Pichu, Mélo, Toudoudou et Élekid, quatre Pokémon bébés

Les Pokémon bébés et les pré-évolutions : Pichu, Togepi, Élekid et les autres

2471 mots | Temps de lecture : 12 minute(s)

Pichu n'a jamais existé dans Pokémon Rouge et Bleu. Il est né trois ans plus tard, avec les Œufs et la Pension, quand la série a décidé que ses créatures pouvaient avoir une enfance. Dix-neuf Pokémon bébés existent aujourd'hui, de Pichu à Toxizap, chacun avec sa condition d'obtention et sa manière bien à lui de grandir.

Sommaire


Qu'est-ce qu'un Pokémon bébé, exactement ?

Le terme n'a rien d'affectif : un Pokémon bébé est un stade situé avant le premier stade d'une famille existante, apparu après elle. Son signe distinctif est net et sans exception — il est incapable de se reproduire.

Techniquement, tous appartiennent au groupe d'Œuf « Inconnu », ce qui les exclut de la Pension. C'est ce détail, et non leur bouille attendrissante, qui les sépare d'un simple premier stade comme Bulbizarre.

Peluche Pokémon - Togepi
Peluche Pokémon - Togepi
Peluche Pokémon - Togepi

Ils sont apparus en même temps que la reproduction, à la deuxième génération. Avant Or et Argent, personne ne savait d'où venaient les Pokémon ; les Œufs ont créé le besoin d'un stade encore plus jeune, et la série ne l'a plus jamais abandonné.

Un dernier point sépare les deux notions : un bébé n'ouvre presque jamais une famille inédite. Il est ajouté après coup, à une lignée qui existait déjà : trois seulement sont arrivés en même temps que leur évolution, Togepi, Riolu et Toxizap.


La fournée fondatrice : huit bébés en 1999

La deuxième génération en introduit huit d'un coup : Pichu, Mélo, Toudoudou, Togepi, Debugant, Lippouti, Élekid et Magby.

Tous complètent des familles de Kanto restées orphelines de jeunesse. Pichu précède Pikachu, Élekid précède Élektek, Magby précède Magmar, et Lippouti précède Lippoutou.

Togepi fait exception : il arrive en même temps que son évolution, Togetic. Cette famille est née complète, ce qui n'arrivera plus que deux fois dans toute la série, avec Riolu et Toxizap.

Le cas le plus curieux reste Debugant, seul bébé à disposer de trois évolutions possibles : Kicklee, Tygnon ou Kapoera, selon que son Attaque dépasse sa Défense, l'inverse, ou qu'elles soient à égalité.

Ces huit premiers venus partagent une autre particularité : aucun ne réclame le moindre objet. Il suffit de faire se reproduire deux membres de la famille pour que l'Œuf donne le bébé, une simplicité que les générations suivantes n'ont pas reprise.


Hoenn puis Sinnoh : dix bébés de plus

La troisième génération n'en ajoute que deux, mais ils marquent les esprits : Azurill, qui précède Marill, et Okéoké, la version miniature de Qulbutoké.

La quatrième génération, elle, ouvre grand les vannes avec huit nouveaux venus : Rozbouton, Korillon, Manzaï, Mime Jr., Ptiravi, Goinfrex, Riolu et Babimanta.

Sinnoh joue sur les deux tableaux à la fois : la même génération offre des bébés à d'anciennes familles et de nouvelles évolutions finales comme Togekiss, Élekable, Maganon ou Roserade.

Après Sinnoh, plus rien pendant trois générations. Il faut attendre Épée et Bouclier et Toxizap, pré-évolution de Salarsen, pour compléter la liste. Le compte s'arrête à dix-neuf.


Les encens : la clé pour les obtenir

À partir de la troisième génération, la plupart des bébés ne sortent de l'Œuf que si l'un des parents tient un encens précis. Sans lui, l'Œuf donne directement le stade de base : un couple de Ronflex sans Encens Plein produit un Ronflex, pas un Goinfrex.

Chacun a le sien. Encens Mer pour Azurill, Encens Doux pour Okéoké, Encens Fleur pour Rozbouton, Encens Pur pour Korillon, Encens Roc pour Manzaï.

La suite de la liste est tout aussi précise : Encens Bizarre pour Mime Jr., Encens Veine pour Ptiravi, Encens Plein pour Goinfrex et Encens Vague pour Babimanta. Les huit bébés de la deuxième génération, eux, n'ont jamais rien demandé.

Deux exceptions modernes échappent aussi à la règle : Riolu et Toxizap se reproduisent sans encens. Et depuis Écarlate et Violet, la mécanique a été supprimée : les encens ne sont plus nécessaires, ni même disponibles, pour obtenir ces Pokémon au premier stade.


Comment ils grandissent : le bonheur avant tout

Sur les dix-neuf bébés, neuf évoluent grâce au bonheur et cinq par simple montée de niveau. Cette prédominance du bonheur n'est pas un hasard : elle traduit exactement ce que la série veut raconter avec eux, une relation qui se construit.

Pichu, Mélo, Toudoudou, Togepi, Azurill, Rozbouton, Korillon, Goinfrex et Riolu appartiennent à cette famille du bonheur, Riolu et Rozbouton ayant en plus besoin qu'il fasse jour, et Korillon qu'il fasse nuit. Élekid, Magby, Lippouti, Okéoké et Toxizap se contentent, eux, d'un niveau à atteindre.

Cinq derniers cas passent par des méthodes bien à eux : Ptiravi doit tenir une Pierre Ovale et monter de niveau en journée, Babimanta a besoin d'un Rémoraid dans l'équipe, tandis que Mime Jr. et Manzaï doivent apprendre la capacité Copie. Debugant, lui, se laisse guider par ses statistiques.


Pourquoi la série a inventé les bébés

La raison première est mécanique. En 1999, la reproduction devient un système central, et il fallait une récompense visible à l'éclosion d'un Œuf. Obtenir un Pichu plutôt qu'un Pikachu déjà vu mille fois, c'est transformer l'élevage en découverte.

La deuxième raison est narrative : ces créatures donnent une chronologie de vie à des monstres de poche. Un Pokémon n'est plus une donnée de combat, il naît, il grandit, il s'attache — et le bonheur devient logiquement sa clé d'évolution.

La troisième est purement stratégique. Passer par un bébé permet de récupérer des capacités transmises par les parents qu'aucune évolution n'apprend autrement, ce qui fait de la Pension, puis du pique-nique de Paldea, un véritable atelier de préparation.

Il y a enfin une raison de commerce, assumée par la série elle-même : une créature minuscule et attendrissante se décline mieux en peluche, en carte et en dessin animé qu'un colosse de deux mètres. Togepi, porté dans les bras pendant des dizaines d'épisodes, en reste le meilleur exemple.


Faibles en combat, précieux au Pokédex

Ne cherchez pas de miracle : un bébé a des statistiques volontairement basses et ne tient pas deux tours face à un Pokémon de son niveau. Aucun n'est jouable sérieusement en compétition, et ce n'est pas le but.

Leur valeur est ailleurs. Ils occupent une entrée à part entière du Pokédex, ce qui les rend indispensables à toute complétion, et certains cachent des exclusivités : un Pichu né d'un Pikachu tenant la Balle Lumière connaît Électacle dès l'éclosion.

Le plus célèbre d'entre eux reste sans doute le Pichu Troizépi de Or HeartGold et Argent SoulSilver, une forme unique liée à un événement, impossible à faire évoluer. Une pièce de collection au sens propre.

Ils occupent aussi une place à part dans l'imaginaire de la série. Togepi a accompagné la bande pendant des saisons entières, dans les bras d'Ondine, avant d'évoluer, et Pichu est devenu un personnage jouable de jeu de combat bien avant d'être un Pokémon de compétition.

Un Pokédex de première génération
Un bébé Pokémon vaut surtout pour le Pokédex : au combat, il reste très fragile.

Bébé ou simple pré-évolution ? La nuance

Tout premier stade n'est pas un bébé. Carapuce et Salamèche sont des pré-évolutions, mais ils se reproduisent parfaitement : ce sont des stades de base, pas des bébés.

À l'inverse, la série a pris l'habitude d'ajouter des maillons manquants dans les deux sens. Sinnoh a donné une évolution à des Pokémon de Kanto vieux de dix ans, et un bébé à d'autres, parfois au sein de la même famille.

Ce va-et-vient explique la structure biscornue du Pokédex national, où une même famille peut s'étaler sur trois générations et quatre numéros lointains. Pour s'y retrouver, notre dossier sur les mécanismes d'évolution reprend chaque cas de figure.

La règle pratique tient donc en une question : ce Pokémon peut-il donner un Œuf ? Si la réponse est oui, il s'agit d'un stade de base ordinaire ; si elle est non alors qu'il possède une évolution, vous avez affaire à l'un des dix-neuf bébés.


Obtenir un bébé aujourd'hui, en pratique

La méthode n'a pas changé sur le fond : deux Pokémon compatibles, un lieu de reproduction, un Œuf. La Pension a laissé place au pique-nique dans Écarlate et Violet, où l'Œuf apparaît dans un panier pendant que l'équipe se repose.

Métamorph reste l'allié universel : il peut remplacer n'importe quel parent, et c'est lui qui peut tenir l'encens dans les jeux où cet objet est encore requis. Une astuce qui évite de courir après un second exemplaire de l'espèce voulue.

Un Œuf éclot après un nombre de pas fixé par l'espèce, et certains talents comme Corps Ardent ou Armumagma divisent cette durée par deux quand leur porteur voyage dans l'équipe. C'est le raccourci le plus utilisé par les éleveurs pressés.

Reste le plaisir simple de les collectionner. Pichu, Togepi et Riolu figurent parmi les silhouettes les plus reprises en peluches et en porte-clés, bien au-delà de leur utilité en combat.


Les dix-neuf bébés en un tableau

Élément Détail
Deuxième génération Pichu, Mélo, Toudoudou, Togepi, Debugant, Lippouti, Élekid, Magby — aucun encens requis.
Troisième génération Azurill (Encens Mer) et Okéoké (Encens Doux).
Quatrième génération Rozbouton, Korillon, Manzaï, Mime Jr., Ptiravi, Goinfrex, Riolu, Babimanta.
Huitième génération Toxizap, pré-évolution de Salarsen, sans encens.
Signe distinctif Aucun bébé ne peut se reproduire : tous sont du groupe d'Œuf Inconnu.
Évolution 9 par bonheur, 5 par niveau, 5 par méthode particulière.
Nés avec leur évolution Togepi, Riolu et Toxizap.
Depuis Écarlate et Violet Les encens ne sont plus nécessaires pour obtenir ces Pokémon.

Questions fréquentes

  • Combien de Pokémon bébés existe-t-il ?
    Dix-neuf : huit apparus à la deuxième génération, deux à la troisième, huit à la quatrième et un seul, Toxizap, à la huitième.
  • Qu'est-ce qui définit un Pokémon bébé ?
    L'incapacité à se reproduire. Tous appartiennent au groupe d'Œuf Inconnu, ce qui les distingue d'un simple premier stade comme Bulbizarre ou Carapuce, qui peuvent, eux, donner des Œufs.
  • Faut-il encore un encens pour obtenir un bébé Pokémon ?
    Plus depuis Pokémon Écarlate et Violet, où les encens ne sont ni nécessaires ni disponibles. Dans les jeux précédents, à partir de la troisième génération, un parent devait tenir l'encens correspondant, sans quoi l'Œuf donnait directement le stade de base.
  • Quel encens faut-il pour Azurill ?
    L'Encens Mer, tenu par Marill ou Azumarill. Okéoké demande l'Encens Doux, Rozbouton l'Encens Fleur, Korillon l'Encens Pur, Manzaï l'Encens Roc, Mime Jr. l'Encens Bizarre, Ptiravi l'Encens Veine, Goinfrex l'Encens Plein et Babimanta l'Encens Vague.
  • Comment évoluent les Pokémon bébés ?
    Neuf d'entre eux évoluent grâce au bonheur et cinq par simple montée de niveau. Les cinq derniers utilisent des méthodes particulières : Ptiravi avec une Pierre Ovale en journée, Babimanta avec un Rémoraid dans l'équipe, Mime Jr. et Manzaï en apprenant Copie, et Debugant selon ses statistiques.
  • Riolu est-il vraiment un Pokémon bébé ?
    Oui. Comme Togepi et Toxizap, il est apparu en même temps que son évolution, et il fait partie des rares bébés que l'on obtient sans aucun encens.
  • Les Pokémon bébés sont-ils utiles en combat ?
    Très peu : leurs statistiques sont volontairement basses. Leur intérêt est ailleurs, dans la complétion du Pokédex et dans la transmission de capacités par la reproduction, comme Électacle pour un Pichu né d'un Pikachu tenant la Balle Lumière.

En résumé

Les Pokémon bébés forment un groupe minuscule mais très structuré : dix-neuf noms, une règle unique — l'impossibilité de se reproduire — et une histoire qui commence avec les Œufs d'Or et Argent. Ils ne gagnent aucun combat, mais ils racontent la seule chose que les statistiques ne disent pas : le temps qui passe.

Pour les obtenir, un seul réflexe suffit désormais. Vérifiez si votre jeu réclame encore un encens : avant Écarlate et Violet, l'objet fait toute la différence entre un Œuf de Ronflex et un Œuf de Goinfrex.

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