Affiche de Pokémon : Genesect et l'éveil de la légende

Pokémon, le film : Genesect et l'éveil de la légende : la première Méga-Évolution au cinéma

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Le film qui a montré une Méga-Évolution avant que le mot existe, trois mois avant la sortie de X et Y. Sorti dans les salles japonaises le 13 juillet 2013, Pokémon, le film : Genesect et l'éveil de la légende referme le cycle Noir et Blanc et ramène Mewtwo à l'affiche quinze ans après le tout premier long métrage. Mais ce n'est pas le même Mewtwo, et la transformation spectaculaire qu'il subit à l'écran n'y porte jamais de nom. En France, le film est arrivé sur Gulli en octobre 2013.

Sommaire


Juillet 2013 : la dernière séance du cycle Unys

Le 13 juillet 2013, Toho met à l'affiche le seizième long métrage de la saga, troisième et dernier volet du cycle Noir et Blanc. On retrouve l'équipe habituelle : Kunihiko Yuyama à la réalisation, Hideki Sonoda au scénario, Shinji Miyazaki à la musique, le studio OLM et sa branche OLM Digital à la production. Notre panorama des vingt-trois longs métrages le situe exactement à la charnière entre deux générations.

Le titre japonais, 神速のゲノセクト ミュウツー覚醒, annonce clairement le programme : « Genesect Vitesse Extrême, l'éveil de Mewtwo ». Deux vedettes, donc, et deux sujets — des créatures fabriquées par l'homme d'un côté, une créature fabriquée par l'homme de l'autre. Le film assume ce parallélisme du début à la fin, ce qui en fait le plus thématiquement construit des trois films d'Unys.

La séance japonaise ne se limitait pas au long métrage. Elle était complétée par un court métrage, Pokémon : Évoli & ses amis, et précédée deux jours plus tôt à la télévision par un épisode spécial servant de prologue. Ces compléments ne comptent pas parmi les vingt-trois films de la saga, mais l'un d'eux est ici indispensable pour comprendre ce que le film montre réellement.


L'histoire, sans en dire trop

Tout commence dans un laboratoire de la Team Plasma, d'où cinq Genesect s'échappent, dont un individu chromatique qui leur sert de chef. Ils partent à la recherche du lieu où ils vivaient, un habitat disparu depuis très longtemps. Sur leur route, Mewtwo détecte une avalanche qui va leur tomber dessus et les sauve — un geste que le chef du groupe refuse net.

Pendant ce temps, Sacha, Iris et Rachid arrivent dans une mégalopole et découvrent une immense résidence pour Pokémon aménagée en plein centre-ville, dont s'occupe un responsable nommé Éric. Sacha y fait la connaissance de l'un des Genesect, capable de parler le langage humain, et le courant passe immédiatement entre eux. Mewtwo, perché en haut d'un immeuble, les observe.

L'équilibre bascule quand le chef des Genesect ordonne d'attaquer. Mewtwo s'interpose pour protéger le groupe, et notamment Pikachu et la Coupenotte d'Iris, qui ne quittent jamais leurs dresseurs. Sa thèse est simple et donne au film son sujet : les Pokémon créés en laboratoire ne sont pas nés pour détruire, ils croient seulement que le monde entier est leur ennemi.

Reste à trouver un moyen de rendre aux Genesect ce qu'ils cherchent. L'Infirmière Joëlle évoque une fleur aquatique, l'Oltasse, qui poussait dans leur habitat d'origine et n'existe plus à l'état sauvage. La suite est une double course : ramener une plante disparue, et convaincre un chef qui ne veut rien entendre. La façon dont Mewtwo s'y prend se découvre à l'écran.


Genesect, un fossile transformé en arme

Genesect porte le numéro 649 du Pokédex national, ferme la cinquième génération, et sa catégorie officielle est Pokémon Paléozoïque. De type Insecte et Acier, c'est une créature ressuscitée à partir d'un fossile vieux de trois cents millions d'années, puis modifiée par la Team Plasma qui lui a greffé un canon sur le dos. Notre guide des Pokémon fossiles replace cette lignée parmi les autres résurrections de la série.

Sa mécanique de jeu tient dans un objet : selon le module qu'il porte, le type de son attaque signature Techno-Buster change. Le film exploite directement cette idée en donnant des modules différents aux membres du groupe, ce qui permet de les distinguer à l'écran sans jamais avoir à les nommer. Le chef, lui, est un individu chromatique, de couleur rouge, nettement plus rapide que les autres.

Le fond du personnage est plus intéressant que sa fiche technique. Ces Genesect ne sont ni des monstres ni des victimes passives : ce sont des exilés qui cherchent une maison qui n'existe plus. Le film leur donne une mémoire — celle d'un habitat préhistorique — et une colère qui en découle logiquement. C'est probablement le motif le plus adulte du cycle Unys, et il explique le ton nettement sombre relevé par une partie de la critique à la sortie.

Genesect en vol dans Genesect et l'Éveil de la Légende
Genesect est un fossile ranimé puis équipé comme une arme.

Attention : ce n'est pas le Mewtwo de 1998

C'est le piège le plus répandu au sujet de ce film, et il vaut la peine d'être dissipé tout de suite. Le Mewtwo qui apparaît ici n'est pas celui du premier long métrage ni celui de sa suite télévisée, Le retour de Mewtwo. Il s'agit d'un autre individu de la même espèce, avec son propre passé et sa propre voix.

Deux indices le confirment à l'écran. Mewtwo et Sacha ne se reconnaissent pas, alors qu'ils se sont longuement affrontés dans le film de 1998 ; et le doublage change, la créature étant ici interprétée par une comédienne, en japonais comme en français, où c'est Manuela Servais qui lui prête sa voix. Le film prend d'ailleurs soin de lui offrir son propre flash-back de laboratoire, distinct de celui du premier opus.

La confusion vient de la promotion elle-même : ramener Mewtwo à l'affiche quinze ans après le film fondateur était un argument commercial trop beau pour être nuancé. Pour revoir ce que la créature représentait à l'origine, notre guide des légendaires et fabuleux revient sur sa place dans la première génération.

Mewtwo dans un flashback de Genesect et l'Éveil de la Légende
Ce Mewtwo n'est pas celui de 1998 : le film en présente un autre, sans lien avec le premier.

La première Méga-Évolution montrée au cinéma — sans son nom

C'est le fait le plus remarquable du film, et il tient à un calendrier serré. Ce seizième long métrage est le premier de la saga à montrer une Méga-Évolution à l'écran, en l'occurrence celle de Mewtwo en Méga-Mewtwo Y. Or le film sort le 13 juillet 2013, alors que Pokémon X et Y, qui introduisent officiellement le mécanisme, ne paraissent que le 12 octobre 2013.

D'où une particularité savoureuse : le procédé n'est jamais nommé dans le film. Il n'y a ni Méga-Gemme, ni Gemme Sésame, ni dresseur pour déclencher quoi que ce soit ; la transformation est simplement présentée comme une nouvelle forme de Mewtwo, qui augmente considérablement sa vitesse et sa puissance. Le film appartient encore à la période Unys, et la Méga-Évolution n'avait pas été dévoilée au public à ce moment-là.

Le tout premier plan de Méga-Évolution de la franchise n'est même pas dans le long métrage. Il se trouve dans l'épisode spécial Mewtwo - prélude à l'éveil, diffusé au Japon le 11 juillet 2013, deux jours avant le film, et qui n'a été montré en France que le 1er mai 2014. Le mécanisme n'est réellement présenté et nommé dans la série qu'à partir des épisodes du cycle suivant, comme le détaille notre guide des Méga-Évolutions.

Une nuance mérite d'être posée, parce qu'elle contredit une idée reçue : l'avance du cinéma sur les jeux n'a joué qu'au Japon. En France, le film est passé sur Gulli le 22 octobre 2013, soit dix jours après la sortie de X et Y. Le public français a donc découvert Méga-Mewtwo Y dans le film alors qu'il pouvait déjà faire méga-évoluer ses propres Pokémon.

Méga-Mewtwo Y dans Genesect et l'Éveil de la Légende
La première Méga-Évolution montrée au cinéma — le film se garde de lui donner son nom.

Qui accompagne Sacha, et qui peuple la ville

Sacha voyage avec Iris et Rachid, comme dans les deux films précédents du cycle : le trio reste inchangé du quatorzième au seizième long métrage. Son Moustillon et son Pikachu tiennent les rôles les plus visibles, tandis que la Coupenotte d'Iris se retrouve au cœur de la scène qui déclenche l'intervention de Mewtwo. Le parcours complet du dresseur est retracé dans notre dossier consacré à Sacha.

Le casting humain est volontairement réduit. Éric, le responsable de la résidence pour Pokémon, est le seul personnage adulte réellement développé, entouré de l'Infirmière Joëlle et d'une famille de passage — deux enfants, Élianne et Grey, et leur mère. Jessie et James apparaissent, mais la Team Rocket ne pèse rien sur l'intrigue, un choix que certains critiques ont d'ailleurs relevé comme un poids mort.

Le générique de fin, en revanche, déroule une parade complète de la région d'Unys. On y croise Bianca, Tcheren, N, les Champions d'Arène de la région ainsi que Goyah et Cynthia — une manière de saluer un cycle qui s'achève, exactement comme le treizième film l'avait fait pour Sinnoh. Le décor, lui, reste une mégalopole contemporaine, sans château ni ruines, ce qui tranche avec le reste de la saga.

Sacha et son Pikachu dans Genesect et l'Éveil de la Légende
Sacha et Pikachu au seuil de la grande ville où tout le film se joue.

Musique, doublage et compléments de séance

Shinji Miyazaki signe une nouvelle fois la partition, sur un registre plus urbain et plus métallique que d'habitude, en accord avec un film qui se déroule presque entièrement entre béton et centrale électrique. Les génériques français s'intitulent Juste toi et moi pour l'ouverture et On rentre chez nous pour la fin — un titre qui résume l'intrigue mieux que ne le fait l'affiche.

La version française a été réalisée en Belgique, comme l'ensemble des films de cette période. Aurélien Ringelheim y double Sacha, Béatrice Wegnez Iris et Maxime Donnay Rachid, tandis que Manuela Servais interprète Mewtwo, Philippe Résimont le Genesect rouge et Elsa Poisot le Genesect au module Aqua. Nicolas Matthys prête sa voix à Éric.

Reste la question des compléments de séance, souvent source de confusion dans les filmographies. Ni Pokémon : Évoli & ses amis, projeté avec le film au Japon, ni Mewtwo - prélude à l'éveil, diffusé à la télévision, ne comptent parmi les vingt-trois films de la saga. Le second est pourtant le seul endroit où l'on voit la toute première Méga-Évolution de la franchise, ce qui en fait un complément particulièrement recommandable.

🎁 Genesect, Mewtwo et les créatures de la cinquième génération sont bien représentés dans notre rayon de goodies Pokémon, des mugs aux porte-clés.


La sortie française : télévision, site officiel, puis DVD

Comme la quasi-totalité de la saga, ce seizième film n'a jamais été exploité dans les salles françaises : seuls les trois premiers longs métrages y ont connu une véritable exploitation, entre avril 2000 et juin 2001, et la franchise n'est repassée sur les écrans que deux fois depuis — Je te choisis ! du 5 au 17 novembre 2017, puis Volcanion et la merveille mécanique les 22 et 23 novembre 2025. La règle, depuis, est invariable — télévision d'abord, vidéo ensuite.

La première diffusion française a eu lieu le 22 octobre 2013 sur Gulli, trois mois après la sortie japonaise, ce qui constitue un délai remarquablement court pour l'époque. Le film a ensuite bénéficié d'une mise en ligne temporaire sur le site officiel Pokémon, du 5 au 15 décembre 2013 — un mode de diffusion encore inhabituel à ce moment-là, et qui préfigure l'arrivée ultérieure de la saga sur les plateformes.

Le DVD français, lui, s'est fait attendre : il n'est arrivé que le 20 août 2014, accompagné d'une carte promotionnelle Genesect du jeu de cartes à collectionner. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le film avait été diffusé un peu plus tôt, le 19 octobre 2013, respectivement sur Cartoon Network et sur CITV.


Accueil, projections caritatives et fin de cycle

Commercialement, le film a réalisé un démarrage solide au Japon, en deuxième position du box-office pour son premier week-end, avant de totaliser 3,17 milliards de yens de recette brute dans les salles japonaises. Hors du Japon, le seul apport documenté est la Corée du Sud, avec 1 386 840 dollars. Il s'est classé huitième film japonais de l'année et onzième tous films confondus — un rang honorable, mais sensiblement en retrait par rapport au double film de 2011.

La critique s'est montrée divisée. Anime News Network a salué un long métrage étonnamment sombre pour une franchise destinée aux enfants, en louant l'animation et la richesse des décors, tout en jugeant Sacha et ses amis assez accessoires dans leur propre film. D'autres commentateurs, plus tard, ont été nettement plus sévères sur la façon dont le personnage de Mewtwo est traité.

Le film a aussi eu une vie hors des salles. D'octobre à décembre 2013, il a été projeté gratuitement dans plusieurs établissements scolaires de la région du Tōhoku, dans le cadre du programme Pokémon with You mis en place après la catastrophe de 2011 — comme l'avait été le film précédent quelques mois plus tôt.

Enfin, il referme une page. C'est le dernier long métrage du cycle Noir et Blanc, et le dernier avant le basculement de la série vers Kalos et la sixième génération ; le film suivant appartiendra déjà à un autre univers. Vu aujourd'hui, il occupe une position singulière : trop tardif pour être vraiment un film d'Unys, trop tôt pour appartenir à l'ère des Méga-Évolutions qu'il est pourtant le premier à montrer, comme le retrace notre dossier sur les générations Pokémon.


Genesect et l'éveil de la légende en un coup d'œil

Élément Détail
Numéro dans la saga Seizième film, troisième et dernier du cycle Noir et Blanc
Titre français exact Pokémon, le film : Genesect et l'éveil de la légende
Titre japonais 神速のゲノセクト ミュウツー覚醒, soit « Genesect Vitesse Extrême, l'éveil de Mewtwo »
Sortie japonaise 13 juillet 2013, en salles, distribué par Toho
Sortie française Aucune sortie en salles : Gulli le 22 octobre 2013
Diffusion en ligne Site officiel Pokémon, du 5 au 15 décembre 2013
DVD français 20 août 2014, avec une carte promotionnelle Genesect
Diffusion anglophone Cartoon Network aux États-Unis et CITV au Royaume-Uni, le 19 octobre 2013
Réalisateur Kunihiko Yuyama, sur un scénario de Hideki Sonoda
Studio et musique OLM et OLM Digital, musique de Shinji Miyazaki
Pokémon vedettes Cinq Genesect, dont un chromatique, et Mewtwo
Compagnons de Sacha Iris et Rachid
Première de la saga Premier long métrage Pokémon à montrer une Méga-Évolution, celle de Mewtwo en forme Y
Prologue télévisé Mewtwo - prélude à l'éveil, diffusé au Japon le 11 juillet 2013 et en France le 1er mai 2014
Box-office 3,17 milliards de yens de recette brute au Japon, plus 1 386 840 dollars en Corée du Sud ; huitième film japonais de l'année, onzième tous films confondus

Questions fréquentes

  • Quel est le titre français exact du seizième film Pokémon ?
    Le titre français est Pokémon, le film : Genesect et l'éveil de la légende. Le titre japonais, 神速のゲノセクト ミュウツー覚醒, signifie plutôt « Genesect Vitesse Extrême, l'éveil de Mewtwo ». Le film est sorti au Japon le 13 juillet 2013.
  • Le Mewtwo de ce film est-il celui du premier film Pokémon ?
    Non. C'est un autre individu de la même espèce. Mewtwo et Sacha ne se reconnaissent pas, alors qu'ils se sont affrontés dans le long métrage de 1998, et la créature n'a pas la même voix. Le film lui donne son propre passé de laboratoire.
  • Ce film est-il vraiment le premier à montrer une Méga-Évolution ?
    Oui, pour les longs métrages : c'est le premier film Pokémon où l'on voit une Méga-Évolution, celle de Mewtwo en Méga-Mewtwo Y. Le tout premier plan de la franchise se trouve toutefois dans l'épisode spécial Mewtwo - prélude à l'éveil, diffusé au Japon deux jours plus tôt, le 11 juillet 2013.
  • Pourquoi la Méga-Évolution n'est-elle jamais nommée dans le film ?
    Parce que le mécanisme n'avait pas encore été dévoilé au public. Le film est sorti le 13 juillet 2013, alors que Pokémon X et Y, qui introduisent la Méga-Évolution, ne sont parus que le 12 octobre 2013. La transformation est donc présentée à l'écran comme une simple nouvelle forme de Mewtwo, sans Méga-Gemme ni dresseur.
  • Le film est-il sorti au cinéma en France ?
    Non. Il a été diffusé pour la première fois en France le 22 octobre 2013 sur Gulli, puis mis en ligne sur le site officiel Pokémon du 5 au 15 décembre 2013, avant une sortie en DVD le 20 août 2014.
  • D'où viennent les Genesect du film ?
    Ce sont des Pokémon ressuscités à partir de fossiles vieux de trois cents millions d'années, puis modifiés par la Team Plasma dans un laboratoire dont ils s'échappent au début du film. Ils partent à la recherche de leur habitat d'origine, qui n'existe plus.
  • Qui accompagne Sacha dans ce film ?
    Iris et Rachid, ses compagnons de toute la période Unys, présents dans les trois films du cycle. Jessie et James apparaissent également, mais la Team Rocket ne joue aucun rôle réel dans l'intrigue.

En résumé

Pokémon, le film : Genesect et l'éveil de la légende ferme le cycle Unys sur son sujet le plus adulte : des créatures fabriquées par l'homme qui cherchent une maison disparue, et une autre créature fabriquée par l'homme qui tente de leur expliquer que le monde n'est pas leur ennemi.

C'est aussi une pièce à part dans l'histoire de la franchise, puisqu'il montre une Méga-Évolution trois mois avant que les jeux ne lui donnent un nom. Pour replacer ce seizième opus au milieu des vingt-deux autres, notre guide complet des films Pokémon remet chaque sortie japonaise et chaque arrivée française dans le bon ordre.

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