Affiche de Pokémon : Zoroark, le Maître des Illusions

Pokémon - Zoroark : Le Maître des Illusions : le film qui a montré Unys avant les jeux

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Un film de clôture qui sert en réalité de bande-annonce. Sorti dans les salles japonaises le 10 juillet 2010, Pokémon - Zoroark : Le Maître des Illusions referme le cycle Diamant et Perle tout en installant sur grand écran deux créatures que personne ne pouvait encore attraper. Sacha y voyage toujours avec Aurore et Pierre, mais l'affiche appartient à un renard noir capable de prendre le visage de n'importe qui. En France, le film n'est jamais passé par les salles : il est arrivé par la télévision, en février 2011.

Sommaire


Juillet 2010 : un dernier tour de piste pour Sinnoh

Le 10 juillet 2010, Toho met à l'affiche des cinémas japonais le treizième long métrage de la saga. Kunihiko Yuyama le réalise, Hideki Sonoda l'écrit, le studio OLM l'anime et Shinji Miyazaki en compose la musique : c'est l'équipe habituelle, celle qui tient la barre depuis 1998. Comme tous les films de la série avant le vingt-troisième, il sort en juillet, en plein cœur des vacances scolaires nippones — une régularité que détaille notre panorama des vingt-trois longs métrages.

Sur le plan narratif, ce treizième opus est le quatrième et dernier film du cycle Diamant et Perle. Il succède aux trois volets liés que sont L'ascension de Darkrai, Giratina et le Gardien du Ciel et Arceus et le Joyau de Vie, mais il ne les prolonge pas : l'histoire est autonome, sans Dialga, sans Palkia, sans Monde Distorsion. Qui découvre la saga par ce film n'a donc rien à rattraper, même s'il y croisera l'univers des jeux Diamant et Perle.

Sa vraie particularité est ailleurs. Deux mois avant la sortie japonaise de la cinquième génération, le film sert de vitrine à ce qui arrive. Les deux créatures vedettes appartiennent à Unys, la région que personne n'a encore explorée, et le film les met en scène pendant une heure et demie sans jamais nommer les jeux. Un tour de passe-passe promotionnel parfaitement raccord avec un scénario où tout le monde manipule tout le monde.


L'histoire, sans en dire trop

L'action se déroule à Couropolis, une ville de la région de Sinnoh inventée pour le dessin animé, qui accueille la Coupe du monde de Panier Ball Pokémon. Sacha, Aurore et Pierre y viennent en spectateurs. En chemin, ils tombent sur un jeune Zorua égaré qui cherche désespérément celle qu'il appelle sa « Mima » — sa mère adoptive, une Zoroark dont il a été séparé.

Face à eux, Grégoire Kodai, patron d'un empire médiatique. Vingt ans plus tôt, il a capté l'Onde du Temps de Celebi pour s'offrir le don de voir l'avenir, un vol qui a fait mourir toute la végétation de la ville. Ses visions faiblissent, il lui faut recommencer. Sa méthode : retenir Zorua, faire chanter Zoroark, et l'obliger à semer la panique à Couropolis sous les traits d'Entei, de Raikou et de Suicune, les protecteurs légendaires de la cité.

Le film prend alors une tournure très adulte pour un long métrage destiné aux enfants : Kodai contrôle l'information, truque les images, fait boucler la ville et laisse une population entière croire qu'un Pokémon est un monstre. Sacha et ses amis reçoivent l'aide de Charles, un journaliste de Couropolis, et de Miranda, une reporter infiltrée comme secrétaire auprès de Kodai. Le reste — la façon dont l'illusion se retourne contre celui qui la commande — se découvre à l'écran.


Zorua et Zoroark, deux illusionnistes en tête d'affiche

Zoroark est un Pokémon de type Ténèbres, surnommé le Pokémon Polymorfox, et son pré-évolué Zorua le Pokémon Sombrenard. Leur signature est le talent Illusion, qui les fait apparaître aux yeux des autres sous l'apparence d'un compagnon d'équipe. Le film prend ce principe au pied de la lettre et en fait le moteur de toute son intrigue : la question n'est jamais « qui gagne le combat » mais « qui voit-on réellement à l'écran ».

Zorua, lui, s'amuse à se transformer en Pikachu, en Floravol, en Cizayox, en Vigoroth et même en Celebi. Zoroark s'attaque à plus gros : les trois bêtes légendaires de Johto, dont le film propose trois trios différents à l'écran — les faux fabriqués par les machines de Kodai, ceux nés des illusions de Zoroark, et les vrais, qui sont ici chromatiques et veillent sur la ville depuis toujours.

Ce jeu de masques sert un propos simple et bien tenu : Zoroark n'est pas méchante, elle est une mère sous contrainte. Sa rage, celle que l'affiche japonaise vend comme un déchaînement, n'est que la conséquence d'un chantage. C'est la comédienne Romi Park qui lui prête sa voix en version originale, et le film lui laisse une présence très physique, presque muette, qui tranche avec le bavardage habituel du genre.

🧸 Le duo mère-fils a largement dépassé le film : Zorua et Zoroark tiennent une bonne place dans notre rayon de peluches Pokémon, aux côtés des vedettes plus attendues.

Zorua déguisé en Cizayox dans Zoroark, le Maître des Illusions
Zorua prend l'apparence de qui il veut : le film en fait son ressort, comique puis dramatique.

Montrer une créature avant les jeux : ce que disent vraiment les dates

C'est une habitude maison, et elle se vérifie ici au calendrier. Le film sort au Japon le 10 juillet 2010 ; Pokémon Versions Noire et Blanche y arrivent le 18 septembre 2010. Le public japonais a donc découvert Zorua et Zoroark en salles environ dix semaines avant de pouvoir les rencontrer sur Nintendo DS. Poképédia note d'ailleurs que la promotion des générations précédentes avait déjà emprunté ce chemin.

Côté occidental, l'écart est nettement plus serré qu'on ne le croit. Les jeux Noir et Blanc sont sortis en Europe le 4 mars 2011, et le film a été diffusé en France sur Disney XD le 20 février 2011. Douze jours d'avance, pas davantage : l'avant-première existe bien, mais elle se compte en semaines chez nous, pas en trimestres. Aux États-Unis, où le film est passé sur Cartoon Network le 5 février 2011, la marge était d'un mois.

Deux détails achèvent de trahir l'opération. Avant la projection japonaise, les spectateurs voyaient une publicité pour les jeux à venir, révélant au passage un nouveau Pokémon, Ratentif. Et Charles, le journaliste, porte tout au long du film une casquette ornée d'un Chovsourir — une créature de la génération alors inédite, glissée là comme un clin d'œil pour ceux qui sauraient regarder.


Qui accompagne Sacha, et qui lui fait face

Le film appartient sans ambiguïté à l'époque Sinnoh : Sacha y voyage avec Aurore et Pierre, et pas avec Iris ni Rachid, qui n'apparaîtront qu'à partir du film suivant. Son équipe reflète la même période — Pikachu, Étouraptor, Torterra, Simiabraz, Mustébouée et Griknot. Aurore aligne Tiplouf, Laporeille, Pachirisu, Mammochon, Héricendre et Togekiss ; Pierre s'appuie sur Simularbre, Cradopaud et Ptiravi. Le parcours complet du dresseur est retracé dans notre dossier consacré à Sacha.

Côté antagonistes, Kodai est l'un des méchants les plus durs de toute la saga cinéma : ce n'est ni un savant fou ni un collectionneur, c'est un homme d'affaires qui fabrique de l'information. Il est secondé par Gory, garde du corps employé par sa multinationale. En face, Charles le journaliste, Miranda la reporter infiltrée, le grand-père Joe et son amie Tammy forment une résistance d'habitants ordinaires, sans dresseur vedette ni Champion d'Arène pour venir sauver la mise.

La Team Rocket est présente mais reste au second plan, avec Jessie, James et Miaouss dans un rôle de comparses. Le générique de fin, lui, offre une parade de visages familiers de Sinnoh — Paul, Barry, Nando, Zoé, Ursula, Conway, Kenny, les Champions d'Arène et le Conseil 4 de la région, ainsi que Cynthia. Une manière élégante de saluer un cycle qui se termine avant de tourner la page vers Unys.

Le Pikachu de Sacha et le Tiplouf d'Aurore dans Zoroark, le Maître des Illusions
Le trio de Sinnoh signe ici sa dernière apparition au cinéma.

Une ville néerlandaise dessinée par une équipe japonaise

Couropolis n'a rien d'une ville imaginaire tombée du ciel : elle s'inspire directement d'Amsterdam. L'équipe de Yuyama a mené un repérage aux Pays-Bas et en Belgique, et l'on retrouve à l'écran le Magere Brug, les quais de l'Amstel et les moulins de Kinderdijk. Bruxelles figure aussi parmi les lieux visités, ce qui donne à la ville ses façades étroites, ses canaux et cette lumière du nord assez rare dans la série.

Côté musique, Shinji Miyazaki signe une partition plus sombre que d'ordinaire, portée par les scènes de panique urbaine. Le générique de fin japonais est la chanson アイスクリームシンドローム, soit Ice Cream Syndrome ; la version internationale lui substitue I Believe in You, devenue en français Moi je crois en toi, écrite par Marie-Line Landerwyn et interprétée par Marie-Ange Teuwen.

La version française, elle, a été fabriquée en Belgique par SDI Media, sous la direction artistique de Jean-Marc Delhausse et avec une adaptation de Sophie Servais. Aurélien Ringelheim y prête sa voix à Sacha, Alexandra Corréa à Aurore, Antoni Lo Presti à Pierre et Patrick Brüll à Kodai. Un film inspiré par les Pays-Bas et Bruxelles, doublé à Bruxelles : la boucle a quelque chose de plaisant.


Les distributions que le film a déclenchées dans les jeux

Presque chaque long métrage s'accompagne d'un cadeau dans les jeux du moment, et celui-ci n'a pas fait exception — avec une subtilité : les Pokémon distribués n'étaient pas les vedettes du film, mais les clés qui permettaient de les obtenir. Une mécanique en deux temps, assez maligne, qui obligeait à posséder à la fois un jeu de quatrième génération et un jeu de cinquième.

Premier cadeau, le trio chromatique : des Raikou, Entei et Suicune aux couleurs alternatives, distribués pour les jeux de la génération Diamant, Perle, Platine, Or HeartGold et Argent SoulSilver. Transféré dans Noir ou Blanc, l'un de ces trois suffisait à déclencher un événement au Bois des Illusions et à y capturer un Zoroark de niveau 25. Un écho direct au film, où les trois bêtes servent de masques.

Second cadeau, un Celebi événementiel à double détente. Dans Or HeartGold et Argent SoulSilver, il ouvrait un voyage dans le temps au Bois aux Chênes qui se terminait par un combat contre Giovanni, le chef en exil de la Team Rocket. Transféré dans Noir ou Blanc, ce même Celebi offrait un Zorua à Volucité. En France, le DVD est d'ailleurs sorti accompagné d'une carte Celebi du jeu de cartes à collectionner.


La sortie française : pas de salles, mais deux chaînes

Il faut le redire, parce que la confusion est fréquente : ce film n'est jamais sorti dans les cinémas français. Seuls trois longs métrages de la saga ont connu une exploitation en salles chez nous, tous au tout début des années 2000. Depuis, la règle est la télévision, le DVD puis les plateformes, seules quelques séances événementielles ayant fait exception par la suite. Le calendrier français complet est détaillé dans notre guide des films Pokémon.

La première diffusion française a eu lieu le dimanche 20 février 2011 sur Disney XD, suivie trois jours plus tard, le mercredi 23 février 2011, par une diffusion sur Gulli. Deux chaînes en une semaine, à moins de deux semaines de la sortie européenne des jeux : la synchronisation n'avait évidemment rien d'un hasard.

Le DVD français est arrivé le 6 avril 2011, accompagné de sa carte Celebi. Le film a par ailleurs eu droit à une adaptation en manga signée Momota Inoue, publiée chez Kurokawa — un cas notable, puisqu'il s'agissait d'un retour du manga Pokémon en librairie européenne après plusieurs années d'absence. L'album prend quelques libertés avec le long métrage, notamment sur le sort réservé à Kodai.


Ce que le film laisse derrière lui

Commercialement, le film a bien tenu son rang au Japon, avec 4,16 milliards de yens de recette brute en salles — cinquième film japonais de l'année 2010 et dixième tous films confondus, d'après la statistique annuelle de l'Eiren. Le total mondial d'environ 71 millions de dollars que l'on rencontre souvent est à prendre avec des pincettes : Box Office Mojo affiche bien 71,1 millions, mais le détail territorial de sa propre fiche n'en totalise que 49,6 (47,2 au Japon, 2,35 en Corée du Sud, 0,05 à Taïwan), soit 21,5 millions d'écart inexpliqué. Aux États-Unis, il n'a pas connu de sortie classique en salles : il a été diffusé sur Cartoon Network le 5 février 2011, puis projeté ponctuellement lors de la tournée promotionnelle organisée autour des versions Noire et Blanche. Une distribution en tout point conforme à ce qu'était devenue la saga hors du Japon.

Narrativement, il fait office de passerelle. Zorua et Zoroark repartent vers leur région d'origine, Unys, et Sacha promet de venir les y retrouver — ce qu'il fera dès la saison suivante. Le film ferme donc un cycle et en ouvre un autre dans le même plan, ce qui explique la place étrange qu'il occupe : trop tardif pour appartenir vraiment à Sinnoh, trop tôt pour être un film d'Unys.

Reste l'essentiel : ce long métrage est devenu l'exemple canonique d'une habitude de la franchise, celle qui consiste à faire débuter une créature au cinéma avant de la livrer aux joueurs. Zoroark, elle, n'a pas quitté l'affiche depuis : elle a gagné plus tard une forme régionale de Hisui, et fait partie des rares Pokémon de cinquième génération à avoir traversé toutes les époques sans perdre son statut de favori.


Zoroark, Le Maître des Illusions en un coup d'œil

Élément Détail
Numéro dans la saga Treizième film, quatrième et dernier du cycle Diamant et Perle
Titre français exact Pokémon - Zoroark : Le Maître des Illusions
Titre japonais 幻影の覇者ゾロアーク (Gen'ei no Hasha Zoroark)
Sortie japonaise 10 juillet 2010, en salles, distribué par Toho
Sortie française Aucune sortie en salles : Disney XD le 20 février 2011, puis Gulli le 23 février 2011
DVD français 6 avril 2011, accompagné d'une carte Celebi du jeu de cartes
Réalisateur Kunihiko Yuyama, sur un scénario de Hideki Sonoda
Studio et musique Studio OLM, musique de Shinji Miyazaki
Pokémon vedettes Zorua, Zoroark, Celebi et le trio Raikou, Entei, Suicune
Compagnons de Sacha Aurore et Pierre
Antagoniste Grégoire Kodai, patron de médias, secondé par Gory
Décor Couropolis, ville de Sinnoh exclusive au dessin animé
Inspirations réelles Amsterdam, le Magere Brug, l'Amstel, Kinderdijk et Bruxelles
Distributions liées Trio chromatique (Zoroark au Bois des Illusions) et Celebi (Zorua à Volucité)
Recette en salles 4,16 milliards de yens au Japon (Eiren), cinquième film japonais de 2010 ; aucune sortie en salles hors d'Asie

Questions fréquentes

  • Quel est le titre français exact du treizième film Pokémon ?
    Le titre français est Pokémon - Zoroark : Le Maître des Illusions. Il ne traduit pas le titre japonais, 幻影の覇者ゾロアーク, qui signifie plutôt « Zoroark, souverain des illusions ». Le film est sorti au Japon le 10 juillet 2010.
  • Le film est-il sorti au cinéma en France ?
    Non. Comme la très grande majorité des longs métrages Pokémon, il n'a jamais été exploité dans les salles françaises. Il a été diffusé à la télévision sur Disney XD le 20 février 2011, puis sur Gulli le 23 février 2011, avant une sortie en DVD le 6 avril 2011.
  • Zoroark était-il disponible dans les jeux au moment de la sortie du film ?
    Non. Le film est sorti au Japon le 10 juillet 2010, alors que Pokémon Versions Noire et Blanche n'y sont arrivées que le 18 septembre 2010, et le 4 mars 2011 en Europe. Zorua et Zoroark ont donc été montrés au cinéma avant d'être jouables, au Japon comme en France.
  • Qui accompagne Sacha dans ce film ?
    Sacha voyage avec Aurore et Pierre, ses compagnons de l'époque Sinnoh. Iris et Rachid, qui l'accompagnent dans les trois films suivants, n'apparaissent pas ici. Jessie, James et Miaouss sont présents dans un rôle secondaire.
  • Faut-il avoir vu les films précédents pour comprendre celui-ci ?
    Non. Contrairement aux trois films de la trilogie de Sinnoh qui le précèdent, celui-ci raconte une histoire entièrement autonome, sans Dialga, Palkia, Giratina ni Arceus. Il peut se regarder en premier sans aucune difficulté.
  • Comment obtenait-on Zorua et Zoroark dans les jeux grâce au film ?
    Deux distributions événementielles servaient de clés. Un Raikou, un Entei ou un Suicune chromatique transféré dans Noir ou Blanc déclenchait la rencontre d'un Zoroark de niveau 25 au Bois des Illusions. Un Celebi événementiel transféré dans les mêmes jeux permettait d'obtenir un Zorua à Volucité.
  • Où se déroule l'action du film ?
    À Couropolis, une ville de la région de Sinnoh créée pour le dessin animé, qui accueille la Coupe du monde de Panier Ball Pokémon. Son architecture s'inspire d'Amsterdam et des repérages menés par l'équipe aux Pays-Bas et en Belgique.

En résumé

Derrière son affiche de film d'action, Pokémon - Zoroark : Le Maître des Illusions raconte surtout une histoire de manipulation de l'image, portée par une mère qui n'a jamais choisi d'être un monstre. C'est aussi le meilleur exemple d'une méthode maison : offrir une avant-première au cinéma à des créatures que les joueurs ne rencontreront que plusieurs semaines plus tard.

Pour situer ce treizième opus au milieu des vingt-deux autres, notre guide complet des films Pokémon remet chaque sortie japonaise et chaque arrivée française dans le bon ordre.

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