Les Pokémon légendaires et fabuleux : le panorama complet

Un Pokémon légendaire ne se trouve pas au détour d'une herbe haute : il attend au bout d'une quête, en un seul exemplaire, et la partie ne rejoue pas la scène si elle est ratée. Ces créatures sont 94 sur 1 025 — 71 légendaires et 23 fabuleux — soit à peine 9 % du Pokédex national, et elles portent pourtant la jaquette de presque tous les jeux, la moitié des films et l'essentiel de la mythologie de la série.

Cette page fait le tour complet de la question : ce que recouvrent exactement les quatre étiquettes que l'on confond (légendaire, fabuleux, Ultra-Chimère, Paradoxe), le panthéon de chaque région du monde Pokémon, ce que le statut vaut en statistiques, comment on capture ces espèces sans gâcher sa seule chance, et les mythologies réelles dont elles s'inspirent. Chaque créature nommée renvoie à sa fiche du Pokédex de la boutique.

Sommaire

Légendaire, fabuleux, Ultra-Chimère : quatre étiquettes qu'on confond

Quatre étiquettes officielles se partagent le sommet du Pokédex, et elles ne disent pas la même chose. Un Pokémon légendaire (伝説のポケモン, Densetsu no Pokémon) est associé à un mythe portant sur la création ou l'organisation du monde. Un Pokémon fabuleux (幻のポケモン, Maboroshi no Pokémon, « Pokémon illusoire ») est si rare que les spécialistes ont fini par le reléguer au rang de mythe : il est apparenté aux légendaires, mais forme un groupe séparé. Les Ultra-Chimères (ウルトラビースト, Ultra Beast) et les Pokémon Paradoxe (パラドックスポケモン) sont deux familles plus récentes, arrivées respectivement à la septième et à la neuvième génération.

Aucun critère mécanique ne fabrique un légendaire : rien, dans les jeux, ne définit explicitement l'appartenance au groupe, et la seule façon d'en identifier un passe par la parole officielle, celle des jeux, du dessin animé ou des sites de The Pokémon Company. La liste est une liste d'autorité, pas le produit d'une règle.

Une distinction japonaise, occidentalisée sur le tard

En japonais, les deux groupes ont toujours été distincts : le légendaire naît avec Pokémon Rouge et Vert, le fabuleux dans le CoroCoro de mai 1996 qui annonçait la première distribution de Mew. Hors du Japon, la distinction ne s'installe qu'à la cinquième génération : avant, tout ce qui était rare passait pour légendaire, et le vocabulaire officiel a flotté jusqu'en 2021, où le site anglais de Légendes Pokémon : Arceus a enfin reclassé Arceus en fabuleux. La section consacrée aux fabuleux retrace cette histoire du mot.

Ultra-Chimères et Paradoxes : voisines des légendaires, comptées à part

Les onze Ultra-Chimères viennent de l'Ultra-Dimension et franchissent des Ultra-Brèches. Elles n'ont jamais appartenu aux légendaires, mais elles en portaient la marque dans le code : les jeux les classaient en interne parmi les « sous-légendaires » jusqu'à Écarlate et Violet, qui en fait un groupe autonome. Leur signature est arithmétique : leurs statistiques de base sont des nombres premiers, la Vitesse de Mandrillon faisant seule exception. Le guide complet des Ultra-Chimères les reprend une par une.

Les vingt-deux Pokémon Paradoxe de Paldea se répartissent en onze par version, ceux du passé exclusifs à Écarlate, ceux du futur exclusifs à Violet. Poképédia relève leur parenté avec les Ultra-Chimères : même place dans le scénario, espèces asexuées, chaque famille adossée à un légendaire de sa région. Koraidon et Miraidon sont les deux seuls Paradoxes également légendaires. Chacune a sa fiche dans le dossier Paradoxes.

Les cas qui brouillent la frontière

Deux fabuleux tirent sur la frontière en sens inverse : Phione, seul de son groupe à naître d'un Œuf et à plafonner à 480 points quand ses pairs visent 600, et Keldeo, quatrième membre des Lames de la Justice alors que Cobaltium, Terrakium et Viridium sont légendaires. La section consacrée aux fabuleux détaille ces deux cas ; le seuil des 600 points, lui, est aussi celui de familles ordinaires, comme le montre le dossier sur le club des 600.

Necrozma brouille la frontière voisine : le jeu lui-même le laisse passer pour une Ultra-Chimère alors qu'il est légendaire, un malentendu que la section consacrée aux Ultra-Chimères démonte plus bas. À l'inverse, Arcanin affiche la catégorie de Pokédex « Pokémon Légendaire » sans être légendaire.

Rien de tout cela ne s'affiche en jeu : le Pokédex de la série principale ne porte aucune étiquette « légendaire ». Le classement dort dans les données internes d'Écarlate et Violet et de Pokémon GO, coquilles comprises — la section consacrée aux fabuleux en donne la plus parlante. Le Pokédex d'Alola fait exception et colore ses fiches : fond doré pour les fabuleux et les Pokémon spéciaux, vert pour les autres légendaires et les Ultra-Chimères.

Artworks officiels de Mewtwo et de Mew côte à côte : Mewtwo, bipède gris et violet à la longue queue, et Mew, petit félin rose en apesanteur.
Mewtwo, légendaire, et Mew, fabuleux : le couple qui résume à lui seul la différence entre les deux catégories.

Combien d'espèces ce panthéon compte-t-il vraiment ?

Ce panthéon se répartit sur quatre listes officielles, chacune tenant son propre compte : 71 espèces légendaires, 23 fabuleuses, 11 Ultra-Chimères et 22 Pokémon Paradoxe. L'addition donne 127, mais le total réel d'espèces distinctes est de 125. Koraidon et Miraidon appartiennent aux deux catégories à la fois, légendaires et Paradoxes, et se comptent donc deux fois. Aucun autre recoupement n'existe entre les quatre listes.

Pourquoi 71 légendaires et non 82

La catégorie « Pokémon légendaire » de Poképédia renvoie 82 fiches, soit onze de plus que le nombre d'espèces. L'écart tient aux formes : une forme régionale, une fusion ou une transformation ne crée pas d'entrée supplémentaire au Pokédex national. Sont dans ce cas les trois oiseaux de Galar, les deux Kyurem du Pointeau ADN, Shifours Gigamax et les deux formes montées de Sylveroy obtenues avec les Rênes de l'Unité — les destriers eux-mêmes, Blizzeval et Spectreval, restent deux espèces à part entière. Les trois dernières fiches sont des états de Necrozma, dont Ultra-Necrozma : une Ultra-Explosion obtenue grâce à l'Ultranécrozélite, ni une espèce de plus, ni une douzième Ultra-Chimère dans les jeux principaux.

Les frontières que le décompte n'explique pas

Deux fabuleux résistent à ce classement — Phione, qui éclôt d'un Œuf, et Keldeo, quatrième Lame de la Justice quand les trois autres sont légendaires —, mais ils ne changent rien au décompte : la section consacrée aux fabuleux détaille leur cas. Les grands ensembles du panthéon se définissent d'ailleurs par le récit et non par la catégorie : le dossier des trios et duos légendaires les reprend un par un. Ces frontières se constatent plus qu'elles ne s'expliquent : aucun critère explicite ne définit un légendaire, seules les déclarations officielles tranchent.

125 espèces sur 1 025

Le dénominateur demande la même prudence. Le compteur de Poképédia affiche 1 028 espèces, mais trois ne sont pas encore jouables : Broussatif, Caloulou et Ogéko, les partenaires de départ de la dixième génération, révélés le 27 février 2026 pour Pokémon Vents et Vagues, attendu sur Nintendo Switch 2 en 2027. Le Pokédex national jouable compte donc 1 025 espèces : les 125 de ce panthéon en représentent 12,2 %, les légendaires seuls 6,9 %.

Les deux familles les plus récentes se comptent à part, et aucune n'est légendaire, Koraidon et Miraidon exceptés : onze Ultra-Chimères, vingt-deux Paradoxes à raison de onze par version. Deux dossiers les détaillent espèce par espèce : les onze Ultra-Chimères et les vingt-deux Pokémon Paradoxe.

Aucun de ces chiffres n'est affiché par le jeu, et aucun n'est définitif : le décompte est une liste d'autorité tenue à jour au fil des annonces, pas une règle mécanique.

Kanto pose le modèle : trois oiseaux légendaires, puis le secret de Mew

La première génération ne compte que cinq créatures hors norme : quatre légendaires et un seul fabuleux. Artikodin, Électhor et Sulfura ouvrent la série aux n°144 à 146, Mewtwo suit au n°150, et Mew, le fabuleux, ferme le Pokédex de Kanto au n°151. Les quatre légendaires installent la grammaire que la série n'a plus quittée : un lieu fixe, un exemplaire unique, un niveau très au-dessus du reste du jeu, un taux de capture au plancher. Mew, lui, n'entre dans aucune de ces cases.

Trois oiseaux, trois lieux, le même niveau 50

Le trio est calibré à l'identique. Dans Pokémon Version Rouge, Version Bleue et Version Jaune, chacun attend au niveau 50, en un exemplaire unique, sans réapparition, avec les mêmes statistiques : 580 au total, 90 points de vie et un Spécial de 125. C'est une même créature permutée trois fois, sur la glace, la foudre et le feu. Les trios légendaires des générations suivantes reprennent ce moule, que le dossier trios et duos légendaires détaille groupe par groupe.

Les trois lieux, eux, ne se valent pas. Artikodin dort au quatrième sous-sol des Îles Écume, derrière la seule énigme d'environnement qui garde un légendaire de Kanto : des blocs à pousser d'un sous-sol à l'autre pour dévier des courants qu'on ne remonte pas à la nage. Électhor occupe la Centrale, sur la Route 10 : c'est le légendaire de Kanto accessible avec le moins de Badges, deux seulement, le Badge Roche et le Badge Âme. Sulfura garde la Route Victoire ; c'est le seul des trois que les jeux ultérieurs ont déménagé, au Mont Braise puis à la Grotte Argentée.

Leurs noms français ne doivent rien à l'anglais : Artikodin, Électhor et Sulfura renvoient à Odin, Thor et Râ, un choix de traducteur sur lequel revient plus loin la section consacrée aux mythologies réelles. Ce parti pris ne s'arrête pas à Kanto : le dossier légendes et mythologies régionales le suit de région en région.

Mewtwo, le premier contenu d'après-générique

Mewtwo attend au niveau 70 dans le sous-sol de la Grotte Inconnue, qui ne s'ouvre qu'une fois le joueur devenu Maître de la Ligue. Vingt niveaux au-dessus des oiseaux, c'est la rencontre la plus élevée du jeu, et il entre en combat avec Météores, Psyko, Bouclier et Soin : il double sa Défense puis se soigne pendant que les Balls s'épuisent.

Le type Psy était de surcroît cassé en première génération : immunisé contre les attaques Spectre par un défaut involontaire, sans Ténèbres ni Acier en face. Avec 154 en Spécial et 680 au total, Mewtwo n'avait à peu près aucun contre. Restait à le capturer : un taux de 3 sur 255, et une seule Master Ball dans la partie pour quatre cibles. Le dossier sur les Poké Balls détaille ce calcul.

Le secret de Mew

Quatre rapports de laboratoire, au Manoir Pokémon de Cramois'Île, racontent l'histoire à l'envers du Pokédex : une espèce inconnue découverte dans la jungle le 5 juillet, baptisée Mew cinq jours plus tard, un petit né le 6 février et nommé Mewtwo, des chercheurs dépassés le 1er septembre. Le clone porte le n°150, l'original le n°151.

Mew n'était pourtant pas prévu. Seuls 150 Pokémon devaient exister, sa conception n'a pas été supervisée par Ken Sugimori, et le programmeur Shigeki Morimoto l'a glissé dans la cartouche au dernier moment, dans les 300 octets libérés par le retrait des fonctions de débogage. Son existence ne devait pas être révélée. Elle l'a été en 1996 par le magazine CoroCoro Comics, qui en tira vingt exemplaires au sort : la première distribution évènementielle de la franchise, dont la section consacrée aux distributions retrace le déroulé et les suites.

Le reste appartient à la légende urbaine : le Bug du Croupier, popularisé au début des années 2000, et le camion de L'Océane, sous lequel il n'y a rigoureusement rien en première génération. Le contraste tient en un chiffre : avec un taux de capture de 45, Mew est quinze fois plus accessible que Mewtwo, et c'est pourtant le seul des cinq qu'aucun jeu ne propose sans passer par un événement.

Les trois oiseaux légendaires de Kanto en artwork officiel : Artikodin bleu glacé, Électhor jaune hérissé d'éclairs et Sulfura aux ailes de flammes.
Artikodin, Électhor et Sulfura, les trois oiseaux de Kanto : un même moule statistique décliné sur la glace, la foudre et le feu.

Johto ajoute un trio ranimé par Ho-Oh et deux gardiens

Johto n'ajoute que six espèces au panthéon, les numéros 243 à 245 et 249 à 251 du Pokédex National. La génération y invente pourtant deux contraintes que la série gardera : le légendaire qui fuit le combat et qu'une attaque de trop efface de la partie, et le fabuleux enfermé derrière un accessoire jamais sorti du Japon.

L'incendie de la Tour Cendrée

Rosalia compte deux tours, bâties pour encourager l'amitié entre humains et Pokémon : la Tour Cendrée, lieu de repos des légendaires, et la Tour Carillon, lieu de leur réveil, que les jeux Game Boy appellent Tour Ferraille. La première a été construite il y a 700 ans et détruite il y a 150 ans, alors qu'elle portait encore le nom de Tour de Cuivre. Le dossier consacré à Johto parcourt la ville et ses deux tours.

Le déclencheur est la foudre, pas un incendie criminel, et le feu brûle trois jours. Lugia, qui nichait au sommet, échoue à l'éteindre à coups d'ailes puis invoque une pluie torrentielle. Trois Pokémon meurent dans les flammes ; Ho-Oh les ressuscite et leur offre d'immenses pouvoirs. Ils seront baptisés Raikou, Entei et Suicune, et leur espèce d'origine n'a jamais été révélée.

Effrayés par ce pouvoir de vie et de mort, les habitants de Rosalia ont chassé les trois ressuscités : c'est l'explication interne de l'errance des fauves légendaires, dont Ho-Oh demeure le maître de groupe.

Le Pokémon nomade, une mécanique née ici

Dans Pokémon Or et Argent, les trois fauves sont les premiers Pokémon nomades de la série. Réveillés au sous-sol de la Tour Cendrée, ils s'enfuient aussitôt et réapparaissent au niveau 40 dans les hautes herbes des routes numérotées, jamais dans une grotte ; ils changent de route à chaque changement de zone, et leur fiche du Pokédex sert de traceur.

Un nomade fuit dès le premier tour, et les dégâts comme les altérations d'état se conservent d'une rencontre à l'autre : s'il tombe K.O., il disparaît définitivement de la sauvegarde. Regard Noir bloque la fuite ; le talent Marque Ombre fait le même travail à partir de la troisième génération, la deuxième ignorant encore les talents. La Speed Ball, elle, ne sert à rien : un bug d'Or, Argent et Cristal réserve son bonus à trois espèces sans rapport. Le guide des Poké Balls reprend chaque type et son effet réel.

Pokémon Cristal casse sa propre règle pour sa mascotte : Suicune n'y est plus nomade et se laisse affronter dans la Tour Ferraille, une fois le Glas Transparent obtenu. Les trois n'en gardent pas moins le même total de 580 points, simplement redistribué de l'un à l'autre, et le même talent, Pression.

Deux gardiens, un par version

Ho-Oh et Lugia forment un duo, les Oiseaux de Légende, distinct des Oiseaux légendaires de Kanto. C'est le seul duo composé de deux maîtres de groupe : Lugia commande les oiseaux de Kanto, Ho-Oh les fauves de Johto. Leurs 680 points se répondent en miroir, jusqu'à la même Défense Spéciale de 154.

L'Arcenci'Aile fait apparaître Ho-Oh au sommet de la Tour Carillon, l'Argent'Aile fait surgir Lugia au fond des Tourb'Îles ; la plume de la mascotte du jeu en cours vient du directeur de la Tour Radio de Doublonville, l'autre d'un vieil homme d'Argenta. Dans Or et Argent, la mascotte se rencontre au niveau 40, l'autre au niveau 70 : la version décide laquelle se capture tôt, un principe que détaille le dossier sur les Pokémon exclusifs de version.

Celebi ferme le Pokédex

La sixième espèce est un fabuleux, pas un légendaire : Celebi, n° 251, de type Psy et Plante, avec 100 points dans chacune de ses six statistiques. Il apparaît à l'autel du Bois aux Chênes, après une GS Ball reçue à Doublonville et confiée un jour durant à Fargas.

Le blocage hors du Japon était matériel : l'événement passait par le Mobile System GB, accessoire jamais commercialisé ailleurs, et le centre de communication de Doublonville a été retiré des versions occidentales. La réédition de Cristal sur Console Virtuelle 3DS, en 2018, a levé le blocage : une infirmière y remet la GS Ball après la Ligue.

Artworks officiels des trois bêtes légendaires de Johto — Raikou, Entei et Suicune — et de Ho-Oh, l'oiseau arc-en-ciel qui les a ranimées.
Raikou, Entei et Suicune, ranimés par Ho-Oh selon la légende de la Tour Cendrée.

Hoenn fait du panthéon régional le moteur de son scénario

Hoenn porte au Pokédex huit légendaires et deux fabuleux, mais son apport tient moins au nombre qu'à la place que le scénario leur accorde. Le réveil d'un légendaire n'y est plus un bonus d'après-Ligue : c'est l'objectif déclaré de la Team Magma et de la Team Aqua, dans une région coupée en deux entre terre et océan que parcourt le guide complet de Hoenn.

Les Pokémon ancestraux, un panthéon des éléments

Le terme employé en jeu est Pokémon ancestraux ; « trio météo » relève du vocabulaire de fans. Les trois se partagent trois enveloppes de la planète, l'hydrosphère, la lithosphère et l'atmosphère, sur le modèle du Léviathan, du Béhémoth et du Ziz.

Groudon, catégorie Continent, pèse 950 kg et impose la Sécheresse dès son entrée en combat. Kyogre répond par le Crachin avec des statistiques qui sont l'exact miroir des siennes : l'Attaque de l'un est l'Attaque Spéciale de l'autre, pour un total identique de 670.

Rayquaza les surplombe à 680, vit dans la couche d'ozone et n'en descend que pour se reposer sur le Pilier Céleste. Son talent Air Lock annule tous les effets de la météo : ses règles de combat en font l'arbitre des deux autres.

Un scénario qui tient dans un vol d'orbe

Le ressort tient à un détail d'inventaire : le vilain part avec l'orbe du camp adverse. Dans Rubis, Max, chef de la Team Magma, dérobe l'Orbe Bleu au Mont Mémoria tandis que le joueur reçoit l'Orbe Rouge ; dans Saphir, Arthur, chef de la Team Aqua, emporte l'Orbe Rouge. Max ne parvient donc qu'à réveiller Groudon, jamais à le contrôler.

Le réveil a lieu au fond de la Caverne Fondmer, atteinte par Plongée depuis le Chenal 128, et le combat se tient ensuite dans la Grotte Origine, au nord d'Atalanopolis, ville née dans le cratère d'une météorite. Émeraude ajoute un troisième acte : les deux titans s'affrontent au-dessus de la ville et il faut gravir le Pilier Céleste, tour en ruines dont le sol s'effondre, pour aller chercher Rayquaza.

La Primo-Résurgence, onze ans plus tard

Rubis Oméga et Saphir Alpha, en 2014, donnent enfin aux trois ancestraux une capacité signature — Lame Pangéenne, Onde Originelle et Draco-Ascension — et la Primo-Résurgence : avec la Gemme Rouge ou la Gemme Bleue, le total des statistiques grimpe de 100 points sans toucher aux PV, soit 770 chacun.

Cette transformation ne dépend pas du Dresseur, contrairement à la Méga-Évolution : elle s'enclenche seule à l'entrée en combat, si bien qu'une même équipe peut cumuler une Méga-Évolution et les deux Primo-Résurgences. Terre Finale annule alors toute attaque Eau, Mer Primaire toute attaque Feu, et Souffle Delta, talent de Méga-Rayquaza, balaie les deux climats. Méga-Rayquaza est du reste le seul Pokémon à méga-évoluer sans Méga-Gemme, puisqu'il lui suffit de connaître Draco-Ascension ; le dossier sur les Méga-Évolutions revient sur cette exception.

Les colosses, le duo Latias-Latios et les deux fabuleux

Les Colosses légendaires — Regirock, Regice et Registeel — incarnent trois âges, la pierre, la glace et le fer, et ne se libèrent qu'après le déchiffrage de murets en braille au Sanctuaire, sous le Chenal 134. L'énigme finale impose Relicanth en tête d'équipe et Wailord en queue, l'ordre s'inversant dans Émeraude. Le couple n'est pas choisi au hasard : Relicanth est calqué sur le cœlacanthe, apparenté aux ancêtres marins des vertébrés terrestres, et Wailord sur les cétacés, dont les ancêtres ont quitté la terre ferme pour l'océan. Deux trajectoires inverses entre terre et mer, soit le motif même de Groudon et Kyogre.

Latias et Latios déplacent la symétrie ailleurs : deux espèces à sexe unique, l'une exclusivement femelle, l'autre exclusivement mâle, chacune l'équivalent de l'autre. Leurs noms viennent du latin « latere », se cacher, avec le suffixe de la première déclinaison pour Latias et celui de la deuxième pour Latios. Le dossier sur les trios et duos déplie ces symétries.

Jirachi hiberne mille ans et ne s'éveille que sept jours, en écho au Tanabata, la fête japonaise des vœux célébrée le septième jour du septième mois, dont ses étiquettes à souhait reprennent les bandes de papier. C'est le seul Pokémon de la troisième génération qu'aucun jeu de Hoenn ne permet d'obtenir sans événement : en Europe, il passait par Pokémon Channel.

Deoxys est le premier Pokémon capable de changer de forme, mais en troisième génération la forme était imposée par le jeu : Attaque dans Rouge Feu, Défense dans Vert Feuille, Vitesse dans Émeraude, sans aucun moyen d'en changer. À la fin de l'Épisode Delta, une capsule pyramidale émerge des débris de l'astéroïde pulvérisé et le libère : il devient le premier fabuleux capturable en cours de partie, sans objet distribué ni connexion externe.

Les trois Pokémon ancestraux de Hoenn en artwork officiel : Groudon rouge et massif, Kyogre bleu profond et Rayquaza, serpent vert des cieux.
Les Pokémon ancestraux de Hoenn : Groudon pour la lithosphère, Kyogre pour l'hydrosphère, Rayquaza pour l'atmosphère.

Sinnoh confie le temps, l'espace et l'antimonde à ses légendaires

Le mythe fondateur de Sinnoh est écrit dans le jeu, pas déduit par les joueurs. À la bibliothèque de Joliberges, Diamant et Perle laissent consulter « L'histoire Originelle » : un Œuf surgit d'un tourbillon de chaos, l'Être Originel s'en sépare en deux entités qui mettent le temps en branle et étendent l'espace, puis en trois autres chargées de donner naissance à l'âme. Le panthéon de la quatrième génération n'est donc pas une collection de créatures rares mais une cosmogonie ordonnée, où chaque légendaire occupe une fonction déclarée. La géographie suit, du Mont Couronné aux trois lacs, comme le détaille le guide complet de Sinnoh.

Arceus tient le rôle de cet Être Originel, et il est classé parmi les fabuleux, pas parmi les légendaires. Ses statistiques de base sont parfaitement uniformes : 120 dans chacune, soit 720 au total. Son talent Multi-Type accorde son type à la plaque qu'il porte, et sa capacité signature Jugement change de type avec elle ; les plaques, seize dans Diamant et Perle et dix-neuf aujourd'hui, livrent le mythe par leurs inscriptions.

Le temps, l'espace et l'antimonde

Le nom officiel du groupe formé par Dialga, Palkia et Giratina est « Pokémon des Mythes ». Les trois partagent le type Dragon en secondaire et un total de base de 680, et leur premier type traduit les trois états de la matière : Acier pour le solide, Eau pour le liquide, Spectre pour le gazeux et l'éthéré. Chacun garde une capacité exclusive : Hurle-Temps, Spatio-Rift, Revenant.

Giratina dispose d'un monde à lui. Le Monde Distorsion, dont le nom japonais signifie littéralement « Monde Déchiré », fige le temps et déstabilise l'espace. Le combat qui s'y déroule est codé à part : le sprite glisse depuis le bord supérieur de l'écran et la phrase d'annonce omet le mot « sauvage ». Giratina y prend sa Forme Originelle, qui échange le talent Pression contre Lévitation, la Forme Alternative restant celle du monde matériel.

Trois lacs, trois valeurs, une Chaîne Rouge

Les Gardiens des Lacs incarnent les trois entités vouées à l'âme, et leur appariement est contre-intuitif. Créfollet, le Pokémon Émotion, ne veille pas sur le Lac Savoir mais sur le Lac Vérité ; Créhelf tient le savoir, Créfadet la volonté. Les trois proviennent du même Œuf et affichent 580 points de base chacun. Hélio, patron de la Team Galaxie, fait forger la Chaîne Rouge avec les cristaux tirés de ces gardiens : elle tient Dialga et Palkia sans Poké Ball, pour ne pas réduire leur pouvoir. Sinnoh n'invente pas la formule du trio légendaire, que les oiseaux, les fauves et les colosses précèdent ; le dossier sur les trios et duos légendaires reprend chacun de ces ensembles.

Les solitaires de la région

Le reste du panthéon se rencontre un par un, chacun derrière sa propre condition. Heatran, seul Pokémon de type Feu/Acier de la licence, dort au Mont Abrupt jusqu'à ce que la Pierre Magma le réveille. Regigigas réclame les trois colosses légendaires dans l'équipe au Temple de Frimapic, mais dans Platine il faut d'abord posséder le Regigigas distribué en événement pour que leurs cavernes s'ouvrent. Cresselia, espèce exclusivement femelle, laisse tomber une Lun'Aile qui délivre un enfant de son cauchemar.

Darkrai occupe l'Île Nouvellune, à ne pas confondre avec l'Île Neuve de Kanto : l'espèce n'est pas foncièrement mauvaise, Diamant lui prêtant le pouvoir de faire rêver quand Perle lui attribue les cauchemars. Manaphy est le seul Pokémon fabuleux capable de produire des Œufs, mais celui qu'il donne à la Pension est un Phione, qui n'évoluera jamais en Manaphy. Shaymin passe de Forme Terrestre en Forme Céleste par la Gracidée, de jour seulement.

Ce que Hisui ajoute au mythe

Légendes Pokémon : Arceus, sorti le 28 janvier 2022, remonte le récit à sa source : Arceus y devient le premier Pokémon fabuleux à servir d'égérie à un jeu de la série principale. Dialga et Palkia y gagnent des Formes Originelles, obtenues avec le Globe Adamant et le Globe Perlé, objets distincts des orbes de la quatrième génération. Le peuple de Hisui s'est scindé en deux clans sur une seule question théologique : le temps pour le Clan Diamant, l'espace pour le Clan Perle. Le dossier sur Hisui déroule ce scénario et ses Pokémon monarques, qui ne sont pas des légendaires.

Artworks officiels des quatre piliers de la cosmogonie de Sinnoh : Dialga, Palkia, Giratina sous sa Forme Alternative et Arceus.
Dialga, Palkia, Giratina sous sa Forme Alternative, et Arceus qui les a créés : la cosmogonie complète de Sinnoh.

Unys : la vérité, l'idéal et un dragon légendaire coupé en deux

Unys rompt avec le schéma des générations précédentes. Kanto avait ses trois oiseaux, Johto ses trois fauves, Sinnoh ses divinités du temps et de l'espace : ces groupes-là existaient au pluriel dès l'origine, à côté des solitaires que chaque génération comptait aussi, de Mewtwo à Heatran, Cresselia ou Darkrai. La cinquième génération part d'un seul dragon, coupé en deux par un désaccord philosophique. La région est décrite dans le dossier consacré à Unys.

Poképédia range Reshiram, Zekrom et Kyurem sous le nom de Dragons légendaires ; les communautés de joueurs parlent de trio du Tao. Les deux premiers ne formaient qu'un seul dragon, dont deux frères jumeaux se servirent pour créer la région : l'aîné cherchait la Réalité, le benjamin l'Idéal, et le dragon se divisa pour suivre chacun d'eux. Aucun ne put vaincre l'autre ; ce sont les fils des deux frères réconciliés qui reprirent la guerre, sans vainqueur. Le dossier sur les légendes et mythologies régionales met ces récits en regard.

Réalité contre Idéal, et le vide au milieu

La répartition est philosophique avant d'être typée. Reshiram tient le yang, Dragon et Feu, catégorie « Blanc Réel » ; Zekrom tient le yin, Dragon et Électrik, catégorie « Noir Idéal ». Leurs statistiques de base sont un miroir exact : 680 pour les deux, 150 en Attaque Spéciale chez le premier, 150 en Attaque chez le second.

Kyurem est le troisième terme, ni yin ni yang mais le wuji, l'absence des deux ; Watson, le Champion de Janusia, le décrit dans Noir 2 et Blanc 2 comme une « exuvie », une entité incomplète. La fusiorption, opérée avec le Pointeau ADN, lui fait absorber le pouvoir d'un des deux dragons : Kyurem Noir ou Kyurem Blanc, à 700 de total contre 660 sous sa forme ordinaire. Un seul Pointeau ADN est légal par cartouche, si bien que les deux formes ne coexistent jamais.

La mécanique suit le lore à la lettre : le dragon de couverture doit être capturé pour que le scénario avance. Mis K.O. ou fui pendant la rencontre, il reste au Palais de N jusqu'à sa capture, et le vaincre ne rapporte aucun point d'expérience.

Les Forces de la Nature, et la quatrième arrivée

« Trio des génies » est un surnom de fans : le nom officiel du groupe est Forces de la Nature. Démétéros règne sur la terre, Boréas sur les cieux, Fulguris sur la foudre, domaine de transition entre les deux. Le nombre de cornes les distingue : une pour Fulguris, deux pour Boréas, trois pour Démétéros, quatre pour Amovénus.

Amovénus n'est pourtant pas un Pokémon d'Unys : numéro national 0905, elle relève de la huitième génération et arrive avec Légendes Pokémon : Arceus, seule femelle d'un groupe jusque-là exclusivement mâle. Les formes Avatar et Totémique, elles, datent de Noir 2 et Blanc 2 et se permutent avec le Miroir Sacré.

Les Lames de la Justice et les quatre fabuleux

Les Lames de la Justice sont calquées sur Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, une filiation confirmée par Ken Sugimori et dépliée plus loin avec les autres sources mythologiques. Tous ont le type Combat en second, partagent le talent Cœur Noble et la capacité Lame Sainte, et affichent le même total de 580 avec les mêmes valeurs simplement permutées.

Keldeo est un Pokémon fabuleux et non un légendaire, et le seul des quatre à disposer d'une capacité qui n'appartienne qu'à lui : Lame Ointe, dont les dégâts se calculent sur l'Attaque Spéciale du lanceur. L'apprendre au Bois du Serment, accompagné des trois autres, lui donne son Aspect Décidé et trois plumes, une bleue, une orange et une verte, qui représentent Cobaltium, Terrakium et Viridium.

Victini porte le n° 000 des deux Pokédex d'Unys, seul Pokémon à occuper cette place dans n'importe quel Pokédex. Il est aussi au centre du quatorzième film, le seul de la saga à exister en deux versions, l'une avec Reshiram, l'autre avec Zekrom : le dossier consacré à ce double long métrage y revient.

Meloetta change de type avec sa forme : Normal et Psy en Forme Chant, Normal et Combat en Forme Danse. La bascule s'opère à chaque usage de Chant Antique, une capacité qu'aucune capsule ne délivre : elle ne s'obtient qu'auprès d'un donneur de capacités, installé dans un café de Volucité en cinquième génération.

Genesect referme la génération : ressuscité d'un fossile puis équipé d'un canon par Dudley, un scientifique qui refusa l'abandon du projet décidé par N, il est le seul Pokémon dont le Pokédex nomme une organisation, la Team Plasma.

Les trois dragons d'Unys en artwork officiel : Reshiram blanc, Zekrom noir et Kyurem gris, les trois états du dragon originel.
Reshiram, Zekrom et Kyurem : les trois états du dragon originel d'Unys, une fois la vérité et l'idéal séparés.

Kalos : la vie, la mort et l'équilibre chez trois créatures mythiques

Xerneas (n° 0716, type Fée pur) et Yveltal (n° 0717, Ténèbres/Vol) sont les mascottes respectives de Pokémon X et Pokémon Y ; Zygarde (n° 0718, Dragon/Sol) complète le trio. La symétrie des deux mascottes est chiffrée : elles partagent exactement les mêmes statistiques de base, 126 PV et 131 en Attaque comme en Attaque Spéciale, pour un total identique de 680. Xerneas et Yveltal ont par ailleurs été révélés le même jour, le 8 janvier 2013, et affichent tous deux un taux de capture de 45, très généreux pour des légendaires de scénario.

La charpente du trio est nordique. Chacun des trois reprend un animal d'Yggdrasil, l'arbre cosmique : Yveltal l'aigle Hræsvelg logé dans les branches, Xerneas le cerf Eikthyrnir qui broute les rameaux, Zygarde le serpent Nídhögg qui ronge une racine. Xerneas doit en outre son nom à Cernunnos, dieu-cerf gaulois, et Yveltal à yvel, « mal » en moyen anglais. L'appellation « trio de la vie » qui circule chez les joueurs n'a rien d'officiel.

La vie, la mort, l'équilibre

Xerneas est le premier légendaire de type Fée pur. Il passe du Mode Paisible au Mode Déchaîné dès qu'il est envoyé au combat, mais ce changement est purement esthétique et ne déclenche aucun message. Géo-Contrôle demande un tour de chargement avant d'accorder deux niveaux d'Attaque Spéciale, de Défense Spéciale et de Vitesse : c'est la seule capacité signature d'un Pokémon-mascotte à être une capacité de statut.

Yveltal inverse la mécanique. Mort'Ailes rend au lanceur 75 % des dégâts infligés, ce qui colle à sa biologie : quand il manque d'énergie, il pétrifie les êtres vivants puis hiberne dans un cocon formé de ses ailes et de sa queue, immortel et toujours capable de se défendre sous cette forme.

Zygarde n'est pas bâti comme les deux autres : c'est un organisme composite. Ses Cellules « sont dénuées de conscience » et forment le corps, ses Cœurs « lui servent de cerveau » et agissent parfois seuls. Il existe sous trois formes, 486 points de statistiques en Forme 10 %, 600 en Forme 50 % et 708 en Forme Parfaite — la Forme Parfaite restant plus courte que la Forme 50 %, mais deux fois plus lourde. Pokémon Soleil et Lune en tire une quête de ramassage : 100 organismes dispersés dans Alola, 95 Cellules et 5 Cœurs, chaque Cœur débloquant une capacité.

Pourquoi Kalos oppose la vie à la mort

L'arme suprême a d'abord été conçue pour ramener des Pokémon à la vie : sa lumière a ressuscité le Floette d'A.Z. et rendu son maître immortel, avant de servir d'arme dans la guerre d'il y a 3 000 ans. La réactiver réclame l'énergie de Xerneas en version X, d'Yveltal en version Y : l'opposition entre les deux mascottes est inscrite dans le scénario, pas seulement dans leurs entrées de Pokédex. Un spécialiste des légendaires, à Flusselles, va plus loin : les légendes des deux créatures auraient été fabriquées pour cacher la noirceur de la vérité et désigner un bouc émissaire. Région et guerre sont dépliées dans le dossier consacré à Kalos.

Trois fabuleux complètent la génération : Diancie, Hoopa et Volcanion. Aucun n'était capturable en jeu en sixième génération — leur seule ligne de localisation est « Événement » — et ils n'ont circulé que par distribution. Volcanion demeure le seul Pokémon de type Feu/Eau de toute la série. La Méga-Évolution, née dans ces mêmes jeux, touche également les légendaires : Méga-Mewtwo X et Y en sont issues, Méga-Diancie et Méga-Zygarde sont arrivées plus tard, et le phénomène est traité en entier dans le dossier des Méga-Évolutions.

Artworks officiels du trio de Kalos : Xerneas le cerf lumineux, Yveltal l'oiseau rouge et noir, et Zygarde sous sa forme à 50 %.
Xerneas, Yveltal et Zygarde sous sa forme à 50 % : la vie, la mort et l'équilibre entre les deux.

Alola : astres légendaires, gardiens d'île et lumière volée

La septième génération s'ouvre le 23 novembre 2016 en Europe avec Pokémon Soleil et Pokémon Lune, repris un an plus tard par Pokémon Ultra-Soleil et Ultra-Lune, qui rejouent la même région sur une histoire alternative. Elle apporte onze légendaires et cinq fabuleux, les onze premiers se répartissant en trois familles : les Pokémon Multigénome, les Pokémon cosmiques et les divinités gardiennes. Seule la dernière épouse la géographie de la région, quatre îles parcourues par un Tour des Îles de sept Épreuves, décrit dans le guide de la région d'Alola.

Cosmog, Solgaleo et Lunala : les premiers légendaires qui évoluent

Alola introduit une première : Cosmog, Cosmovum et Type:0 sont les premiers légendaires capables d'évoluer. Cosmog est aussi le plus faible des légendaires, avec 200 points de statistiques de base et deux capacités seulement, Téléport et Trempette, dont aucune n'est offensive : lui et Cosmovum sont les deux seuls Pokémon incapables de blesser un adversaire autrement que par Lutte. Il devient Cosmovum au niveau 43, puis Solgaleo ou Lunala au niveau 53 selon la version.

Cosmovum mesure 0,1 mètre pour 999,9 kilogrammes, soit le plus fort rapport masse-taille du Pokédex, 9 999 kilogrammes par mètre ; le dex le surnomme « cocon céleste ». Solgaleo, Psy/Acier, et Lunala, Psy/Spectre, totalisent 680 points chacun, les statistiques physiques de l'un valant exactement les statistiques spéciales de l'autre. On invoque Solgaleo à l'Autel du Soleil, un Cosmovum déposé dessus, en jouant de jour et simultanément la Flûte du Soleil et la Flûte de la Lune.

Necrozma, ou la lumière volée

Necrozma n'est pas une mascotte de plus. Vénéré à l'Ultra-Mégalopole sous le nom de « Grand Radieux », il a été blessé par les ancêtres de l'Ultra-Commando, qui voulaient en tirer de l'énergie, et y a perdu une partie de son corps et le pouvoir de créer la lumière. Depuis, il vole celle des mondes qu'il traverse et les laisse dans l'obscurité. Ce rôle fait de lui le premier Pokémon antagoniste principal d'un jeu de la série principale.

Le Necrosol et le Necroluna le fusionnent avec Solgaleo ou Lunala, en Necrozma Crinière du Couchant ou en Necrozma Ailes de l'Aurore, et l'Ultra-Explosion pousse l'une ou l'autre jusqu'à Ultra-Necrozma, un Psy/Dragon de 7,5 mètres dont le total de base de 754 n'appartient à aucun autre Pokémon.

Les onze Ultra-Chimères, venues de l'Ultra-Dimension par les Ultra-Brèches, apparaissent dans les mêmes jeux sans compter parmi les légendaires : les jeux les rangent dans une catégorie à part. Les habitants d'Alola tiennent Necrozma pour l'une d'elles, mais l'Ultra Ball, conçue par la Fondation Æther contre les Ultra-Chimères, reste inefficace sur lui. Leurs noms de code, leurs statistiques hors norme et leur mode d'arrivée occupent le dossier consacré aux Ultra-Chimères.

Les quatre divinités gardiennes

« Divinités gardiennes d'Alola » est l'appellation officielle, reprise du site de Soleil et Lune. Chaque île a la sienne : Tokorico sur Mele-Mele, Tokopiyon sur Akala, Tokotoro sur Ula-Ula, Tokopisco sur Poni, toutes de type secondaire Fée. Les quatre partagent un total de 570 et 70 PV, leurs cinq autres statistiques n'étant qu'une permutation des mêmes valeurs, et la capacité Ire de la Nature, qui ampute la cible de la moitié de ses PV restants.

Elles choisissent les Doyens qui gouvernent chaque île et offrent une Gemme Lumière aux Dresseurs qui les intriguent. Le Pokédex ne les adoucit pas : Tokopiyon y est un « Pokémon candide mais terriblement cruel », et le Village Toko passe pour les vestiges d'un village détruit après que ses habitants eurent provoqué leur colère. Tokorico conclut la trame principale de Soleil et Lune : c'est l'un des deux seuls Pokémon sauvages à servir de combat final à un jeu de la série.

Leurs modèles sont hawaïens, du dieu de la guerre Kūkaʻilimoku, derrière Tokorico, au dieu de l'océan Kanaloa, derrière Tokopisco, et la légende locale leur attribue d'avoir repoussé les Ultra-Chimères. Ce transfert d'un panthéon réel dans le bestiaire du jeu n'a rien d'isolé : d'autres régions puisent de la même façon dans le folklore de leur modèle géographique, ce que détaille le dossier sur les légendes et mythologies régionales.

Type:0, Silvallié et les cinq fabuleux

Type:0 est une créature de laboratoire : la Fondation Æther l'a assemblé à partir de cellules de tous les types connus, pour opposer quelque chose aux Ultra-Chimères. Les trois modèles produits sont devenus incontrôlables, ont été muselés par un casque limiteur puis plongés en cryogénie, et Gladio en a libéré un. Porté au bonheur maximal, il devient Silvallié, dont le talent Système Alpha change le type selon celle des dix-sept ROM qu'il tient.

Les cinq fabuleux de la génération n'ont ni lignée ni panthéon communs. Magearna est un automate construit il y a cinq cents ans, dont le corps mécanique n'enveloppe qu'une âme artificielle, l'Animacœur ; Marshadow se glisse dans l'ombre de son adversaire pour en copier la force, au point que la copie surpasse l'original ; Zeraora, seul fabuleux de type Électrik, ne produit pas son électricité et se contente de récupérer celle de l'extérieur.

Meltan ferme la marche : c'est le seul fabuleux capable d'évoluer, et son passage à Melmetal n'est possible que dans Pokémon GO, contre 400 Bonbons Meltan. Lui et Melmetal sont d'ailleurs absents du Pokédex d'Alola, et la cause vaut mieux que le constat : ils sont nés dans Pokémon GO, pas dans les jeux de la région. Un Pokédex régional n'est jamais tenu de reprendre toute sa génération — celui de Sinnoh en omet vingt-six dans Diamant et Perle, dont sept, d'Heatran à Arceus, que Platine ne rattrape pas.

Artworks officiels de Solgaleo, du soleil, de Lunala, de la lune, et de Necrozma, le prisme noir qui cherche à leur voler leur lumière.
Solgaleo, Lunala et Necrozma, le prisme privé de lumière qui cherche à absorber les deux autres.

Galar : l'épée, le bouclier et un légendaire venu de l'espace

Pokémon Épée, Pokémon Bouclier et leurs deux extensions alignent onze légendaires et fabuleux d'affilée dans le Pokédex national, du n° 0888 au n° 0898, sans une seule espèce ordinaire au milieu. Trois Pokémon seulement échappent au Dynamax : Zacian, Zamazenta et Éthernatos, soit la source du phénomène et les deux espèces qui l'ont vaincue ; la mécanique géante a son propre dossier Dynamax et Gigamax.

Zacian, Zamazenta et la légende amputée de Galar

Zacian quitte sa forme Héros Aguerri dès qu'il porte l'Épée Rouillée : il devient Épée Suprême, gagne le type Acier et voit Tête de Fer se muer en Gladius Maximus, qui inflige le double de dégâts à un Pokémon dynamaxé. Zamazenta suit la même règle avec le Bouclier Rouillé et atteint 785 kilos, record de poids du type Combat. Leurs talents se répondent terme à terme : Lame Indomptable pour l'Attaque, Égide Inflexible pour la Défense.

La légende galarienne ne racontait qu'un seul héros humain. Les tapisseries de Kickenham en montrent pourtant deux, et les statues d'Old Chister révèlent que l'épée et le bouclier du récit sont les Pokémon des deux héros : avec le temps, les armes et leurs porteurs ont fini par ne faire qu'un dans le mythe. La lecture arthurienne suit le même fil, d'Excalibur au bouclier Pridwen.

Chaque relique est exclusive à sa version : l'Épée Rouillée ne se trouve que dans Pokémon Épée, le Bouclier Rouillé que dans Pokémon Bouclier, et l'autre ne s'obtient que par échange. Les mascottes obéissent au même partage, règle générale qu'expose le dossier des exclusivités de version.

Éthernatos, un légendaire arrivé dans une météorite

Éthernatos est tombé du ciel bien avant le cataclysme qu'on lui attribue : sa météorite s'est écrasée il y a 20 000 ans, la Nuit Noire ne remonte qu'à 3 000 ans. Le Dynamax émane de son corps, né des particules libérées après sa défaite face aux deux mascottes. Le président Shehroz l'a réveillé sciemment dans le réacteur du stade de Kickenham, pour anticiper une pénurie d'énergie attendue d'ici mille ans.

C'est le plus grand Pokémon jamais répertorié : vingt mètres pour 950 kilos. Sa forme Infinimax, scénarisée et jamais jouable, atteint cent mètres et 1 125 points de statistiques de base, seul cas de la série au-dessus du millier. Son taux de capture est fixé à 255, le maximum de l'échelle et la valeur d'un Roucool : une Poké Ball ordinaire suffit, et la capture, scriptée, ne peut pas échouer une fois l'Infinimax vaincu — le jeu glisse même une Poké Ball dans le Sac du joueur qui n'en a plus. C'est le premier légendaire attrapable à coup sûr, quand les plus accessibles des autres s'arrêtent à un taux de 45.

Isolarmure et Couronneige : une génération de choix définitifs

Les deux extensions du Pass, L'île solitaire de l'Armure le 17 juin 2020 puis Les terres enneigées de la Couronne le 23 octobre, apportent l'essentiel des légendaires de la génération et une règle commune : on ne revient jamais sur son choix. Wushours est donné au niveau 10 au Dojo de la Maîtrise, et la tour qu'il gravit fixe définitivement la forme adulte de Shifours, Style Poing Final ou Style Mille Poings.

Aux Ruines du Choix de Couronneige, la porte ne s'ouvre qu'avec Regirock, Regice et Registeel dans l'équipe, puis le joueur reproduit au sol le symbole du légendaire qu'il réveille. Regieleki et Regidrago ne sont jamais capturables tous les deux sur une même sauvegarde. Leurs 580 points sont pourtant les mêmes, distribués à l'inverse l'un de l'autre, et Regieleki en concentre 200 sur la seule Vitesse.

Sylveroy clôt cette série de onze au n° 0898, avec 1,1 mètre pour 7,7 kilos : ce seigneur des récoltes est un légendaire minuscule, oublié après avoir fertilisé un territoire qui s'appelait alors Couroplaine. Il ne retrouve sa puissance qu'attelé à l'un de ses deux destriers. Blizzeval et Spectreval sont deux espèces distinctes, que les Rênes de l'Unité, uniques par partie, unissent à lui pour 680 points.

Les trois oiseaux légendaires de Kanto reparaissent en forme de Galar avec des types entièrement réécrits — Psy/Vol, Combat/Vol et Ténèbres/Vol — mais conservent au point près les 580 points de leurs homologues. Ils n'errent pas au même endroit : Artikodin de Galar à Couronneige, Électhor de Galar dans les Terres Sauvages, Sulfura de Galar à Isolarmure.

Zarude est le seul Pokémon fabuleux de la génération. Il n'a jamais été capturable en jeu : ce singe Ténèbres/Plante n'existe que par distribution, en France via un code Micromania fin 2020. Sa capacité signature soigne au lieu d'attaquer, et son rôle de père adoptif est raconté dans le dossier consacré au film Les secrets de la jungle.

Artworks officiels de Zacian et Zamazenta, le loup à l'épée et le loup au bouclier, face à Éthernatos, la créature venue de l'espace.
Zacian et Zamazenta, l'épée et le bouclier, face à Éthernatos, venu de l'espace.

Paldea : montures divines, Trésors du fléau et Adoramis

La neuvième génération, ouverte par Pokémon Écarlate et Violet le 18 novembre 2022, compte onze Pokémon légendaires et un seul Pokémon fabuleux. Toutes ces espèces occupent la dernière tranche du Pokédex National : Chongjian porte le numéro 1001, première entrée après le millième, et Pêchaminus clôt la liste à 1025. Entre les deux se rangent les trois autres trésors du fléau, les deux montures, les Adoramis, Ogerpon et Terapagos.

Koraidon et Miraidon, des montures qui sont d'abord des Paradoxes

Les deux mascottes portent la catégorie de Pokédex « Pokémon Paradoxe » et viennent de la Zone Zéro. Koraidon, de type Combat/Dragon, serait la version passée de Motorizard ; Miraidon, de type Électrik/Dragon, sa version future. Leurs totaux de statistiques sont identiques, à 670, mais distribués en sens contraire : l'un mise sur l'Attaque, l'autre sur l'Attaque Spéciale. Le statut Paradoxe et les vingt-deux espèces qu'il regroupe sont traités dans le guide des Pokémon Paradoxes.

C'est le seul duo légendaire dont un membre est remis au joueur dès les premières minutes, et le seul dont on peut capturer deux spécimens dans une même partie. La monture est amoindrie parce qu'elle a perdu un combat : le scientifique qui l'a fait venir par sa machine temporelle, Olim dans Écarlate et Turum dans Violet, a relancé l'expérience et importé un second spécimen bien plus agressif ; en s'interposant lors d'un de leurs affrontements, il a reçu une blessure fatale, et la première monture, restée seule, a été vaincue. Échouée sur la plage de la Caverne de la Crique, elle y a perdu ses capacités et les retrouve au fil de l'intrigue « Un parfum de légende », nourrie de sandwichs à base d'Épices Secrètes. Elle n'est toutefois pas utilisable en combat avant la fin de l'histoire principale.

Les trésors du fléau : quatre rancunes scellées

Chongjian, Baojian, Dinglu et Yuyu partagent le type Ténèbres, la catégorie « Pokémon Fléau » et un total de 570. Le conte fondateur raconte qu'un roi collectionneur acheta à un marchand une urne, une épée, des tablettes et des magatama : ces trésors étaient des Pokémon, qui s'imprégnèrent de l'avidité et de la rancune de la cour, devinrent des fléaux, puis furent vaincus et scellés dans quatre sanctuaires par des pieux sacrés. Chaque sanctuaire s'ouvre en retirant huit pieux d'une même couleur, et cette couleur ne renseigne pas sur le type : les pieux verts libèrent Dinglu, de type Sol, les bleus Yuyu, de type Feu.

Leur intérêt en combat tient à leurs talents, actifs en permanence sur tout le terrain : Bois du Fléau, Épée du Fléau, Urne du Fléau et Perles du Fléau abaissent de 25 % une statistique de tous les autres Pokémon présents, leur porteur excepté. Les quatre apprennent aussi Cataclysme, qui retire la moitié des points de vie restants de la cible au lieu d'infliger des dégâts à puissance fixe. Leur modèle est chinois : les Quatre Périls, que la section consacrée aux mythologies réelles associe un à un à chacun des quatre trésors. Ce fonds mythologique est déplié dans les légendes et mythologies régionales.

Terapagos, Ogerpon et les Adoramis

Terapagos est l'être à l'origine de la Téracristallisation. Il repose dans l'Abîme Zéro, une galerie souterraine située environ un kilomètre sous le Laboratoire Zéro, et serait la source de l'énergie Téracristal qui sature ces parois. De type Normal, il porte dix-huit plaques polygonales sur sa carapace, une par type Téracristal, et change deux fois de forme : Forme Téracristal en entrant en combat, Forme Stellaire s'il est téracristallisé, pour des totaux de 450, 600 et 700. La mécanique elle-même est expliquée dans le guide du Téracristal.

Ogerpon, dont l'espèce ne compte que des individus femelles, n'est pas née à Septentria, la contrée où se déroule Le Masque Turquoise : elle y est arrivée avec un compagnon humain, et tous deux ont été rejetés à cause de leurs visages. Un artisan pris de compassion a créé les masques pour leur permettre de s'intégrer aux villageois, quand la légende locale, elle, fait d'Ogerpon un monstre. Le Masque Turquoise la laisse Plante pur ; le Masque du Puits, le Masque du Fourneau et le Masque de la Pierre lui ajoutent respectivement l'Eau, le Feu et la Roche. Félicanis, Fortusimia et Favianos, appelés les Adoramis en français, sont les voleurs qui lui en ont dérobé trois ; Ogerpon les a tués, et les villageois effrayés y ont vu trois héros.

Le dernier mot revient à Pêchaminus, seul Pokémon fabuleux de la génération et dernière entrée du Pokédex National. C'est lui qui asservissait les Adoramis avec des Mochis de Servitude, qui éveillent les désirs de leur cible avant de la livrer à ses chaînes. Son ombre était déjà visible, quatrième silhouette au-dessus de celle de Félicanis, dans la cinématique de la vraie légende de Septentria.

Artworks officiels des légendaires de Paldea : Koraidon rouge et préhistorique, Miraidon bleu et futuriste, et Terapagos à la carapace cristalline.
Koraidon, Miraidon et Terapagos : les deux montures de Paldea et la tortue à l'origine du Téracristal.

Les fabuleux, ou l'art de ne jamais être trouvable

Le nom japonais dit ce que le nom français masque : un fabuleux est un 幻のポケモン, Maboroshi no Pokémon, littéralement « Pokémon illusoire ». Poképédia décrit des créatures si rares que des spécialistes du monde Pokémon en sont venus à douter de leur existence et les ont reléguées au rang de mythes. Le classement tient à l'accès, pas à la puissance.

Trois traits reviennent dans la définition, et le premier commande les autres : un fabuleux ne se rencontre pas dans le cours normal du jeu et passe presque toujours par une distribution. Le deuxième en découle : ils ne sont, en règle générale, obligatoires ni pour le Pokédex National ni pour le Charme Chroma, si bien qu'un joueur qui a manqué l'événement n'est bloqué nulle part. Le troisième relève du constat plus que de la règle : la plupart totalisent 600 points de statistiques de base. S'y ajoute une contrainte technique, un ruban qui les empêche généralement d'être échangés à la GTS.

Un mot arrivé longtemps après la chose

Mew est le point d'origine du groupe : la notion apparaît dans le numéro de mai 1996 du magazine CoroCoro, celui qui annonce sa toute première distribution. En japonais, fabuleux et légendaires ont depuis toujours formé deux ensembles distincts. Hors du Japon, avant la cinquième génération, tout était rangé sous « légendaire », et l'anglais parlait de « Rare Pokémon », formule apparue dans Pokémon Snap pour traduire 幻のポケモン à propos de Mew.

Côté français, le mot vient de la communication avant le jeu : The Pokémon Company l'emploie dès la quatrième génération sur ses sites pour qualifier les Pokémon distribués, et le donneur de capacités d'Auffrac-les-Congères l'officialise en jeu dans X et Y en parlant de « ces Pokémon que l'on nomme fabuleux ». Avant cela, faute de terme officiel, les fans français disaient « Pokémon Fées », à cause de la petite taille et du caractère facétieux des premiers membres. L'année 2016 achève d'installer le terme, avec onze fabuleux distribués mensuellement pour les vingt ans de la licence.

Le vocabulaire officiel a flotté longtemps après cela. Le site anglais de Légendes Pokémon : Arceus présentait encore Arceus comme un légendaire et n'a corrigé le libellé que le 28 septembre 2021, quand le site japonais, lui, écrivait « fabuleux » depuis le début.

Vingt-trois espèces, dont deux qui résistent

Le groupe compte 23 espèces, très inégalement réparties : cinq pour la quatrième génération comme pour la septième, quatre pour la cinquième, trois pour la sixième, une seule pour la huitième comme pour la neuvième. Deux membres résistent à la définition.

Le premier est Phione : c'est le seul du groupe à naître d'un Œuf, sans être pour autant la pré-évolution de Manaphy, qu'il ne devient jamais. Manaphy et lui sont aussi les deux seules exceptions à la règle qui range tous les légendaires et fabuleux dans le groupe d'Œuf Inconnu. Son total plafonne à 480 là où ses pairs visent 600, et Pokémon Ranger : Sillages de Lumière le traite ouvertement comme un Pokémon ordinaire.

Keldeo déroge dans l'autre sens : quatrième membre des Lames de la Justice, il porte l'étiquette fabuleux quand Cobaltium, Terrakium et Viridium sont légendaires. Le groupe de lore se retrouve donc réparti sur deux catégories officielles.

Le procédé revient d'une région à l'autre : la série bâtit ses panthéons par groupes de trois, parfois complétés d'un quatrième membre, des oiseaux de Kanto aux fauves de Johto, des colosses de Hoenn aux gardiens d'Alola. Le dossier consacré aux trios et duos légendaires les passe tous en revue.

Ce que le statut laisse voir

600 reste le chiffre-signature du groupe, avec une moyenne de 606,96, quand les légendaires se massent plutôt sur 580. Six fabuleux, de Mew à Victini, poussent la logique jusqu'au bout en répartissant ce total à parts égales entre leurs six statistiques, tandis que Pêchaminus le distribue autrement, 88 partout sauf 160 en Défense. Ce que valent réellement ces paliers, et pourquoi ils ne classent personne, est mesuré plus bas dans la section consacrée aux statistiques.

Le classement, lui, ne quitte jamais les données internes des jeux. Celles d'Écarlate et Violet abritent le bug le plus parlant de la catégorie : Lampignon y est marqué fabuleux à la place de Marshadow, sans doute par confusion entre leurs noms internes japonais, マシェード et マーシャドー.

Quatre Pokémon fabuleux en artwork officiel : Celebi, Jirachi, Darkrai et Shaymin sous sa Forme Terrestre.
Celebi, Jirachi, Darkrai et Shaymin sous sa Forme Terrestre : quatre fabuleux, quatre distributions d'événement.

Trente ans de distributions : comment on obtenait vraiment un fabuleux

1996 : vingt Mew fabriqués à la main

La première distribution événementielle de la licence est lancée par le numéro de mai 1996 du magazine CoroCoro Comics, paru en avril : un concours dont le lot était Mew, pour vingt gagnants. 78 000 personnes s'y sont inscrites ; un second tirage suivit en juillet : 80 000 participants pour cent exemplaires. Satoru Iwata attribuait à ce concours le décollage commercial de la série.

Ces vingt Mew ont été fabriqués à la main. Shigeki Morimoto, le programmeur qui avait caché l'espèce dans le jeu, les a générés sur son ordinateur, puis échangés un par un au câble Game Link vers les cartouches des gagnants. L'échelle a suivi : 100 000 Mew annoncés à Nintendo Space World '97 — un plafond affiché, pas un comptage.

Le camion de L'Océane, et le vrai exploit

Le camion existe : posé sur le quai de L'Océane, à Carmin sur Mer, il n'est accessible qu'avec Surf, obtenu après le départ du bateau. La rumeur y logeait un Mew. Le déplacer ne révèle rien : la zone ne contient que ce camion et, dans Rouge Feu/Vert Feuille, un Lava Cookie caché à proximité.

Le vrai moyen d'obtenir l'espèce portait un autre nom : le bug du Croupier, signalé au début des années 2000. Se faire repérer par un Dresseur longue portée, puis fuir avec Vol avant le combat, laisse le jeu persuadé qu'un affrontement est en cours ; l'espèce rencontrée dépend alors du Spécial du dernier adversaire — 21 pour Mew.

Bornes, câbles et tickets

Le Pokémon Center de New York, ouvert de 2001 à 2005, abritait quatre bornes : une cartouche Or, Argent ou Cristal, une créature au hasard, une fois par semaine. C'est là que sont nés les tout premiers Pokémon événementiels chromatiques, Ho-Oh et Lugia, en novembre 2002 — deux légendaires distribués, pas des fabuleux. Hors événement, la couleur alternative obéit à des taux précis, que le dossier sur les Pokémon chromatiques détaille, méthodes de chasse comprises.

La troisième génération a inventé la distribution de jeu à jeu, par câble NGC-GBA : en Europe, Jirachi se récupérait dans Pokémon Channel. Celebi dépendait, lui, d'un objet apparu une génération plus tôt : la GS Ball, qui le faisait apparaître une fois posée sur l'autel du Bois aux Chênes. Les tickets, eux, ouvraient des îles entières.

Deoxys ne se rencontrait que sur l'Île Aurore, ouverte par le Ticketaurora, distribué en France les 24 septembre, 1er et 8 octobre 2005. Le Ticketmystik, qui menait au Roc Nombri, n'a lui jamais été distribué hors du Japon, des États-Unis et du Mexique.

Du mot de passe au guichet

Le Cadeau Mystère naît en deuxième génération sans rien d'un guichet à légendaires : un objet aléatoire par jour, par infrarouge, entre deux Game Boy Color. Deux générations de phrases de passe ont ensuite gardé la porte — dans Rubis et Saphir, le profil du joueur devait être exactement « Événement mystère est passionnant ». La fonction n'est ouverte d'emblée que depuis la cinquième génération.

La première distribution par Wi-Fi hors du Japon date du 10 mars 2010 ; la Connexion Wi-Fi Nintendo a fermé le 20 mai 2014. Deux marqueurs anti-triche étaient apparus dès 2007 : la Mémoire Ball, introuvable autrement, et le Ruban Classique, créé pour empêcher le dépôt d'un Pokémon événementiel à la GTS. Les autres Balls, et ce que chacune change à la capture, sont recensées dans le dossier sur les Poké Balls.

2016 : onze fabuleux en onze mois

Pour les vingt ans, un fabuleux a été distribué chaque mois de février à décembre 2016 : Mew, Celebi, Jirachi, Darkrai, Manaphy, Shaymin, Arceus, Victini, Keldeo, Genesect et Meloetta. Ils sont onze, et non douze : Volcanion, souvent ajouté à la liste, relevait de la promotion du dix-neuvième film.

Tous arrivent au niveau 100, en Mémoire Ball. Le mois de distribution est inscrit dans leur identifiant : 02016 pour Mew, 12016 pour Meloetta. Quatre d'entre eux — Mew, Darkrai, Arceus et Genesect — passaient par un code retiré chez Micromania ; les sept autres par connexion Wi-Fi mondiale.

Aujourd'hui : un code à taper, et une échéance

Depuis 2023, l'essentiel se joue au clavier : un code comme GETY0URMEW dans Écarlate et Violet, ou la Baie Pêcha Fabuleuse, offerte par Cadeau Mystère depuis janvier 2024. Pêchaminus ne se croise d'ailleurs nulle part dans la nature : la baie en poche, il faut interagir avec le bibelot poussiéreux de la Boutique Delapêche, à Jaderaude, ce qui lance l'épilogue « La Nuit des Kibi » au terme duquel il se capture, au niveau 88. Magearna, seul fabuleux distribué par code QR, s'obtient toujours : ce code n'expire pas.

Sur Rouge Feu/Vert Feuille, sorti sur Switch le 27 février 2026, le Ticketaurora et le Ticketmystik sont donnés d'office après la première entrée au Panthéon. Une échéance referme pourtant l'autre bout de l'histoire : Banque Pokémon et Poké Transfert ferment le 26 février 2027. Les Pokémon événementiels des générations 5 à 7 restés sur DS et 3DS n'auront alors plus de passerelle vers les jeux actuels.

Les Ultra-Chimères ne sont pas des Pokémon légendaires

Onze espèces composent la famille des Ultra-Chimères, découverte à Alola : sept arrivent avec Pokémon Soleil et Lune, quatre de plus avec Pokémon Ultra-Soleil et Ultra-Lune. Aucune ne figure dans la catégorie des Pokémon légendaires : elles ont la leur. Le code des jeux a tranché deux fois — classées en interne parmi les « sous-légendaires » jusqu'à la neuvième génération, elles forment leur propre groupe depuis Pokémon Écarlate et Violet.

Un total de 570 et des taux de capture qui ne collent pas

Neuf des onze totalisent 570 points de statistiques de base, Mandrillon 540 et Vémini 420, quand les mascottes de boîte tournent à 680 ou 720. Engloutyran, le plus dur à capturer de la famille, s'arrête à un taux de capture de 15 : les valeurs 15 et 25 n'apparaissent chez aucun légendaire ni aucun fabuleux, et aucune Ultra-Chimère n'atteint le 3 des grands légendaires.

Un talent exclusif les réunit : Boost Chimère augmente d'un cran leur statistique la plus haute à chaque Pokémon mis K.O. Les onze le possèdent, aucune n'a de talent caché, et aucun autre Pokémon ne l'a jamais reçu — ni Solgaleo, ni Lunala, ni Necrozma. Toutes leurs statistiques de base sont des nombres premiers, sauf la Vitesse de Mandrillon, qui est le carré d'un nombre premier. Vémini est la seule du groupe à évoluer.

Dix par version, et pas d'exemplaire unique

Soleil et Lune en font capturer dix par version, au fil de cinq missions de police confiées par Cathy et Beladonis ; Ultra-Soleil et Ultra-Lune les rendent ensuite disponibles sans limite dans l'Ultra-Dimension. Mettre K.O. une Ultra-Chimère ne la fait pas disparaître, alors qu'un légendaire de boîte se rate définitivement dans plusieurs jeux. Zéroïd, la première de la famille que le joueur croise, fuit au cinquième tour au Paradis Æther.

L'Ultra Ball, à ne pas confondre avec l'Hyper Ball, a été conçue par la Fondation Æther pour ces créatures : son bonus vaut 5 sur une Ultra-Chimère et 0,1 sur tout le reste. Toutes les autres Balls, Master Ball exceptée, subissent ce même malus : elles reconnaissent mal des créatures venues d'une autre dimension. Le dossier sur les Poké Balls détaille ces multiplicateurs.

Necrozma et les fausses Ultra-Chimères

Les archives du Paradis Æther supposent que Cosmog, Cosmovum, Solgaleo et Lunala en sont, et le Pokédex de Pokémon Soleil en dit autant de Necrozma. L'Ultra Ball ne fonctionne sur aucun d'eux, parce que le jeu ne les considère pas comme tels. Necrozma est classé légendaire, avec un taux de capture de 3 ; seules trois de ses formes portent la mention Ultra-Chimère dans le jeu de cartes, jamais sa forme de base.

L'arme conçue contre elles est, elle, bien légendaire : Type:0 est né d'une expérience de la Fondation Æther visant à créer un Pokémon capable de vaincre les Ultra-Chimères, et Silvallié en garde le taux de capture de 3. Les divinités gardiennes d'Alola, les quatre Toko, occupent la place symétrique : les Ultra-Chimères sont ce contre quoi ces gardiens protègent la région, après les avoir affrontées et repoussées.

La confusion vient du jeu lui-même : le filtre de la GTS les masque avec les légendaires, et Dhilan les appelle « légendaires » dans Les terres enneigées de la Couronne. Le règlement officiel des championnats 2017 et 2018 bannissait pourtant les Pokémon spéciaux et les fabuleux sans exclure les onze. Le dossier des onze Ultra-Chimères passe en revue chaque espèce et son monde d'origine ; leur parenté de conception avec les Pokémon Paradoxes, autre famille asexuée dont douze membres sur vingt-deux totalisent eux aussi 570, a son propre dossier.

Quatre Ultra-Chimères en artwork officiel : Mouscoto le moustique musculeux, Câblifère fait de câbles, Bamboiselle la fusée de bambou et Zéroïd, méduse translucide.
Mouscoto, Câblifère, Bamboiselle et Zéroïd : quatre des onze Ultra-Chimères venues de l'Ultra-Dimension.

Les Pokémon Paradoxes, une rareté d'un tout autre genre

Les Pokémon Paradoxe forment une famille apparue dans la neuvième génération, à Paldea : vingt-deux espèces, onze par version, celles du passé exclusives à Pokémon Écarlate, celles du futur à Pokémon Violet. Elles n'appartiennent pas au temps présent tout en gardant des liens avec des espèces contemporaines, n'ont ni évolution ni pré-évolution, et sont asexuées et incapables de se reproduire. Les vingt-deux partagent la même catégorie de Pokédex, « Pokémon Paradoxe ».

Deux légendaires sur vingt-deux

Le site officiel français tranche : il présente Koraidon comme le Pokémon légendaire d'Écarlate, accorde le même mot à son pendant de Violet, et ne le donne à aucune des vingt autres espèces du groupe. Poképédia range de même exactement deux fiches sur vingt-deux dans la catégorie « Pokémon légendaire ». Être Paradoxe et être légendaire ne s'excluent donc pas : les deux statuts se superposent sur les mascottes, et seulement sur elles.

Les chiffres disent la même chose. Koraidon et Miraidon plafonnent à 670 points de statistiques quand les vingt autres Paradoxe s'arrêtent à 570 ou 590, et leur taux de capture vaut 3, contre 5 à 50 pour le reste du groupe. Ce 3 est la valeur de Mewtwo, des fauves légendaires et des Lames de la Justice. Les deux mascottes disposent en outre d'un talent que personne d'autre ne porte, Pouls Orichalque et Moteur à Hadrons, là où les vingt autres se partagent Paléosynthèse pour le passé et Charge Quantique pour le futur.

Le règlement H de Pokémon Écarlate et Violet confirme la frontière : il interdit à la fois les Pokémon Paradoxe et les Pokémon légendaires, deux catégories nommées séparément et bannies ensemble. Un Paradoxe non légendaire reste un Pokémon ordinaire au regard de la classification, même quand tout son profil biologique dit le contraire.

Des sosies de légendaires qui n'en sont pas

Six Pokémon légendaires ont un sosie Paradoxe : Suicune, Entei et Raikou d'un côté, Viridium, Terrakium et Cobaltium de l'autre. La copie n'hérite pas du statut du modèle. Ire-Foudre, calqué sur Raikou, est le plus grand des vingt-deux avec 5,2 mètres contre 1,9 pour son modèle, sans que cela change son rang. Les deux trios copiés ont leur place dans le dossier des trios et duos légendaires.

La confusion tient à un profil partagé : groupe d'Œuf « Inconnu », stérilité, forme unique, et un total de 570 pour douze d'entre eux. C'est aussi le portrait des Ultra-Chimères, auxquelles Poképédia rattache les Paradoxe par sept parallèles, dont la place dans le scénario et le rattachement à un légendaire-mascotte. Le groupe jumeau est traité dans le dossier sur les Ultra-Chimères.

L'origine ne les rapproche pas davantage du panthéon : ils ont été tirés d'autres époques par une machine temporelle installée au fond de la Zone Zéro, qui carbure à l'énergie Téracristal. Le producteur de cette énergie, lui, est bien un légendaire : Terapagos. Les vingt-deux espèces, leurs modèles et leur arrivée échelonnée entre 2022 et 2023 sont détaillés dans le guide complet des Pokémon Paradoxes.

Quatre Pokémon Paradoxes en artwork officiel : Fort-Ivoire et Hurle-Queue venus du passé, Roue-de-Fer et Têtes-de-Fer venus du futur.
Fort-Ivoire et Hurle-Queue, venus du passé ; Roue-de-Fer et Têtes-de-Fer, venus du futur.

Ce que le statut légendaire vaut en statistiques

Une statistique de base se lit très concrètement : au niveau 100, sans EV ni IV et avec une nature neutre, une statistique vaut exactement 5 plus deux fois la base, et les PV 110 plus deux fois la base. Chaque point de base gagné vaut donc deux points réels en combat. Sur les formes par défaut, les 94 espèces légendaires et fabuleuses affichent un total de statistiques de base moyen de 592, contre 410,9 pour les autres espèces du Pokédex national : l'écart est de 181 points de base.

Deux paliers portent la moitié du groupe

La distribution n'a rien de continu : les totaux se posent sur quelques marches nettes, et 580 et 600 couvrent à eux seuls 49 des 94 espèces, soit un peu plus de la moitié.

Total de base Espèces Exemples
720 1 Arceus
690 1 Éthernatos
680 13 Dialga, Palkia, Giratina, Lugia, Ho-Oh, Rayquaza, Mewtwo…
670 5 Kyogre, Groudon, Regigigas, Koraidon, Miraidon
660 3 Kyurem, Zacian, Zamazenta
600 25 Mew, Celebi, Jirachi, Deoxys, Zygarde, Necrozma…
580 24 Artikodin, Électhor, Sulfura, Raikou, Entei, Suicune, les Regi hors Regigigas…
570 9 divinités gardiennes d'Alola, trésors du fléau, Silvallié
moins de 570 13 Cosmog (200), Meltan (300), Wushours (385), Ogerpon (550)…

Chaque palier a sa logique. Le 580 est celui des légendaires qui arrivent par groupes — oiseaux, fauves, colosses, Gardiens des Lacs, Lames de la Justice, Forces de la Nature à l'exception de Démétéros, resté à 600. Le 600 est le palier historique des fabuleux : Mew porte 100 dans chacune des six statistiques, et ce patron a été repris tel quel par Celebi, Jirachi, Manaphy, Shaymin en Forme Terrestre et Victini.

Le seuil de 570 souvent cité n'est pas un plancher : treize espèces passent en dessous. Cosmog ferme la marche avec 200 points, le total le plus faible du groupe. Plusieurs de ces treize créatures sont des états intermédiaires qu'une évolution, une fusion ou un changement de forme fait remonter beaucoup plus haut.

Les sommets, et ce qui les relativise

Arceus détient le record des formes par défaut avec 720 points, soit 120 dans chacune des six statistiques, et ses dix-huit formes typées conservent exactement ce total. Sur l'ensemble du Pokédex, les moyennes de base sont de 68 en PV, 75 en Attaque, 70 en Défense, 69 en Attaque Spéciale et 66 en Défense Spéciale : il les dépasse toutes de plus de quarante points.

Au-dessus, il n'y a plus que des états temporaires ou conditionnels. Éthernatos Infinimax culmine à 1 125, record absolu de la série, mais c'est une forme de combat que le joueur ne conserve jamais. Le palier des 700 s'obtient par un changement de forme, un objet ou une fusion : Terapagos passe de 450 à 600 puis à 700 selon sa forme, Kyurem monte de 660 à 700 en fusionnant avec Reshiram ou Zekrom, Zacian et Zamazenta franchissent le même seuil en tenant l'Épée ou le Bouclier Rouillé.

Un gros total ne garantit rien. Regigigas atteint 670, le niveau de Kyogre et de Groudon, mais son talent Début Calme divise par deux son Attaque et sa Vitesse pendant ses cinq premiers tours complets. À l'inverse, un total moyen peut cacher un record : Regieleki reste à 580 tout en poussant sa Vitesse de base à 200, la plus haute de toute la série.

Le total ne suffit pas à classer

Le 570 est partagé bien au-delà du panthéon. Toutes les Ultra-Chimères s'y tiennent sauf deux, Vémini à 420 et Mandrillon à 540, et la plupart des Pokémon Paradoxes font de même, une poignée d'entre eux montant à 590. Ni les uns ni les autres ne sont des légendaires, Koraidon et Miraidon exceptés. Onze espèces non légendaires atteignent même 600 : le club des 600, de Dracolosse à Glaivodo, franchit le palier sans jamais recevoir le statut.

Deux régularités s'ajoutent au total, sans jamais valoir preuve d'appartenance. Tous les légendaires suivent la courbe d'expérience lente, celle qui réclame 1 250 000 points pour atteindre le niveau 100 contre 1 000 000 pour la courbe moyenne — mais Magicarpe, Dracolosse et Lokhlass la suivent aussi. Et 68 des 94 espèces donnent 3 points d'effort dans une seule statistique — Mewtwo en Attaque Spéciale, Éthernatos en PV, Regirock en Défense — un rendement que partagent les grosses évolutions ordinaires, Dracolosse et Tyranocif en tête.

Attraper un légendaire sans gâcher sa seule chance

La capture d'un légendaire ne dépend que de quatre paramètres : le taux de capture de l'espèce, la Ball utilisée, les PV restants rapportés aux PV maximum, et le statut. Le niveau, contrairement à l'intuition, n'entre pas dans le calcul. Le bonus de santé passe de 1 à près de 3 quand la cible frôle le K.O. ; le sommeil et le gel valent 2,5, la paralysie, le poison et la brûlure 1,5.

Le niveau agit malgré tout par ricochet, via les PV. Regigigas le montre bien : celui de Pokémon Platine apparaît au niveau 1, si bien qu'un seul PV restant représente encore 7,7 % de sa santé, quand celui de Diamant et Perle descend sous 1 %. Le premier est donc plus difficile à attraper.

La Ball remue autant de fois que de tirages réussis parmi quatre nombres compris entre 0 et 65 535 : les trois secousses ne sont pas une animation, ce sont trois vérifications déjà passées.

Les taux réels et les Balls qui comptent

La plupart des légendaires et des fabuleux ont un taux de capture de 3, le plancher absolu. Quelques espèces échappent à ce plancher : Groudon, Kyogre et Ogerpon sont à 5, les trésors du fléau à 6, Zacian et Zamazenta à 10, Phione, Dialga et Palkia à 30, et Mew, Celebi, Shaymin, Cosmog, Cosmovum, Xerneas, Yveltal, Solgaleo et Lunala à 45.

Rayquaza a changé de barème deux fois : relevé à 45 dans Rubis Oméga et Saphir Alpha pour son rôle dans l'Épisode Delta, il a été ramené à 3 dans Écarlate et Violet. À l'opposé, Éthernatos affiche 255, le maximum du jeu, parce que sa capture est scriptée et ne peut pas échouer.

Or un taux de 3 réclame un coefficient de 255, soit exactement le Bonus Ball de la Master Ball seule : aucune combinaison ordinaire ne l'atteint. L'Hyper Ball vaut 2 sans condition, la Rapide Ball 5 au premier tour, la Chrono Ball 4 dès le onzième, la Sombre Ball 3 en grotte ou de nuit, la Filet Ball 3,5 sur un type Eau ou Insecte.

La Speed Ball, à ne pas confondre avec la Rapide Ball, quadruple le bonus dès que la Vitesse de base atteint 100. Regieleki et ses 200 en Vitesse de base en sont la cible désignée. Le détail modèle par modèle vit dans le dossier consacré aux Poké Balls et à leur fonctionnement.

Un piège reste à écarter : l'Ultra Ball n'est pas l'Hyper Ball. Réservée aux Ultra-Chimères, elle handicape lourdement toute autre capture, et la réciproque vaut aussi : devant une Ultra-Chimère, toutes les Balls s'effondrent, Master Ball exceptée. Les multiplicateurs exacts sont donnés par la section consacrée à cette famille.

Statut, Faux-Chage et soft reset

Entre sommeil et gel, tous deux à 2,5, le sommeil est le seul praticable : Berceuse et Spore visent le statut directement, alors que le gel n'arrive qu'en effet secondaire de capacités offensives. En contrepartie, il ne dure que 1 à 3 tours depuis la cinquième génération.

Faux-Chage laisse toujours 1 PV à sa cible, mais sa limite est rarement rappelée : de type Normal, elle n'a aucun effet sur un légendaire ou un fabuleux de type Spectre. Giratina y est totalement insensible, comme Spectreval, Marshadow ou Hoopa.

Reste le soft reset : sauvegarder juste avant le combat, puis revenir à l'écran-titre sans enregistrer la partie, de sorte que la rencontre se rejoue autant de fois qu'il le faut. Il ne change ni la Ball ni le taux de capture, mais il redistribue la nature et les IV à chaque essai — la section suivante détaille ses limites, à commencer par les verrous chromatiques et par les consoles dépourvues de raccourci.

Secondes chances et faux réflexes

Avant Pokémon Version Platine, un légendaire mis K.O. était perdu pour la partie, et fuir le combat produisait le même résultat ; depuis, la plupart des jeux le font réapparaître une fois le Maître de la Ligue battu. Une exception vaut pour tous les jeux : si c'est l'équipe du joueur qui tombe, le légendaire ne disparaît jamais. Noir 2 et Blanc 2 va plus loin et rend tous ses légendaires réaffrontables à volonté en rebattant la Ligue.

Reste un réflexe à corriger : la Master Ball ne s'achète dans aucun jeu, mais elle n'est pas limitée à un exemplaire par partie — la Loterie ID en fait son gros lot depuis Or et Argent. Elle est en revanche inutile en raid Téracristal, où la capture d'un Pokémon vaincu est garantie quelle que soit la Ball.

Le chromatique verrouillé : pourquoi tant de shiny locks

Ce même reset est la méthode historique de la chasse au chromatique sur les légendaires, que l'aventure ne propose le plus souvent qu'une seule fois. Encore faut-il pouvoir le déclencher : les combinaisons de touches changent avec la console — A + B + Start + Select sur Game Boy, R + L + Select + Start sur Nintendo DS, R + L + Start sur Nintendo 3DS. La Nintendo Switch n'en a aucune : il faut fermer le jeu depuis le menu principal de la console, puis le relancer.

Les Pokémon « non-resetables »

Le verrou chromatique, ou shiny lock, tient au code du jeu : l'espèce est programmée pour ne jamais être rencontrée ainsi durant une partie. Aucun nombre de resets ne la fera apparaître. Sont encore verrouillés Victini, Hoopa, Cosmog, Cosmovum, Magearna, Marshadow, Wushours, Shifours, Zarude, Blizzeval, Spectreval, Sylveroy, Ogerpon, Terapagos et Pêchaminus, les Adoramis — Favianos, Félicanis et Fortusimia — ainsi que six Pokémon Paradoxe, dont Serpente-Eau et Chef-de-Fer.

Le plus ancien représentant est Victini, fabuleux de la cinquième génération, et il ne figure pas non plus parmi les chromatiques distribués en événement : son apparence alternative dort dans les données du jeu sans avoir jamais servi.

Le plus récent est Pêchaminus, le fabuleux qui referme la neuvième génération et s'obtient dans l'épilogue « La Nuit des Kibi ». Il arrive après Terapagos, tapi au fond de l'Abîme Zéro ouvert par Le Disque Indigo : chaque extension a ajouté ses propres verrous.

Le verrou résiste aux secondes chances. Dans Les terres enneigées de la Couronne, Sylveroy se réaffronte en interagissant à nouveau avec lui, mais répéter le combat ne rapproche d'aucune forme chromatique : celle-ci n'existe pas dans le jeu.

Un autre groupe reste verrouillé en jeu alors que sa version chromatique a bel et bien circulé, par distribution seulement : Keldeo, Meloetta, Genesect, Diancie, Zeraora, Zacian, Zamazenta, Éthernatos, Amovénus, Koraidon, Miraidon, les quatre trésors du fléau et les trois oiseaux de Galar. Le chromatique existe alors, mais il ne s'obtient jamais en jouant.

Les Trésors du Fléau ont même servi de vitrine à cette couleur inaccessible. Chongjian a ouvert, du 23 juillet au 3 août 2025, une série de raids événementiels où les quatre s'affichaient chromatiques sans être capturables ; le million de victoires a été atteint à chaque vague, et une distribution a suivi.

Sur une espèce verrouillée, le soft reset garde une utilité : la nature et les IV, eux, sont retirés au sort à chaque rencontre. Un légendaire scénarisé se relance donc jusqu'à la nature voulue, mais sa couleur ne bougera pas.

Là où le verrou ne s'applique pas

Les légendaires rencontrés au fond du Grand Antre Dynamax, à Couronneige, ne sont pas verrouillés. La chance est de 1 sur 300, de 1 sur 100 avec le Charme Chroma, et elle se joue séparément pour chacun des quatre membres du groupe : un même Pokémon peut être chromatique pour l'un et pas pour l'autre, ce qui ne se voit qu'à l'écran de fin. Refuser de le garder permet de le retenter plus tard. Le phénomène géant est détaillé dans le dossier Dynamax et Gigamax.

Les taux réels et les méthodes de chasse sont réunis dans le dossier consacré aux Pokémon chromatiques. Le réflexe préalable reste de vérifier si l'espèce visée est verrouillée, faute de quoi des heures de resets ne mènent nulle part.

Les mythologies réelles derrière chaque panthéon régional

Les rapprochements entre Pokémon légendaires et mythologies réelles circulent depuis les débuts de la série, souvent sans hiérarchie. Trois niveaux de preuve les séparent : ce que les développeurs ont déclaré, ce que le nom officiel contient littéralement, et ce que les encyclopédies proposent. Les sections « Origin » de Bulbapédia disent « may be based on » : des lectures, pas des déclarations officielles.

Ce que les développeurs ont confirmé

Ken Sugimori a expliqué dans Nintendo Dream d'avril 2011 que les Lames de la Justice reprennent les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas : Cobaltium tient le rôle d'Athos, Terrakium celui de Porthos, Viridium celui d'Aramis. C'est le seul groupe de légendaires directement issu d'un roman français.

Keldeo, absent de cette citation, hérite chez Bulbapédia du rôle de d'Artagnan — dernier arrivé, de loin le plus jeune — et d'un second modèle, le kelpie écossais, cheval d'eau surnaturel : on le rencontre à Couronneige, calquée sur l'Écosse.

Un mois plus tard, le même Sugimori raconte que Junichi Masuda avait demandé des Pokémon fondés sur Fūjin et Raijin, les kami japonais du vent et du tonnerre : Boréas et Fulguris. Démétéros, conçu comme un dieu de la terre, a été ajouté tard dans le développement, alors que le groupe devait rester un duo.

Giratina relève du même registre : Masuda et Takeshi Kawachimaru ont déclaré en 2008 que le Pokémon et son Monde Distorsion symbolisent l'antimatière. Son type Spectre figure aussi l'état gazeux de la matière, face à l'Acier de Dialga et à l'Eau de Palkia.

Un nom qu'on croit mythologique peut aussi ne rien devoir à la mythologie. Shigeru Ohmori a expliqué en 2019 que Zacian vient de « the cyan » et Zamazenta de « the magenta » : deux couleurs, pas Excalibur. Le cycle arthurien, lui, ne vient que des commentateurs.

Quand le nom est déjà la preuve

Le cas le plus net pour un lecteur français est celui des trois oiseaux de Kanto : leurs noms français sont mythologiques, les noms anglais ne le sont pas. Julien Bardakoff, traducteur de la première génération, a raconté à Libération avoir glissé un dieu dans chacun. Artikodin combine arctique et Odin : le design de l'oiseau lui rappelait l'armure d'Odin des Chevaliers du Zodiaque. Électhor porte Thor, Sulfura porte Râ, quand Articuno, Zapdos et Moltres se contentent des numéraux espagnols un, deux, trois.

Ho-Oh ne ressemble pas au phénix chinois : il en porte le nom. Son nom japonais Hōō est la lecture japonaise de 鳳凰, le mot qui désigne le fenghuang lui-même. La Cendre Sacrée et son talent caché Régé-Force prolongent le thème de la résurrection.

Chacun des quatre Toko porte en japonais le préfixe kapu, mot hawaïen pour « sacré, interdit », apparenté au polynésien tapu, dont le français a tiré le mot « tabou ». Le cas de Pêchaminus est plus direct encore : son nom japonais Momowarō assemble Momotarō et un adjectif signifiant « mauvais ».

Les rapprochements que proposent les encyclopédies

La majorité des lectures appartient à ce troisième niveau. Poképédia rattache les trésors du fléau aux Quatre Périls de la mythologie chinoise, quatuor opposé aux quatre animaux divins — les mêmes Quatre Symboles qui servent de grille aux formes Totémiques des Forces de la Nature.

Trésor du fléau Péril chinois Objet d'origine Sanctuaire de Paldea
Chongjian Taowu tablettes de bambou Sanctuaire du Bois Mourant
Baojian Qiongqi épée Sanctuaire du Froid Cruel
Dinglu Taotie urne Sanctuaire du Sol Corrompu
Yuyu Hundun magatama Sanctuaire du Feu Ravageur

Groudon et Kyogre sont lus comme Béhémoth et Léviathan, que la tradition hébraïque fait s'entretuer à la fin des temps, Rayquaza tenant le rôle du Ziz : les motifs de leurs membres dessinent un oméga et un alpha, repris par les titres Rubis Oméga et Saphir Alpha. Les Gardiens des Lacs renvoient, eux, aux Trois Trésors sacrés du Japon.

Ces lectures ne disent rien du lore interne du monde Pokémon, qui a ses propres légendes. Le dossier des légendes et mythologies régionales traite cette couche-là, celui des trios et duos légendaires détaille la composition de chaque groupe, et les quatre Ruines d'Alola, du Conflit à l'Au-Delà, sont décrites dans le guide de la région d'Alola.

Deux espèces échappent à l'exercice. Mewtwo et Mew n'ont aucune source mythologique : génétique, embryon de vertébré et « petit gris » de science-fiction. Bardakoff dit avoir demandé si « Mew » venait du miaulement anglais : la réponse fut non. Le panthéon Pokémon n'est pas un catalogue de dieux recopiés : le nom, le design et la localisation y viennent souvent de cultures différentes.

Les quatre divinités gardiennes d'Alola en artwork officiel : Tokorico, Tokotoro, Tokopiyon et Tokopisco, chacune protectrice d'une île.
Les quatre divinités gardiennes d'Alola — Tokorico, Tokotoro, Tokopiyon et Tokopisco — une par île.

Au cinéma, ces créatures mythiques portent presque tous les films

La saga animée compte vingt-trois longs-métrages, et les vingt-trois font figurer au moins un légendaire ou un fabuleux parmi leurs Pokémon principaux. La cause est structurelle : le film sert de vitrine à la génération en cours, et sa vedette sort le plus souvent des jeux du moment. L'ordre s'inverse parfois : le deuxième film paraît au Japon le 17 juillet 1999, quatre mois avant Or et Argent, et sa vedette Lugia a été imaginée pour lui par le scénariste Takeshi Shudo, pas pour une cartouche. Le titre français, lui, ne suit pas toujours : quatorze titres sur vingt-trois nomment la créature, les neuf autres la cachent derrière une formule générique, à l'image de Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi, dont la vedette est Lugia.

Trois films en salles, puis le DVD, la télévision et la VOD

Seuls les films 1, 2 et 3 ont connu une exploitation en salles en France, les 5 avril 2000, 20 décembre 2000 et 13 juin 2001. Le premier film y a réuni 2 224 432 entrées, le deuxième 740 089 spectateurs. À partir du quatrième, la France passe au DVD puis à la télévision et à la VOD, avec un calendrier désordonné : Les Héros Pokémon sort en DVD le 13 juillet 2005, près de deux ans avant les films 4, 6 et 7, tous trois édités le même jour, le 16 mai 2007.

Deux films brouillent ce schéma. Volcanion et la merveille mécanique, diffusé à la télévision française en novembre 2016, n'a été projeté sur des écrans français que les 22 et 23 novembre 2025. À l'inverse, Je te choisis ! a eu son avant-première mondiale en France, le 6 juillet 2017 sur la scène Yuzu de la Japan Expo, neuf jours avant sa sortie japonaise.

Ce que le cinéma s'autorise et que les jeux ne font pas

Plusieurs légendaires vus à l'écran ne sont pas ceux qu'ils paraissent. L'Entei de Pokémon 3 : Le sort des Zarbi est une illusion fabriquée par les Zarbi pour tenir lieu de père à Molly Hale, et le Groudon de Jirachi, le génie des vœux est un spécimen artificiel, recréé par le magicien Butler avec l'énergie de la comète du Millénaire.

Le Mewtwo de Genesect et l'éveil de la légende n'est pas davantage celui du premier film : la voix diffère, et Sacha et lui ne se reconnaissent pas. Le quatorzième, seul de la saga sorti en deux versions, inverse les dragons par rapport aux jeux — version Noir, Victini s'allie à Reshiram ; version Blanc, à Zekrom. Palkia, lui, figure sur l'affiche de Giratina et le Gardien du Ciel sans apparaître dans le film.

Le dix-huitième fait exactement l'inverse : autour de Hoopa et de ses deux formes, Enchaîné et Déchaîné, il réunit quatorze autres légendaires et fabuleux, d'Arceus à Zekrom, dont Groudon et Kyogre en Primo-Résurgence. Le dossier de ce dix-huitième film dit qui apparaît et à quel moment.

Du grand écran à la cartouche

La sortie d'un film est très souvent suivie d'une distribution événementielle de sa vedette, et il arrive que la créature soit introduite au cinéma avant d'exister légalement dans un jeu. Jirachi a ouvert la voie en 2003 au Japon, puis en 2004 en Europe via Pokémon Channel. Le dix-huitième film détient le record, avec huit Pokémon événementiels distribués au Japon pendant ses périodes de réservation et de projection.

La série télévisée, elle aussi, a devancé les jeux. Ho-Oh traverse le ciel à la fin du tout premier épisode, diffusé au Japon le 1er avril 1997 : il était alors entièrement doré et son nom restait inconnu, soit deux ans et sept mois avant la sortie japonaise de Pokémon Or et Argent. Suicune procède de même à l'épisode 117, un mois avant ces mêmes jeux, et c'est en le poursuivant que le Pokégroupe atteint Bourg Geon et entame le périple de Johto.

Le cinéma a servi enfin de vitrine aux groupes constitués : les trois oiseaux légendaires dans le deuxième film, les fauves légendaires dans le treizième, les Lames de la Justice dans le quinzième. Le treizième va plus loin en faisant cohabiter trois trios de fauves différents : les faux fabriqués par les machines de Kodai, ceux issus des illusions de Zoroark, et les vrais fauves, chromatiques. Les hiérarchies internes et la logique de ces trios sont traitées dans le dossier sur les trios et duos légendaires.

Cartes de légendaires : du Set de Base aux records d'enchères

Deux légendaires sur cent deux cartes

Le Set de Base, 102 cartes éditées par Wizards of the Coast et parues en France le 18 novembre 1999, ne compte que deux légendaires : Mewtwo (carte 10) et Électhor (carte 16). Artikodin et Sulfura attendent l'extension Fossile, arrivée en France en novembre 2000 : le trio d'oiseaux de Kanto n'est complet qu'un an plus tard.

La carte Électhor porte une bizarrerie de localisation : les noms de ses deux attaques ont été intervertis en français. Celle qui s'appelle Tonnerre traduit l'anglais « Thunder », qui correspond en réalité à Fatal-Foudre, et la seconde fait l'inverse.

Les quatre premiers films ont distribué des cartes à l'entrée des salles — en France pour les trois premiers, seuls sortis au cinéma —, et les légendaires y occupent la place centrale : le deuxième film offrait au hasard Artikodin, Électhor, Sulfura ou Mew Antique. La carte du premier film nomme Mewtwo Deuxmiaou, traduction quasi littérale de l'anglais qui n'a jamais été le nom français de l'espèce : c'est une erreur corrigée dès les cartes suivantes. Le dossier consacré au premier film retrace cette sortie, arrivée dans les salles françaises le 5 avril 2000.

Mew a droit à plus étrange encore : Mew Antique, dont le texte est entièrement écrit en runes, n'a jamais été éditée en français et reste interdite en tournoi. Elle n'a donc jamais servi à jouer, seulement à collectionner.

Une mécanique réservée aux légendaires

Mewtwo sert de fil rouge aux grandes mécaniques : seul légendaire parmi les huit premiers Pokémon-ex de 2003, il revient à 170 PV en Pokémon-EX en 2012, puis dans Mewtwo et Mew-GX, la carte autour de laquelle Henry Brand a bâti le deck champion du monde 2019. La minuscule et la majuscule ne sont pas un détail typographique : les Pokémon-ex de 2003 et les Pokémon-EX de 2012 sont deux mécaniques distinctes.

Une mécanique leur a même été entièrement réservée : les Pokémon LÉGENDE, neuf cartes en tout parues à partir de 2010, chacune étalée sur deux cartes qu'il faut poser ensemble sur le Banc pour ne former qu'un seul Pokémon. Les trois fauves de Johto y épuisent les trois appariements possibles : Entei & Raikou, Raikou & Suicune, Suicune & Entei. Le dossier sur les trios et duos légendaires détaille ces groupes, des oiseaux aux gardiens d'Alola.

Les Pokémon ☆ obéissaient déjà à cette logique de groupe, en sortant par trios entiers. Les trois premières cartes ☆ parues en français sont trois légendaires : Latias ☆, Latios ☆ et Rayquaza ☆, ensemble dans EX Deoxys le 27 mai 2005. Les trois fauves de Johto ont suivi dans EX Forces Cachées, les trois colosses de Hoenn dans EX Créateurs de légendes.

Les Pokémon ☆, les Pokémon Brillants et les Pokémon Radieux ont un point commun : tous représentent des chromatiques, et tous sont bridés en nombre — un par nom pour les Brillants, un seul Pokémon ☆ dans un deck entier, toutes espèces confondues. Le dossier sur les Pokémon chromatiques revient sur leurs taux d'apparition réels dans les jeux et sur les méthodes de chasse.

Le record de points de vie appartient à Éthernatos : sa carte VMAX affiche 340 PV, le plus haut total jamais imprimé sur une carte de légendaire.

Records d'enchères et garde-fou des tournois

Un Rayquaza ☆ gradé CGC Pristine 10 a été adjugé 1 020 000 $ le 28 août 2026 chez Fanatics Collect : c'est la première carte Pokémon anglophone à franchir le million de dollars, 65 200 $ au-dessus du précédent record, un Dracaufeu du Set de Base 1re édition gradé PSA 10 vendu en février 2026.

La rareté explique l'écart : sur plus de 250 exemplaires de cette carte gradés par CGC, douze seulement atteignent Gem Mint 10 et un seul la note Pristine 10. Le Pristine 10 est un cran au-dessus du Gem Mint 10, ce qui sépare cet exemplaire de tous les autres.

En tournoi, la puissance des légendaires n'est presque jamais réglée par une interdiction : le garde-fou est le compteur de Récompenses. Un Pokémon-ex, -EX, -GX, -V ou -VSTAR mis K.O. donne deux Récompenses sur six à l'adversaire, un VMAX ou une ESCOUADE en donne trois, soit la moitié de la partie d'un seul coup. Un gros total de PV se paie donc au prix fort, et c'est ce barème, plus que les listes de bannissement, qui décide de la place d'un légendaire dans un deck.

Aucune carte n'est bannie du format Standard. Les deux seuls Pokémon proscrits du format Étendu sont d'ailleurs deux petits fabuleux de soutien, Shaymin-EX et Marshadow, pas des colosses à trois cents PV.

Les raretés, les formats de tournoi et la protection des cartes sont traités sur la page consacrée au jeu de cartes Pokémon.

Pourquoi le statut de légendaire fascine autant les dresseurs

Le mot « légendaire » ne désigne pas une ambiance mais une catégorie dont la rareté est inscrite dans les règles du jeu : un légendaire ne se rencontre, au mieux, qu'une seule fois par version, et l'échec s'est longtemps payé par la disparition définitive du spécimen. Les jeux ont adouci la sanction sans jamais toucher à la rareté.

La rareté est une mécanique, pas un décor

Aucun légendaire ne se reproduit ni n'éclôt d'un Œuf dans la série principale, et la grande majorité du groupe est asexuée et incapable d'évoluer : on n'en produit jamais, on en trouve. Douze possèdent un sexe, quatre peuvent évoluer, mais l'exception ne défait pas la règle. Leur total de statistiques de base atteint le plus souvent au moins 570 points, et la compétition officielle les range à part sous le nom de « Pokémon spécial ».

Le taux de capture chiffre ce mur : sur une échelle où 255 rend la prise presque assurée — la valeur d'un Roucool —, Mewtwo plafonne à 3. La Master Ball est la seule réponse que le jeu oppose à cet écart, et la section consacrée à la capture a montré plus haut pourquoi aucune autre Ball n'y suffit. Les modèles et leurs bonus sont recensés dans le dossier consacré aux Poké Balls.

Ce que les sondages officiels ont mesuré

Le vote Pokémon of the Year, organisé avec Google du 5 au 14 février 2020, répartissait les 890 Pokémon alors existants en huit catégories régionales. Rayquaza en est ressorti seul légendaire du top 10 mondial, huitième avec 60 939 voix, et seul légendaire à remporter sa catégorie régionale, avec 343 voix d'avance sur Gardevoir.

Le résultat le plus instructif est ailleurs. Zeraora, fabuleux qu'aucun jeu ne permet de capturer normalement, finit cinquième d'Alola avec 31 691 voix, devant Solgaleo et Lunala, les deux légendaires des jaquettes de la génération. L'inaccessibilité ne pénalise pas la popularité, elle l'alimente.

Un légendaire sur chaque boîte

Depuis 1999, tous les jeux principaux affichent un légendaire ou un fabuleux en couverture, sauf ceux qui débutent à Kanto, où la place revient à un Pokémon de départ ou à un Pokémon partenaire. À partir de la troisième génération, cette mascotte cesse d'être une récompense facultative : il faut la rencontrer pour faire avancer l'intrigue, et les jeux récents imposent de la capturer. Pokémon Écarlate et Violet vont jusqu'à faire de leur mascotte la monture du joueur, comme le raconte plus haut la section consacrée à Paldea.

Le mythe a précédé la mécanique

Mew a été ajouté à Pokémon Rouge et Vert par Shigeki Morimoto après la fin du débogage et sans que Nintendo en soit informé. Le premier fabuleux de la série est un secret glissé dans un jeu déjà bouclé.

Lugia n'a pas davantage été conçu pour un jeu : le concept vient de Takeshi Shudo, scénariste en chef de la série animée, qui l'a imaginé pour le deuxième film sous le nom de travail « Pokémon X ». Il est absent de la démo d'Or et Argent montrée à la Space World de 1997 et n'apparaît que dans celle de 1999. Le film dont il est né est raconté dans le dossier Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi.

Ho-Oh a pris plus d'avance encore sur son jeu, en traversant le ciel dès le premier épisode de la série animée : le Pokédex de Sacha, braqué sur lui, répond qu'il ne dispose d'aucune donnée. Les jeux de la première génération et leurs remakes restent d'ailleurs les seuls dont l'intrigue ne fasse intervenir aucun légendaire : le mythe entre dans les jeux avec Johto.

Tous les légendaires et fabuleux, génération par génération

Le tableau reprend les 71 espèces légendaires et les 23 espèces fabuleuses reconnues à ce jour, dans l'ordre du Pokédex national. La génération se lit sur le numéro national, pas sur la région où l'on rencontre la créature : c'est ce qui range Meltan et Melmetal dans la septième et Amovénus dans la huitième. Le détail des 1 025 espèces, génération par génération, est sur la page tous les Pokémon par génération.

Génération Pokémon légendaires Pokémon fabuleux
1e — Kanto Artikodin, Électhor, Sulfura, Mewtwo (4) Mew (1)
2e — Johto Raikou, Entei, Suicune, Lugia, Ho-Oh (5) Celebi (1)
3e — Hoenn Regirock, Regice, Registeel, Latias, Latios, Kyogre, Groudon, Rayquaza (8) Jirachi, Deoxys (2)
4e — Sinnoh Créhelf, Créfollet, Créfadet, Dialga, Palkia, Heatran, Regigigas, Giratina, Cresselia (9) Phione, Manaphy, Darkrai, Shaymin, Arceus (5)
5e — Unys Cobaltium, Terrakium, Viridium, Boréas, Fulguris, Reshiram, Zekrom, Démétéros, Kyurem (9) Victini, Keldeo, Meloetta, Genesect (4)
6e — Kalos Xerneas, Yveltal, Zygarde (3) Diancie, Hoopa, Volcanion (3)
7e — Alola
Meltan et Melmetal sont arrivés par Pokémon GO, hors Pokédex d'Alola
Type:0, Silvallié, Tokorico, Tokopiyon, Tokotoro, Tokopisco, Cosmog, Cosmovum, Solgaleo, Lunala, Necrozma (11) Magearna, Marshadow, Zeraora, Meltan, Melmetal (5)
8e — Galar et Hisui
Amovénus vient de Hisui, les dix autres de Galar
Zacian, Zamazenta, Éthernatos, Wushours, Shifours, Regieleki, Regidrago, Blizzeval, Spectreval, Sylveroy, Amovénus (11) Zarude (1)
9e — Paldea Chongjian, Baojian, Dinglu, Yuyu, Koraidon, Miraidon, Félicanis, Fortusimia, Favianos, Ogerpon, Terapagos (11) Pêchaminus (1)
Total 71 espèces légendaires 23 espèces fabuleuses

En résumé

Des trois oiseaux de Kanto aux Trésors du Fléau de Paldea, la série a construit en trente ans un panthéon de 94 espèces qui suit une règle simple : plus la créature est puissante, moins elle est disponible. Le légendaire se mérite dans le jeu, le fabuleux dépend d'un calendrier, et les deux catégories ne se recoupent jamais.

Retenir le couple Mewtwo et Mew, c'est déjà tenir la nuance. Le reste est affaire de région : chaque nouvelle génération a inventé sa propre cosmogonie, et c'est cette accumulation de mythes locaux, plus que les statistiques, qui explique l'attachement durable des joueurs à ces créatures.


Les créatures légendaires dans la boutique

La collection Pokémon Légendaires et Mythiques rassemble 34 articles consacrés à ces créatures. Les rayons les mieux fournis y sont les peluches et les veilleuses, six de chaque, devant les pulls et les portefeuilles.

Mewtwo et Mew disposent chacun de leur propre rayon, ce qu'aucun autre légendaire n'a : la collection Mewtwo et la collection Mew couvrent une quinzaine d'objets chacune, du vêtement à l'accessoire de bureau. Rayquaza vient ensuite, avec notamment une peluche de 75 centimètres et une version chromatique.

Le reste du panthéon est plus inégalement servi : Giratina, Lugia, Ho-Oh, Entei, Suicune, Kyogre, Jirachi et Shaymin ont chacun un ou deux articles, et beaucoup de légendaires n'en ont aucun. Le rayon posters et le rayon lampes et veilleuses sont les deux endroits où les chercher en priorité.

Voir la collection Légendaires


Explorer l'univers Pokémon

Cette page fait partie d'une série de guides qui couvrent l'ensemble de l'univers Pokémon :


Questions fréquentes sur les légendaires et les fabuleux

Quelle est la différence entre un Pokémon légendaire et un Pokémon fabuleux ?

Un Pokémon fabuleux (幻のポケモン, littéralement « Pokémon illusoire ») s'obtient par un moyen spécial, le plus souvent une distribution événementielle ; il n'est exigé ni pour compléter le Pokédex National ni pour obtenir le Charme Chroma, et un ruban l'empêche en général d'être échangé à la GTS. Le légendaire, lui, ne répond à aucun critère mécanique : aucune règle explicite ne le définit, seules les déclarations des jeux et des médias officiels tranchent. Les deux groupes ont toujours été distincts en japonais, mais avant la cinquième génération les versions occidentales rangeaient les fabuleux parmi les légendaires.

Combien y a-t-il de Pokémon légendaires et fabuleux au total ?

Le décompte par espèces donne 71 Pokémon légendaires et 23 Pokémon fabuleux, soit 94 espèces sur les 1 025 sorties à ce jour, c'est-à-dire 9,2 % du Pokédex National. Les formes ne comptent pas : Artikodin de Galar, Kyurem Noir ou Sylveroy le Cavalier du Froid sont des formes régionales ou de fusion, pas des espèces supplémentaires. La septième génération est de loin la plus généreuse avec 16 nouvelles espèces sur 88, la première la plus avare avec 5 sur 151.

Quel est le Pokémon légendaire le plus puissant en statistiques ?

Le record absolu appartient à Éthernatos sous sa forme Infinimax, avec 1 125 points de statistiques de base, mais c'est une forme de combat scénarisée que le joueur ne contrôle jamais. Parmi les formes conservables, le sommet est Arceus à 720, réparti en 120 dans chacune des six statistiques, devant Éthernatos à 690 et treize espèces à 680 comme Mewtwo, Lugia ou Rayquaza. Trois Méga-Évolutions atteignent 780 : Méga-Mewtwo X, Méga-Mewtwo Y et Méga-Rayquaza. À titre de comparaison, la moyenne de l'ensemble des espèces mesurables est de 427,5.

Les Ultra-Chimères sont-elles des Pokémon légendaires ?

Non. Les onze Ultra-Chimères forment une famille distincte venue de l'Ultra-Dimension ; le code des jeux les classait en catégorie « sublegendary » jusqu'à Pokémon Écarlate et Violet, qui en a fait un groupe autonome. Leur total de statistiques de 570 reste sous la barre habituelle des légendaires, et chacune de leurs statistiques est un nombre premier, à la seule exception de la Vitesse de Mandrillon. Elles ont aussi leur propre règle de capture : l'Ultra Ball leur applique un Bonus Ball de 5, quand presque toutes les autres Balls tombent à 0,1 sur elles.

Koraidon et Miraidon sont-ils des légendaires ou des Pokémon Paradoxe ?

Les deux à la fois, et ce sont les seuls dans ce cas : leur catégorie de Pokédex est « Pokémon Paradoxe » et le site officiel les qualifie de légendaires, avec un total de statistiques de 670. Les 21 autres Pokémon Paradoxe, répartis en onze du passé exclusifs à Écarlate et onze du futur exclusifs à Violet, ne sont pas des légendaires. Ils n'ont ni évolution ni pré-évolution et ne sont pas les ancêtres ou les descendants des espèces qu'ils imitent, mais des créatures d'espèce entièrement différente.

Comment obtenir Arceus dans les jeux Pokémon ?

Dans Diamant et Perle, Arceus n'était pas obtenable légalement : atteindre la Salle Originelle exige la Flûte Azur, jamais distribuée en quatrième génération, et un Arceus récupéré ainsi est refusé par le Poké Transfert. La voie normale est aujourd'hui Légendes Pokémon : Arceus, où il s'affronte au niveau 75 aux Colonnes Lances une fois tous les Pokémon de Hisui capturés. Ce même jeu débloque ensuite la Flûte Azur dans Diamant Étincelant et Perle Scintillante par le bonus de sauvegarde. Arceus est d'ailleurs classé fabuleux et non légendaire : le site officiel anglais a corrigé son étiquette le 28 septembre 2021.

Peut-on faire se reproduire un Pokémon légendaire ?

Non : les légendaires et les fabuleux appartiennent au groupe d'Œuf Inconnu, qui ne peut se reproduire ni avec lui-même ni avec Métamorph. Douze légendaires ont pourtant un sexe, dont Latias, Latios, Heatran, Cresselia, Wushours et Shifours, mais avoir un sexe ne rend pas fertile. La seule exception est Manaphy : placé à la Pension avec un Métamorph, il produit un Œuf de Phione, jamais un Œuf de Manaphy. Phione n'est pas pour autant une pré-évolution, puisqu'il n'évolue jamais en Manaphy et que ses propres Œufs ne donnent que des Phione.

Comment obtenir un Pokémon fabuleux aujourd'hui ?

Trois voies coexistent : la distribution par Cadeau Mystère, souvent au moyen d'un code à saisir ; l'intégration au jeu lui-même, comme Keldeo dans le contenu additionnel d'Épée et Bouclier ou Meloetta dans le Terra-Dôme d'Écarlate et Violet ; et Pokémon GO, qui propose depuis 2018 la plupart des fabuleux en études spéciales ou en raids 5 étoiles, sans date limite. Pêchaminus illustre bien le mélange des deux premières : la Baie Pêcha Fabuleuse est distribuée par Cadeau Mystère depuis le 11 janvier 2024, puis il faut interagir avec le bibelot de la Boutique Delapêche à Jaderaude pour le déclencher. Quelques espèces, comme Genesect ou Zarude, restent tributaires d'une distribution.

Peut-on avoir un Pokémon légendaire chromatique (shiny) ?

Cela dépend de l'espèce, car beaucoup sont protégées par un verrou chromatique, une programmation qui interdit la forme chromatique pendant toute la partie. Victini, Hoopa, Cosmog, Magearna, Marshadow, Wushours, Zarude, Sylveroy, Ogerpon, Terapagos et Pêchaminus en font partie : réinitialiser le jeu ne les rendra jamais chromatiques, même si l'opération reste utile pour obtenir une meilleure nature et de meilleurs IV. Zacian, Zamazenta, Éthernatos, Koraidon, Miraidon, Keldeo, Meloetta, Genesect et Diancie sont verrouillés en jeu, mais leur version chromatique a été distribuée lors d'événements.

Que se passe-t-il si on met un légendaire K.O. sans le capturer ?

Dans la grande majorité des cas il est perdu pour la sauvegarde : un légendaire mis K.O., ou un combat fui, ne se représente plus. La situation inverse est en revanche sans danger et vaut pour tous les jeux : si c'est l'équipe du joueur qui tombe, le légendaire ne disparaît pas et se réaffronte en retournant sur place. Les jeux récents ont multiplié les secondes chances : Noir 2 et Blanc 2 font réapparaître tous les légendaires autant de fois que souhaité en rebattant la Ligue, et dans Écarlate et Violet Koraidon, Miraidon et les trésors du fléau reviennent après une attente de 10 à 60 minutes suivie d'un redémarrage de la console.

Pourquoi Mew est-il fabuleux alors que Mewtwo est légendaire ?

Parce que Mew n'a jamais été prévu pour être rencontré : le programmeur Shigeki Morimoto l'a glissé en 151e position à la toute fin du développement, dans environ 300 octets récupérés, et son existence devait rester ignorée du public. Il est sorti par un concours du magazine CoroCoro au printemps 1996, qui a réuni 78 000 inscrits pour vingt gagnants. Mewtwo, lui, attend au niveau 70 dans la Caverne Azurée, ouverte à tout joueur ayant terminé la Ligue, avec un taux de capture de 3 contre 45 pour Mew. Cette opposition entre créature distribuée et créature capturable est précisément ce qui sépare les deux catégories.

Peut-on utiliser un Pokémon légendaire en tournoi officiel ?

Les légendaires les plus puissants sont classés « Pokémon spécial », terme officiel depuis la septième génération, et un quota par équipe décide de leur présence en VGC : zéro sous le Règlement D en 2023, un sous le Règlement G en 2024, deux sous le Règlement I en 2025. Bulbapedia recense 27 espèces dans cette liste restreinte, de Mewtwo à Terapagos. Les fabuleux, eux, sont bannis de toutes les compétitions officielles ; la seule brèche connue est le Règlement J, appliqué aux combats classés en ligne d'Écarlate et Violet du 1er septembre 2025 au 4 janvier 2026, qui les a autorisés pour la première fois.