon Rouge et Vert arrivent enfin le 27 février 1996, après un report d'octobre 1995, la console approche des sept ans. Le lancement japonais s'en ressent : il est poussif, et rien, en février 1996, ne laisse deviner ce que la cartouche va devenir.

Le studio y avait pourtant laissé une dernière trace de son esprit d'atelier. Mew n'était pas censé pouvoir être obtenu, et les joueurs le débusquent malgré tout par un bug peu après la sortie ; Tajiri juge que la situation ne peut pas en rester là et propose de l'offrir. Le magazine CoroCoro le met en jeu au printemps 1996 auprès de vingt lecteurs tirés au sort : environ 78 000 candidatures arrivent.

Planche de sprites monochromes de 1990 pour Capsule Monsters, le projet devenu Pokémon : une vingtaine de créatures dessinées en pixels noir et blanc, numérotées.
La plus ancienne planche de sprites connue du projet, datée de 1990, quand il s'appelait encore Capsule Monsters. Six ans séparent ce document de la sortie du jeu.

Game Boy : deux cartouches, un câble, et un genre qui naît

Pokémon Rouge et Vert paraissent au Japon le 27 février 1996 et ne quitteront jamais l'archipel. Une troisième cartouche, Pokémon Bleu, sort au Japon le 15 octobre 1996, d'abord réservée aux abonnés du magazine CoroCoro Comics, et n'est mise en vente libre qu'en octobre 1999. C'est pourtant elle qui sert de matrice à l'Occident : les versions Rouge et Bleu vendues en Europe reprennent ses sprites, ses décors et l'essentiel de ses bugs, mais récupèrent de Rouge et Vert leurs données internes, c'est-à-dire les lieux de capture et les échanges avec les personnages. La sortie européenne est datée du 5 octobre 1999.

Tout le jeu tient dans une consigne : le Professeur Chen confie un Pokédex et attend qu'il se remplisse. Cent cinquante et une espèces y sont répertoriées, et battre la Ligue ne suffit pas à le boucler. La récompense existe pourtant : un employé de Game Freak remet un Diplôme, dans la Résidence Céladon de Céladopole, à qui a consigné les 150 espèces accessibles — Mew n'est pas exigé. L'inventaire devient le moteur de l'aventure.

Or ce Pokédex est impossible à finir seul. Chaque cartouche ne contient que 139 des 151 espèces : onze appartiennent à l'autre version, et Mew, qui ferme le Pokédex, reste hors d'atteinte par les voies prévues. Sans câble Link, le compteur plafonne à 124. Le trio de départ de Kanto pose la même règle dès la première minute : deux lignées sur trois passent par quelqu'un d'autre.

Ces cartouches fixent une grammaire dont la série ne s'écartera plus guère. Le joueur traverse Kanto, décroche huit Badges d'Arène avant d'affronter le Conseil 4, et déloge en chemin la Team Rocket du casino de Céladopole, de la Tour Pokémon de Lavanville puis du siège de la Sylphe SARL. Son chef, Giovanni, tient lui-même la huitième Arène, à Jadielle : l'antagoniste et le dernier Champion d'Arène ne font qu'un.

La génération a aussi laissé son bug le plus célèbre. MissingNo., littéralement « Numéro Manquant », n'est pas un Pokémon mais un garde-fou : les développeurs avaient réservé 190 emplacements d'espèces, en ont vidé quarante faute de place, et ont bouché les trous par cette entrée d'erreur pour éviter un plantage. On l'atteint par le bug de la rive droite de Cramois'Île, qui consiste à faire parler le vieil homme de Jadielle — répondre « non » à sa question pour qu'il fasse sa démonstration de capture — avant d'aller surfer le long de la rive droite de l'île. La rencontre ajoute 128 exemplaires du sixième objet du sac, à condition d'en détenir moins de 128, ce qui a fait la fortune des Master Ball et des Super Bonbons.

Ce bug est un pur accident de traduction : il n'existe ni dans Rouge et Vert, ni dans le Bleu japonais qui a pourtant servi de base, et il a été corrigé dans les localisations espagnole et italienne. Sur les cartouches françaises, le jeu se fige sur un écran noir dès qu'il devrait afficher 'M ou la plupart des MissingNo. : seules ses formes spectre, fossile de Kabutops et fossile de Ptéra s'affichent par ce bug.

La Version Jaune, parue au Japon le 12 septembre 1998 et en Europe le 16 juin 2000, est la première « troisième version » de la série. Elle n'ouvre pas de région : elle réaligne Kanto sur le dessin animé. Plus de choix de départ, mais un Pikachu que le Professeur Chen capture sous les yeux du joueur, qui refuse ensuite sa Poké Ball et marche derrière lui ; Bulbizarre, Salamèche et Carapuce récupérables tous les trois dans la même partie, offerts par des personnages calqués sur la série ; Jessie et James à la place de certains Sbires. Les teintes de l'écran changent aussi selon les lieux, une fonction jusque-là réservée au Super Game Boy ; la cartouche dialogue avec le Game Boy Printer, referme la brèche de Cramois'Île en retirant la rive droite des zones de capture, et retranche treize espèces qu'il faut aller chercher par échange dans Rouge ou Bleu.

Jaquette française de Pokémon Version Rouge sur Game Boy : Dracaufeu, ailes déployées, crache des flammes sur fond rouge, sous le slogan « Attrapez-les tous ! ».
La jaquette française de Pokémon Version Rouge. La Version Bleue lui répond avec Tortank : deux boîtes, deux Pokédex incomplets, et un câble pour combler l'écart.

Game Boy Color : Johto, ou la suite la plus généreuse de la série

Pokémon Or et Argent sortent au Japon le 21 novembre 1999 et en Europe le 6 avril 2001, sur une cartouche qui fonctionne encore sur la Game Boy d'origine. Une fois la Ligue de Johto battue, Kanto rouvre. Seize Badges, deux régions, une centaine d'espèces inédites numérotées de 152 à 251, et une aventure qui s'achève au sommet du Mont Argenté, face au Dresseur que le joueur incarnait dans Rouge et Bleu, trois ans plus tôt dans la chronologie du jeu.

Le Kanto de retour n'est pas le même : Johto, la région voisine, a pris toute la place, et l'ancienne se parcourt raccourcie, sans Forêt de Jade ni Caverne Azurée, sans intrigue non plus. Sa fonction est mémorielle : Cramois'Île a été détruite par une éruption, le gardien du Parc Safari a pris sa retraite, la mère du héros de 1996 s'inquiète de son silence.

Le changement le plus lourd de conséquences ne se voit pas sur la jaquette. La cartouche embarque une horloge alimentée par sa pile, qui tient à la fois l'heure et la sauvegarde — d'où ces cartouches de deuxième génération qui, pile morte, oublient tout. Le jeu suit l'heure réelle et les jours de la semaine : les graphismes changent la nuit, certaines espèces ne sortent qu'à certains moments, et le Concours de Capture d'insecte du Parc Naturel n'a lieu que le mardi, le jeudi et le samedi. Le Pokématos regroupe montre, radio, carte et téléphone : des Dresseurs croisés en route laissent leur numéro et rappellent pour un nouveau combat.

Les Pokémon ont désormais un sexe, et deux Pokémon compatibles de sexes opposés déposés à la Pension produisent un Œuf qui éclôt après un certain nombre de pas, mécanique qui fait apparaître huit Pokémon bébés — Pichu, Mélo, Toudoudou, Togepi, Debugant, Lippouti, Élekid et Magby. Chaque Pokémon peut tenir un objet, Baie de secours ou accessoire qui renforce un type, comme le Charbon ou la Ceinture Noire. Deux types s'ajoutent, l'Acier et les Ténèbres, pour rééquilibrer le Psy et le Combat : un Pokémon Ténèbres est insensible aux capacités Psy et les frappe en super efficace, l'Acier résiste alors à onze types d'un coup — il en perdra deux, Spectre et Ténèbres, en sixième génération. La répartition physique/spécial, elle, dépend encore du seul type de la capacité : l'Acier frappe toujours physiquement, les Ténèbres toujours spécialement.

Pokémon Cristal, sorti au Japon le 14 décembre 2000 et en Europe à l'automne 2001 — Pokémon.com donne le 2 novembre, Poképédia le 31 octobre —, est le premier jeu principal de la série qui ne fonctionne plus sur la Game Boy d'origine : il lui faut une Game Boy Color. Il apporte aussi la première héroïne jouable, Christy, des sprites animés à l'entrée en combat, et transforme Suicune en fil rouge : le Pokémaniac Eusine le traque depuis dix ans, le joueur réveille les trois fauves légendaires à la Tour Cendrée, croise Suicune en fuite dans toute la région et ne l'affronte qu'à la Tour Ferraille.

Une part du jeu n'a jamais quitté le Japon. Le Pokémon Communication Center de Doublonville reliait la Game Boy Color à un téléphone portable, par un adaptateur vendu à part, pour échanger et combattre à distance — et pour recevoir la GS Ball qui, déposée au Bois aux Chênes, appelait Celebi. Le service mobile, faute de succès, a été abandonné ; seul l'événement Celebi a fini par sortir du Japon, la réédition Console Virtuelle 3DS de 2018 le rendant accessible dans toutes les langues.

Jaquette française de Pokémon Version Or sur Game Boy Color : Ho-Oh, l'oiseau légendaire aux plumes dorées et rouges, ailes ouvertes.
Pokémon Version Or met Ho-Oh en couverture, Version Argent lui oppose Lugia. Depuis cette génération, la boîte annonce le légendaire propre à chaque cartouche.

Game Boy Advance : Hoenn, la rupture, et l'invention du remake

Pokémon Rubis et Saphir paraissent au Japon le 21 novembre 2002 et en Europe le 25 juillet 2003. Game Freak profite du passage à la Game Boy Advance pour réécrire la fiche interne d'une créature, qui accueille désormais une nature et ce que les jeux appellent alors une capacité spéciale, le talent d'aujourd'hui. La contrepartie est immédiate : les cartouches Game Boy ne peuvent plus rien envoyer vers Hoenn. Près de quatre ans de collections européennes, presque sept au Japon, restent bloqués sur l'ancienne console, et le Pokédex de Rubis et Saphir s'arrête à 202 entrées, dont 67 espèces anciennes seulement. Le reste de la génération est construit autour d'une compensation : non pas la réouverture des cartouches Game Boy, qui ne viendra jamais, mais le retour des espèces manquantes par d'autres portes.

En échange, 135 espèces inédites portent le Pokédex National à 386, et le combat gagne trois couches d'un coup : les talents, au nombre de 76 dès Rubis et Saphir, qui donnent à chaque espèce un pouvoir permanent au lieu d'une simple liste d'attaques ; les Combats Duo, deux Pokémon contre deux, où le choix de la cible et les attaques qui balaient le terrain comptent autant que la puissance brute ; et la météo, héritée d'Or et Argent, que la Grêle complète d'un quatrième climat et que des talents installent désormais d'eux-mêmes dès l'entrée en combat, Sécheresse pour le soleil, Crachin pour la pluie, Sable Volant pour la tempête de sable, là où il fallait encore la lancer à la main. Les natures et les Baies que l'on cultive en terre achèvent la refonte.

La région de Hoenn donne autant de place à l'eau qu'à la terre : plusieurs chenaux ont une partie sous-marine que l'on ouvre avec la CS Plongée, et c'est sous la surface que se cache la Caverne Fondmer. Son intrigue confie pour la première fois le rôle de Team maléfique à une organisation différente selon la version, la Team Aqua et la Team Magma, l'une pour réveiller Kyogre et étendre les mers, l'autre pour réveiller Groudon et étendre les terres.

Hoenn ouvre aussi deux carrières parallèles à la Ligue. Les Concours Pokémon jugent une créature sur cinq conditions que l'on nourrit de Pokéblocs, et non sur sa puissance en combat. Les Bases Secrètes, elles, se creusent dans un arbre, une paroi ou un buisson avec la CT 43, Force Cachée, et se meublent de seize décorations. Un joueur qui échange ses données voit la base de son ami apparaître dans son propre jeu et, une fois la Ligue de Hoenn battue, peut l'y affronter une fois par jour.

La génération perd au passage une partie de ce que Johto avait apporté. Le cycle jour/nuit disparaît : seule l'heure sert encore, pour la pousse des Baies et la marée de la Grotte Tréfonds, et rien ne permet de retourner à Kanto ni à Johto. Rubis et Saphir s'écoulent pourtant à 16,22 millions d'exemplaires au 31 mars 2013 : la rupture ne leur aura rien coûté.

La réponse à la rupture arrive en Europe le 1er octobre 2004, huit mois après sa sortie japonaise, avec Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille, les premiers remakes de la série. Kanto est rebâti aux normes de la Game Boy Advance, puis prolongé par les Îles Sevii, un archipel de sept îles dont les quatre dernières ne s'ouvrent qu'après soixante espèces capturées, la Ligue battue et le Rubis retrouvé sur l'Île 1. L'adaptateur sans fil, livré dans la boîte au lancement, y remplace le câble de liaison. Ces deux cartouches servent de pont : c'est par elles, et par Pokémon Colosseum puis Pokémon XD sur GameCube, que les espèces des deux premières générations reviennent dans le circuit.

Pokémon Émeraude ferme la marche en Europe le 21 octobre 2005, un an après sa sortie japonaise du 16 septembre 2004, en réunissant ce que les deux versions séparaient : les deux organisations sont présentes, s'affrontent entre elles, et il faut réveiller Rayquaza au sommet du Pilier Céleste pour calmer Groudon et Kyogre. La Tour de Combat devient la Zone de Combat, un complexe de sept bâtiments tenus chacun par un Meneur de Zone, et les sprites animés à l'entrée en combat, hérités de Cristal, font leur retour. Avec 6,32 millions d'exemplaires au 31 mars 2007, Émeraude paie sa place dans le calendrier : une troisième version arrivée plus de deux ans après la paire qu'elle prolonge, et sept mois après le lancement européen de la Nintendo DS.

Jaquette française de Pokémon Version Rouge Feu sur Game Boy Advance : Dracaufeu rugissant sur fond orange, avec la pastille annonçant l'adaptateur sans fil fourni dans la boîte.
Rouge Feu, premier remake de la série : Kanto rebâti aux normes de 2004, adaptateur sans fil dans la boîte, et un pont pour rapatrier les cartouches Game Boy.

Nintendo DS : Sinnoh, Unys et le grand nettoyage

Pokémon Diamant et Perle sortent au Japon le 28 septembre 2006 et en Europe le 27 juillet 2007. Ils portent une réforme qui touche chacune des capacités du jeu, et elle tient en une phrase : une capacité est physique ou spéciale selon ce qu'elle fait, et non plus selon son type. Dans les trois premières générations, la catégorie se lisait sur le type et non sur le geste : neuf types frappaient toujours à l'Attaque, huit toujours à l'Attaque Spéciale, étant entendu que la première génération ignorait encore l'Acier et les Ténèbres et ne connaissait qu'une statistique unique de Spécial, servant à la fois d'attaque et de défense.

Le résultat condamnait des espèces entières. Ectoplasma, 65 en Attaque contre 130 en Attaque Spéciale, voyait ses capacités Spectre calculées sur sa pire statistique ; Tyranocif, 134 en Attaque contre 95 en Attaque Spéciale, subissait exactement l'inverse avec ses capacités Ténèbres. Le classement au cas par cas leur rend enfin l'usage de leur propre type, comme il le rend à Dimoret, un Ténèbres/Glace à 120 d'Attaque et 45 d'Attaque Spéciale, profil que portait déjà sans pouvoir s'en servir sa pré-évolution Farfuret, 95 contre 35, depuis la deuxième génération. Le détail de la répartition est dans le guide des catégories de capacités.

La quatrième génération est aussi celle où la série se branche sur Internet. Diamant et Perle sont les premiers jeux principaux jouables en ligne : on y échange et on y combat avec le monde entier depuis la Global Trade Station de Féli-Cité, où l'on dépose une créature en indiquant celle que l'on cherche en retour. Le cycle jour/nuit revient, 107 espèces s'ajoutent, le Souterrain de Sinnoh permet de creuser sa base et d'y déterrer des fossiles, et le Poké Radar récompense les chaînes de quarante rencontres identiques par des chances nettement accrues de tomber sur un chromatique.

Pokémon Platine revient sur Sinnoh en Europe le 22 mai 2009 et reprend un à un les manques de la paire d'origine. Le Pokédex régional passe de 151 à 210 entrées, ce qui rend enfin disponibles, avant la fin de l'aventure, les évolutions que la génération avait elle-même inventées. Surtout, Giratina obtient sa Forme Originelle et un territoire à lui : le Monde Distorsion, une dimension où le temps est figé, l'espace instable et la gravité faussée, au point qu'on y surfe sur une cascade. La Zone de Combat y devient un complexe comparable à celui d'Émeraude. 7,06 millions d'exemplaires au 31 mars 2010 : la version définitive de Sinnoh est arrivée sur un marché que la paire d'origine avait déjà servi.

Le 26 mars 2010 en Europe, six mois après le Japon, Or HeartGold et Argent SoulSilver portent Johto puis Kanto sur Nintendo DS. Le premier Pokémon de l'équipe marche derrière le joueur en permanence et répond quand on lui adresse la parole, les plus imposants rentrant dans leur Poké Ball à l'entrée d'un bâtiment. Un podomètre, le Pokéwalker, est glissé dans la boîte et convertit vingt pas en un watt de sa propre monnaie. Le Pokédex de Johto grimpe à 256 entrées, et le Pokéathlon ajoute une carrière sportive à la carrière de Dresseur.

87 sur 100 chez Metacritic, et aucun autre remake de la série n'a fait mieux : Rubis Oméga et Saphir Alpha plafonnent à 83 et 82, Rouge Feu et Vert Feuille à 81, Diamant Étincelant et Perle Scintillante à 73. Avec 12,72 millions d'exemplaires au 31 mars 2021, ces deux cartouches restent la référence à laquelle on compare chaque retour de la série sur une région ancienne.

Pokémon Noir et Blanc, le 4 mars 2011 en Europe et près de six mois plus tôt au Japon, prennent le pari exactement inverse. Le Pokédex d'Unys compte 156 entrées et pas une seule espèce ancienne avant la fin de l'aventure : avec celui de Kanto, c'est le seul Pokédex régional de la série entièrement composé de Pokémon de sa propre génération, et, à leur sortie, aucune de ses créatures n'avait d'évolution ni de pré-évolution dans une autre génération. Un joueur de 2011 recommence donc à zéro, comme en 1996.

Le scénario suit N et la Team Plasma, qui réclament la libération des Pokémon et obligent le joueur à défendre ce qu'il fait depuis quinze ans, pendant que Ghetis se sert du discours à ses propres fins. Le combat gagne au passage deux formats à trois contre trois, le Combat Trio et le Combat Rotatif, les saisons durent un mois chacune et bouclent donc trois fois par an, en changeant l'aspect des routes et les zones accessibles, et les sprites cessent enfin d'être des images fixes pour rester animés pendant tout le combat. Le tout pour 15,64 millions d'exemplaires au 31 mars 2021.

Noir 2 et Blanc 2 referment la génération le 12 octobre 2012 en Europe, près de quatre mois après le Japon. Ce sont les seules suites directes de la série principale, situées deux ans plus tard dans la même Unys, avec une carte redessinée, un ancien rival devenu Champion d'Arène et un Pokédex régional de 301 espèces cette fois piochées dans toutes les générations. Le Pokémon World Tournament y remet en jeu les Champions et les Maîtres de Ligue des générations précédentes.

Ces cinq titres closent aussi une époque matérielle : les services en ligne des quatrième et cinquième générations ont été coupés le 20 mai 2014.

Jaquette française de Pokémon Version Noire sur Nintendo DS : Reshiram, le dragon blanc à la queue en turbine, sur fond noir.
Pokémon Version Noire et sa jumelle Blanche : cent cinquante-six espèces inédites et pas une seule ancienne avant la fin de l'aventure. Aucune génération n'a retenté le pari.

Nintendo 3DS : la 3D, la Méga-Évolution et la fin des Arènes

Pokémon X et Y sortent le 12 octobre 2013 au Japon, en Europe, en Amérique, en Australie et en Corée : la première sortie mondiale simultanée de la série. Deux autres nouveautés arrivent avec elles. La langue se choisit au démarrage de la partie, parmi sept, au lieu d'être figée par la cartouche ; et les jeux principaux deviennent téléchargeables sur l'eShop.

Le basculement le plus visible est ailleurs. Depuis 1996, les Pokémon étaient des sprites redessinés à chaque génération ; X et Y les remplacent par des modèles en trois dimensions animés, une première pour la série principale sur console portable. Le prix de cette refonte se lit dans le Pokédex : 72 espèces inédites seulement, pour un total de 721, la plus petite fournée de toutes les générations quand Unys en avait apporté 156. En échange, Kalos, région calquée sur la moitié nord de la France métropolitaine, filme les combats sous plusieurs angles et laisse habiller son personnage de vêtements achetés en boutique.

La génération corrige aussi un déséquilibre offensif que le type Dragon entretenait de longue date. Le type Fée, révélé au Nintendo Direct du 11 juin 2013 en même temps que Nymphali, est immunisé contre les capacités Dragon en plus d'être efficace contre elles, et il l'est également contre les Combat et les Ténèbres. L'opération déborde largement les nouveaux venus : des espèces anciennes changent de type, et trois capacités jusque-là de type Normal — Charme, Doux Baiser et Rayon Lune — passent chez les Fées.

Kalos apporte enfin la Méga-Évolution : un Pokémon qui tient sa Méga-Gemme change de forme en plein combat dès que son dresseur active la Gemme Sésame de son Méga-Anneau, gagne cent points de statistiques de base, les PV exceptés, parfois un talent ou un type, et redevient lui-même à la fin. Il en existe vingt-huit dans X et Y, et un seul Pokémon par équipe peut y recourir dans un combat donné. La Banque Pokémon, service de stockage en ligne, ouvre en Europe le 4 février 2014.

Rubis Oméga et Saphir Alpha arrivent en Europe le 28 novembre 2014, une semaine après le Japon, et ajoutent vingt Méga-Évolutions aux vingt-huit précédentes. Hoenn y gagne trois idées qui n'appartiennent qu'à lui : la Primo-Résurgence, qui rend à Groudon et à Kyogre une forme ancestrale dès leur entrée en combat, sans que le dresseur ait à activer quoi que ce soit ; le Grand Envol, qui fait survoler la région à dos de Méga-Latios ou de Méga-Latias une fois la Flûte Éon obtenue ; et l'Épisode Delta, un scénario ouvert après la Ligue, où un astéroïde fonce sur un îlot situé au sud-ouest d'Atalanopolis, là où s'élève le Pilier Céleste, et où Amaryllis, héritière du Peuple du Météore, remet Rayquaza au centre du jeu.

Pokémon Soleil et Lune, le 18 novembre 2016 au Japon, en Amérique, en Australie et en Corée, et le 23 novembre 2016 en Europe, font ce qu'aucun jeu de la série n'avait fait : ils suppriment les Arènes. À leur place, le Tour des Îles, un rite de passage en sept Épreuves réparties sur les quatre îles d'Alola. Une Épreuve ne se gagne pas forcément au combat : il faut parfois retrouver des objets ou répondre à des questions, et elle s'achève sur un Pokémon Dominant, plus grand que ses congénères et capable d'appeler des renforts. Chaque île se referme sur une Grande Épreuve, contre le Doyen ou la Doyenne du lieu.

Alola installe trois autres idées. Les formes régionales, dévoilées le 1er août 2016 avec les Sabelette, Sablaireau, Goupix, Feunard et Noadkoko d'Alola, réécrivent d'anciennes espèces sans leur donner de nouveau numéro : dix-huit pour la seule Alola, cinquante-cinq en septembre 2026 toutes régions confondues — dix-neuf pour Galar, seize pour Hisui, deux pour Paldea. Les capacités Z, une par type, ne se déclenchent qu'une fois par combat. Les Ultra-Chimères, onze créatures venues d'une autre dimension par des Ultra-Brèches, ajoutent au bestiaire des silhouettes qui ne ressemblent à aucun Pokémon connu. Les CS disparaissent au passage, remplacées par les Poké Montures.

Ultra-Soleil et Ultra-Lune referment le cycle 3DS le 17 novembre 2017 en racontant la même histoire autrement, entièrement recentrée sur Necrozma : le légendaire fusionne avec Solgaleo ou Lunala pour devenir Crinière du Couchant ou Ailes de l'Aurore, puis Ultra-Necrozma. Le jeu ouvre l'Ultra-Mégalopole, un monde dont Necrozma a volé la lumière, et ajoute quatre Ultra-Chimères ainsi que Zeraora. Avec 9,28 millions d'exemplaires au 31 mars 2026, c'est le moins vendu des quatre RPG Pokémon de la console, sorti un an seulement après Soleil et Lune alors que la Switch était déjà là.

Jaquette française de Pokémon X sur Nintendo 3DS : Xerneas, le cerf légendaire aux bois multicolores, devant un grand X bleu.
Pokémon X et Y font passer la série à la 3D, inventent le type Fée et lancent la Méga-Évolution : trois ruptures dans un même couple de cartouches.

Nintendo Switch : la maison, le monde ouvert et le passé

Jusqu'en 2018, la série principale n'avait jamais quitté le portable, de la Game Boy à la 3DS ; les consoles de salon n'avaient droit qu'aux séries dérivées, de Pokémon Stadium à Colosseum. La Nintendo Switch supprime la question en étant les deux à la fois, et un RPG Pokémon de la série principale s'affiche pour la première fois sur un téléviseur. Le confort a un prix : les défauts d'animation et de décor qui passaient inaperçus sur l'écran d'une 3DS se voient désormais sur un écran de salon.

Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli ouvrent l'ère le 16 novembre 2018. Ce sont des remakes de Pokémon Version Jaune taillés pour un public venu du téléphone : les Pokémon sauvages ordinaires ne se combattent plus, ils se capturent d'un mouvement du poignet avec le Joy-Con ou la Poké Ball Plus. Seuls les Pokémon dits interactifs — Électrode, Ronflex, les légendaires — s'affrontent encore, et les combats de dresseurs restent inchangés. Le Pokédex s'arrête à 153 entrées, les 151 de Kanto plus Meltan et Melmetal ; un GO Park récupère les créatures envoyées depuis le jeu mobile ; et deux personnes peuvent pour la première fois jouer en même temps sur la même partie.

Pokémon Épée et Bouclier, le 15 novembre 2019, donnent à la série sa première région inédite depuis Alola. Galar tient ses combats d'Arène dans des stades pleins de spectateurs et y installe le Dynamax : trois tours pendant lesquels un Pokémon devient géant et voit ses capacités remplacées, le Gigamax étant la variante réservée à certains individus, qui change en plus leur silhouette. Les Terres Sauvages, vastes zones à caméra libre où les rencontres dépendent du lieu et de la météo, introduisent les raids à quatre joueurs, que la série reprendra ensuite.

Galar n'a pas de troisième version : un pass d'extension en deux volets prend sa place, L'île solitaire de l'Armure le 17 juin 2020 et Les terres enneigées de la Couronne le 23 octobre 2020, qui ramènent à eux deux plus de deux cents anciennes espèces. L'autre rupture est moins bien passée : lors du Treehouse de l'E3 2019, Junichi Masuda annonce que seuls les Pokémon du Pokédex régional de Galar sont transférables, les autres étant absents des données du jeu — soit 401 espèces compatibles à la sortie, les 400 du Pokédex de Galar plus le Mew de la Poké Ball Plus, sur les quelque 890 répertoriées alors. La colère des joueurs prend un nom, « Dexit » ; mises à jour et extensions porteront finalement le total compatible à 664. Les jeux s'en tirent avec 80 sur 100 chez Metacritic.

Diamant Étincelant et Perle Scintillante, le 19 novembre 2021, sont le premier jeu de la série principale que Game Freak ne développe pas : le chantier revient au studio japonais ILCA. Annoncés le 26 février 2021 comme des « remakes fidèles », ils tiennent parole au pied de la lettre : la carte et la progression des originaux — 2006 au Japon, 2007 en Europe — sont restituées à quelques ajouts près, sans Méga-Évolution ni Dynamax. Cette fidélité leur a été reprochée par une partie des joueurs, et ils obtiennent 73 sur 100 chez Metacritic.

Un peu plus de deux mois plus tard, le 28 janvier 2022, Légendes Pokémon : Arceus fait exactement l'inverse. Hisui est un Sinnoh d'avant le dressage, découpé en grandes zones ouvertes que l'on parcourt avec un matériel fabriqué soi-même. La Ball se lance depuis l'exploration, sans combat obligatoire, et les capacités d'un Pokémon sauvage peuvent blesser le dresseur. Le reste du système est démonté : plus de talents, plus d'IV ni d'EV — remplacés par le niveau d'effort —, plus d'objets tenus, des évolutions déclenchées à la main, et un ordre d'action conditionnel où deux styles de capacités, Rapide et Puissant, décident de qui joue et quand. Le jeu obtient 83 sur 100 chez Metacritic.

Pokémon Écarlate et Violet, le 18 novembre 2022, livrent le premier monde ouvert de la série sans aucune transition : villes, routes et bâtiments tiennent dans une seule carte que l'on parcourt dans l'ordre que l'on veut. Paldea propose trois intrigues menées en parallèle — « La voie du Maître » et les Champions d'Arène, « Un parfum de légende » et la chasse aux Épices Secrètes, « ★ Objectif Stardust ★ » contre la Team Star — avant un dernier chapitre commun dans la Zone Zéro. La Téracristallisation y remplace les phénomènes précédents, et le professeur n'est pas le même dans Écarlate et dans Violet.

L'exécution technique, elle, n'a pas suivi : images saccadées, décors qui se chargent en retard, défauts d'affichage. Metacritic retient 72 sur 100. Les ventes n'ont pas bronché : avec 28,46 millions d'exemplaires au 30 juin 2026, Écarlate et Violet signent le meilleur score de la licence sur Nintendo Switch.

Légendes Pokémon : Z-A ferme la marche le 16 octobre 2025, sur Switch et sur Switch 2, où il existe en Nintendo Switch 2 Edition. Tout se joue dans une seule ville, Illumis, en plein réaménagement urbain, et les combats passent en temps réel : chaque capacité a une portée, une zone d'effet et un temps de recharge, on se replace, on esquive d'une roulade. La nuit venue, le Royale Z-A transforme des quartiers entiers en zones de classement, du rang Z au rang A. La Méga-Évolution y revient enrichie de vingt-six formes inédites, portées à quarante-cinq par l'extension Méga-Dimension, dont la seconde vague sort le 10 décembre 2025, et gagne même les Pokémon sauvages sous le nom de Méga-Évolution Ferox.

Au 31 mars 2026, cinq mois et demi après sa sortie, le jeu s'était écoulé à 8,85 millions d'exemplaires comptabilisés sur Switch et 3,94 millions sur Switch 2, soit 12,79 millions au total — Nintendo rangeant les Switch 2 Edition dématérialisées dans la ligne Switch. Les deux Légendes ne cassent pas la formule de la même façon : Arceus mise sur l'exploration libre, Z-A sur le combat en temps réel. La suite est déjà annoncée : Pokémon Vents et Vagues, annoncés le 27 février 2026 pour les trente ans de la licence, ouvriront la dixième génération sur Switch 2 en 2027.

Jaquette de Légendes Pokémon : Arceus sur Nintendo Switch : un dresseur de dos, en tenue d'époque, observe une plaine de Hisui peuplée de Pokémon sauvages.
Légendes Pokémon : Arceus déplace la série dans le Sinnoh d'autrefois et retire presque tout : Arènes, Ligue, talents. C'est la rupture la plus nette depuis 1996.

Paires, troisièmes versions, remakes, Légendes : quatre familles

La série principale compte vingt-deux jeux en français, soit trente-huit cartouches si l'on compte chaque version à part, puisque la plupart sortent par deux. Ils ne remplissent pas la même fonction : quatre familles se partagent la liste, chacune répondant à un problème précis. Neuf paires inaugurales plus une paire-suite, cinq troisièmes versions, cinq remakes et deux Légendes.

Les paires ouvrent chaque génération : deux versions vendues le même jour, même région, même scénario, catalogues volontairement incomplets — Rouge et Bleu, Or et Argent, Rubis et Saphir, Diamant et Perle, Noir et Blanc, X et Y, Soleil et Lune, Épée et Bouclier, Écarlate et Violet. Neuf paires en vingt-trois ans, plus une exception, Noir 2 et Blanc 2, seul duo de la série à être une vraie suite : la même région, deux ans plus tard. Aucune autre famille n'inaugure de région : chaque paire inaugurale ouvre la sienne, et les trois autres reviennent toutes sur un décor déjà posé.

Les troisièmes versions ramènent le joueur dans la région que la paire vient d'ouvrir. Le studio les désigne en interne comme des upper versions (アッパーバージョン) ; « troisième version » est l'appellation forgée par les fans occidentaux. Cinq titres seulement : Jaune, Cristal, Émeraude, Platine et Ultra-Soleil et Ultra-Lune, ces derniers étant les seuls livrés eux-mêmes en paire, et les derniers de la famille. Elles ne remplacent pas la paire, elles la prolongent : même région, scénario réécrit, contenu ajouté, et des espèces venues d'autres régions que la paire d'origine n'héberge pas.

Les remakes rebâtissent une génération ancienne avec le moteur du moment, sans reprendre aucune donnée de l'original : Rouge Feu et Vert Feuille pour Kanto, Or HeartGold et Argent SoulSilver pour Johto, Rubis Oméga et Saphir Alpha pour Hoenn, Diamant Étincelant et Perle Scintillante pour Sinnoh, et Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli en relecture très libre de Jaune. Le premier de ces remakes répondait à un besoin technique plus qu'à la nostalgie : les Pokémon des deux premières générations ne pouvaient pas passer dans la troisième ; Kanto rendait les cent premiers, les Îles Sevii ceux de Johto, et le reliquat — Mew, Ho-Oh, Lugia — passait par la distribution événementielle. Seuls les deux premiers remakes étaient prévus ; la demande a imposé les suivants. Rubis Oméga et Saphir Alpha sont d'ailleurs sortis hors date symbolique, avec du retard sur l'anniversaire de Rubis et Saphir ; ce sont Or HeartGold et Argent SoulSilver (dix ans d'Or et Argent), Let's Go (vingt ans de Jaune) et Diamant Étincelant et Perle Scintillante (quinze ans de Diamant et Perle, vingt-cinq ans de la licence) qui sont calés sur un anniversaire.

Les Légendes ne sont que deux, Légendes Pokémon : Arceus et Légendes Pokémon : Z-A, que le comparatif d'Arceus et de Z-A oppose point par point. Ce sont des RPG d'action vendus en version unique, sans paire et donc sans exclusivité de cartouche, situés dans des régions déjà connues, prises à une autre époque ou sous un autre angle. La collection y redevient une affaire solitaire, et la famille sert de terrain d'essai sur un décor familier.

La troisième version s'était déjà éteinte deux fois avant l'extension payante : la génération V lui a préféré une suite, la VI n'a rien eu du tout. Les générations VIII et IX ont ensuite comblé la place avec du contenu payant. Le 9 janvier 2020, Junichi Masuda et Shigeru Ômori annoncent le Pass d'extension d'Épée et Bouclier en expliquant vouloir prolonger l'aventure sans passer par un nouveau titre, comme cela avait été fait pour Platine ou Ultra-Soleil et Ultra-Lune. Galar puis Paldea ont reçu leurs extensions sur ce modèle, en deux volets chacune. Une troisième version se rachetait entière, une extension s'ouvre dans la sauvegarde en cours — et le modèle a débordé jusqu'aux Légendes, puisque Z-A a reçu à son tour la sienne, Méga-Dimension. Le glissement se lit sur les jaquettes : la place qu'occupait le légendaire d'une troisième version revient désormais à celui d'une extension, Shifours et Sylveroy pour Galar, Ogerpon et Terapagos pour Paldea.

Ce décompte de vingt-deux exclut enfin les séries dérivées. Donjon Mystère, Colosseum, Ranger, Snap, Unite et les autres n'y figurent pas, pas plus que les jeux mobiles. Le critère n'est pas la qualité mais la nature du jeu : un RPG développé quasi exclusivement par Game Freak, où l'on incarne un dresseur qui explore une région et remplit un Pokédex.

Ranger un titre dans sa famille évite trois erreurs d'achat. Une troisième version ne dispense pas de la paire qu'elle prolonge : il faut toujours se relier à elle pour boucler le Pokédex régional. Un remake, lui, ne prolonge rien, il remplace. Et une Légendes ne fonctionne comme aucune des trois autres familles : la troisième erreur consiste à l'acheter en croyant retrouver la structure d'une paire. La famille d'un titre en dit plus long sur l'expérience qu'il propose que sa génération.

Pourquoi deux versions à la fois, et ce que ça change pour le joueur

Depuis 1996, une génération sort en deux versions le même jour, dans la même région et sur le même scénario. La différence voulue porte d'abord sur le catalogue : chaque cartouche prive le joueur d'espèces que l'autre héberge.

Le volume de ces exclusivités a grossi jusqu'à Galar avant de refluer. Rouge et Bleu réservent onze espèces à chaque cartouche ; Diamant et Perle montent à vingt, Épée et Bouclier à trente-quatre entrées par version dans le jeu de base, formes Gigamax comprises, et Écarlate et Violet redescendent à vingt-cinq entrées par version, la première n'opposant que deux formes du même Tauros de Paldea. Le principe, lui, n'a pas bougé en trente ans : les espèces absentes d'une version ont le plus souvent leur équivalent dans l'autre, choisi pour se répondre par le type ou le lieu de capture.

Le plus visible de ces exclusifs est sur la boîte. Hors des jeux situés à Kanto et à Hisui, la mascotte de jaquette est le légendaire disponible au sommet du scénario, et sur les paires elle change avec la version : Ho-Oh et Lugia, Groudon et Kyogre, Dialga et Palkia, Reshiram et Zekrom, Xerneas et Yveltal, Solgaleo et Lunala, Zacian et Zamazenta, Koraidon et Miraidon. Kanto illustre l'exception : Rouge et Bleu affichaient Dracaufeu et Tortank, deux formes finales de Pokémon de départ.

Le reste des différences est moins voyant, parfois structurel. Dans Rubis et Saphir, l'organisation à combattre change de camp : la Team Aqua se contente d'un rôle d'appoint côté Rubis, où la Team Magma mène l'intrigue, et devient la menace principale côté Saphir. Noir et Blanc vont plus loin en donnant à chaque version une ville à elle, la Ville Noire ou la Forêt Blanche. Soleil et Lune décalent l'horloge interne de douze heures d'une cartouche à l'autre, ce qui inverse le jour et la nuit.

Deux des huit Arènes de Épée et Bouclier changent carrément de titulaire, de type et de Badge : à Old Chister, Faïza et le type Combat dans Épée contre Alistair et le type Spectre dans Bouclier ; à Ludester, Chaz et le type Roche contre Lona et le type Glace. Écarlate et Violet déplacent la différence hors du catalogue : pour la première fois, le professeur Pokémon lui-même dépend de la version, Olim dans Écarlate, Turum dans Violet.

La contrainte pratique, elle, s'est allégée par étapes. Jusqu'à la troisième génération, échanger supposait deux joueurs côte à côte, reliés par un câble Game Link puis, en toute fin de parcours, par l'adaptateur sans fil de la Game Boy Advance. La Nintendo DS ouvre le sans-fil local puis Internet, et la GTS met pour la première fois en relation des joueurs qui ne se connaissent pas. La contrainte a changé de nature sans disparaître : il faut toujours un second joueur, mais il n'a plus besoin d'être dans la même pièce.

Reste le fait brut : compléter un Pokédex en solitaire reste impossible dans la plupart des jeux. Les exclusivités ne sont pas seules en cause, puisque plusieurs espèces n'évoluent qu'au moment précis d'un échange. Les jeux récents aménagent la règle sans la lever : dans Écarlate et Violet, rejoindre un raid Téracristal lancé depuis la version opposée, ou passer par le Club Union, permet de croiser des espèces que sa propre cartouche n'héberge pas. Le relevé des exclusivités version par version donne, pour chaque génération, les espèces à aller chercher dans l'autre cartouche.

Le format survit à la Switch 2 : Pokémon Vents et Vagues sortiront eux aussi en deux versions.

Les jaquettes françaises de Pokémon Version Rubis et Pokémon Version Saphir côte à côte : Groudon en rouge sur l'une, Kyogre en bleu sur l'autre.
Deux boîtes pour un même jeu : Groudon d'un côté, Kyogre de l'autre. Le légendaire de couverture annonce surtout ce que l'autre cartouche n'aura pas.

Ce que chaque génération a ajouté au système de jeu

Une génération Pokémon ne se résume pas à une région et à cent créatures de plus : c'est d'abord une ligne ajoutée à un jeu de règles. La plupart de ces ajouts se cumulent au lieu de se remplacer, si bien qu'une partie lancée aujourd'hui manipule encore les statistiques de 1996, l'élevage de 1999, les talents de 2002 et la réforme des capacités de 2006 — dates japonaises ; en France, ces quatre couches arrivent respectivement en 1999, 2001, 2003 et 2007. Le tableau ci-dessous ne retient que les apports au système, régions et espèces mises de côté. Le fonctionnement détaillé de ces rouages est expliqué dans le guide des types et des mécaniques de combat.

Génération Jeux Ce qu'elle ajoute au système
1 Rouge et Bleu, Jaune Le socle : cinq statistiques, dont un Spécial unique qui sert autant à frapper qu'à encaisser ; quinze types ; 165 capacités ; une équipe de six ; l'échange par câble Game Link.
2 Or et Argent, Cristal Le Spécial se coupe en Attaque et Défense Spéciales. Objets tenus, sexe des Pokémon, reproduction et Œufs, chromatiques, horloge interne et cycle jour/nuit, deux types neufs utilisables, Acier et Ténèbres (plus le type ??? réservé à Malédiction).
3 Rubis et Saphir, Rouge Feu et Vert Feuille, Émeraude Les talents, les natures, une structure interne repensée qui redéfinit les IV, les Combats Duo, un climat élargi à la grêle, les Baies cultivables et les Concours.
4 Diamant et Perle, Platine, Or HeartGold et Argent SoulSilver La réforme majeure : physique ou spéciale se décide capacité par capacité et non plus par type. Quarante-sept talents de plus, et le premier jeu de la série à exploiter pleinement la Connexion Wi-Fi Nintendo, avec sa Global Trade Station.
5 Noir et Blanc, Noir 2 et Blanc 2 Les saisons, qui changent la carte et les rencontres ; les Combats Trio et Rotatifs, à trois Pokémon par camp ; les talents cachés ; des sprites animés en permanence pendant le combat.
6 X et Y, Rubis Oméga et Saphir Alpha Le type Fée, dix-huitième et dernier en date ; la Méga-Évolution ; le passage complet à la 3D ; les champs de terrain, qui se cumulent au climat ; les combats de horde, à un contre cinq ; et, avec Rubis Oméga et Saphir Alpha, la Primo-Résurgence de Kyogre et Groudon.
7 Soleil et Lune, Ultra-Soleil et Ultra-Lune, Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli Les capacités Z, une attaque décuplée à usage unique par combat ; les formes régionales ; les Poké Montures, qui remplacent les CS ; la Bataille Royale, à quatre dresseurs chacun pour soi.
8 Épée et Bouclier, Diamant Étincelant et Perle Scintillante, Légendes Pokémon : Arceus Le Dynamax et le Gigamax, trois tours de gigantisme ; les raids Dynamax, à quatre joueurs contre un Pokémon géant ; les Terres Sauvages et leur météo par zone ; le Stade de Combat. Et, avec Légendes Pokémon : Arceus, la capture des Pokémon en temps réel, plus les styles Rapide et Puissant, qui échangent de la puissance contre de la priorité sur une capacité maîtrisée.
9 Écarlate et Violet, Légendes Pokémon : Z-A La Téracristallisation, qui change le type d'un Pokémon en plein combat ; le premier monde totalement ouvert de la série, sans aucune transition ; le Club Union à quatre ; les combats automatiques d'« En avant ! ».

Lue de haut en bas, cette dernière colonne dessine une méthode : la série ajoute presque toujours une règle de combat et une règle de collection en même temps. Ce que l'on remarque moins, c'est ce qu'elle retire. La troisième a coupé la compatibilité avec les cartouches Game Boy et supprimé l'alternance jour/nuit, revenue seulement en quatrième ; la cinquième a remplacé les Concours et le Pokéathlon par le Music-Hall ; Soleil et Lune ont effacé les CS, confiées aux Poké Montures, et rangé les Arènes au profit du Tour des Îles — avant que Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli ne rendent ses Arènes à Kanto. La même septième génération a pourtant ouvert une porte que la série n'a plus refermée, celle des formes régionales, reprises ensuite à Galar, à Hisui et à Paldea.

Un motif s'est installé depuis la sixième génération : chaque génération apporte sa mécanique de transformation, et cette mécanique disparaît avec elle. La Méga-Évolution n'a servi que dans les jeux principaux des sixième et septième générations ; les capacités Z n'ont connu qu'une seule apparition dans la série principale, celle d'Alola ; le Dynamax n'y existe que dans Épée et Bouclier ; la Téracristallisation y appartient à Écarlate et Violet. Une seule est revenue, douze ans après ses débuts : la Méga-Évolution, ramenée par Légendes Pokémon : Z-A et son extension Méga-Dimension. Ce roulement a une conséquence pratique : deux joueurs venus de deux générations différentes ne pratiquent pas le même jeu de combat.

Illustration officielle du Téracristal : plusieurs Pokémon recouverts de facettes cristallines, surmontés d'une couronne de gemmes lumineuses.
Le Téracristal, mécanique de la neuvième génération. Comme la Méga-Évolution et le Dynamax avant lui, il n'existe que dans les jeux qui l'ont introduit.

Les séries dérivées : Donjon Mystère, Colosseum, Ranger et les autres

À côté de la série principale, la licence a produit des dizaines de titres sans Arènes, sans Conseil 4 et sans Pokédex à remplir. Ils se rangent mieux par genre que par date : chacun retire au joueur une habitude et regarde ce qui reste. Le recensement complet tient dans le panorama des spin-offs.

Les jeux de combat de salon forment la plus ancienne famille. Pokémon Stadium (Nintendo 64, 7 avril 2000 en Europe) n'a ni scénario ni capture : il rejoue en 3D et sur grand écran les combats d'une cartouche Game Boy insérée dans le Transfer Pak, et Pokémon Stadium 2 (19 octobre 2001) fait de même avec Johto. Pokémon Battle Revolution (Wii, 7 décembre 2007) prolonge la formule et fut le premier jeu Wii à utiliser la Connexion Wi-Fi Nintendo. Pokkén Tournament (arcade au Japon le 16 juillet 2015, Wii U le 18 mars 2016) change de registre : Bandai Namco y applique la grammaire de Tekken, gardes et enchaînements compris.

Deux titres de cette famille font exception et proposent une aventure scénarisée de bout en bout. Pokémon Colosseum (GameCube, 14 mai 2004) est la première aventure Pokémon entièrement en 3D. Elle se déroule à Rhode, région aride où, au temps de Colosseum, il n'existe pas un seul Pokémon sauvage : on n'y capture pas, on vole les Pokémon des autres dresseurs à l'aide du Snatcheur. Ces Pokémon Obscurs ont eu la conscience fermée par le Groupe Ombre, et tout le jeu consiste à les purifier — décors sombres et sinistres, difficulté accrue, intrigue sérieuse. Pokémon XD : Le Souffle des Ténèbres (18 novembre 2005) y retourne dix-huit mois plus tard seulement, mais cinq ans après les événements de Colosseum, et le dossier consacré aux Pokémon Obscurs détaille le Snatch et la purification.

Le rogue-like tient dans une seule série, Pokémon Donjon Mystère, et dans un renversement : le joueur n'est plus un dresseur, il est un humain transformé en Pokémon, réveillé sans mémoire dans un monde sans humains. Un questionnaire de personnalité décide de l'espèce qu'il incarne — le joueur peut le refuser depuis Méga Donjon Mystère, et il avait même disparu des portes de l'infini —, et les donjons sont générés automatiquement à chaque visite. Sept jeux composent la série, dont un resté japonais : d'Équipe de Secours Rouge et Bleue (2006) aux Explorateurs du Temps et de l'Ombre (2008), puis aux Explorateurs du Ciel (2009), aux portes de l'infini (2013) et à Méga Donjon Mystère (2016), avant un retour au point de départ avec le remake Équipe de Secours DX (Switch, 2020). Le premier duo s'est vendu à 5,23 millions d'exemplaires dans le monde au 31 mars 2007 et le deuxième à 4,50 millions, toujours dans le monde, au 31 mars 2009, alors que l'accueil critique restait mesuré : IGN attribuait 6,5 sur 10 aux Explorateurs du Temps et de l'Ombre.

La photographie a sa lignée : Pokémon Snap (Nintendo 64, 15 septembre 2000 en Europe) est un safari-photo sur rails où l'on ne capture rien : le joueur déclenche, mais lance aussi des pommes et des Agass'Balls et joue de la Pokéflûte pour faire réagir les Pokémon. New Pokémon Snap (Switch, 30 avril 2021) en reprend l'idée chez Bandai Namco Studios. L'action-aventure revient à la trilogie Pokémon Ranger (Nintendo DS, 2007, 2008 et 2010), jouée au stylet : on n'y lance pas de Poké Ball, on entoure le Pokémon avec le Capstick jusqu'à s'en faire un allié, qui repart dans la nature le service rendu. Ses épisodes se déroulent à Fiore, Almia et Oblivia, trois régions absentes de la série principale.

La stratégie tient en un titre : Pokémon Conquest (Nintendo DS, 2012), croisé avec la série Nobunaga no Yabō de Koei Tecmo, un jeu de conquête au tour par tour sur les dix-sept royaumes de Ransei, jamais traduit en français. Le puzzle a sa descendance, de Pokémon Link! (DS, 2006, Trozei! hors d'Europe) à Pokémon Shuffle et Pokémon Picross (2015), gratuits et financés par des micropaiements. Le MOBA est arrivé tard : Pokémon UNITE (Switch le 21 juillet 2021, mobile le 22 septembre) oppose deux équipes de trois à cinq Pokémon, cinq contre cinq dans le format standard, et la victoire s'y joue aux points marqués dans les zones de but adverses, pas aux K.O.

Le suivi du sommeil tient à lui seul une catégorie : Pokémon Sleep (18 juillet 2023 en France) se joue la nuit, le téléphone mesurant le sommeil pour le convertir en rencontres, sous le patronage de Ronflex. Reste Pokémon Masters EX (29 août 2019), qui associe un dresseur et un Pokémon en un Duo et oppose trois Duos à trois autres en temps réel : c'est là que survivent les capacités Z et la Méga-Évolution, longtemps après leur retrait des jeux principaux, rejointes en août 2021 par des capacités Duo inspirées du Dynamax.

Quatre jaquettes de jeux dérivés Pokémon : Pokémon Stadium sur Nintendo 64, Pokémon Colosseum sur GameCube, Donjon Mystère Explorateurs du Ciel sur Nintendo DS et Pokémon Snap sur Nintendo 64.
Quatre dérivés, quatre genres : le combat de salon, le RPG à Pokémon Obscurs, le rogue-like où l'on incarne un Pokémon, et la photographie sur rail.

Pokémon GO et le virage mobile

Pokémon GO sort le 6 juillet 2016 en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, puis au Japon le 22 juillet et en France le 24 juillet. Il est né d'une collaboration entre The Pokémon Company, Nintendo et le studio américain Niantic, qui a posé ses PokéStops et ses Arènes sur une sélection des portails de son précédent jeu de géolocalisation, Ingress ; la carte, elle, s'appuie sur le projet collaboratif OpenStreetMap. Dès le mois d'août, Guinness World Records lui attribue cinq records mondiaux, dont celui du jeu mobile le plus téléchargé lors de son premier mois et celui du temps le plus court pour franchir cent millions de dollars de recettes.

Trois écarts de mécanique séparent GO des jeux de console. La capture s'y passe entièrement de combat : la créature apparaît sur la carte, on lance la Poké Ball, elle reste ou elle s'échappe, sans qu'aucun Pokémon de l'équipe n'entre en scène. Les statistiques classiques s'y réduisent à trois valeurs — attaque, défense et PV — que résume à l'écran un nombre unique, les PC, ou Points de Combat : plus il est élevé, plus le Pokémon est puissant et plus sa capture résiste. Ce que la série principale fait reposer sur l'expérience de combat repose ici sur deux ressources, la Poussière Étoile, récoltée à chaque capture, et les bonbons, propres à chaque famille d'évolution. Recharger un Pokémon pour lui faire gagner des PC coûte les deux à la fois, quand l'évolution ne réclame que des bonbons. Le dresseur, lui, a vu son plafond passer du niveau 40 au niveau 50 le 30 novembre 2020, puis au niveau 80 le 15 octobre 2025.

Reste la différence la plus visible : la géolocalisation remplace l'exploration. Les objets se ramassent aux PokéStops, calqués sur des lieux réels, et les Œufs n'éclosent qu'après 2, 5, 7, 10 ou 12 kilomètres réellement parcourus. Les Raids, apparus en juillet 2017, ont ensuite rapproché le jeu de ses aînés : ils réunissent devant une Arène des joueurs face à un Pokémon qu'il faut vaincre seul ou en équipe selon son niveau, et restent le principal moyen d'attraper un légendaire ; le passe de raid à distance, né pendant la crise sanitaire, a permis d'y participer sans se regrouper. Les mécaniques de console ont suivi, de la Méga-Évolution aux Combats Dynamax et à leurs Sources d'Énergie, transposition mobile du phénomène géant de Galar. Le détail de ces écarts est dans le dossier consacré à ce que Pokémon GO change.

La passerelle vers les consoles s'ouvre en 2018 avec Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli, premiers jeux de la série principale à accepter des Pokémon venus du mobile. Le GO Park y remplace le Parc Safari de Parmanie : les espèces envoyées depuis le téléphone s'y recapturent, et le premier transfert débloque en retour la Boîte Mystère, principal moyen de faire apparaître Meltan avec l'étude spéciale « Let's GO, Meltan ». Un second pont s'ouvre le 10 novembre 2020 vers Pokémon HOME. Depuis le 27 février 2023, envoyer une carte postale vers Écarlate et Violet rapporte un sac de pièces, unique moyen d'obtenir la forme Marche de Mordudor.

Le mobile déborde largement GO : Pokémon Masters en 2019, devenu Pokémon Masters EX en 2020, Pokémon Café Mix la même année, rebaptisé Pokémon Café ReMix en 2021, Pokémon UNITE sur téléphone en 2021, Pokémon Sleep en 2023 et le JCC Pokémon Pocket en 2024, ce dernier au-delà de deux cents millions de téléchargements. Chacun exporte une facette de la licence sur téléphone plutôt qu'un jeu de dressage complet, et leur panorama est traité dans le dossier des séries dérivées.

Ce que GO a changé pour la série se mesure d'abord au public : il a porté la licence hors de la console, sur un support que des millions de gens avaient déjà en poche. Ce public n'achète pas de cartouche et apprend les noms des espèces par la carte plutôt que par le Pokédex. Le poids économique du virage s'est chiffré en 2025 : Niantic a vendu sa branche jeux, Pokémon GO compris, à l'éditeur mobile Scopely pour 3,5 milliards de dollars, annonce faite le 12 mars ; l'équipe a été rebaptisée Scopely Explore le 6 juillet 2026.

Logo de Pokémon GO : le mot Pokémon en lettres jaunes cerclées de bleu, au-dessus du mot GO dont le O est une Poké Ball, sur fond étoilé.
Sorti en juillet 2016, Pokémon GO est le titre le plus joué de la licence — et celui dont les règles s'éloignent le plus de celles des jeux principaux.

Les ventes de la série, du record de 1996 au pic de la Switch

Nintendo publie les ventes cumulées de ses jeux à chaque clôture comptable : chaque total est arrêté à une date, jamais définitif, puisqu'un titre encore en vente continue de grimper quand un titre retiré du commerce reste figé. Les deux versions d'une paire étant comptées ensemble, une ligne vaut ici pour un titre ou pour une paire, et seuls figurent les chiffres confirmés par les données investisseurs de Nintendo ou par l'encyclopédie Bulbapedia.

Jeu Console Ventes Arrêté au
Rouge, Vert et Bleu Game Boy Plus de 31 millions, toutes versions non daté
Écarlate et Violet Nintendo Switch 28,46 millions 30 juin 2026
Épée et Bouclier Nintendo Switch 27,26 millions 30 juin 2026
Or et Argent Game Boy Color Plus de 23,10 millions non daté
Diamant et Perle Nintendo DS 17,67 millions 31 mars 2021
X et Y Nintendo 3DS 16,80 millions 31 mars 2026
Soleil et Lune Nintendo 3DS 16,34 millions 31 mars 2026
Rubis et Saphir Game Boy Advance 16,22 millions 31 mars 2013
Noir et Blanc Nintendo DS 15,64 millions 31 mars 2021
Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli Nintendo Switch 15,07 millions 31 décembre 2022
Diamant Étincelant et Perle Scintillante Nintendo Switch 15,06 millions 31 décembre 2022
Légendes Pokémon : Arceus Nintendo Switch 14,83 millions 31 mars 2023
Rubis Oméga et Saphir Alpha Nintendo 3DS 14,68 millions 31 mars 2026
Légendes Pokémon : Z-A Switch et Switch 2 12,79 millions (l'édition Switch 2 seule atteint 3,99 millions au 30 juin 2026) 31 mars 2026
Or HeartGold et Argent SoulSilver Nintendo DS 12,72 millions 31 mars 2021
Rouge Feu et Vert Feuille Game Boy Advance, puis Nintendo Switch 12 millions sur Game Boy Advance, plus de 4 millions pour la réédition Switch 31 mars 2013, puis six semaines après le 27 février 2026
Ultra-Soleil et Ultra-Lune Nintendo 3DS 9,28 millions 31 mars 2026
Noir 2 et Blanc 2 Nintendo DS 7,81 millions 31 mars 2013
Platine Nintendo DS 7,06 millions 31 mars 2010
Émeraude Game Boy Advance 6,32 millions 31 mars 2007

Deux titres manquent volontairement à l'appel : Version Jaune et Cristal, pour lesquels aucun total mondial n'est publié par Nintendo ni recensé par Bulbapedia. Les deux lignes de tête appellent la même prudence : leur source ne précise aucune date d'arrêt. Le total de Légendes Pokémon : Z-A additionne pour sa part 8,85 millions de version Switch et 3,94 millions d'édition Switch 2.

Le haut du classement raconte d'abord une histoire d'époque. Rouge et Bleu, comptés avec la Version Verte et les éditions japonaises de Rouge et de Bleu, sont les seuls jeux Pokémon à avoir dépassé les trente millions, portés par des années de vente sur une Game Boy installée dans le monde entier. Écarlate et Violet s'en approchent à 28,46 millions et signent au passage une rupture discrète : sur chaque machine Nintendo ayant accueilli un jeu de la série principale, le plus vendu avait toujours été le premier à y paraître, et la Switch est la première console où ce n'est plus vrai.

Vient ensuite l'effet mécanique du parc de consoles. La Nintendo DS s'est écoulée à 154 millions d'unités à mars 2026, la Switch à 156,59 millions au 30 juin 2026 : deux bases quasi identiques. Pourtant Diamant et Perle, meilleure vente Pokémon de la DS, plafonnent onze millions d'exemplaires en dessous d'Écarlate et Violet. À parc égal, la série touche aujourd'hui une part bien plus large des possesseurs de la console. À l'inverse, c'est le parc plus étroit de la 3DS, 75,94 millions de machines, qui borne le total de son meilleur épisode, X et Y, à 16,80 millions — rapporté au nombre de consoles, c'est même le meilleur taux de pénétration des trois.

Le bas du tableau réunit deux catégories à part. Les troisièmes versions y sont surreprésentées, Platine et Émeraude fermant la marche : elles arrivent sur un public déjà équipé. Les remakes, eux, ont vu leur statut changer : Rouge Feu et Vert Feuille étaient les moins vendus du genre avec 12 millions au 31 mars 2013, avant que leur réédition Switch du 27 février 2026 n'ajoute plus de 4 millions d'exemplaires en six semaines ; de leur côté, Let's Go sont devenus, à 15,07 millions, les premiers remakes à dépasser le jeu dont ils sont tirés, la Version Jaune — un constat que Bulbapedia porte sans en publier le total. Reste l'écart le plus instructif, celui entre les ventes et la critique : Écarlate et Violet sont les jeux de la série principale les moins bien notés par la presse, et ils ont tout de même écoulé plus de dix millions d'exemplaires en un week-end. Noir et Blanc sont à l'inverse la paire originale la moins vendue.

Où jouer aux anciens titres aujourd'hui

La série n'a jamais eu de catalogue unique : chaque génération est restée attachée à la machine pour laquelle elle a été écrite. L'état des lieux qui suit ne retient que l'offre officielle.

La Console Virtuelle de la Nintendo 3DS avait réglé le cas des deux premières générations. Rouge et Bleu et Version Jaune y sont arrivés le 27 février 2016, pour les vingt ans de la licence, Or et Argent le 22 septembre 2017, Cristal le 26 janvier 2018. Ces portages n'étaient pas de simples émulations : la communication sans fil de la console y remplaçait le câble Game Link, échanges, combats et Bloc Temporel compris. Le Nintendo eShop de la 3DS et de la Wii U a fermé le 27 mars 2023 : plus aucun achat n'y est possible, et seuls les titres déjà acquis restent retéléchargeables.

Le service de jeux classiques de Nintendo Switch Online, rebaptisé Nintendo Classics en 2025, a pris la suite : une application Game Boy et une application Game Boy Advance y ont ouvert le même jour, le 9 février 2023, la seconde réservée à la formule supérieure de l'abonnement. Aucun jeu de la série principale n'y figure. Le catalogue Pokémon du service se limite à Pokémon Trading Card Game, titre Game Boy Color, dans l'application Game Boy, à Donjon Mystère : Équipe de Secours Rouge sur Game Boy Advance et aux quatre titres Nintendo 64 — Snap, Puzzle League, Stadium et Stadium 2 — que détaille le panorama des séries dérivées ; s'y ajoute le portage de Pokémon XD : Le Souffle des Ténèbres, arrivé le 17 mars 2026 dans l'application GameCube, réservée aux abonnés de la formule supérieure sur Switch 2, et que doit rejoindre Pokémon Colosseum à une date non annoncée.

Annoncés le 20 février 2026 et mis en ligne une semaine plus tard, le 27 février 2026, lors du Pokémon Presents des trente ans, Rouge Feu et Vert Feuille sont revenus sur Nintendo Switch, en dématérialisé seulement et vendus séparément dans chaque langue. Le Ticketaurora et le Ticketmystik s'y obtiennent en entrant au Panthéon avec au moins un Pokémon qui ne porte pas déjà le Ruban Maître, ce qui ouvre l'Île Aurore de Deoxys et le Roc Nombri de Lugia et Ho-Oh sans aucune distribution événementielle. Son code prévoit même une connexion avec d'hypothétiques versions Switch de Rubis, Saphir et Émeraude, qui n'ont pas été annoncées.

Pour le reste, tous les épisodes de la série principale parus sur Switch depuis 2018 restent édités, en boîte comme en téléchargement, et la Switch 2 lit ces cartes de jeu. Onze sorties — vingt versions — n'ont en revanche jamais été rééditées telles quelles : Rubis et Saphir, Émeraude, Diamant et Perle, Platine, Or HeartGold et Argent SoulSilver, Noir et Blanc, Noir 2 et Blanc 2, X et Y, Rubis Oméga et Saphir Alpha, Soleil et Lune, Ultra-Soleil et Ultra-Lune. Ceux-là ne se jouent que sur leur console d'origine, avec leur cartouche d'origine.

Un dernier point d'ordre pratique : deux régions se rejouent aujourd'hui sur Switch par leur remake plutôt que par leur original — Kanto avec Rouge Feu et Vert Feuille, Sinnoh avec Diamant Étincelant et Perle Scintillante. Johto n'a pas eu ce sort : Or HeartGold et Argent SoulSilver ne se jouent que sur cartouche DS.

Les quatre coffrets japonais Nintendo 2DS rouge, vert, bleu et jaune, chacun vendu avec le jeu Pokémon d'origine correspondant préinstallé en Console Virtuelle.
Pour les vingt ans de la série, Nintendo est allé jusqu'à vendre des 2DS transparentes avec la cartouche d'origine préinstallée — ici les quatre coffrets japonais. La boutique 3DS a fermé depuis.

Faire voyager ses Pokémon d'une génération à l'autre

Transférer n'est pas échanger : jusqu'à Pokémon HOME, un Pokémon qui montait d'une génération à la suivante n'en redescendait jamais. La chaîne s'est construite par étapes, chacune inventant son propre passage, et n'a longtemps circulé que du plus ancien vers le plus récent.

Le premier maillon a d'abord été une rupture. Rubis et Saphir ont abandonné le format des cartouches Game Boy : aucun Pokémon de première ou de deuxième génération ne rejoint la troisième par un moyen conventionnel, et le seul apport venu d'un autre support est un Jirachi, Pokémon de troisième génération, débloqué dans Pokémon Channel sur GameCube. Rouge Feu et Vert Feuille ont été conçus en réponse à ce trou.

Le Parc des Amis rouvre le passage sur Nintendo DS. Une fois le Pokédex National obtenu, il importe six Pokémon d'une cartouche Game Boy Advance glissée dans le port prévu à cet effet, puis demande de les recapturer avec des Parc Ball infaillibles. Il exige une DS ou une DS Lite, les seules munies de ce port : sur DSi et sur toutes les machines suivantes, l'opération est impossible. Diamant et Perle, comme Platine, plafonnent l'envoi à six Pokémon par jour et par cartouche ; les remakes de Johto lèvent la limite.

La cinquième génération remplace le Parc par le Poké Fret, une machine du Laboratoire Fret installé sur la Route 15 d'Unys et accessible seulement une fois l'histoire terminée. Il faut deux consoles de la famille DS ou 3DS et un mini-jeu de lancer de Poké Ball, toujours par groupes de six mais sans plafond quotidien : Noir 2 et Blanc 2 fonctionnent comme leurs aînés.

Sur 3DS, Banque Pokémon centralise tout. Sortie en Europe le 4 février 2014, elle stocke 3 000 Pokémon dans cent boîtes et reçoit directement ceux des huit jeux 3DS de la série principale, de X et Y aux deux versions Ultra. Son application compagnon, Poké Transfert, y verse en plus la première boîte de Noir, Blanc, Noir 2 et Blanc 2, et celle des versions Console Virtuelle des deux premières générations.

Pokémon HOME, lancé le 12 février 2020, ferme la chaîne. La version Switch est la seule qui déplace des Pokémon vers les jeux Switch et depuis eux ; les deux versions, mobile comme Switch, reçoivent les versements de Banque Pokémon et de Pokémon GO, tous deux à sens unique. L'abonnement gratuit ne retient que 30 Pokémon dans une boîte unique ; l'abonnement Premium en accueille 6 000 dans deux cents boîtes — 9 000 à partir de la mise à jour d'octobre 2026 — et conditionne l'arrivée depuis la Banque.

La Banque est devenue gratuite à la fermeture de l'eShop 3DS, pour ceux qui l'avaient déjà installée, et a survécu à l'arrêt des services en ligne de la console en avril 2024, mais Nintendo a annoncé en août 2026 sa fin au 26 février 2027. Après cette date, plus aucun dépôt, retrait ni transfert ne sera possible : ce qui reste dans la Banque y est perdu. L'identifiant unique que HOME attribue à chaque Pokémon interdit tout contournement, et tous les jeux sortis sur les consoles antérieures à la Nintendo Switch se retrouveront définitivement coupés de HOME.

Côté Switch, HOME a gagné Écarlate et Violet le 30 mai 2023, puis Légendes Pokémon : Z-A le 2 avril 2026 — mais celui-ci est une impasse, puisque ce qui y entre ou en sort ne repart pas vers les jeux antérieurs. Pokémon Champions, sorti le 8 avril 2026, emprunte au contraire les Pokémon de HOME sans les en retirer, le temps d'un séjour pendant lequel ils ne peuvent être ni échangés, ni relâchés, ni transférés vers un autre jeu. Les versions Switch de Rouge Feu et Vert Feuille rejoindront le service en octobre 2026, en dépôt seulement et par boîtes entières.

Schéma officiel français de Pokémon HOME : des flèches relient Pokémon GO, Let's Go, la Banque Pokémon sur 3DS et les jeux Nintendo Switch au dépôt central, certaines à sens unique.
Le schéma officiel de Pokémon HOME : ce qui monte, ce qui redescend, et ce qui ne redescend jamais. Les flèches à sens unique sont le cœur du sujet.

Par quel jeu commencer, selon ce qu'on cherche

Il n'existe pas de porte d'entrée unique, mais des réponses différentes selon ce que l'on vient chercher. Six profils reviennent constamment, et chacun mène à un titre différent.

Qui découvre la série commencera par Écarlate et Violet. C'est le jeu le plus récent de la formule classique, son monde ouvert d'un seul tenant s'explore sans ordre imposé, et rien n'y suppose de connaître les épisodes précédents. Son exécution technique a été très critiquée, mais aucun autre épisode ne laisse choisir l'ordre de ses trois intrigues.

Qui joue avec un enfant prendra Let's Go, Pikachu ou Let's Go, Évoli. Ce sont les premiers jeux de la série principale où deux personnes jouent en même temps dans la même aventure : la seconde manette aide aux captures comme aux combats de dresseurs, sans partie séparée ni sauvegarde à gérer. La capture au geste, héritée du mobile, supprime le combat contre les Pokémon sauvages et retire du même coup la principale source d'échec.

Qui vient pour le scénario ira à Noir et Blanc. L'intrigue de N et de la Team Plasma pose frontalement la question que la série évitait — a-t-on le droit d'enfermer des créatures dans des Poké Ball ? — et se garde bien de trancher à la place du joueur. Son Pokédex ne contient que des espèces inédites jusqu'au générique, ce qui rend la région entièrement neuve, même pour un vétéran.

Qui veut remonter aux origines choisira Rouge Feu et Vert Feuille. Ils racontent exactement l'aventure de Kanto, Îles Sevii en supplément, mais avec le confort de la troisième génération : les talents, les natures et les Combats Duo, tous absents des cartouches japonaises de 1996, arrivées en Europe le 5 octobre 1999 sous les noms de Rouge et Bleu.

Qui veut voir la série se réinventer lancera Légendes Pokémon : Arceus. La Poké Ball s'y lance depuis l'exploration, sans passer par un combat, et un Pokémon sauvage peut mettre le dresseur lui-même hors jeu. Ses idées se retrouvent dans Légendes Pokémon : Z-A, qui enferme l'aventure entière dans une seule ville.

Qui veut du contenu à long terme restera sur Épée et Bouclier. Les Terres Sauvages et les raids Dynamax prolongent l'aventure bien au-delà de la Ligue, et les mises à jour successives et les deux extensions Isolarmure et Couronneige ont fait passer le nombre d'espèces compatibles avec le jeu de 401 au lancement — le Pokédex de Galar plus le Mew de la Poké Ball Plus — à 664, répartis entre les Pokédex de Galar, d'Isolarmure et de Couronneige, les expéditions Dynamax et vingt-quatre Pokémon supplémentaires. Tout ce contenu se parcourt sans jamais rejouer l'histoire principale.

La seule contrainte d'ordre de toute la série concerne Unys : Noir 2 et Blanc 2 se déroulent deux ans après Noir et Blanc, dans la même région et avec les mêmes personnages. Les jouer dans l'autre sens revient à lire la fin avant le début. Partout ailleurs, chaque génération raconte une histoire close, et l'ordre de sortie ne sert qu'à suivre l'évolution des mécaniques.

🎁 Le jeu terminé, l'aventure continue à la maison avec les produits aux couleurs des starters, qui reprennent les trois compagnons du premier chapitre.

Les vingt-deux titres principaux dans l'ordre

À septembre 2026, la série principale compte vingt-deux titres sortis, des 151 espèces de Kanto à la ville unique d'Illumis — un vingt-troisième, Pokémon Vents et Vagues, a été annoncé le 27 février 2026 pour 2027 sur Nintendo Switch 2. Sur les vingt et un titres également parus au Japon, l'ordre européen reprend l'ordre japonais ; Rouge et Bleu, lui, n'est jamais sorti au Japon. Chaque ligne du tableau renvoie au dossier consacré au jeu.

Titre Sortie en Europe Console Région Ce qui distingue le titre
1 Rouge et Bleu 5 octobre 1999 Game Boy Kanto La formule, et deux versions complémentaires
2 Version Jaune 16 juin 2000 Game Boy Kanto La première troisième version sortie en Occident, Pikachu en partenaire
3 Or et Argent 6 avril 2001 Game Boy (compatible Game Boy Color) Johto puis Kanto Seize Badges, les Œufs et les chromatiques
4 Cristal 2 novembre 2001 Game Boy Color Johto puis Kanto Le choix du genre, Suicune en fil rouge
5 Rubis et Saphir 25 juillet 2003 Game Boy Advance Hoenn Deux organisations rivales, l'une pour la terre, l'autre pour la mer
6 Rouge Feu et Vert Feuille 1er octobre 2004 Game Boy Advance (réédité sur Switch en 2026) Kanto et Îles Sevii Les premiers remakes, augmentés d'un archipel
7 Émeraude 21 octobre 2005 Game Boy Advance Hoenn Rayquaza en arbitre, la Zone de Combat
8 Diamant et Perle 27 juillet 2007 Nintendo DS Sinnoh La Team Galaxie veut refaire l'univers avec Dialga ou Palkia
9 Platine 22 mai 2009 Nintendo DS Sinnoh Le Monde Distorsion et un Pokédex élargi
10 Or HeartGold et Argent SoulSilver 26 mars 2010 Nintendo DS Johto puis Kanto Johto aux normes DS, avec le Pokéwalker
11 Noir et Blanc 4 mars 2011 Nintendo DS Unys Un Pokédex d'Unys fait uniquement d'espèces de sa génération
12 Noir 2 et Blanc 2 12 octobre 2012 Nintendo DS Unys Les seules vraies suites, deux ans après
13 X et Y 12 octobre 2013 Nintendo 3DS Kalos Le premier passage de la série à la 3D, et une sortie mondiale
14 Rubis Oméga et Saphir Alpha 28 novembre 2014 Nintendo 3DS Hoenn Hoenn refait, Primo-Résurgence et Épisode Delta
15 Soleil et Lune 23 novembre 2016 Nintendo 3DS Alola Le Tour des Îles remplace les Arènes
16 Ultra-Soleil et Ultra-Lune 17 novembre 2017 Nintendo 3DS Alola Scénario recentré sur Necrozma, quatre Ultra-Chimères
17 Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli 16 novembre 2018 Nintendo Switch Kanto Capture au geste, passerelle vers Pokémon GO
18 Épée et Bouclier 15 novembre 2019 Nintendo Switch Galar Dynamax, Terres Sauvages et deux Pass d'extension
19 Diamant Étincelant et Perle Scintillante 19 novembre 2021 Nintendo Switch Sinnoh Un remake revendiqué comme strictement fidèle
20 Légendes Pokémon : Arceus 28 janvier 2022 Nintendo Switch Hisui Une région ouverte divisée en zones, la capture en temps réel
21 Écarlate et Violet 18 novembre 2022 Nintendo Switch Paldea Le premier monde ouvert sans transition, la Téracristallisation
22 Légendes Pokémon : Z-A 16 octobre 2025 Nintendo Switch (mise à niveau Switch 2) Illumis, à Kalos Une seule ville, des combats en temps réel

Ce décompte s'arrête à la série principale. Il laisse dehors les séries dérivées et les jeux mobiles, ainsi que Rouge et Vert, parus au seul Japon en 1996 : à l'export, ce sont Rouge et Bleu qui prennent leur place, adaptés non pas d'eux mais de la troisième version japonaise, Pocket Monsters Ao. Les dates sont celles de la sortie européenne, commune à la France.

En résumé

Vingt-neuf ans séparent le premier jeu Pokémon sur Game Boy de Légendes Pokémon : Z-A, et l'ossature de 1996 n'a pourtant pas bougé : un Pokédex qu'aucune cartouche ne suffit à remplir, un échange resté obligatoire jusqu'au Fil de Liaison de Légendes Pokémon : Arceus, une progression jalonnée d'adversaires de plus en plus forts. Aucun épisode n'a renoncé au Pokédex ni à cette progression par paliers, pas même ceux qui ont supprimé les Arènes ou abandonné la paire de versions. Ce qui a changé tient à la machine et à l'échelle : le passage d'un écran monochrome à un monde ouvert sans transition, l'arrivée du jeu en ligne, et la possibilité de rebâtir une région ancienne avec les moyens du moment.

La même histoire se lit par d'autres entrées que la console. Le même monde se raconte aussi par ses espèces, réparties en neuf générations : c'est l'objet du guide des 1025 Pokémon, de Kanto à Paldea, quand les types et les mécaniques de combat expliquent les règles que ces jeux ont accumulées au fil des générations. Espèce par espèce, l'index du Pokédex reprend chacune des créatures croisées ici.


Dans la boutique

Les cartouches et les cartes de jeu ne se vendent pas ici : la boutique s'occupe de ce qui entoure l'écran. Le rayon le plus proche de cette page est le coin gaming, avec quarante keycaps en diorama, une espèce par touche, et vingt-cinq tapis de souris au format XL dont plusieurs reprennent les starters de Kanto. Six néons LED et douze veilleuses complètent l'installation dans le rayon lampes, Poké Ball comprise.

Une partie du catalogue cite directement les jeux plutôt que les personnages. Huit des quarante et une coques iPhone reprennent la mise en page d'une entrée de Pokédex, numéro et caractéristiques compris ; trois des treize puzzles prennent un lieu pour sujet plutôt qu'une espèce, de la forêt de Sinnoh au pop art de Kanto ; et les peluches comptent une série complète de huit Poké Balls, de la Super Ball à la Master Ball. C'est le rayon où l'objet raconte le jeu, pas seulement la créature.

Pour le reste, vingt-sept posters, trente-trois autocollants et vingt-sept plaids couvrent la décoration, et cinquante et une références de papeterie le rayon scolaire. Le tri par âge, par budget et par occasion est fait dans le guide d'achat, qui reprend les mêmes rayons sous un autre angle : bien choisir son cadeau Pokémon.

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Cette page fait partie d'une série de guides qui couvrent l'ensemble de l'univers Pokémon :


Questions fréquentes sur les jeux Pokémon

Combien de jeux Pokémon existe-t-il ?

La série principale compte vingt-deux titres sortis en français, de Pokémon Rouge et Bleu, tirés des originaux japonais de 1996, à Légendes Pokémon : Z-A en 2025 ; les paires de versions y comptent pour un seul jeu. Ce total additionne les paires, les troisièmes versions, les remakes et les deux Légendes Pokémon. Il exclut les séries dérivées, bien plus nombreuses : Donjon Mystère, Colosseum et XD, Ranger, Snap, Unite, Sleep et les jeux mobiles. Un vingt-troisième épisode principal, Pokémon Vents et Vagues, est annoncé pour 2027 sur Nintendo Switch 2.

Dans quel ordre faut-il jouer aux jeux Pokémon ?

Dans l'ordre que l'on veut. Chaque nouvelle génération inaugure une région différente, avec son héros, son rival et son Pokédex — les remakes et les Légendes Pokémon repassant, eux, par des régions déjà connues : aucun épisode n'exige d'avoir joué au précédent pour être compris. La seule exception est Pokémon Noir 2 et Blanc 2, seules véritables suites de la série, qui reprennent la région d'Unys deux ans après Pokémon Noir et Blanc et gagnent donc à être joués ensuite.

Quelle est la différence entre un remake et une troisième version ?

Une troisième version reprend une paire parue peu avant, dans la même région et sur la même console, en l'enrichissant ; Game Freak parle en interne d'upper version — un jeu unique jusqu'à Ultra-Soleil et Ultra-Lune, premiers à sortir eux-mêmes par deux. Pokémon Cristal, Émeraude et Platine fonctionnent ainsi. Un remake, lui, reconstruit une génération ancienne avec la technique du moment, souvent une décennie plus tard et sur une autre machine : Rouge Feu et Vert Feuille refont ainsi Kanto sur Game Boy Advance, près de huit ans après les originaux japonais. La différence tient donc à l'écart de temps et de machine, pas au volume de contenu ajouté.

Les Légendes Pokémon font-elles partie de la série principale ?

Oui. Légendes Pokémon : Arceus, sorti le 28 janvier 2022, et Légendes Pokémon : Z-A, sorti le 16 octobre 2025, comptent parmi les jeux de la série principale, au même titre que les paires classiques. Ils en cassent pourtant l'essentiel des règles : un seul jeu au lieu de deux versions, une capture qui se joue en temps réel dans le décor plutôt qu'en combat, et une structure d'action-RPG. Tous deux se déroulent dans des décors déjà connus : Hisui, c'est-à-dire Sinnoh dans un lointain passé, pour Arceus, et la ville d'Illumis, en région de Kalos, pour Z-A.

Pourquoi les jeux Pokémon sortent-ils en deux versions ?

Parce que l'échange est au cœur du concept depuis l'origine. Shigeru Miyamoto avait suggéré de décliner le jeu en plusieurs couleurs ; Tsunekazu Ishihara a ensuite réparti différemment les espèces entre les cartouches, précisément pour donner aux joueurs une raison de se connecter les uns aux autres. Le principe a tenu depuis, à quelques exceptions près : chaque version a sa liste d'espèces introuvables et, le plus souvent, son légendaire de couverture — les jeux situés à Kanto échappent à la règle, Rouge et Bleu affichant Dracaufeu et Tortank, et les deux Légendes Pokémon sortent en version unique. Dans Pokémon Rouge et Bleu, onze espèces manquent ainsi à chaque cartouche, d'Abo à Insécateur d'un côté, de Sabelette à Scarabrute de l'autre.

Peut-on compléter le Pokédex sans échanger avec d'autres joueurs ?

Rarement, et l'exclusivité de version n'est pas le seul obstacle : certaines espèces ne s'obtiennent que par une évolution déclenchée par un échange, comme Alakazam, Mackogneur, Grolem et Ectoplasma dans la première génération, et les Pokémon fabuleux ne sont distribués que lors d'événements — Mew était déjà introuvable dans les trois versions de la première génération. Deux jeux contournent en partie l'obstacle. Légendes Pokémon : Arceus fournit le Fil de Liaison, un objet qui déclenche seul ces évolutions ; Pokémon Écarlate et Violet laisse capturer la plupart des espèces exclusives de la version adverse en rejoignant la partie d'un ami ou un raid Téracristal. Ailleurs, il faut passer par un échange en ligne ou par Pokémon HOME.

Quel est le jeu Pokémon le plus vendu ?

Les tout premiers. En additionnant les ventes japonaises de Pokémon Rouge, Vert et Bleu — Vert n'est jamais sorti hors du Japon — et les ventes internationales de Rouge et Bleu, on dépasse 31 millions d'exemplaires. Aucun autre jeu de la licence n'a franchi la barre des 30 millions : au 30 juin 2026, dernier point publié par Nintendo, viennent ensuite les deux titres Nintendo Switch, Pokémon Écarlate et Violet à 28,46 millions d'exemplaires, puis Pokémon Épée et Bouclier à 27,26 millions.

Par quel jeu Pokémon commencer quand on débute ?

Par un épisode encore distribué. Pokémon Écarlate et Violet forment le point d'entrée le plus souple : les zones n'ajustent pas leur niveau au joueur, qui dose donc lui-même sa difficulté. Il faut en accepter la contrepartie : ce sont les épisodes principaux les moins bien notés de la série, à 72 % sur Metacritic, leur exécution technique ayant été largement critiquée. Pokémon Épée et Bouclier suivent à l'inverse un parcours fixe de huit Arènes.

Quel jeu Pokémon choisir pour un enfant de six ans ?

Pokémon : Let's Go, Pikachu et Let's Go, Évoli. La capture s'y fait d'un geste du poignet avec le Joy-Con, comme dans Pokémon GO, et les Pokémon sauvages ne se combattent pas : on les attrape directement, ce qui supprime l'étape la plus technique de la série — seuls les quatre légendaires, Artikodin, Électhor, Sulfura et Mewtwo, doivent encore être affrontés en combat classique avant d'être capturés. Surtout, ce sont les premiers jeux Pokémon où deux personnes jouent en même temps dans la même partie, sur une seule console : un adulte peut rejoindre l'aventure à tout moment avec le second Joy-Con, prêter main-forte en combat et augmenter les chances de capture.

Où jouer aux anciens jeux Pokémon aujourd'hui ?

L'offre légale est étroite. Des épisodes principaux antérieurs à la Nintendo Switch, un seul est encore distribué en dématérialisé : Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille, réédités sur Nintendo Switch le 27 février 2026 pour les trente ans de la licence. Le reste a disparu du dématérialisé : l'abonnement Nintendo Switch Online ne propose aucun épisode principal, et les versions Console Virtuelle de la Nintendo 3DS sont parties avec son eShop. Restent les cartouches d'origine.

Comment transférer ses Pokémon d'un jeu à l'autre ?

Par une chaîne d'applications, à sens unique jusqu'à Pokémon HOME : un Pokémon monté par le Parc des Amis, le Poké Fret ou Poké Transfert ne redescend jamais vers son jeu d'origine. Chaque génération dispose ainsi d'un relais vers la suivante, des cartouches Game Boy Advance jusqu'à Pokémon HOME, qui centralise aujourd'hui les jeux Nintendo Switch. À partir de là, les allers-retours redeviennent possibles dans les deux sens, à l'exception de Légendes Pokémon : Z-A, où l'entrée est définitive ; mais seule la version Switch de l'application peut déposer un Pokémon dans un jeu ou l'en retirer, le mobile se limitant à la gestion des boîtes. Les services de la Banque Pokémon et de Poké Transfert s'arrêtent toutefois fin février 2027.

Pokémon GO fait-il partie de la série principale ?

Non, c'est un jeu dérivé. Il a été développé par Niantic, et non par Game Freak, et il est sorti sur mobile en juillet 2016 : le 6 juillet aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, le 13 juillet en Allemagne, premier pays européen servi, et seulement le 24 juillet en France. Ses règles diffèrent nettement de celles des jeux principaux : aucun combat n'est nécessaire pour capturer, la puissance d'un Pokémon se lit d'abord à ses PC, les Points de Combat, et la carte se calque sur le monde réel. Il communique toutefois avec la série principale, puisque ses Pokémon peuvent rejoindre Pokémon HOME.