Pikachu, artwork de Pokémon Jaune Édition Spéciale

Pokémon Jaune : le dossier complet sur l'Édition Spéciale Pikachu

3579 mots | Temps de lecture : 17 minute(s)

Une cartouche jaune, une souris électrique et un dessin animé qui déborde dans le jeu : Pokémon Jaune n'est pas une simple réédition de Kanto. Sous-titrée Édition Spéciale Pikachu, cette cartouche est la première de ce que les joueurs appelleront ensuite « la troisième version » — celle qui reprend l'aventure connue pour la corriger, l'enrichir et la rapprocher de la série animée. C'est aussi la première fois qu'un Pokémon marche derrière le joueur au lieu de rester dans sa Poké Ball, une idée si juste que la série y revient encore aujourd'hui. Voici le dossier complet : la console, les dates de sortie françaises, ce que le jeu change vraiment, les Pokémon qu'on n'y trouve pas, et ce que Nintendo en a fait vingt ans plus tard.

Sommaire


Une cartouche née entre deux consoles

Pokémon Jaune sort au Japon le 12 septembre 1998, en pleine « Pokémania ». Le dessin animé a démarré en avril 1997 et a fait de Pikachu une vedette mondiale, très loin du statut modeste que la créature occupait dans Rouge et Vert. Game Freak et Nintendo décident donc d'aligner le jeu sur la série animée, plutôt que l'inverse.

La date japonaise cache un détail technique savoureux : le jeu paraît avant la Game Boy Color, lancée au Japon le 21 octobre 1998. La cartouche japonaise ne gère donc pas la couleur de la console. Les versions internationales, arrivées plus tard, embarquent en revanche des palettes compatibles Game Boy Color, en plus de celles du Super Game Boy — c'est pour cela que le jeu paraît nettement plus coloré chez nous.

Peluche Pokémon - Pikachu
Peluche Pokémon - Pikachu
Peluche Pokémon - Pikachu

Le contexte commercial explique tout. Rouge et Vert avaient été conçus dans l'indifférence générale ; Jaune, lui, arrive avec une franchise déjà installée, un dessin animé quotidien, un jeu de cartes et des produits dérivés. Game Freak n'a plus à convaincre qui que ce soit, et peut se permettre de retoucher une formule qui fonctionne au lieu d'en inventer une nouvelle.

Jaune est aussi la première cartouche Pokémon compatible avec le Game Boy Printer. Le joueur peut imprimer ses entrées de Pokédex, ses boîtes de stockage, son équipe ou son Diplôme sur du papier thermique — un gadget de la fin des années 1990 qui a laissé un souvenir tenace, et que la réédition sur Console Virtuelle a logiquement désactivé.


Du Japon à la France : huit mois après Rouge et Bleu

Le calendrier de Jaune est aussi désordonné que celui de ses aînés. Après le Japon le 12 septembre 1998, l'Amérique du Nord reçoit le jeu le 18 octobre 1999, quelques semaines seulement après la sortie européenne de Rouge et Bleu.

L'Europe, elle, doit patienter jusqu'au 16 juin 2000. Comme les versions Rouge et Bleue sont arrivées en Europe le 5 octobre 1999, les joueurs européens n'ont eu que huit mois d'écart entre les deux jeux, là où les Japonais avaient attendu deux ans et demi. Le rythme rapproché a donné à Jaune des allures de suite immédiate plutôt que de version bonus.

Ce décalage a une conséquence rarement relevée : en France, Jaune est arrivé alors que le dessin animé battait son plein sur les écrans et que la deuxième génération existait déjà au Japon depuis novembre 1999. Les joueurs français ont donc joué un jeu de rattrapage sur Kanto pendant que Johto se préparait — ce qui explique la brièveté de sa carrière en rayon.

Le jeu est revenu sur la Console Virtuelle de la Nintendo 3DS le 27 février 2016, en même temps que Rouge et Bleu, pour les vingt ans de la licence. Cette réédition remplace le câble Link par la communication sans fil de la 3DS et permet de faire remonter ses Pokémon vers les jeux modernes.


Kanto rejoué, mais avec les personnages de la série animée

La trame ne bouge pas : Kanto, huit badges, la Team Rocket, le Conseil des 4 et le rival devenu Maître. Ce sont les détails qui changent, et ils changent beaucoup. Le professeur Chen n'offre plus le choix entre trois Poké Balls : le rival s'empare de la seule qui traîne sur le bureau, et le joueur hérite du Pikachu sauvage que Chen vient d'attraper sous ses yeux.

Les figures du dessin animé s'invitent partout. Jessie et James remplacent certains Sbires Rocket et combattent avec les Pokémon qu'ils utilisent à leurs débuts dans la série. Une infirmière Joëlle est accompagnée d'un Leveinard dans chaque Centre Pokémon, et un Agent Jenny apparaît à Carmin sur Mer.

Pierre et Ondine adoptent le look qu'ils ont à l'écran, et plusieurs Champions changent d'équipe pour coller à leurs combats télévisés — le Major Bob sort ainsi un Raichu, comme dans l'épisode. Giovanni, lui, aligne son Persian fétiche. L'ensemble donne une relecture plus difficile que Rouge et Bleu : les Dresseurs ont de meilleures équipes et de meilleures capacités.

Le jeu remanie aussi la Team Rocket elle-même. Comme le trio d'antagonistes occupe désormais plusieurs rencontres scénarisées, ses créatures fétiches sortent du tableau des rencontres sauvages : on ne croise plus ni Abo ni Smogo dans les hautes herbes de Kanto. Le récit prend le pas sur la logique de collection, ce qui est très inhabituel dans la série.

Quelques lieux ont été retouchés, à commencer par la Caverne Azurée, dont le plan est entièrement redessiné. Mewtwo y attend toujours au niveau 70, après la Ligue, et reste le vrai défi final du jeu.


Le Pikachu qui vous suit : la vraie nouveauté

C'est l'idée qui a fait la réputation du jeu. Après le premier combat contre le rival, Pikachu refuse de retourner dans sa Poké Ball et suit le joueur à pied, d'un écran à l'autre. En lui parlant, on lit son humeur sur son visage : content, boudeur, franchement furieux si l'on vient d'enchaîner les défaites.

Derrière cette bouille se cache un embryon de système de bonheur, le premier de la série. Il ne fait pas grand-chose ici — il conditionne surtout une réplique et un cadeau — mais il annonce une mécanique que la deuxième génération transformera en condition d'évolution à part entière.

Ce Pikachu-là est le premier de son espèce à refuser la Pierre Foudre : impossible de le faire évoluer en Raichu, exactement comme celui du dessin animé. Il ne peut pas non plus être relâché. Son cri, enfin, n'est plus une sonorité de synthèse mais un enregistrement de la voix d'Ikue Ōtani, la comédienne japonaise du personnage — une première pour une Game Boy.

Petit bonus caché : si Pikachu apprend Surf, une maison au sud de Parmanie donne accès à un mini-jeu de surf dont le meilleur score peut être imprimé. Il faut passer par les jeux Pokémon Stadium pour obtenir légitimement ce Pikachu surfeur, ce qui en a fait un objet de convoitise dans les cours de récréation.

Pikachu dans l'herbe
Le Pikachu qui suit le dresseur est la vraie nouveauté de Jaune, reprise bien plus tard par Let's Go.

Les trois starters dans la même partie, et l'Évoli du rival

Jaune réussit un tour de force resté rare : on peut y réunir les trois Pokémon de départ de Kanto dans une seule partie, sans échange ni événement. Bulbizarre est offert par une dresseuse d'Azuria si Pikachu est suffisamment heureux, Salamèche est confié par un dresseur qui l'abandonnait sur la Route 24, et Carapuce est remis par un Agent Jenny à Carmin sur Mer.

Chacune de ces scènes cite un épisode précis du dessin animé, jusqu'au caractère des créatures : le Salamèche laissé pour compte, le Carapuce voyou à remettre dans le droit chemin. Cette obtention en trois temps transforme le jeu en parcours de collection plutôt qu'en choix initial.

Côté rival, la surprise est de taille : Blue commence avec un Évoli, et cet Évoli évolue selon vos résultats. Gagner les deux premiers duels le fait évoluer en Voltali ; gagner au laboratoire mais perdre ou esquiver celui de la Route 22 donne Pyroli ; perdre le tout premier combat donne Aquali.

Détail piquant, l'équipe entière du rival s'articule ensuite autour de cette évolution. C'est le seul jeu de la série où le Pokémon du rival évolue tandis que celui du joueur en est empêché — un renversement assumé de la règle habituelle.


Les autres nouveautés apportées à la série

Beaucoup de changements de Jaune sont passés dans les habitudes de la série sans qu'on y prête attention. Les Pokémon sauvages apparaissent désormais en surfant sur des étendues d'eau qui en étaient dépourvues, aux Îles Écume comme sur les Routes 6, 12 et 13. Les sprites des créatures et des personnages ont été redessinés, plus fidèles aux illustrations officielles.

La disponibilité des espèces a été revue. Canarticho et Excelangue, jusque-là réservés aux échanges internes, se capturent désormais à l'état sauvage. Abra déménage autour de Safrania. Deux échanges internes disparaissent, et les autres portent sur d'autres espèces qu'auparavant.

Les palettes de couleurs sont l'autre grand chantier. Chaque zone, chaque espèce, chaque écran de combat reçoit sa teinte, si bien que le jeu passe pour le premier Pokémon en couleurs alors qu'il tourne toujours sur le moteur monochrome de 1996. C'est un trompe-l'œil habile, et il a beaucoup fait pour l'impression de fraîcheur qu'a laissée la cartouche.

Le confort progresse aussi : entrer au Parc Safari ne coûte plus obligatoirement 500 Pokédollars, on paie ce qu'on a et l'on reçoit un nombre de Safari Balls proportionnel. Les tables d'apprentissage changent sur plusieurs espèces — Dracaufeu apprend enfin Vol, ce que Rouge et Bleu lui refusaient absurdement.

Enfin, un bug historique disparaît : celui qui permettait de rencontrer des Pokémon au-delà du niveau 100. La cartouche reste néanmoins truffée d'autres anomalies héritées de ses aînées, pour le plus grand bonheur des chasseurs de glitchs.


Légendaires identiques, treize Pokémon manquants

Côté légendaires, rien ne change : Artikodin dort au fond des Îles Écume, Électhor occupe la Centrale à l'est d'Azuria, Sulfura garde la Route Victoire, et Mewtwo attend au fond de la Caverne Azurée. Mew reste, ici aussi, réservé aux distributions officielles.

Jaune n'a pas de version complémentaire, donc pas d'exclusivités au sens habituel. Il a en revanche une liste de treize Pokémon absents, qu'il faut impérativement faire venir de Rouge ou de Bleu par échange : Aspicot, Coconfort et Dardargnan ouvrent le bal.

Suivent les Pokémon confisqués par le scénario. Comme Jessie et James les utilisent, Abo, Arbok, Miaouss, Persian, Smogo et Smogogo disparaissent des hautes herbes. La liste se referme sur Lippoutou, Élektek, Magmar et Raichu.

Le cas de Raichu est le plus amusant : aucun ne vit à l'état sauvage, et le seul Pikachu du joueur refuse d'évoluer. Compléter son Pokédex impose donc, une fois encore, de brancher un câble Link — la leçon fondatrice de la série reste intacte.

Artikodin, Électhor et Sulfura
Les trois oiseaux ne bougent pas d'une version à l'autre : ce sont les treize autres espèces qui manquent.

Ce qui a marqué les joueurs

Ce qu'on retient d'abord, c'est la présence permanente de Pikachu. Ce petit sprite qui trottine derrière soi, qui s'arrête, qui tourne la tête, a créé un attachement que les tableaux de statistiques n'avaient jamais produit. Beaucoup de joueurs ont terminé le jeu avec ce Pikachu dans l'équipe alors qu'il n'était objectivement pas le meilleur choix.

Commercialement, le succès a été foudroyant. Aux États-Unis, la cartouche s'est écoulée à plus d'un million d'exemplaires en deux semaines, un record de vitesse pour l'époque, et le jeu est entré au Livre Guinness des records en 2001 pour ce démarrage. Au total, Pokémon Jaune s'est vendu à 14,64 millions d'exemplaires dans le monde.

Le jeu a également marqué par sa difficulté relevée. Commencer avec un Pokémon Électrik face à une première Arène de type Roche est une punition, et il faut composer avec des Champions mieux équipés. Beaucoup de joueurs se souviennent d'avoir traîné un Pikachu sous-dimensionné jusqu'à Argenta avant de comprendre l'ampleur du problème.

Les petites attentions ont fait le reste. Le rival qui vous double au laboratoire, l'écran-titre où Pikachu apparaît seul, les Champions dont l'équipe cite un épisode précis : Jaune multiplie les clins d'œil au spectateur plutôt qu'au joueur. C'est aussi la première cartouche de la série où le héros n'a plus l'air d'un avatar neutre, mais d'un personnage qu'on a déjà vu ailleurs.

Reste la sensation de cohérence entre les médias. Pour une génération d'enfants français qui avaient découvert la série à la télévision avant la Game Boy, Jaune est le jeu qui a enfin fait coïncider les deux mondes — jouer ce qu'on avait regardé. Les peluches et les cartes ont fait le reste.


L'héritage : la « troisième version » et Let's Go

Jaune inaugure un format que la série va répéter pendant quatre générations : la troisième version, qui reprend une paire existante en la corrigeant et en l'enrichissant. Pokémon Cristal, Pokémon Émeraude et Pokémon Platine suivront exactement le même principe, avant que les doubles suites et les versions Ultra ne prennent le relais.

L'idée du Pokémon qui marche derrière le joueur, elle, a mis onze ans à revenir : elle réapparaît dans Or HeartGold et Argent SoulSilver, sortis en Europe en 2010, cette fois avec n'importe quelle espèce, puis dans plusieurs jeux modernes. C'est sans doute l'apport le plus durable de la cartouche jaune.

Ses véritables relectures arrivent le 16 novembre 2018 sur Nintendo Switch avec Pokémon Let's Go Pikachu et Let's Go Évoli. Le duo compagnon y est repris tel quel, l'un des deux partenaires étant justement l'Évoli du rival de 1998. C'est la distinction à retenir : Let's Go rejoue Jaune, tandis que Rouge Feu et Vert Feuille rejouent Rouge et Bleu.

Enfin, Jaune a survécu à sa génération grâce à la compatibilité. La cartouche peut échanger avec les jeux de la deuxième génération, et sa réédition 3DS permet de transférer une équipe vers les jeux actuels. Un Pikachu attrapé en 2000 peut donc, avec un peu de patience, se retrouver dans un jeu Switch — le genre de continuité dont peu de séries peuvent se vanter.


Pokémon Jaune en un coup d'œil

Élément Détail
Titre complet Pokémon Version Jaune : Édition Spéciale Pikachu
Console Game Boy (palettes Game Boy Color hors Japon ; réédition Console Virtuelle 3DS)
Sortie Europe 16 juin 2000
Sorties Japon et Amérique du Nord 12 septembre 1998 au Japon, 18 octobre 1999 en Amérique du Nord
Génération Première génération
Région Kanto
Starter Pikachu, imposé, qui suit le joueur hors de sa Poké Ball
Starters obtenables Bulbizarre, Salamèche et Carapuce, tous les trois dans la même partie
Starter du rival Évoli, qui évolue en Voltali, Pyroli ou Aquali selon vos résultats
Légendaires Artikodin, Électhor, Sulfura, Mewtwo, et Mew (fabuleux)
Pokémon au Pokédex 151 au total, 13 absents du jeu et à récupérer par échange
Nouveautés clés Pokémon qui suit le joueur, bonheur, Pokémon sauvages en surfant, Game Boy Printer
Ventes 14,64 millions d'exemplaires
Relectures Pokémon Let's Go Pikachu et Let's Go Évoli (2018, Nintendo Switch)

Questions fréquentes

  • Quand Pokémon Jaune est-il sorti en France ?
    Pokémon Jaune est sorti en Europe le 16 juin 2000, soit huit mois après Pokémon Rouge et Bleu, arrivés en Europe le 5 octobre 1999. Le Japon l'avait découvert bien plus tôt, le 12 septembre 1998, et l'Amérique du Nord le 18 octobre 1999.
  • Peut-on faire évoluer son Pikachu en Raichu dans Pokémon Jaune ?
    Non. Le Pikachu offert par le Professeur Chen refuse la Pierre Foudre, exactement comme celui du dessin animé, et il ne peut pas non plus être relâché. Comme aucun Raichu ne vit à l'état sauvage dans le jeu, il faut en échanger un depuis Pokémon Rouge ou Pokémon Bleu pour compléter son Pokédex.
  • Peut-on obtenir Bulbizarre, Salamèche et Carapuce dans Pokémon Jaune ?
    Oui, et c'est l'une des particularités du jeu : les trois se réunissent dans une seule partie, sans échange ni événement. Bulbizarre est offert par une dresseuse d'Azuria si Pikachu est suffisamment heureux, Salamèche est confié par un dresseur sur la Route 24, et Carapuce est remis par un Agent Jenny à Carmin sur Mer.
  • Quel Pokémon de départ le rival choisit-il dans Pokémon Jaune ?
    Le rival commence avec un Évoli, qu'il vous prend sous le nez au laboratoire. Son évolution dépend de vos résultats : gagner les deux premiers duels le fait évoluer en Voltali, gagner au laboratoire mais perdre ou esquiver celui de la Route 22 donne Pyroli, et perdre le tout premier combat donne Aquali.
  • Combien de Pokémon manquent dans Pokémon Jaune ?
    Treize Pokémon sont absents du jeu et doivent être échangés depuis Pokémon Rouge ou Pokémon Bleu : Aspicot, Coconfort, Dardargnan, Abo, Arbok, Raichu, Miaouss, Persian, Smogo, Smogogo, Lippoutou, Élektek et Magmar. Le Pokédex complet compte toujours 151 Pokémon.
  • Pokémon Let's Go Pikachu et Let's Go Évoli sont-ils les remakes de Pokémon Jaune ?
    Oui. Pokémon Let's Go Pikachu et Let's Go Évoli, sortis le 16 novembre 2018 sur Nintendo Switch, reprennent le principe de Pokémon Jaune avec un partenaire imposé qui suit le joueur. Les remakes de Pokémon Rouge et Bleu sont, eux, Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille, sortis en 2004 sur Game Boy Advance.

En résumé

Pokémon Jaune aurait pu n'être qu'une réédition opportuniste ; c'est devenu le chaînon manquant entre le jeu et le dessin animé, et le modèle de toutes les « troisièmes versions » à venir. Sa vraie trouvaille tient en une image : un Pokémon qui marche à côté de vous plutôt que de dormir dans une bille. Vingt-cinq ans plus tard, cette idée-là est toujours à l'écran, et la mascotte n'a pas pris une ride — les rayons Pikachu en témoignent chaque année.

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